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» Jeremiah G. Archer "
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Message(#) Sujet: your eyes will lead me straight back home, rose. Sam 7 Mar - 0:20

We are all broken, that’s how the light gets in.
Plus d’un mois avait passé depuis son réveil. À quel moment avait-il même commencé à compter les lever du soleil autour d’elle? Les minutes et les heures s’étaient déroulées sans qu’il ne les voie vraiment aller, composant des journées qui pouvaient tenir autant du calme serein que de la folie furieuse. C’était à bout de souffle qu’il passait à travers chacune d’elle, affrontant les surprises comme le néant, jour après jour. Il était fatigué, Jeremiah, fatigué de voir les jours passer sans que rien ne s’améliore jamais. Il avait cru que c’était ce qu’il voulait, cette guerre, mais ces certitudes s’affaissaient, tandis qu’ils s’autodétruisaient, lui peut-être plus que d’autres. Personne n’en sortirait heureux, intact. En même temps, à quel moment cette île avait-elle laissé quoi que ce soit à quelqu’un? Elle mordait, brûlait, tuait et ils avaient toujours été des proies faciles.
Ses yeux avaient de la difficulté à rester ouverts, alors qu’ils frôlaient les vagues qui tombaient mollement contre le sable déjà chaud. Le réfugié ignorait que le mois de novembre commençait doucement à prendre le dessus sur les forêts tropicales et ses contrées sauvages, mais l’air lui semblait plus frais et la brise laissait des frissons sur sa peau après son passage. Il n’attendait rien, vraiment, ses pieds étaient usés d’avoir parcouru trop souvent le sable qui s’échelonnait devant lui et son cœur battait paresseusement dans son thorax. Assis entre deux plantes, le jeune homme laissait le soleil laisser ses éclats se perdre sur l’eau bleutée et le camp vivre sans lui pendant un instant.
L’après-midi était toujours couvert d’énergie par ici, mais Jeremiah se sentait plus fatigué qu’il ne l’avait été depuis longtemps. Les nuits sans sommeil s’accumulaient et le poids de la fatigue s’alourdissait. C’était presque ridicule comment Rose lui manquait, alors qu’elle était là, un peu, parfois, mais trop rarement aux moments où il en avait le plus besoin. Elle avait rejoint les sigmas et lui ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, mais c’était comme si ses mains étaient attachées et une cage l’entourait. Il ne pouvait rien y faire. Il n’était pas elle et elle avait le droit de prendre ses décisions, aussi absurdes, insensées et dangereuses pouvaient-elles être.

Ses yeux se fermaient presque, la fatigue prenant lentement le dessus sur son corps exténué. Certains souvenirs le berçaient, c’était tout ce qu’il avait vraiment maintenant : des souvenirs. Il ne savait plus s’il avait assez confiance en l’avenir pour croire qu’il survivrait encore longtemps et rien ne l’attachait plus, si ce n’était l’espoir infime qu’elle revienne complètement à elle-même un jour. Une voix l’arracha à cette myriade de pensées. Un cri, un enthousiasme presque effarant. « BATEAU ! Y’A UN BATEAU! » Il ne fit même pas l’effort d’ouvrir les yeux pour vérifier. Il savait, maintenant, que, parfois, les espoirs perdus prenaient les rescapés dans sa folie les convainquait qu'il y avait vraiment quelqu’un sur cet océan à l’infini dérive, quelqu’un qui pouvait les sauver.
Le temps passa et d’autres voix se joignirent à la première, énervant un peu le brun. Mais que se passait-il? Voilà longtemps qu’il ne s’était pas autorisé à espérer quitter cet enfer, mais la lueur qui s’était éteinte commençait à scintiller à nouveau. Il ouvrit les yeux, l’ambre choqué par les rayons du soleil qui l’aveuglèrent. Lorsque sa vision s’ajusta, il se leva debout par réflexe, s’approcha de la mer qui frappait le rivage plus férocement. Les rescapés s’énervaient autour de lui, certains avertissant les autres survivants, d’autres s’appliquant à accumuler du bois, à allumer des feux et des feux sur cette plage. Jeremiah les regardait et ne voyait que pure folie, mais la silhouette d’un bateau, un énorme bateau – peut-être un paquebot? – se dessinait sur cette ligne qui avait toujours été si plate. Une main passa sur ses paupières, une énergie roulant soudainement dans ses veines, une grande inspiration.
Il n’y croyait pas, mais, pourtant, peut-être était-ce vrai, peut-être que… peut-être qu’ils avaient enfin une chance de quitter cette île de dingues. Jeremiah jeta un regard autour de lui et un seul prénom résonnait dans son esprit, Rose, il devait trouver Rose. S’il pouvait rentrer, s’ils pouvaient rentrer tous les deux… Jeremiah ignorait où elle était, mais savait qu’elle n’était jamais si loin que ça, qu’elle préférait se tenir loin du camp et, tristement, trop loin de lui.
Il lui fallut trop de temps pour la retrouver et la nervosité commençait à s’agiter dans son corps, tandis que ses pensées s’accrochaient à ce bateau avec un désespoir de damné. Des ruines l’entouraient et une douloureuse inspiration parcourue le corps du naufragé à la vision de ces douloureux restants d’une journée plus dure encore.
Son prénom glissait de ses lèvres, contenant une joie qui le surprit lui-même. Il espérait tellement. Il l’avait trouvé, ils n’avaient plus qu’à retourner sur la plage et… à se battre pour une place sur ce bateau. La rousse était dos à lui, par instinct, sa main s’éleva pour se déposer sur son épaule, mais il l’arrêta avant de la toucher, ignorant s’il en avait le droit. Un flot de paroles couvert de cet optimisme qu’il ne s’était pas connu depuis longtemps tomba entre eux. « Un bateau, Rose! Y’a un bateau! Un gros bateau de ce qu’on peut en dire de la distance à laquelle il est… Il faut qu’tu viennes avec moi. » Qu'on rentre enfin à la maison. Déjà, des milliers de rêves retenus s'échappaient et Jeremiah ne savait plus quoi faire de cet espoir soudain, que quelqu'un se rende compte qu'ils étaient encore en vie. Ils pouvaient rentrer à la maison, ils le pouvaient. Son regard doré s'attarda sur la rousse, un sourire plus réel qu'il n'en avait eu jusque-là s'attachant à son visage. Il l'aurait embrassé là, juste à la simple idée qu'ils aient enfin de l'espoir. Il était tellement heureux. Il fit un pas de plus près d'elle, osant entourer son poignet de ses doigts. « Tu te rends compte de ce que ça veut dire? » Ça voulait tout dire. La question brillait de toute cette joie. Il était comme un enfant à Noël, comme quelqu'un sur le point de mourir à qui on offrait l'infini, pendant un instant, le réfugié retrouvait tout ce qu'il avait perdu.




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it’s hard, isn’t it? living with a shattered heart. you breathe in and hope the shards don’t pierce your lungs. but, eventually, they will. there is no escape from it. you will bleed. you will gasp. and you will scar. but what matters in the end, darling, is that you will survive.
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» Rose K. Fairclough "
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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Jeu 12 Mar - 18:54

No one will find out if it all went wrong they'll never know what we've been through
Jeremiah & Rose.

