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» Edan-Kane Fitzgerald "
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Message(#) Sujet: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Jeu 19 Nov - 22:10


I'm so dizzy, don't know what hit me
You got me running around with the fear in my head for you. Don't know why things vaporize and rise to the sky. But something about you felt like pain to my brain...

Les souvenirs ricochent, frappent sa caboche de mec à l’ouest. Edan entend encore son rire, chant mélodieux à ses oreilles alors que son regard sondait son âme. Il se demande encore pourquoi elle n’avait rien dit. Non, elle n’avait rien répliqué quand il avait remis ses paroles en doute, pas même murmuré qu’il se pourrait qu’elle éprouve en effet l’envie de passer la nuit dans ses bras. Elle n’avait pas non plus calmé l'inquiétude rongeant son ventre en l’écoutant dévoiler un bout de son passé brouillé. Rien de tout ça, elle avait juste ri allègrement contre son souffle bavard, le visage plus que jamais proche du sien. Il se rappelle l’envie de rire à son tour prenant sa gorge, nerveuse, symbolique, quand elle l’avait renversé sur la couchette. L’amazone dans toute sa splendeur. Il s’interrogeait, un sourire qui en dit long niché au coin des lèvres, sur sa position symbolique quand elle le dominait de toute sa hauteur, en amazone, se demandant si elle comprenait l’ambiguité dans son large sourire. Et ses menaces cocasses n’aidaient pas son cas. Lui couvert de feuilles de bananier pour ne pas rentrer au camp en tenue d'Adam, comment ne pas rire ? L’impertinent aurait trouvé mille répliques, de la plus osée en lui demandant si sa nudité était un spectacle qu’elle aimerait s'offrir à la plus arrogante en prétextant qu’il ne répondait plus de rien si toute les filles du camp lui sautaient dessus en chemin. D’ailleurs, il jurerait avoir rétorqué quelque chose dans ce goût-là, mais ce n’est pas ce genre de détails qu’il essaie de se remémorer. Le goût de sa peau entre ses lèvres, la diversité des baisers échangés, la musique de sa voix enjouée, et le baume qu’étaient ses mains ravivant sa peau, le tambour battant dans sa poitrine ; voilà plus le genre de souvenirs dont il a besoin. Mais il échoue à occulter le danger de sa mémoire. Impossible d’effacer l’admiration dans ses yeux qui l’avait englouti à peine les mains de l’amazone avaient mis ses menaces à exécution. Folie aussi d’ignorer la panique que ses yeux clairs lui renvoyaient quand ses hommes, ses camarades, firent irruption. Staccato frénétique dans sa poitrine à cette intrusion. Parce qu’il avait compris à la seconde même où il avait vu fuir Estellà que sa frustration égalait sa peur, celle qu’on lui fasse du mal. Et cette peur l’avait attaqué d’une puissance irrationnelle. Les jours passèrent, n’apportant aucune paix, tantôt merveilleux quand il parvenait à vivre dans le souvenir de leur proximité qu’il croyait inaccessible, conscient de sa chance, tantôt amers quand il vivait dans l’attente languissante de la revoir. Mais chaque jour la rage habitait le militaire sans un moment de répit, peu importe sur qui il la déversait injustement, patients, amis ou collègues. Parce qu’il les haïssait eux, ses frères, mais aussi elles, ses soeurs pour avoir arrachée sa sirène de ses bras, mais surtout, il se maudissait lui-même de l’avoir mise en danger. Il connaissait les risques qui le guettaient depuis l’instant où il s’était rapproché d’elle, pourtant il avait pris ces risques. Le temps de franchir le seuil de son logis et de regarder le feu se consumer qu’il avait déjà repoussé sa conscience imprudemment, focalisé sur elle

