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Message(#) Sujet: If you’re willing to take the chance, the view from the other side… is spectacular ϟ Avery&Selwyn Mar 5 Avr - 14:52

Show me the path
Avery & Selwyn
At some point you have to make a decision. Boundaries don't keep other people out, they fence you in. Life is messy. That's how we're made. So you can waste your life drawing lines... or you can live your life crossing them. But there are some lines that are way too dangerous to cross. Here's what I know: if you're willing to take a chance... the view from the other side... is spectacular.

Selwyn avait signé pour la collecte de bois, ce jour-ci. Comme il ne voulait toujours pas s'approcher de l'infirmerie, au combien on le suppliait de le faire, il se pliait à n'importe quel autre job, pour qu'on le laisse tranquille. La matinée était déjà bien entamée, et il avait déjà fait quelques allers-retours entre le bois et le campement, les bras chargés de bûches et les doigts plein d'échardes. Il avait la tête vide et ne pensait à rien alors qu'il se baissait machinalement pour récupérer les bouts de bois autour de lui, c'est pourquoi il lui fallut quelques instants pour réaliser que le chouinement qu'il entendait pas très loin de lui étaient en fait des pleurs d'enfants. Il secoua le crâne, tentant de se concentrer un peu plus sur les pleurs, attendant que d'autres bruits s'y mêlent, des pas qui aillent le chercher, une mère qui le rassure ou un père qui lui jure que tout irait bien. Il n'entendait rien à part sa respiration, et les pleurs qui se changeaient maintenant en hurlements. Il laissa tomber les branches qu'il venait de ramasser, et suivit le bruit jusqu'à en trouver la source. Un petit garçon qui ne devait même pas avoir dix ans était accroché dans les airs, attrapé par un filet de chasse en corde. Au vu de tout le sang qui le recouvrait, il avait dû se cogner à l'arbre sur lequel pendait le filet pendait au moment où il avait été attrapé. La première pensée de Selwyn fut de se demander comment il était arrivé si loin dans la forêt sans accompagnement. Mais cette pensée, ou ce reproche, fut repoussée alors que le petit garçon continuait de crier sa douleur – et sa peur, certainement. Selwyn s'approcha alors de lui, décrochant de sa ceinture son couteau de survie. Il commença à parler à l'enfant, lui demandant comment il s'appelait, comment il était arrivé aussi profondément dans la forêt, lui jurant qu'il le ramènerait au campement. Le petit ne répondait pas, mais ses pleurs se calmèrent. Selwyn était sûr qu'il l'avait déjà vu traîner au campement mais ne parvenait pas à se souvenir à qui il appartenait, et surtout, comment il était nommé. Il coupa en tout cas quelques cordages, de sorte à pouvoir le sortir du filet : l'enfant en souffrit, ses pleurs redoublèrent alors que Selwyn le faisait glisser dans ses bras.
Quelque chose devait être cassé, à moins que ça ne soit que la tête, qui continuait de saigner. Selwyn expliqua au garçon qu'il allait le poser sur le sol quelques secondes, le temps de lui faire un bandage sur son crâne, mais qu'il finirait par le ramener au campement. L'adrénaline filait dans le sang du rescapé alors qu'il enlevait son sweat pour en découper avec le même couteau de survie la manche, dont il se servit pour entourer la blessure du petit. Les bons mouvements lui venaient naturellement alors qu'il analysait le minuscule corps à la recherche de quelque chose qui clocherait, et qui pourrait être la cause principale de la souffrance du petit ; bien vite, il la trouva : son coude semblait désarticulé, comme si le vol plané qu'il avait du effectuer dans le filet l'avait cogné assez fort contre le tronc pour que son radius ou son cubitus se retrouve désossé de l'humérus. « Connards de chasseurs ». La chasse était le boulot insulaire qu'il ne choisissait jamais. Combien de fois il avait vu débarquer à l'hôpital des enfants dont des membres avaient été arrachés par il ne savait quel outil de chasse supposé arrêter les animaux. Combien pieds avait-il dû amputer tant les os et la chair avaient été broyés par ces instruments de torture – et son hôpital se trouvait à New-York ! Qu'est-ce que ça devait être dans les régions où la chasse était le gagne-pain des habitants ?! Ce petit, quelque part, avait dû être chanceux de ne tomber "que" sur un filet. Avec l'autre manche de son sweat, il lui conçu une écharpe de fortune, de sorte à ce que le bras soit aussi immobilisé que possible, le temps qu'ils arrivent au campement. Ça leur prendrait dix bonnes minutes, peut-être plus, puisque Selwyn devait faire attention à ne pas empirer l'état du petit.

« J'ai besoin d'un brancard, par ici ! » Ils étaient parvenus jusqu'à l'infirmerie, et les pleurs du garçon s'étaient calmés. Ça ne rassurait pas tant que ça Selwyn, qui craignait qu'il ait perdu trop de sang et que ça l'ait étourdi. Sur le chemin, il avait aussi vu que sous la lacération du jean du petit se cachait un longue égratignure, pas si profonde, mais qui nécessiterait quand même une certaine attention. Il espérait que rien ne se passe à un niveau plus interne, mais ça aurait été étonnant. Selwyn regardait fixement l'infirmerie alors que quelques apprentis étaient partis chercher un brancard. Il attendait qu'une certaine chirurgienne sorte de la tente, et priait pour que ça ne soit personne d'autre qu'elle qui prenne en charge le cas. C'était à elle qui faisait le plus confiance. Pas bien étonnant, quand on savait qu'il avait participé, de près ou de loin, à sa formation.

Ce fut en effet Avery, connue sous son appellation de Docteur Wolfe sur le campement, qui accompagna les jeunes docteurs venus apporter le brancard. Selwyn, soulagé de la voir elle, lui jeta un coup d’œil appuyé avant de se concentrer de nouveau sur le petit à qui il murmura quelques mots qu'il voulait rassurant alors qu'il le posait sur le brancard. Puis, il porta de nouveau son attention sur les médecins, avant de dire : « Garçon d'une dizaine d'années retrouvé en forêt pris au piège par un filet de chasse. Trauma crânien qui lui a fait perdre beaucoup de sang, il aura sûrement besoin d'une transfusion, luxation du coude gauche et plaie sur la jambe gauche à surveiller. » Les mots semblaient avoir coulé entre ses lèvres sans effort. Il se souvenait comme si c'était hier de ces jours où il était appelé à la mine pour s'occuper de gamins tout juste sortis des camions de pompiers qui les amenaient à l'hôpital en urgence. C'était une sensation grisante, qui surpassait mille fois celle qu'il éprouvait aujourd'hui quand il avait bu un peu trop d'alcool. Son regard se porta sur Avery, avant qu'il n'ajoute : « Il n'a pas dit un mot depuis que je l'ai sorti du filet. Je sais pas à qui il … enfin, je ne sais pas qui sont ses parents, ni comment il s'appelle. Tu le reconnais ? » Ça avait certainement toujours été son problème. Il savait comment traiter les enfants, il était bon, avait de bons instincts. Pour le reste, les discussions avec les parents et autres travers qui nécessitaient d'être impliqué émotionnellement dans le cas … Il laissait ça aux autres. Il laissait ça à Avery.


© Gasmask
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