Les jours s'étaient déroulés sous la tumulte incompréhensible d'une banalité lisible. Rose avait fuit ce quotidien qui était censé n'être que la lamentable existence de ses deux dernières années, s'enfuyant du campement pour trouver refuge loin des rescapés. La culpabilité l'avait rongé avidement jusqu'aux os, laissant une carcasse dépouille d'émotions. Ne rien ressentir ,bien que tragique, était la seule solution vivable. Faire semblant, faire comme ci rien nous atteignait pour s'en sortir la tête haute. C'est ce qu'elle faisait, elle. Se renfrogner dans ce litige poétique de souvenirs pour s'en dépérir. Juste oublier pour effacer la douleur insubordonnée. Se renfermer, s'étioler dans un confort purement primitif en rejetant tous ce qui était ce quotidien d'infortune. Sa nature humaine prenant le dessus alors qu'elle perdait de son humanité. Ironique, n'est ce pas? Cette nature de se protéger qu'elle que soit les conséquences et ainsi vendre cette âme déboussolée au pire contestataire. Le mal se forgeant doucement, lentement et avidement dans ses veines creuses. Et pour une simple raison...Rose n'avait aucune idée que cette amnésie lâche, vivace, n'était que l'origine d'un refoulement de craintes, de douleurs et de regrets. Un point de non retour... Tous ce qu'on lui avait fait subir revenant prématurément frappant chaque recoin de son corps vide, de son esprit creux. Peut être était aussi cette cause facile de rébellion ou de rejet de la société? Ou même cette impression de recul par rapport aux autres, de se sentir différente? Ce trouble de mémoire accentuant les faits? Tout autour d'elle n'était qu'hésitation, que familiarité exacerbée, juste une illusion livide, jouant entre proximité et distance. Elle voyait ce qui l'entourait, elle reconnaissait quelques détails futiles et pour autant ses pensées stagnaient dans une médiocrité craintive. La jeune femme s'enfermant dans cette pathétique constatation, incapable de dénouer les bribes de son passé et les vérités de son présent. C'était même la raison de sa présence en ce lieu. Ce lieu qui regorgeait les terribles souvenirs de pertes, le sang et les larmes d'étrangers, tous endeuillés dans leurs mêmes existences lamentables, perdant leurs conforts et leurs luxures. Juste dénués, à poil face à un nouveau départ qui semblait déjà bien tragique... Se basant sur les cendres étalées d'années parties en fumée...
La rousse errait entre les cadavres de la carcasse, de cet avion qui avait causé tant de peine. Ses doigts frôlant les pièces d'acier rouillés par l'humidité et par ce temps limpide, elle cherchait une solution, un indice pour se reconstituer. Mais ce cimetière n'affligeait que le néant dans ses pensées, cette recherche vaine se révélant sans réponses. Rose avait été naïve de croire que revenir près de cette misère allait l'aider à retrouver sa véritable identité. La seule véritable personne qui pouvait l'aider était cette même personne qu'elle fuyait. Etrange, non? Fuir avait été dans ses habitudes dès sa plus tendre enfance, comme une vieille habitude à la peau dure et elle ne faisait qu'accumuler ses échappatoires facile, pour éviter des dommages désagréables. Tel que l'affection, l'attachement et toutes autres sortes de complications hypocrites... Ce sentiment de manque n'étant qu'une perversion tacite pour prohiber des sentiments ironiques. Pourtant, alors qu'elle se blindait de cette vérité toute préconçue et qu'elle pensait bien faire en s'éloignant, elle ne s'infligeait que le contraire , blessant un coeur non cicatrisé. Ses pensées s'embrouillant loin de cette solitude pour rejoindre cette image, ce souvenir d'un toucher lui bien réel. Un souvenir qu'elle devait immoler et qui restait malheureusement ancrer dans son crâne. Inconsciemment, elle frappa contre l'une des carcasses de l'avion, s'infligeant une souffrance futile en guise d'interdiction de ressasser. Un châtiment et une punition arbitraire qui ne faisait qu'accentuer les faits. Oublie le Rose, oublie le ! Ces mots résonnaient dans ses pensées mais bien vite ensevelis par la réalité. Une respiration hachée la ramenant sur terre. La jeune femme se retournait avec précaution, sa méfiance l'obligeant. Puis lorsque ses yeux retombèrent sur l'étranger face à elle, elle soupirait doucement ,rassurée mais également exténuée. Toutes ces journées à tenter de l'effacer restant bien vaines. Celui qui se tenait face à elle n'était autre que Jeremiah, qui la regardait d'un air étrangement excité. Qu'est ce qu'il se passait? Sans vraiment avoir le temps de lui poser cette question, le brun commença à débiter un lot de paroles à la seconde. « Un bateau, Rose! Y’a un bateau! Un gros bateau de ce qu’on peut en dire de la distance à laquelle il est… Il faut qu’tu viennes avec moi. » La rousse ne comprenait pas, elle restait tétanisée par cette nouvelle néanmoins, ses sourcils se renfrognant sur son front où quelques rides apparaissaient. Comment ça ? Un bateau? Est ce que c'était vraiment possible? Quelques mois auparavant, cette nouvelle aurait eu le don de la faire espérer même de lui ramener cet espoir qu'elle avait perdu. Elle aurait pu retrouver son père, éclater en sanglots et reprendre cette vie qu'elle avait laissé derrière elle avec un haut le coeur. Mais là, tout était différent. Tout était trop différent. Jeremiah quant à lui la fixait, ce sourire éclatant sur son visage animé de nombreuses émotions, ne rendant que la tâche plus difficile. Même son enthousiasme débordant la fragilisait alors qu'il attrapait son poignet doucereusement, osant une fois de plus briser cette distance acide. Rose baissa son regard vers ces doigts, confuse. « Tu te rends compte de ce que ça veut dire? » Oh bien sur qu'elle s'en rendait compte! Partir loin d'ici pour retrouver son passé, pour comprendre ce qui l'avait fait échouer sur cette île. Une telle opportunité! La jeune femme restait muette un moment, fermant ses paupières pour réfléchir aux diverses conclusions, pourtant toutes la ramenaient à cet enfer. Mais pouvait-elle vraiment lui faire ça? A Jeremiah? Lui qui avait couvert son meurtre, qui l'avait réconforté alors qu'elle perdait pied? Lui qui à présent la fixait avec des yeux enfantins, ce bonheur certain, il était sur. Rose se mordait la lèvre inférieure avant de relever son regard vers lui, un maigre sourire aux lèvres. Elle attrapait sa main lentement, ses doigts enlaçant les siens, se préparant à la pire cruauté dont elle était possible. «Montres le moi. » Ces quelques mots eurent le don de finir ce calme plein, brisant cette certitude, elle ne voulait pas le noyer dans un espoir vain d'une happy ending. Pourtant c'est ce qu'elle faisait. Partir tous les deux loin de cette île, c'était irréel, impossible. Mais lui, il pouvait fuir d'ici, rien ne le retenait, si ce n'était qu'elle. Courant pendant quelques minutes, elle se stoppa nette lâchant cette bombe, ruinant tout espoir «Je ne peux pas. » Elle ne pouvait pas partir, elle ne pouvait pas fuir cette vengeance tacite, et qu'importe si elle finissait seule, rien ne la retenait là bas. Elle n'avait plus rien...





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You got those scissors from the draw, you never dug so deep before. If I stop trying, we start dying… You’re cutting me out, baby who you fighting? You make we wanna love, hate, cry, take, every part of you…You make me wanna scream, burn, touch, learn, every part of you… •• ALASKA (zella day)

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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Lun 16 Mar - 0:26

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C’était une triste ironie que là où ils se tenaient. Leurs pieds piétinaient les ruines d’un souvenir qui avait déjà été éclatant. Une preuve de plus que la beauté pouvait faner en un instant, laissant derrière elle ses couleurs effacées et son immobile hantise. Il suffisait d’un regard pour reconstruire la scène, pour voir plus que la désolation d’aujourd’hui et la tristesse qui s’y collait, comme une sangsue à une peau d’ivoire, mais la réalité revenait toujours à eux. Et, eux, eux ils étaient là, elle, en quête de réponses, et, lui, son cœur battant trop fort, trop vite. Il battait enfin.
La plus grosse ironie, ce n’était pas qu’ils se tenaient couverts d’espoir sur le passé renonçant. Non, c’était que même lorsque tout ce qu’il avait toujours voulu était enfin à portée de main, il ne voyait encore qu’Elle, ses iris aux couleurs confuses de la jungle et ses lèvres qui ne savaient plus où se tenir entre sourire et mourir. Elle était là, entre ses souvenirs absents et ce présent perdu et, pendant un instant, il pouvait imaginer quelque chose d’heureux.
Une possibilité, un espoir qui avait cessé voilà longtemps déjà d’exister, tombé entre les fissures des grains de sable qui s’écoulaient et leurs cœurs fatigués de porter les mensonges qu’ils se racontaient. Il se tenait là, et il pouvait presque sentir ses doigts se réchauffer sous cette douce chaleur de cette nouvelle à l’auréole dorée. Peut-être… pour la première fois, ce mot damné n’était pas le synonyme de ses douleurs.
Ses doigts entouraient doucement son poignet, pour partager cette chaleur qui le brûlait et pour la réchauffer, elle qui frissonnait sous l’obscurité impénétrable du chaos de sa conscience. La confusion se frayait son chemin dans les traits de son visage, tandis que ses mots glissaient entre eux, rendant cette situation encore plus réelle, pour elle, mais aussi pour lui.
Rentrer à la maison, revoir ses amis, sa famille, ses parents, eux qui le croyaient mort depuis tant de mois déjà… recommencer à vivre, enfin, pour de bon. Peut-être qu’ils pourraient l’aider, l’aider à retrouver sa mémoire, peut-être qu’ils pourraient recommencer à aimer sans craindre les ombres et les conséquences, les monstres et l’obscurité. La question résonnait sans même qu’il n’y pense vraiment, tandis que l’excitation le frappait à nouveau. La joie, pure et simple. Il en avait oublié le goût il y avait longtemps déjà. C’était doux, sucré… et vrai.

Ses yeux se fermaient face à lui, le laissant face à une impasse de plus. Il la regardait, retenant une envie de ne pas lui laisser dire plus de mots, de la soulever de terre et simplement la trainer jusqu’à leur délivrance finale. Ne se rendait-elle pas compte? La réponse aurait dû être tellement aisée. Enfin, ils pouvaient s’échapper de cet enfer. Pas une fuite déguisée, comme ils l’avaient fait chez les Originaires, où leurs corps n’étaient peut-être plus tout à fait captifs, mais leurs esprits étaient restés coincés dans les confins de ces cachots humides. Ils étaient des prisonniers et ils avaient les clés de leurs cellules, mais ils n’avaient jamais sût où trouver la serrure. Voilà qu’elle s’illuminait enfin, qu’ils pouvaient s’en libérer.
Finalement, sa main se joignait à la sienne, le signe qu’il attendait, le laissant soupirer de cet espoir délivrant. « Montre le moi. » Personne n’avait à le lui dire deux fois. Un sourire brilla sur son visage, laissant ses étincelles dans ses yeux. Doucement, il pressa entre ses doigts, avant d’hocher la tête. Aucun mot de plus n’était nécessaire, ils auraient l’éternité pour les murmurer.
Ses pieds frappaient le sable à nouveau, cette énergie nouvelle lui donnant presque l’impression de voler. Il était heureux, comme il ne l’avait pas été en plus d’un an, comme il aurait aimé l’être trop souvent. Son cœur s’époumonait et, pour une fois, sa tête était d’accord.
Pour la première fois, Jeremiah pouvait s’imaginer un ciel bleu, une lumière, de l’harmonie. Ils pouvaient fuir la guerre, ils pouvaient survivre et vivre, ils pouvaient tout faire. Ils n’auraient plus à se battre, plus à blesser, plus à tuer. Ils n’auraient plus besoin de pleurer.
« Je ne peux pas. » Ses mots le stoppèrent nets dans son élan, ils étaient lourds, si lourds qu’il pouvait presque les sentir le trainer avec lui au fond de l’océan. Non. Il se tournait vers elle, vers ses grands yeux qui criaient ses émotions et ses lèvres entrouvertes qui tenaient encore les mots qu’elle avait lâché, comme on lâchait une bombe, un missile, quelque chose qui avait pour objectif de blesser. Sa main pressait plus fort, trop fort peut-être, mais elle devait comprendre… elle le devait. « Pourquoi? Pourquoi tu ne pourrais pas? » Il cherchait désespérément la réponse sur son visage, tandis qu’il pouvait presque sentir le bonheur lui être arraché. Jeremiah ne l’avait jamais compris, pas même lorsqu’elle avait encore toute sa conscience, pas même lorsqu’elle était sur le pas de la mort. Elle n’avait jamais fait de sens et c’était ce qui la rendait si belle peut-être, parce qu’elle était toujours une question dont il pouvait être la réponse. Malgré tout, il n’y voyait pas de raison, il ne voyait pas les réponses aux questions qu’il avait posé et ce fossé entre eux le laissait dans cet équilibre précaire d’espoir et de désespoir.
Quelques secondes passèrent avant qu’il ne reprenne la parole, se laissant tomber du haut du choc où elle l'avait jeté. « On pourrait… on pourrait rentrer à la maison Rose. Je sais pas quels détails tu te souviens, mais c’est mille fois mieux qu’ici, peut-être même qu’ils pourraient t’aider à retrouver ta mémoire, à te rappeler. Ce n’est pas ce que tu veux? » Sa voix se remplissait à nouveau d’espoir, parce qu’il ne voyait pas de raisons pour qu’elle dise non, pour qu’elle refuse une telle chance. Pourtant, lentement, le sens de sa question se frayait un chemin dans son propre esprit. Il ne savait pas ce qu’elle voulait. Elle était Rose, la Sigma. Celle qui avait rejoint le clan des hostiles en sachant pertinemment qui ils étaient. Elle était parmi ceux qu’il détestait de tout son cœur et il savait qu’elle n’était pas comme eux, mais cela laissait trop de place à ce qu’il pouvait avoir influencé pendant toutes ses semaines. Le réfugié se trouvait à faire face à tout ce qu’il n’avait pas cru possible : une réjection à la chance de leurs vies, aux rêves qui l’avait bercé depuis le début, par celle à qui il avait confier tout son bonheur.