Sa mémoire des jours passés devient de plus en plus limpide à mesure qu’il progresse dans la jungle. Des assauts que toute sa bonne volonté ne peut plus réprimer. Si tant est qu’il puisse appeler ça de la volonté. Quelques jours, une semaine, deux peut-être à prendre sur lui pour ne pas courir à la recherche de l’enchanteresse qui l’a complètement envoûté, pour ne pas passer ses nuits à l’attendre dans leur refuge d’une nuit que ses propres amis avaient bafoué, transformant ce qui aurait pu être leur havre de paix en une zone dangereuse parmi tant d’autres. Pour ne pas céder à ses propres caprices, il s’était à maintes reprises retourné le cerveau en essayant de déchiffrer les énigmes qu’elle lui avait laissées. Ce qu’elle avait vu de lui, ce qu’elle prétendait voir, à sa manière, quelle manière ? Ces mystères l’obsèdent toujours, tout juste bons à le rendre fou. Jusqu’à ce qu’enfin, la tempête le délivre, lui offrant un autre sujet de préoccupation. Mais peut-être que la folie l’avait déjà frappée pour qu’il en vienne à s’aventurer beaucoup trop près des terres amazones le lendemain de la catastrophe. Le soucieux doit s’assurer qu’elle aille bien, que la tempête l’ait épargnée, quand l’égoïste se bat pour prendre le dessus. Il veut savoir si l’inquiétude l’a tourmentée autant que lui, et, surtout, il veut connaître son secret alors que de diaboliques petites voix chuchotent à son oreille que si elle l’avait vu lui, elle aurait aussi pu voir la tempête. Le petit jour à peine levé, le distrait prête guère attention au mouvement des feuillages. Pourtant il devrait, car ses pas s’invitent sur un sol interdit. L’intrus ralentit, tourne la tête, étrange sensation dans la poitrine. Un pressentiment lui tord le ventre en lui donnant l’impression qu’un regard le guette. Edan prend les paris. La paranoïa revient en listant les noms des pisteurs potentiels dans sa tête. « Ade… » Le regard. Un affront brut. Un gouffre noir entouré d’une fumée bleue. La Walkyrie aux pigments bleus sur le visage. Asinthia. Non, il n’avait pas parié sur cette amazone. Mettre un visage sur le portrait de la tortionnaire maintes fois dépeinte par son frère, là entre les arbres, c’est tout ce qu’il peut faire, lui qui est coupable d’avoir libéré son prisonnier. Un bruit étrange se rapproche. Une voix s'élève. La flèche dévie par surprise. Une seconde voix bataille avec la première. Son coeur réagit à l’une d’elles, envoyant des battements. Les buissons s’affolent, et c’en est fini. Son regard déboussolé se posent sur la flèche plantée par terre qu’il va ramasser. « Je crois que je t’ai contrariée, comp... » Il remarque le rouge sur la pointe. compris. Personne pour accueillir son humour quand il se retourne, la flèche encore en main. La vengeresse s’est évaporée. Et lui ne voit plus rien. Plus rien n’existe, que cette pointe devant ses yeux dont le parfum aigre irrite ses narines. L’acidité du poison. Le médecin le connait. Oui, il se rappelle de… de quoi ? Une douleur dans son cou. Un froid glacial puis une chaleur qui s’écoule, du sang plein sa main qu’il porte en secours sur sa plaie. Il se souvient, il a compris, mais oublie aussi vite quand la moitié de son buste se paralyse et qu’il perd l’équilibre. Chancelant, il ne résiste pas et s’écroule.