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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Lun 23 Mar - 1:37

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Jeremiah & Rose.


Il suffisait de quelques mots pour briser un rêve soudain, juste quelques syllabes pour que le vent balaye des espoirs incertains. Un doute qui en enchainait un autre pour ne laisser que des cendres d'une guerre perdue d'avance. Salie par des coeurs, corps, faibles, qui ne laissaient que l'ossature de sentiments encastrés dans une ritournelle irréversible. Les illusions perfides d'un redressement se voilant trop facilement. Les issues de secours s'étiolant au fond d'un couloir trop ombragé, noyées par le noir environnant. Ils ne s'en sortiraient pas, ils n'en sortiraient jamais de ce labyrinthe de désarroi. Les virages trop violents, les égarements trop aisés. Tous ce qu'ils étaient, étaient baignés dans des faux semblants tangibles, s'apitoyant, se menaçant d'un départ irréel, parfait. Une once de lumière au milieu du désespoir qui les ramèneraient là où tout avait commencé. Pouvaient-ils vraiment s'en sortir? Pouvaient-ils simplement vivre? Alors que leurs pas les guidaient vers un hasard de liberté, leurs pensées divergeaient vers des fins lisibles, vers cet espoir de retrouver ces sourires outrepassés. Une happy ending? C'était tellement ironique, tellement sarcastique, tous semblait si faussé, si imparfait. Comme si ce bateau n'était qu'un mirage, vu qu'ils l'avaient tant rêvé. Mais c'était bien réel et maintenant que le bonheur était au bout de leurs doigts, elle brisait ces rêves. Cette fille abîmée aux yeux creux, cette fille qui avait tant enduré pour comprendre la réelle opportunité. Elle lâchait cette bombe, terminant une parenthèse à peine envisagée, laissant une personne dans le besoin de réponses. Laissant cette même personne qui l'avait secouru tant de fois dans un désarroi insubordonné. Ce dernier ne comprenant pas, l'enserrait violemment, resserrant sa poigne en quête de réponses, qu'il savait déjà qu'il ne trouverait pas, la laissant elle plus coupable que jamais. Pourtant sa culpabilité l'enivrait d'une colère qui la poussait à briser toute proximité, à l'éloigner un peu de ce qu'elle avait pu être. "Tu ne comprends donc pas ! "Sa colère se vannait dans les airs, alors qu’elle perdait espoir en cette seule personne qui la maintenait dans cette équilibre fragile. Ses poings se serrant, ses larmes montant doucement, s’ancrant dans ses yeux vides. Elle se reculait, tremblante, incapable de dire un foutu mot, la panique s’invitant dans ses pensées déjà bien confuses. Tous ça n'était qu'un foutu piège dont elle était incapable de sortir, prisonnière de son propre égarement. Captive de ne pouvoir rien faire à part enfoncer la seule personne qu'elle aimait foncièrement d'un amour intarissable. Un amour qui l'empoisonnait qui la rendait déraisonné.

"Qui ils Jeremiah? Qui? Il n’y a personne pour moi là bas, il n’y a personne qui m’attend. "Cette dure vérité agonisait ce coeur pétrifié par la peur de vivre seule, dans cette solitude froissante. Elle avait tout perdu, ses souvenirs, ses valeurs, son innocence, mais le plus important cet espoir limpide qui l’avait tant de fois maintenue vivante, bien qu’amochée. Elle n’était plus que l’orpheline d’une mélancolie insalubre, qui l’aspirait dans une spirale interminable. Ce noir l'encerclant, la dévorant vivante. Ses mains venaient se poser sur son front, tandis qu'elle tournait en rond, soupirant, tentant de reprendre son calme difficilement. Son refus de partir ayant des airs approximatifs d'adieu. Tout se répétait éternellement entre eux, cette relation n'ayant pas de sens. Un jour, elle l'abandonnait et il venait la récupérer en morceaux pour recoller les restes brisés, et le lendemain, le même quiproquo. Cette dernière n'étant plus une ancre mais un boulet accroché à cette éphémère de survie. Et lui se contentait de ce qu'elle lui offrait, c'est à dire rien que des regrets, de la tristesse et des doutes. Elle ne le méritait pas, et lui méritait bien plus qu'un simple dommage collatéral. Jeremiah avait le droit d'être heureux, il avait le droit de vivre sa propre vie sans elle. Mais celle ci s'était imposée dans sa vie sans ménagement, cassant les barrières pour s'imposer dans un coeur trop grand. Un coeur qu'elle laissait crever à cause de ses besoin égoïstes. Rose ne pouvait pas le retenir, elle n'en avait aucun droit. Et pourtant, elle espérait égoïstement qu'encore une fois il ne l'abandonnerait pas. p*tain! Elle se retournait, lui faisant dos, tout en reprenant une grande aspiration, sa gorge serrée par son refus d'avancer. Dis lui Rose, dis lui de se casser loin d'ici. Dis lui de partir. Son coeur se brisait alors que sa conscience lui hurlait de le laisser partir, de le laisser enfin vivre. Et ce poids sur ses épaules si soudain la compressait invariablement. Le peu de souvenirs qu'elle s'était crées virant à des cauchemars éveillés.

"Je n’ai plus rien, plus rien que ça. "Ses mains s’envolaient dans les airs pour montrer cette immensité, cette île captive. Prisonnière de nombreuses existences. La souffrance revenait l’envelopper, l’enfermant dans cette même panique, cette peur inaudible. De quoi pouvait-elle avoir peur? De quoi pouvait-elle souffrir? Cette opportunité, ce bateau, des personnes se seraient damnés pour avoir la chance de repartir vers cette vie passé, vers cet horizon lointain. Mais elle non elle tournait en rond sur ce bout de terre, sans but précis que celui de guérir son coeur malade, de comprendre pourquoi elle avait commis des atrocités et surtout pourquoi elle se préparait à en commettre encore. Elle était malade de sa propre nature, malade de briser ce bonheur dans les yeux de celui qui l'enivrait d'une joie égoïste. Malsaine de croire que ses choix n'auraient que des répercussions sur sa lamentable existence. Malade de croire qu'elle pourrait survivre sans lui.

"Alors va t'en. " Ses derniers mots eurent raisons des larmes qu'elle retenait dans ses yeux. Ces derniers s'accompagnant d'une froideur épouvantable, loin de ses sentiments agonisants. Rose se retournait vers lui, son regard s'ancrant dans le sien alors qu'elle lâchait prise et que son visage ne trahissait que des traits durs. Tout ça était fini. Celui ci serait le dernier des adieux. Celui ci n'aurait que des conséquences sans doutes irréparables, mais elle se refusait de revenir sur sa décision. Son coeur implosant dans sa cage thoracique, les coutures se défaisant une à une, elle ne pouvait plus être cette égoïste mesquine. Elle ne pouvait pas être cette Rose là. Elle était sans doute folle de croire qu'elle pourrait s'en sortir sans lui, mais elle ne ferait pas le premier pas, elle fermait la marche d'une relation chaotique qui avait fait versé le sang, les larmes. Elle fermait les yeux sur des sentiments omniprésents. Elle fermait la dernière page d'un livre, closant une histoire qui pourtant semblait infinie. Disant adieu à ce qui la maintenait sur cette île, disant adieu à sa faiblesse, s'enfermant dans un océan de mélancolie.