Aucune réaction quand sa tête heurte le sol, nez à nez avec sa besace. Le blessé sent une agitation autour de lui sans pouvoir y prêter attention. Ses yeux font face à son sac tombé avec lui, fixant le bout de tissu qui dépasse. Et tout ce qui lui vient à l’esprit est la déception qu’il aurait de ne jamais voir Estellà vêtir la robe qu’il a volée pour elle. Un gage de réparation dérobé à une rescapée casanière qui ne la réclamera pas. Prétendre que la silhouette grande et blonde de sa propriétaire d’origine ne l’a pas inspiré serait mentir... Une pression le force à se concentrer ailleurs. C’est agréable, comme une caresse. Hélas sa vue n’est qu’un immense brouillard. Une nouvelle vague de douleur brûle sa nuque, réveillant quelques réflexes alors qu’il essaie d’atteindre sa flasque maladroitement. L’alcool. Quelques anti-douleurs peut-être. Le casse-cou n’a que ça sur lui. Rien qui puisse guérir, mais cela lui fait penser… à quelque chose. Quelque chose qu’il a déjà vu. La flèche, cette drôle de mixture… Quelque chose en rapport avec des herbes. C’est ça… Non. Envolé. Maudit poison qui ne lui laisse aucune chance, d’un genre qui endort le cerveau et affaibli le corps de l’intérieur jusqu’à céder à l’agonie. Si Kale se voyait… Comme il se trouverait minable ! Mais l’étourdi plane, réalisant à peine que la flèche aurait dû transpercer son cou de part en part. Il râle en sentant l’alcool couler finalement sur sa plaie, grommèlement venu du fond de sa gorge. Ce n’est pas son oeuvre. Il lutte pour chasser le voile devant ses yeux, pour voir qui est derrière ce geste. « Serai-je au paradis ? » Voilà qu’il divague complètement, commentant avec un sourire guilleret la présence miraculeuse d’Estellà qu’il regarde de grands yeux béats comme s’il découvrait un ange tombé du ciel. Edan-Kale l’observe comme s’il la voyait pour la première fois, comme s’il ne l'avait pas entendue cinq minutes avant de tomber à terre, comme s’il avait oublié son arrivée providentielle ayant fait écho à toute les questions qu’il se posaient déjà. Pour lui en cet instant, elle apparaît tout juste sous ses yeux. Alors pourquoi ne lui sourit-elle pas en retour ? Voir son visage le surplomber lui rappèlerait bien des souvenirs plus agréables si le mal ne frappait pas son crâne à coups de marteau. Une douleur que l’immobile relie difficilement à la gravité qu’il lit dans ses yeux clairs. Sa bouche s’ouvre dans un élan de panique, quelques sons sortent mais aucun ne trouve sens. « J’suis pas encore mort. » Sa main s’élève difficilement jusqu’à sa joue. Et c’est censé la rassurer ? Ou tente-t'-il de sauver sa fierté ? Revenant un instant à lui, il sent qu’il y a tant de choses qu’il doit lui dire, mais rien ne vient, alors la tête de mule insiste, parce qu’il sens que c’est important, essayant de relever son buste pour prendre conscience du monde qui l’entoure. 

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Dernière édition par Edan-Kale Fitzgerald le Ven 1 Avr - 18:43, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 2 Déc - 2:30

Edan & Estellà

“What does not kill me, strengthens me"
.”
Le vent soufflait fort dans les branchages, offrant une cacophonie assez gênante pour la plupart des gens mais qui résonnait comme une petite mélodie à mes oreilles. La force des choses, l'habitude sans aucun doute. Mon existence de femme d'extérieur, d'amazone avait contribué à ce que je m'habitue à mon environnement. Certains devaient sans doute se demander comment cela serait donc possible, à ce point. Et bien simplement car nous n'avions connu que cette façon de vivre, du moins...C'est ce qu'on pensait. On n'était pas prête de connaître la vérité, ce serait bien plus compliqué que ça, pour être certaine que notre mémoire avait été trafiqué car pour nous, ce n'était qu'une passe dans notre vie, suite à un accident, un truc qui avait donc causé l'oublie chez nous pendant un moment. J'avais pu songer des heures sur la question, je m'étais posé cette question qui avait quand même une certaine importance dans la recherche de mes origines mais aussi de mes dons. Oui, car j'aimerais réellement savoir si mes parents, avaient eu ça avant moi ou non, mais ça...j'étais tout bonnement incapable de le savoir.

Mais ce que j'étais tout bonnement pas capable de vivre et surtout de concevoir à l'heure actuelle, c'est de te perdre. Cette moitié de nuit passé à tes côtés était assez révélatrice. Bon, je l'admets. J'avais eu des doutes, j'en avais toujours un peu te concernant. Étais-tu sincère avec moi ? Étais-tu vraiment honnête ? Où était-ce juste de la comédie pour mieux nous avoir ensuite ? Non, je ne te pensais pas aussi...stupide et mauvais. Je n'avais rien vu de mauvais en toi et surtout, mes prémonitions ne m'avais que montré du positif de toi, sauf de ton passé mais ça, c'était tes affaires. Pas les miennes. Je ne jugerais jamais quelqu'un par son passif. Et surtout pas toi.
La guerre continuait de faire rage entre nos deux « clans ». Nous ne pouvions pas voir une perspective de paix entre les deux, je le savais de plus en plus chaque jour. Trop de peine, de mauvaises choses avaient été faites, trop de sang avait été versé. Cela m'attristais qu'on en arrive à de telle extrémité, car je ne voulais pas voir mes sœurs tombées mais je n'avais pas réellement mon mot à dire, c'était notre jeune chef qui décidait de ce qui devait être fait et elle avait clairement dit que ces militaires, étaient notre ennemi. Te voir comme ennemi...C'était bien trop difficile, honnêtement. Pas parce que j'avais eu droit à d'exquis moment dans le creux de tes bras, pas parce que tu m'avais fais découvrir des sensations encore inconnues jusqu'à ce jour. Je devais donc te dire de rester en retrait, tant pis pour nous. Ta sécurité importait bien plus qu'une amourette et je voulais donc te le dire, te le fais comprendre avant que cet accident ne se produise.

Mes sœurs avaient bien réussi leur coup. Il faut dire que tu avais été une cible facile, à être dans une zone aussi découverte mais surtout au milieu des terres des amazones. Qu'est-ce que tu étais stupide et inconscient ! Je ne pouvais m'empêcher, en te voyant ainsi au sol ; que tu étais là pour moi et c'est ce que je compris, en voyant le tissu dépasser de ta besace. Bon sang, j'avais des envies de meurtre. Tu étais réellement stupide et ta stupidité, ton inconscience avait manqué de peu de te tuer. Les larmes manquaient de déborder de mes yeux océaniques, sachant que ce foutu poison n'était pas rien. Mes sœurs avaient pris conseil auprès de moi donc dans un sens, c'était un peu à cause de moi que tu étais dans cet état.
« Bon sang, mais qu'est-ce qui t'a pris de venir ici, espèce d'imbécile.. » Soufflais-je en te tirant du mieux que je pouvais hors zone vierge, pour pouvoir me cacher un peu derrière les buissons et les feuillages, te déposant sur un tapis de mousse avec le maximum de douceur que je pouvais t'offrir. Je m'agenouille alors rapidement, venant à soulever sans grand gêne tes vêtements pour avoir accès à ta blessure, aussi petit soit-elle. Elle était rouge, encore légèrement sanguinolente, mais commençait doucement à se teinter dans les violines et l'orangé. Mes mains tremblaient un peu, je ne pouvais pas le cacher. Quand tu lèves ta main de la sorte pour la poser sur ma joue, je soupire légèrement en te regardant :

« Tu hallucines, Edan. C'est un poison qu'il y avait sur la flèche, je dois vite m'en occuper alors reste tranquille et tais-toi. » Dis-je en douceur mais avec une certaine autorité pour que tu te calmes un peu. Je devais me concentrer et c'est ce que je fis en préparant un baume, mais également une décoction car je ne voulais pas que tu meures, quand même. Je souffle doucement en venant à relever ta tête, pour te faire boire le liquide peu ragoutant, mais essentiel à ta survie. Tu allais survivre, oui. J'étais arrivé à temps, du moins j'espérais. Une fois le baume appliqué sur ta plaie, je viens poser ta tête sur mes genoux pour te surélever, un peu. Mes doigts pâles se glissent dans tes mèches de cheveux corbeaux, en soupirant légèrement, tout en observant les traits de ton visage :
« Qu'est-ce que tu ne ferrais pas, comme bêtise... J'ai eu peur pour toi.. »

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 9 Déc - 5:10


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Un grand froid dans ses veines. C’est la dernière sensation qu’Edan-Kale se rappelle ressentir avant de rencontrer le sol. Une fois couché dos et crâne contre terre, les yeux perdus dans le vide du ciel, les sensations se mélangent. Le manque ou le mal, le froid est le même : glacial, paralysant. Le médecin ne saurait relier les symptômes aux plantes toxiques qui le tiraillent de l’intérieur ou au manque qui lui tord l’estomac maintenant qu’il craint sa fin approcher. Maudite créature. L’envie de jurer, de maudire le monde entier pour la peine qu’elle lui inflige le prend tout à coup. Folie passagère. Sa faiblesse physique l’en empêche. C’est l’absence d’Estellà qui l’a rendu fou, même atteint d’un mal inconnu il en prend conscience. Toute les choses dangereuses, les initiatives périlleuses pour lesquelles il a risqué sa vie dernièrement : délivrer son frère, braver la tempête seul face aux éléments déchainés et, aujourd’hui encore, s’aventurer en terres méconnues dans l’espoir de surprendre la responsable de ses maux… Toute n’avaient été que tentative sur tentative -follement stupides- de ranimer l’adrénaline qu’il avait ressenti rien qu’avec elle dans ses bras. Si jamais cette flèche le tue, Edan mourra en étant au moins convaincu d’une chose : le manque, les sentiments, voilà les seuls véritables poisons qui existent. Et même là, le corps paumé quelque part au beau milieu de la nature et l’esprit à la dérive, il regrette seulement ne pas avoir eu la chance de la revoir. Une nouvelle vague de frissons secoue sa nuque. Il sent la brise s'infiltrer au travers de sa veste et du col de sa chemise qu’il ne sent plus. Le sol ne tarde pas à se dérober sous lui, à moitié conscient de ce qu’il se passe. Une voix étrange le ramène à lui un bref instant. Elle raisonne tel un souvenir, celui d’une voix que sa mémoire a gardé suave en comparaison au ton grave qui l’interpelle et qu’il reconnait pourtant. L’« imbécile » esquisse un sourire tendre quand il reçoit cette insulte. C’est vrai qu’il doit avoir l’air d’un imbécile à sourire de la sorte, à croire que l’amazone vient de lui faire le plus beau des compliments alors qu’elle gronde de colère.