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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Mer 25 Mar - 14:49

We are all broken, that’s how the light gets in.
Une impasse. Non, il ne comprenait pas. Voilà des jours et des jours qu’il passait avec la seule lueur de savoir qu’elle était en vie, qu’elle existait. Elle vivait, sans lui, mais ça lui suffisait. Ça aurait pu lui suffire pour toujours, si c’était tout ce qu’elle était prête à lui donner.
L’univers avait sa façon de s’amuser. On pouvait lui pardonner, la vie devait devenir répétitive après des milliards d’années passés à tourner en rond. Pourtant, en être le jouet, la marionnette, était étonnamment douloureux lorsqu’on se battait à chaque mouvement contre la force du monde dans nos ficelles. Les murs qu’il avait crus détruit n’étaient que derrière lui, prêts à lui bloquer le chemin à nouveau. Il n’avançait plus; il stagnait. Comme une mer sans vague, un ciel sans nuage, une lune sans éclat. Comme une tempête sans vents. Il avait toutes les émotions, mais elles bloquaient, elles restaient coincées dans sa gorge étroite, écrasée par sa trachée qui cherchait l’air, l’oxygène. Il ne respirait plus, il ne bougeait plus, il était coincé entre quatre murs qui s’érigeaient dans ses questions. Le pire, le pire que pire, c’était qu’il aurait tellement aimé comprendre, Jeremiah. Il aurait tout donné pour comprendre ce qu’elle pensait, pour voir se dessiner les lignes qui reliaient les villes sur la carte de son esprit et pouvoir s’y diriger les yeux fermés.
Mais Jeremiah, il commençait surtout à comprendre qu’on ne pouvait pas dessiner les lignes entre des villes qui n’existaient pas et que, parfois, l’océan pouvait séparer deux esprits.

Ils étaient deux continents bande à part. Ce n’était pas qu’un tremblement de terre qui les aurait rejoint, non, c’était l’océan qu’ils devaient traverser et il voyait l’espoir fondre entre les mains de rousse, il s’en brûlait même les doigts. La distance était infranchissable. Qui? Qui? Son petit mot était pleins de ses interrogations, ses doutes, sa peine. Ses yeux se fermaient, bloquaient le monde, la douleur poignante de ses questions, elles qui déchiraient ses rêves en petits morceaux, reprenait sa place. « Des médecins, des gens, n’importe qui! Il y aurait moi! » Sa voix s’élevait, pleine de désespoir, de s’il-te plait, comprend-moi. Il y aurait lui, il y aurait eux, il n’y aurait plus de guerre et il y aurait peut-être même le bonheur. Ils pourraient s’aimer.
Mais elle ne l’aimait plus, c’était ça le problème. L’amour s’était perdu dans les broussailles de leur passé et si Jeremiah l’avait attaché comme un boulet à sa cheville, le sien semblait s’être envolé dans un brouillard trop épais pour être retrouvé.
C’était une réalisation terrible, la pire. Comment avait-il pu être si heureux pendant un instant et si triste l’instant d’après? Le paquebot, il existait encore, il approchait, mais lui était face à Rose, Rose qui tournait, qui bloquait, qui cherchait quelque chose d’inconnu. Elle ne l’aimait plus, les trois mots murmurés, il n’y avait que lui qui les avait entendu et il n’y aurait peut-être bien plus jamais qu’eux qu’il entendrait. L’amour, ce n’était pas basé sur les lois de la physique, ce n’était pas parce qu’il disparaissait d’à quelque part qu’il existait ailleurs. Il pouvait simplement s’effacer, pouf, plus d’amour, plus de mémoire, plus rien. « Je n’ai plus rien, plus rien que ça. » Ses mains désignaient ce qui les entourait, ce mélange de ruines et d’arbres, les renouveaux qui se forçaient à pousser à travers les restes d’un passé brisé. Jeremiah, c’était tout le contraire, il n’avait plus rien, plus rien d’autre qu’elle. Ses mains l’auraient pointée.
Le réfugié qui était presque à terre, presque vaincu par le désespoir de son espoir, il perdait son cœur à chercher un argument, à chercher des mots qui la convaincrait de venir avec lui, de partir loin d’ici. Il voulait tellement quitter cet endroit, ce désir ayant été la seule raison qui l’avait poussé à continuer, à se battre, jusqu’à ce qu’elle s’ajoute à l’équation. Pourquoi n’avait-il jamais les mots qui comptaient? « S’il-te plait, suit-moi, ça ne sert à rien de rester ici… » C’était répété, c’était déjà dit, c’était supplier face à une arme pointée, levé un drapeau blanc tâché de sang, mais le brun ne pouvait pas comprendre comment cet endroit pouvait être mieux que n’importe où ailleurs.
Parce qu’ici, ils n’avaient vraiment que soufferts. Ils avaient été torturés, s’étaient fait mal, arrachés à une jeunesse qu’on ne leur avait pas laissée goûté. Ils avaient perdu leurs vies et c’était enfin l’occasion d’y revenir, d’y ressusciter. Un nouveau départ, un vrai, où ils auraient pu panser leurs plaies qui ne faisaient que s’infecter, soigner leurs blessures les plus profondes et peut-être enfin guérir.

Elle allait là où il n’aurait jamais cru qu’elle oserait. Ses traits étaient durs, sans la moindre faille, tandis qu’elle murmurait des mots tels des ciseaux. Ils coupaient leurs sutures et détruisaient les ponts entre eux. Ils se perdaient, il la perdait, elle dérivait et elle ramait avec énergie dans la direction contraire à lui. « Alors va-t’en. » Va-t’en Jeremiah, pourquoi tu restes là? Ta famille, tes parents, tes amis. Ton père, qui t’avait soupiré un à bientôt qui n’avait jamais été aussi faux. Pourquoi resterait-il? Pourquoi s’accrochait-il à un amour qui, visiblement, ne voulait rien dire pour elle maintenant?
Si elle l’avait effacé, il pouvait l’effacer aussi.
Il reculait d’un pas, le bruit des feuilles qui s’écrasaient emplissant le silence entre eux. Ses mots résonnaient encore à ses oreilles. Va-t’en. C’était dit avec tellement de conviction, tellement de volonté. Il savait lorsqu’elle ne mentait pas. Va-t’en, mais pour aller où? Il pouvait monter à bord de ce paquebot, laisser les vagues emplir l’espace entre eux et sa mémoire lentement se ranger au fond de son esprit. Il pouvait oublier son cœur qui lui faisait mal, ça n’aurait pas été la première fois qu’il l’aurait laissé entre les mains d’une autre personne.
Son regard alla derrière lui, là où les arbres s’entrecroisaient et les feuilles cachaient le chemin qui l’aurait mené à cette délivrance, à une raison de vivre pour de bon. « Si je pars, on ne se reverra peut-être bien plus jamais. » L’ambre de ses yeux se retournait vers elle, le soleil jouait avec ses cheveux et elle était aussi belle qu’à chaque instant, coupant son souffle, embrassant ses yeux. Était-ce vraiment comme ça qu’ils allaient se quitter? Elle, froide, lui, bouleversé. Il n’y arrivait pas, autant aurait-il aimé lui offrir ça, une chose qu’elle voulait vraiment, il n’arrivait pas à lever le pied une fois de plus, laisser cette image d’elle devenir lentement fade et sans couleur. Elle était trop belle pour faner, elle faisait trop de sens pour en perdre. Ses mains passaient dans ses cheveux, ses yeux se fermaient, il jetait un dernier regard derrière lui. Une réalisation, horrible, presque douloureuse, parce que c’était tout ce qu’elle ne voulait pas et que leur contradiction se frappait encore. « J’peux pas, Rose, pas sans toi. » Ses mots tombaient d’entre ses lèvres, une vérité tellement lourde à porter. Il ne pouvait pas partir sans elle, pas quand ce départ signifiait faire une croix sur elle, sur ce qu’elle était, sur la place qu’elle avait dans sa vie. Il ne pouvait pas l’effacer aussi radicalement, détruire chaque trace qu’elle avait laissé. Elle faisait partie de lui maintenant et son empreinte était la fondation de ce qu’il était devenu. S’il partait, elle serait toujours là, hantant chacun de ses mouvements et il n’était pas prêt pour une telle torture. Ses yeux le brûlaient, tandis qu’il la regardait de là où il était, qu’il lui demandait en silence de venir avec lui.
Il avait trop souvent perdu de ceux qu’il aimait pour la laisser partir plus loin encore.





it tastes like a curse in itself.
it’s hard, isn’t it? living with a shattered heart. you breathe in and hope the shards don’t pierce your lungs. but, eventually, they will. there is no escape from it. you will bleed. you will gasp. and you will scar. but what matters in the end, darling, is that you will survive.
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» Rose K. Fairclough "
❝ Failure. × It's like I'm losing my mind ϕ ❞

× Ma Célébrité : Holland HOT Roden × Nombre de messages : 559 × Age du perso : 21 printemps d'un désert oppressant × Job : Déchet au milieu de la société, vendeuse éparpillée × Côté love : Torpillé, abusé, emprisonné d'une évidence qui s'est échappée...


Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Ven 27 Mar - 1:06

No one will find out if it all went wrong they'll never know what we've been through
Jeremiah & Rose.
Ils vivaient au bord de la vie, ne faisant aucun compromis, se précipitant parce que ce temps insouciant s'écoulait trop rapidement. Ils dérapaient, s'accrochaient pour mieux s'échapper car ce qu'ils faisaient de mieux. Se blesser pour mieux se rabibocher, attirés comme des aimants. Ils étaient ce qu'ils étaient, des blessés, des dommages, des victimes d'un hasard injurieux, mais ils étaient eux. Ils étaient deux guillemets inversés, sens dessus dessous, accrochés l'un à l'autre à la fin de cette phrase, de cette condamnation à perpétuité. Piégé par des vies qu'ils n'avaient pas choisies. Et leurs espoirs divergeaient, face à cette nouvelle opportunité. Ouvrant une impasse, une distance appuyée par une amnésie insubordonnée. Leurs chemins se séparant, ne laissant que leurs coeurs défoncés par leurs sentiments aveugles. Chacun n'ayant pas choisi de s'attacher à l'autre, ça leur était tombé dessus lors d'une nuit agitée. Un geste déplacé et leurs mondes restaient changés.

Mais depuis cette relation chaotique marquée par la violence d'hasards contrefaits, d'étapes difficiles à surmonter, avait muté prenant des ampleurs improbables. Tous deux prenant un risque dangereux, le risque de s'abandonner l'un à l'autre en ouvrant cette porte sur leurs coeurs captifs. Et aujourd'hui, tous ces risques leurs retombaient dessus avidement ne laissant que l'incompréhension filtrait. Chacun séparait par des avis différents, par des besoins divergents. Leur silence faisant un bruit assourdissant alors que le vide prenait toute la place . La colère se vantant à travers l'incertitude d'un palpitant brisé. Jeremiah tentait de comprendre pourquoi, ces yeux cherchant une réponse à travers le regard de la jolie poupée, qui ne voulait que s'échapper. Tous les chemins ne menant qu'à la fuite... Mais le brun ne pouvait la laisser, l'abandonner sur cette île, où les distances ne seraient que cicatrises engendrées. « Des médecins, des gens, n’importe qui! Il y aurait moi! » Rose fermait les yeux, ravalant sa salive difficilement. Cette vérité l'angoissant, ses envies l'apeurant. Il y aurait lui! Ce seul argument aurait suffi à la coinvaincre quelques mois auparavant. Même aucun mot aurait suffi à la convaincre, la chance d'un nouvel espoir suffisant. Mais à présent, seul le néant se tenait entre ses doigts, le vide se logeant dans le creux de ses paumes. Il ne restait que ce coeur inerte, qui se décortiquait lentement à chaque réponse de ce dernier. Ses mots tels des mains qui l'étranglaient cruellement, sadiquement. Plus les secondes s'écoulaient et plus la pression augmentait. Pourtant, la rousse ne pouvait se résoudre à juste partir, quitter ses lieux sans avoir eu cette précieuse vengeance, qui laissait son coeur noirci par un désir malsain. Elle se devait d'avancer, d'arriver enfin à marcher sans stagner ... Elle ne devait ne plus avoir de regrets. Pourtant, sa seule préoccupation était ces derniers en ce moment.« S’il-te plait, suit-moi, ça ne sert à rien de rester ici… » Et, lui, il ne lâchait pas prise malgré tous ce qu'elle lui démontrait. Il lui offrait une rémission, une absolution que la rousse déchirait avec des mots venimeux, empli d'un acide livide. Cette supplication furtive ne prouvant pas une faiblesse mais une déchirure intérieure que chacun ressentait. Une vulnérabilité qui les rongeait chaque journée. Cette même force qui les poussait à s'attirer et à se distancer. Mais Rose ne pouvait pas vivre avec son égoïsme, elle ne pouvait plus faire semblant face à un éventuel redressement. Couvrant le silence de 4 petits mots, la situation prenait une tournure peu attendu, laissant les deux moitiés sur un chemin cabossé. Vas t'en ! Ses paroles se répétant inlassablement dans son crâne, Rose prenait conscience que cette discussion pouvait bien être l'une de leur dernière, les larmes lui montaient aux yeux amèrement. L'absence était la pire souffrance. L'ignorance était pire encore.


« Si je pars, on ne se reverra peut-être bien plus jamais. » La réalisation devenait agonie, les mots pesants crevant ente eux. Un adieu... La jeune femme se retournait face à cette vérité acide qui brulait chacun de ses nerfs, son coeur ne tenant plus de ses coutures défaites. Ce dernier s'était incrusté dans son crâne, pour ravager chaque écho de ses pensées. Les flots qu'ils y déversaient ne rendant que la blessure plus profonde, plus douloureuse. Et le vide laissé n'était que putride amnistie d'une culpabilité ravagée. Le pardon, la compréhension, elle ne méritait pas ces frasques inavoués. Les mots muets pourtant résonnaient dans sa tête inlassablement. Ce sentiment ingrat d'être transpercé sans pouvoir rien y faire, spectatrice de sa propre blessure et pourtant ne pas y remédier était intact, entier. Elle avait beau lutté, frappé contre cette façade froide qu'elle lui laissait apercevoir mais rien y faisait, les masques ne tombaient jamais. Le mal avait été fait trop de fois, ne laissant que leurs coeurs anesthésiés par leurs sentiments éternels insatisfaits. Ils s'aimaient sans doute trop pour en profiter. Rose le savait pertinemment, elle l'aimait du plus profond de son être, elle l'aimait bien plus qu'elle même. Ce qui était sans doute ironique vu les tournures que prenaient leurs vies à chacun. Elle se séparait de cette partie qu'elle n'aurait jamais voulu enfouir en elle, juste pour son propre bien. Elle ne voulait pas l'enlever par pure égoïsme à sa famille, à tous ceux qu'il avait laissé derrière lui et qu'importe son amour pour lui, elle était prête à le sacrifier pour qu'il puisse retrouver ce sentiment de joie, ce sentiment de ne jamais avoir été abandonné. Car il n'était pas seul, il ne l'avait jamais été. Ces souvenirs faisant de lui la meilleure personne qu'elle n'avait jamais rencontré. Rose n'avait pas eu une enfance facile, elle n'avait pas eu droit à ce qu'elle avait espéré, mais cet attachement, ce lien avec sa mère qui s'était forgé au fils des années face à la tristesse, au déni et la colère, elle ne le remettrait jamais en question car ça faisait exactement partie de sa vie. C'était ce qui l'avait forgé à se tenir face à lui, les yeux emplis de larmes amères, c'est ce qui lui permettait de ne pas tomber dans cette lente descente en enfer alors que le silence filtrait entre eux. Elle ne voulait pas qu'il parte, mais parfois la décision ne lui appartenait pas. La vie était faite ainsi, la vie était cruelle mais juste. Hoquetant dans son coin, retenant ses sanglots angoissés, Rose se mordait la lèvre inférieure pour ne pas craquer, pour ne pas s'effondrer une fois de plus, elle ne pouvait pas laisser transparaitre la seule faiblesse qui lui restait en ce monde, c'est à dire lui. Si elle le faisait, il ne partirait jamais et il la laisserait seule avec cette culpabilité d'avoir tout fait foirer.

« J’peux pas, Rose, pas sans toi. » Ces quelques mots eurent raison de tous ses efforts alors que ses sanglots s'effondraient sur ses joues, elle se retournait lui faisant dos, lâchant ce tourment de sentiments qui mordait sa peau avidement. Ses mains glissant le long de ses joues pour effacer ses gouttes humides, pathétiques. Ce n'était pas possible, elle n'y arriverait jamais. La jeune femme saignait sans cicatrise, subissant la pire torture possible, elle n'était pas physique, elle était dans sa tête, brisant toutes ses contradictions, brisant toutes ses envies de le voir la quitter. Pourtant bien que la voix cassée, emplie de larmes tremblantes, elle lâchait sans facilité. " Je n’ai plus besoin de toi pour prendre soin de moi à présent. " C'était injuste et totalement faux, qu'une foutue connerie facile à dire lorsqu'on avait le dos tourné à son interlocuteur. Lâche Rose, tu es lâche... La réalité était tellement plus difficile que ce qu'elle avait espéré. Ses mots pesant en elle, appuyant sur son coeur ensanglanté. Partir, c'était facile quand on ne laissait personne derrière soi. Et Jeremiah était loin d'être personne.






losing your memory
You got those scissors from the draw, you never dug so deep before. If I stop trying, we start dying… You’re cutting me out, baby who you fighting? You make we wanna love, hate, cry, take, every part of you…You make me wanna scream, burn, touch, learn, every part of you… •• ALASKA (zella day)

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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Mer 1 Avr - 2:59

We are all broken, that’s how the light gets in.
Est-ce qu’ils leur restaient seulement un choix? Ils étaient deux innocents devenus coupables, ils avaient abaissés le marteau sans même y penser et ils devaient faire face à la chute maintenant. On disait qu’on avait toujours le choix. C’était faux, c’était un mensonge qu’on racontait pour se consoler, alors que le seul choix qu’on avait vraiment, c’était de continuer à vivre. Le reste, le monde entier en décidait, la nature en jouait et eux, ils n’avaient plus qu’à le vivre.
Il croyait toujours que rien ne pouvait faire aussi mal. Après un moment, la douleur n’était-elle pas censée s’engourdir? Mais ça faisait mal, mon dieu, c’était tellement douloureux. C’était son cœur, qui se brisait encore et encore, comme s’il ne cessait de vouloir se réparer, se rabibocher, redevenir ce qu’il avait déjà été. Il avait beau savoir, Jeremiah, oh il le savait, que plus rien ne redeviendrait jamais comme c’était… Il n’arrivait pas à en convaincre son cœur. Son cœur et sa tête avaient toujours été sur deux planètes complètement différentes. Ils tournaient sur deux axes, s’entrecroisant parfois sans jamais ne faire plus que se frôler.
Sa tête, à ce moment-là, elle savait. Elle savait qu’ils n’avaient jamais eu le choix. Elle savait que c’était peut-être bien leur seule chance, sa seule chance. Elle savait qu’il voulait rentrer et qu’il voulait retrouver sa vie, légère, facile, aisée. Elle savait pourquoi il ne pouvait pas rester.
Son cœur, lui, il ne comprenait rien. Il avait mal son cœur, si mal que ça le brûlait des pieds à la tête, engourdissait le bout de ses doigts et brûlait ses yeux fatigués. Il était déchiré. Déchiré entre famille, amis et… cette sorte de nouvelle vie où il avait fabriqué des amitiés et une nouvelle famille de ses mains tremblantes, où il avait découvert qu’on pouvait aimer si fort qu’on en perdait la raison et gagnait le monde. Son cœur voulait rester, il voyait tout ce qu’il avait perdu, mais il ne pensait plus qu’à tout ce qu’il pouvait perdre encore. Il ne pouvait pas la perdre, pas elle. Même s’il devait vivre loin d’elle, même si elle ne se souvenait jamais et qu’elle décidait qu’elle le détestait, même si ce mur restait à jamais infranchissable. Il ne pouvait pas partir.
Et si son cœur criait, le murmure de sa tête était suffisant pour le faire hésiter. Et tout ce qu’il pensait, c’était comment tout aurait été plus facile si elle voulait bien le suivre.

Elle lui faisait dos, tandis que ses pas s’arrêtaient à leur limite, que ses paroles tombaient comme ses armes. Ses yeux suppliaient, pleuraient, voulaient. Suit-moi, je t’en prie. C’était tout ce qu’il voulait, demandait, priait. S’il-te plait. Peut-être était-ce trop égoïste. Peut-être avait-il toujours été un peu trop égoïste. Les mots prenaient sa gorge d’assaut, s’entassant dans un espace trop serré pour eux, eux qui prenaient tellement de place qu’ils n’arrivaient plus à passer. « Je n’ai plus besoin de toi pour prendre soin de moi à présent. » Ses paroles atteignaient ses oreilles, même s’il ne voulait pas les entendre, même s’il ne voyait pas son visage, même s’il voulait déjà les oublier. Je n’ai plus besoin de toi. Va-t’en Jeremiah. Elle ne veut plus de toi.
Ils avaient toujours mentis. Ils avaient mentis dès le début, jouant de la vérité comme d’un jouet, oubliant la mascarade le temps d’un instant avant de réenfiler leurs déguisements. L’honnêteté avait été un concept forain, elle qui semblait ne vraiment prendre sa place entre eux que lorsqu’ils étaient à bout de souffle, que lorsqu’ils abandonnaient et qu’ils tombaient. Ils mentaient pour mieux se protéger. C’était leur arme à eux, et peut-être bien aussi leur poison.
Il n’avait pas toute la signification qu’elle avait pour lui. Il n’était qu’un étrange questionnement, un sentiment dont on savait que faire, une question qui revenait lorsqu’on cherchait le sommeil. Il n’était plus rien et même le temps ne savait qu’en faire. Il avait perdu.
Il avait tout perdu. Sa main passait dans ses cheveux, tandis qu’il réalisait qu’il était encore là, que cette douleur qui venait de l’assommer n’avait laissé que des traces invisibles. Et pourtant, jamais n’avait-il eu aussi mal, c’était agonie et torture, c’était la voir là et savoir qu’elle ne voulait plus de lui. Avait-il même déjà été plus qu’un outil?
Ses paroles se déformaient dans sa tête, elles tournaient et tournaient dans cette boucle sans fin et ses joues étaient humides malgré lui. Les larmes semblaient ne jamais vraiment se tarir. Il voulait se rappeler le goût de ses lèvres, il voulait retrouver l’espoir qu’il avait eu, non seulement en lui, en l’humanité, en eux, mais surtout en elle. Il voulait être heureux. Il voulait tenir sa main et savoir que c’était ce qu’elle voulait aussi.
Il ne voulait pas d’océan entre eux. Pas de fin, pas d’au revoir, pas d’adieu. Il ne voulait pas savoir qu’il ne verrait plus jamais son regard, ni même son sourire, qu’il ne pourrait plus prononcer les quelques syllabes de son prénom sans se souvenir des trop rares moments d’euphorie et de ce poignard qu’on lui plantait en plein ventre. Il ne voulait pas avoir à accepter que c’était la vie. C’est la vie Jeremiah, on n’a pas toujours ce qu’on veut. Cesse un peu de faire l’enfant.

Il ne voulait rien de tout ça, pourtant il reculait d’un pas de plus, ne pouvant se résoudre à lui tourner le dos aussi. Et tandis qu’elle était encore là, qu’elle ne le regardait pas, mais qu’elle écoutait peut-être, il murmura d’une voix guidée par le vent. « Alors je suppose que j’ai plus qu’à te dire au revoir. » Mais ce n’était pas ça qu’il voulait dire. Il voulait lui crier, il voulait tout lui dire, pêcher ses mots coincés dans les profondeurs de sa trachée et les laisser finalement se séparer de lui. Et si, moi, j’avais encore besoin de toi? Et si j’avais besoin de ta voix pour me tenir sur terre et de ton rire pour me rappeler que le bonheur existe? Et si j’avais besoin de tes doigts pour empêcher les miens de trembler, les jours où même le monde me semble tout noir? Et si j’avais besoin de sentir ton cœur battre pour savoir que j’étais encore en vie?
Comment je fais, moi, sans toi?
Mais il ne disait rien, parce que ça aurait été égoïste, cruel, idiot. Sa tête murmurait encore et il ne voyait plus d’autre choix que de l’écouter, même s’il n’en avait pas envie, même si chaque pas dans la direction contraire lui semblait plus dur que le précédent. Mais il ne pouvait pas partir, pas tout de suite, pas tout à fait, pas quand les mots étaient restés sur le bout de sa langue pendant des semaines et qu’il n’avait attendu que ses yeux pour les dire enfin. S’éclaircissant la gorge, il songea à s’approcher, mais n’en trouva pas le courage. S’il faisait un pas de plus en avant, il ne pourrait plus jamais reculer. « Avant que j’parte, je… si jamais tu te souviens, si jamais tu te rappelles, j’veux juste que tu saches que je t’aimais aussi. J’ai jamais aimé personne autant que toi, j’suis désolé… » Pardonne-moi, pardonne-moi de t’avoir aimé et d’être parti, excuse-moi de ne pas avoir pu garder les mots pour moi.
Il avait perdu tout ce qu’il avait et l’avait remplacé par elle. Ses mains lui semblaient incroyablement vides, tandis qu’il se tenait là, ses émotions devant lui, son âme entre ses mains et son absence prête à lui faire face. Pourtant, de les avoir dit les quelques mots, ça lui semblait plus juste, pour lui, pour elle, pour eux. L'honnêteté n'avait jamais été leur plus grande qualité, mais c'était la dernière chose qu'il avait à lui offrir.



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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Mar 7 Avr - 0:48

No one will find out if it all went wrong they'll never know what we've been through
Jeremiah & Rose.
De derrière tout était futile, limpide. Personne n'avait de réel visage sauf cette nature sauvage qui contemplait l'étendue de ce vide. Creux de leurs dévotions qui ne laissaient que deux tombes. Leurs mots, aux contraires de leurs émotions, dépravaient leurs restes de sensations, brisaient leurs bribes succubes. La souffrance, quant à elle, livide, gracile, dévorait leurs os las, fatigués par le mal qu'ils s'offraient à longueur de journée. Rose, lâche, égoïste... Jeremiah, impossible, difficile... Ils avaient toujours été opposés, éloignés par leurs différences volubiles. Se rassemblant quand à leurs peurs faciles. Leurs défauts faisant parfois leurs qualités. Mais lorsque la réalité prenait pied dans leurs équilibres juvéniles, leurs candides jeunesses se transformaient en asiles. Prisons de leurs salvations, de leurs libérations. Tous deux captifs du mal qu'ils s'infligeaient. Si la jeune femme fuyait, tentait de s'échapper de cette discussion, ses maux se confondaient dans cette douleur exagérée. La faute à des connaissances passées. Ce brun, loin d'être un étranger, était une source, l'origine des plaies. Elle connaissait étrangement beaucoup de choses sur lui: sa détermination , son altruisme, son intelligence, son odeur, le goût de sa peau, le tracé de ses vertèbres, sa fossette lorsqu'il souriait... Tous ces détails naïfs qui la rendait si instable alors que cet adieu la déchirait. Et pourtant, le pire n'était pas encore passé... Les mots n'étant que des séparations.

Des séparations qui pressaient une échappée tant convoitée, qui ramenaient des espoirs incertains dans une mémoire trop fraîche. Aucun ne méritait un tel châtiment, aucun ne méritait autant de mal. Pourtant ils s'enfonçaient toujours à travers le venin de leurs paroles, elle, plus virulente que l'acide. Tous ce qui sortait de sa bouche fiévreuse n'étant que mensonge et fausseté. Sa voix trahissant ses envies profondes était contrastée par son visage abîme de ce manque. Tandis que son corps était secoué de soubresauts, de tremblements irréguliers, laissant son rythme cardiaque implosait. Son coeur subissant les accoups de ses émotions sadiques, putrides. Des larmes crevaient dans ses yeux, ces larmes silencieuses des femmes, gouttes de chagrin venues de l'âme qui coulaient sur ses joues et semblaient si douloureuses, étant si claires. Ses ressentiments se transformant en lamentations. Puis un deuxième coup. « Alors je suppose que j’ai plus qu’à te dire au revoir. » Un peu plus violent mais bien moins que ses mots amers. Rose hoquetait, sa panique revenant à la charge, défonçant chaque obstacle sur son chemin. Elle n'osait même pas regarder en arrière, comme pour garder intact la vision que ce dernier n'était jamais réellement parti. Pour garder l'espoir intact... Espoirs déjà bien lointains, croyances bien trop opaques. Ses bras ballottaient le long de son corps, las de se mouvoir alors que tout s'échappait dans le creux de ses paumes, seul le vide la contentant. Elle avait mal, tellement mal... Sa souffrance limpide voyageant dans ses veines creuses, n'accumulant que les plaies et les regrets. Elle éprouvait une douleur particulière comme quand quelqu'un formulait nos propres peurs et nous disait que non seulement toutes les pensées noires qu'on avait sur soi-même sont bien réelles, mais que les autres pouvaient les avoir aussi. Une douleur qui nous tirait les larmes des yeux et nous enserrait le coeur dans une barrière de fer, et nous faisait comprendre que, oui, être seul, c'est terrible, mais que ce ne sera jamais aussi difficile que ce sentiment-ci. Ce sentiment d'abandon, ce sentiment de trahison. Ce sentiment de briser l'être aimé.

Le souffle de la belle s'enserrait dans sa gorge, alors qu'elle faisait un pas en avant, qu'enfin elle entamait son chemin sans mots. Peut être bien pour soigner cette couverture d'illusions. Futile faible déraisonné. Et la chute fut à retardements, imprenable, inconsolable. Des derniers mots qui eurent raison de son équilibre. « Avant que j’parte, je… si jamais tu te souviens, si jamais tu te rappelles, j’veux juste que tu saches que je t’aimais aussi. J’ai jamais aimé personne autant que toi, j’suis désolé… » Un électrochoc. Un silence. Un murmure. Un songe. Puis le vide. Rose s'effondra instantanément, ses yeux qui n'en pouvaient plus de pleurer, relâchaient encore ses sanglots étranglés. Comment osait-il? Comment pouvait-il? Elle sombrait doucement, ses mains venaient trouver une ancre sur son ventre qui agonisait. Son corps se pliant, se voutant sous la douleur. Et elle s'effondrait au sol, ses genoux percutant la terre humide. Son coeur tout simplement arraché de sa cage thoracique. Rose se courbait, muant ses gémissements, tremblant de toute part. Ces mots, elle les avait tant espérés, elle en avait rêvé un nombre incalculable de fois. Sa peur se flouant parfois, cette phobie que ce sentiment ne soit tout simplement pas réciproque. Et puis ce flash back atroce lui revenait en mémoire, n'accentuant que la souffrance véhémente. Deux mots, simple, court, lancés dans le silence pesant, à cause d'une seule chose. La mort. Et ses muscles ankylosés, ce souffle haché, et ce sang partout, tout autour. Bordel, faîtes que ça s'arrête! Ses doigts se glissaient sur sa tête impulsivement comme pour calmer la tornade qui venait ravager ses pensées. Elle se rappelait de ce toucher, de cet élan de sincérité comme pour se rapprocher de ce peu de vie. Pour se maintenir éveillée... Pas maintenant. Pourquoi? Tout se confondait, elle se souvenait sans vraiment se souvenir. Comme si elle avait enterré ses bribes quelque part, sous des mètres cubes de conscience. Des images, des mots, des sensations, des odeurs. Des douleurs.
Rien de précis. Comme si ça ne lui était jamais arrivé et pourtant la réalité était tout autre. Cette blessure toujours à vif, une meurtrissure qui saignerait toujours. Une plaie aussi profonde qu'un abîme, dans laquelle elle s'était perdue. Oubliée. Ca l'avait changé, la transformant. Le monde jugeant de sa mutation. Si facile de juger et pourtant si difficile à comprendre. Ca lui faisait mal au point d'en mourir, la rongeant lentement de l'intérieur, la dévorant jusqu'à ce qu'il ne restait plus qu'une enveloppe vide et sèche. Et en cet instant alors que son palpitant crevait d'une amertume cruelle, elle aurait tellement voulu qu'il la tue, qu'il l'achève. Mais il ignorait la pitié vu les mots qui lui déversaient. Il venait de tout prendre et de la laisser démunie, au pied du mur. Ses plus profonds désirs se vantant en haine mortelle. Elle le haïssait, elle le détestait et elle l'aimait. Que de contradictions qui la noyait dans un océan de doutes. Rose ne pouvait plus lutter, Rose ne pouvait plus s'échapper. Il ne lui restait que sa voix, sans écho soudain, plus que ses doigts qui n'agrippaient rien. Que cette peau qui cherchait ses mains et cette peur de l'aimer davantage. Elle l'aimait de douleur à s'en déchirer le ventre et le coeur, jusqu'à en s'en damner. Elle était tombée amoureuse comme on attrapait une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre son gré et sans pouvoir se défendre, et puis...Et puis elle le perdait. De la même manière. " Je te hais... " Ses mots étaient sortis presque inconsciemment de sa gorge serrée, comme une confession traître. Le mal qui la rongeait se répercutant dans ses faits. C'était une supplication furtive, indélébile pour qu'il reste alors que le sens était contraire. Un aveux réciproque de sentiments. Un mensonge linéaire voilée d'une vérité. Car l'amour et la haine tout se confondait si facilement. Elle était tout simplement blessée, à terre et elle avait besoin d'aide. Jeremiah avait fait un trou dans sa tête, il était un silence entre ce qu'elle pensait et elle disait. Et toutes ces incohérences trouvaient une solution contrastée. Simplement, elle était paralysée. Elle s'était faîte tirée dessus un certain nombre de fois, qu'elle finissait par ne plus tressaillir au bruit des balles. Morte. Vide. Creuse. Fragile. Juste rabaissée sur ces terres d'éphémères, déjà en enfer...









losing your memory
You got those scissors from the draw, you never dug so deep before. If I stop trying, we start dying… You’re cutting me out, baby who you fighting? You make we wanna love, hate, cry, take, every part of you…You make me wanna scream, burn, touch, learn, every part of you… •• ALASKA (zella day)

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» Jeremiah G. Archer "
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× Ma Célébrité : Dylan O'Brien × Nombre de messages : 2394 × Age du perso : vingt-et-un × Job : bonne question ! × Côté love : nada, que dalle, le vide. (sauf peut-être une petite lueur, parfois)


Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Mer 8 Avr - 14:54

We are all broken, that’s how the light gets in.
« Je te hais. » Ses mots déchiraient violemment, le laissaient les bras pendus, les lèvres ouvertes, la voix qui murmurait dans sa tête, qui lui disait ‘je te l’avais bien dit.’
C’était quoi la haine? C’était l’amour à l’envers. C’était voir la personne tout en noir plutôt que tout en blanc. Ça faisait mal à vouloir s’en arracher les tripes, à vouloir faire mal. C’était plus fort que la colère, plus puissant que de détester. Un voile rouge sur un tracé blanc, une incompréhensible irréalité. De simple mots, un prénom, une remarque, embrasaient, ternissaient, prenaient. Ça laissait tremblant, les poings serrés, le souffle court. Ça prenait tout. C’était un bulldozer, c’était loin d’être délicat et ça voulait détruire plus, plus encore. C’était l’écrasement de la chute, la suite logique d’une continuité qui ne semblait jamais avoir de fin. Aveuglé par la haine, on ne voyait plus rien d’autre qu’elle.
Elle était où, la différence avec l’amour?
Parce que lui, il la voyait tout en blanc. Il avait mal à s’en tordre les tripes et il aurait pris toute sa douleur s’il avait pu. C’était plus fort que l’amitié, plus puissant qu’apprécier. Un voile doré sur un tracé gris, une incompréhensible irréalité. De simples mots, un prénom, une remarque, embrasaient, battaient, prenaient. Ça laissait tremblant, les paumes ouvertes, le souffle court. Ça prenait tout. C’était un bulldozer, c’était loin d’être délicat et ça voulait toujours plus, plus encore. Ça voulait détruire les ruines d’avant et les remplacer par celles d’aujourd’hui. C’était la chute, c’était de tomber et de ne pas avoir peur de l’atterrissage. Aveuglé par l’espoir, on ne voyait plus rien d’autre que lui.
Alors, elle était où la différence?
Parce qu’il avait aussi mal qu’elle en entendant ces mots, aussi mal qu’elle avait eu en entendant les siens. Eux, si diamétralement opposés, se retrouvaient identiques dans leurs innommables douleurs. Elle le haïssait. Et elle en avait le droit, elle avait tout le droit du monde, tout le droit de le haïr comme il l’aimait, de lui redonner toute cette souffrance dans laquelle il l’avait enfoncée.
Ses mains, ses mains tremblaient, elles tremblaient de la toucher, de l’aider, d’essuyer ses joues qui brillaient de ses peines et de faire fit de ses mots. Tant pis, tant pis, c’est pas grave si tu me détestes, je ferai sans ton amour, mais avec toi quand même.
Mais il n’avait plus la permission. Il ne pouvait plus, il ne pouvait pas avancer, parce que si son pied s’avançait, alors comment ferait-il pour reculer? Pour s’éloigner? S’il brisait cette distance si minime entre eux, ce mur invisible qui les séparait déjà trop, comment pourrait-il le reconstruire?
Jeremiah, il n’était pas fort et courageux comme d’autre. Il avait trop de cœur pour ça, il était trop égoïste pour ça. Je te hais. Elle le haïssait. Elle avait le droit.
Mais cette discussion, elle qui s’était construite sur l’espoir et se terminait sur la fin, elle se répétait sans arrêt dans sa tête. C’était des mots qu’il ne pouvait plus effacer, c’était des vérités qu’il avait toujours cru, mais qu’on lui avait contredit. C’était cette petite voix qui rigolait, au fond, qui murmurait un ‘tu vois, je te l’avais dit’ de sa voix d’ange. Elle te hait, elle n’a pas besoin de toi, tu n’es rien pour elle.
Ses mots, ça avait fait mal de les dire, parce qu’il ne croyait plus pouvoir les diriger vers qui que ce soit si ce n’était elle. C’était son cœur qu’il lui avouait, c’était sa perte, son acceptation, son aveuglement et elle l’écrasait, le piétinait, le ternissait. Ses yeux brillaient, exposant son cœur qui battait trop fort et sa tête était tombée en même temps que ses genoux. Elle semblait en complète détresse, ses yeux se fermant sur des choses dont il n’avait même pas idée. Il ne comprenait pas Jeremiah. Pourtant, il tenait encore debout, mais peut-être était-ce simplement parce que chacun de ses muscles s’étaient figés en même temps que le temps.

Sa main passa sur son visage, effaçant les sillons qui se creusaient sur ses joues. Que pouvait-il ajouter? Dire de plus? Qu’avait-il à faire d’autre si ce n’était un choix?
Mais la décision lui semblait évidente sans même qu’il n’ait à y penser. C’était tout, tout son être qui lui criait une direction, et seule sa tête s’obstinait, mais elle doutait… Elle osait remettre en questions. Et si je n’essayais pas?
Le poids des regrets. Ce poids si distinctif, cette pression sur sa cage thoracique qui l’empêchait de respirer, qui ne le laissait jamais plus seul. Ces fantômes pas si transparents, toujours là, toujours prêts à murmurer ses peurs. Sa main aussi vide qu’elle l’était à cet instant, l’impression d’être face à un reflet qu’il ne pourra plus jamais toucher. Il ne pouvait qu’être égoïste.
C’était un pas de plus dans la seule direction qu’il lui restait. Je t’aimais, bon dieu, je t’aime encore. Même quand tu me cris que tu me hais, que ton cœur ne bat plus que pour toi et que ta mémoire m’a échappé entre les mains de la mort.
Je t’aime, trop peut-être. Je t’aime tellement, alors que ça ne m’a jamais rien rapporté.
Si ce n’est tes sourires, ton courage, ta force. Tu brilles de ta fougue, tu vies comme d’autres n’effleureront jamais et ta beauté à couper le souffle ne sera jamais qu’un pâle reflet de toutes les couleurs qui te composent.
Quand je pense que certain ne te verront jamais comme je te vois, je ne peux que me désoler de tout cet infime infini qu’ils ne comprendront jamais.
Et m’en réjouir aussi un peu, car une fois qu’on t’a vu, on ne peut plus s’imaginer sans toi.
Toi. Un autre pas, et puis un autre. Tant pis si c’était la mauvaise direction. Tant pis si son cœur osait se tromper une fois de plus, il avait toujours été sur sa manche et la seule lueur qu’il savait suivre.
« Je sais. » Je sais, je comprends, c’est pas grave. Ses genoux tombaient sous le poids de leur monde et son bras l’entourait, sa main passait sur sa joue, essayant, en vain, d’effacer toute l’obscurité qui la hantait. Si c’était ça le prix à payer, rester sur cette île pour le restant de ses jours, alors il le paierait sans crainte du lendemain. Elle valait mille fois plus encore. Rose. Elle n’était pas la raison de son mal, elle était la raison de son bien. Elle était celle qui l’avait forcé à se battre lorsqu’il croyait abandonner, celle qui grandissait en même temps que lui, celle qu’il voulait aider à aller vers le haut.
Ils n’étaient plus les gamins qui étaient tombés des bras d’un oiseau de métal. Peut-être qu’au fond, sa place n’était plus en Amérique. Sa place était à côté d’elle. C’était ses yeux, sa maison, et il n’avait plus besoin de rien d’autre. Il pressait sa tête contre son épaule, la chaleur qui lui déchirait l’estomac coulait sur ses joues. « Je partirai pas, Rose. Peu importe c’que tu diras, même si t’as pas besoin de moi, même si tu me hais… Je changerai plus d’idée. »
Il s'attendait à ce qu'elle le repousse à tout instant. Tant pis, c'est pas grave, il ne pouvait plus partir, pas sans elle, pas de cette distance à nouveau, cette torture qu'il ne pouvait combattre. Pour la première fois, Jeremiah avait peut-être compris un peu plus qu’il n’avait jamais compris.




it tastes like a curse in itself.
it’s hard, isn’t it? living with a shattered heart. you breathe in and hope the shards don’t pierce your lungs. but, eventually, they will. there is no escape from it. you will bleed. you will gasp. and you will scar. but what matters in the end, darling, is that you will survive.
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» Rose K. Fairclough "
❝ Failure. × It's like I'm losing my mind ϕ ❞

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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose. Mer 8 Avr - 23:39

No one will find out if it all went wrong they'll never know what we've been through
Jeremiah & Rose.
Le monde s'écroulait, le temps se fanait sous l'animosité d'une scène fade, sans couleurs. Deux coeurs ébranlés, deux esprits insatisfait, diamétralement opposés. Rose n'arrivait plus à faire semblant... Personne ne l'entendait, personne ne voyait ce malheur sanguinolent. Elle voyait ce bonheur partout, tout autour, et cela ne la rendait plus qu'instable. Pourquoi en avaient-ils le droit eux? Pourquoi leurs mondes continuaient de tourner alors que le sien est détruit, réduit en cendres? Ils leurs suffisaient d'ouvrir leurs yeux, de la regarder pour voir quelle plaie elle était. Tremblante, pantelante à cause d'un reflux de sentiments sadiques. A cause de lui... Car même lorsqu'elle avait l'impression de faire les choses biens, elle se trompait. L'amour ne devrait pas exister. C'est la plus grande anomalie, certains diront le plus grand défaut du genre humain. Mais c'était également sa plus grande beauté. Car cette rousse, trop souvent lointaine, absente, était prête à sacrifier n'importe quoi pour ce brun, parce qu'elle l'aimait. Et l'amour lui faisait tellement de mal. L'amour lui rendait mal. Son corps était torturé, blessé par des mots incertains, par des adieux sans fin. Jeremiah était égoïste, mais elle aussi. Au fils du temps, elle avait prise conscience que donner sa confiance et son âme à quelqu'un, c'était lui donner la possibilité de la détruire ; et lorsqu'elle est faible et fragile comme elle l'était, l'une des meilleures choses qu'elle trouvait à faire, c'était se torturer elle-même. Pour que la douleur semble plus agréable, plus confortable. Mais tous ses efforts, toute sa retenue ne suffisait pas pour qu'elle s'en sorte. Car le mal ne se contentait pas de quelques sacrifices, de quelques ruses futiles pour s'en aller, au contraire... Il s'étendait au pire instant, rendant les conclusions plus difficiles, plus cruelles. Et la jeune femme avait tant enduré, elle avait fait tant souffrir... Elle, tous ce qu'elle voulait, c'est qu'on la laisse en paix à s'infliger les pires plaies, qu'on la laisse crever à petit feu parce qu'elle ne comprenait plus rien à sa vie. Rien n'avait de sens. Rien à part ça. A part lui...

Et non, elle n'avait pas le droit, il n'avait pas le droit... Il devait partir, elle devait rester. Leurs chemins finiraient par se séparer car le bonheur n'est qu'un éternel éphémère. Fuyant un bon jour pour laisser deux âmes pourtant si parfaites s'éloignaient. Pas de happy ending. Dure vérité qu'est la réalité. Ils n'étaient pas qu'une simple histoire, Rose et Jeremiah... Ils étaient tellement plus. Mais jamais ils n'avaient trouvé un simple moment à lequel se rattacher. Jamais leurs rencontres avaient été synonymes de rires irréguliers, de sourires émerveillés, non, car leurs larmes finissaient toujours par s'en mêler. Etait ce une vie ça? Se faire autant de mal pour s'aimer... Rose n'y croyait plus vraiment. Elle ne croyait plus en eux, malgré cet espoir infini. Ou peut être tentait-elle de s'en persuader pour que sa décision soit moins coupable? Dans les cas, elle était lasse de se battre pour une cause perdue, fatiguée de perdre ce précieux temps à se battre avec celui qui avait su égailler ses journées de quelques minutes, certes... Mais tout avait une fin, tout avait une conclusion. Et voilà la leur...

« Je sais. » Jeremiah, furtivement, s'était rapproché d'elle, courbaturé par ses pensées. Sa voix étonnamment calme, comme si enfin au milieu de ce film opaque, la visibilité redevenait idéale. Il s'effondrait à ses côtés, son bras venant réchauffer le corps froid de la rousse tandis que sa main venait percer les sanglots sur sa joue. Chacun de ces toucher éveillant des sensations brûlantes d'intérêts. Puis dans un ultime geste,sa tête trouva appui sur son épaule. Et Rose n'était déjà plus là, Rose était déjà partie. Rose s'était déjà noyée... Son coeur, quant à lui, tentait d'immerger. Cependant, la jeune femme resta paralysée, immobile sous ce contact rassurant, comme perdue dans des souvenirs inaccessibles. Puis ce contact tiède de sanglots étranglés venait s'étioler sur son épaule dénudé et elle resombrait si facilement. Son palpitant emporté par les flots... « Je partirai pas, Rose. Peu importe c’que tu diras, même si t’as pas besoin de moi, même si tu me hais… Je changerai plus d’idée. » C'était pire qu'un échec, pire qu'une désillusion. Comme si tous ses mots s'étaient envolés avec ce vent ambiant. Tout cet acide, toute sa détermination, toutes ses envies de bien faire. Balayés. Et cela lui faisait autant de bien que du mal. Car non il ne pouvait pas, car elle ne comprenait pas. Rose ne l'avait jamais compris, car il était une source d'interrogations contrastées, l'origine même d'incompréhensions avec ces faits antithétiques. Alors la jeune femme, tous ce qu'elle trouva à faire, c'est de le regarder dans les yeux une dernière fois, avec des étincelles étranges, puis de le frapper. Oui de le frapper, avec le peu de force qui lui restait. Ses poings se débattant contre cette étreinte, luttant contre une affection déjà bien trop ancrée. Oui qu'elle le détestait, oui qu'elle le haïssait. Et elle aurait tellement voulu que ce dernier la haïsse aussi. Mais son regard était empli d'empathie, de sentiments dégoulinants. Que devait-elle faire? Que devait-elle lui dire pour le blesser assez profondément pour qu'il s'enfuit loin de sa monstruosité? " Je t'en supplie... " Ces 3 mots étaient emplis de détresse, n'ayant pas vraiment de sens, puis elle venait les terminer. " Laisses moi partir." Et le vide, creux dans le bas de son ventre, son corps venait de s'écraser et son coeur de s'émietter. C'était fini... Ce coup ci, elle ne s'échapperait pas. Elle se releva difficilement, fixant Jeremiah une dernière fois longuement, avant de faire un premier pas puis un deuxième. Ces derniers s'accumulant, la distance prenant de l'ampleur peu à peu. Elle fermait une parenthèse dorée, s'enfermant dans un océan d'obscurité, priant pour que celui ci fasse enfin le bon choix. Car il le méritait. Il méritait d'avoir cette vie là. Elle par contre... Fermant les yeux, s'interdisant de pleurer encore une fois, elle avançait. Ses doigts tremblant de son choix, son visage empourpré, fané de toutes couleurs. Et elle s'enfonçait dans cette foret de précarité, s'éloignant de la dernière chose qui pouvait la ranimer.

Ce n'était pas juste une histoire qui finissait mal. Ce n'était pas juste les aléas d'une erreur sentimentale. On passait sa vie a dire adieu à ceux qui partaient, jusqu'au jour où on disait adieu à ceux qui restaient.









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Message(#) Sujet: Re: your eyes will lead me straight back home, rose.

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