Les tons s’échauffent. Qu’est-ce qu’il lui a pris ? Sans déconner ? « La tempête ! » Il bougonne, balance la tempête comme une évidence des plus brutes. Sa réponse est tardive, il sent déjà les mains de celle qu’il a reconnue frôler sa blessure. Un voile de douceur qu’il ne peut saisir. La tempête… Rien que deux mots évasifs, un échantillon trompeur de tout ce qui boue au fond de lui. Il s’est inquiété pour elle, évidemment. Mais qu’est-ce qu’elle croit ? Bon… s’aventurer aussi loin n’a jamais fait partie de ses plans. L’aventureux n’est pas cinglé au point de se balader en terrain miné. Mais si les cartes de l’île élaborés par les militaires étaient au point, ça se saurait ! Il lui semble pourtant avoir simplement longé la rivière comme à son habitude, ce point d’eau agréable dans lequel moult naufragés viennent puiser des réserves d’eau, auprès duquel les enfants viennent crapahuter et jouer… Pas loin d’où il jurerait l’avoir aperçue une seconde avant que la flèche ne perce sa peau. Il pourrait le jurer avec autant d’aplomb qu’il jurerait avoir reconnu Asinthia dans le rôle de la Walkyrie vengeresse. Ce nouveau pic de lucidité l’encourage à manifester une parole pour qu’elle comprenne. Bien sûr il oublie l’instant d'après, regardant Estellà comme s’il découvrait un visage nouveau. Sa main parvient à toucher sa pommette, bizarrement humide. Le militaire est pourtant sage, la comparant à un ange le plus naturellement du monde. Elle y ressemble. L'image est parfaite avec sa peau pâle et sa traîne de boucles blondes sur fond de ciel bleu. Un véritable ange tomberait du ciel qu'il ne serait pas captivé davantage. Ca ne doit pas lui déplaire puisque sa voix s’adoucit. Alors pourquoi ne lui sourit-elle pas ? Pourquoi ne l’aide-t’-elle pas à prendre son visage dans sa main ? Son pousse n’arrive même pas à caresser sa joue, son bras retombe déjà lourdement le long de son corps. Rester tranquille, ça il peut le faire. Après tout, il n’y a pas beaucoup d’écart entre lui et une future dépouille… Protester, se reprendre, il aimerait bien, mais autant essayer de s’extirper d’un immense nuage de coton. Se taire… ça c’est une autre affaire. Kale devrait se taire, profiter qu’elle souhaite s’occuper de sa carcasse et remercier sa bonté pour ne pas le laisser crever comme un vrai imbécile sur le bas côté. Mais l’illumination le frappe quand une drôle de senteur titille ses narines. « Je sais… J’ai déjà… »

Un rire improbable clôture sa phrase. Il se souvient, mais se tait immédiatement quand elle le met en garde, cessant de gigoter par la même occasion. Par contre l’imbécile rit, dilapide ses forces à ricaner entre deux montées de douleur, parce qu’il se trouve qu’il connait les secrets de fabrication du baume. Le patient d’un jour sent qu’Estellà s’agite et s’affaire non loin de lui, et tout lui revient. L'amazone s’efforce de le sauver, lui qui est lamentablement étendu par terre, la mousse pour oreiller, alors qu’une simple prévoyance de sa part lui aurait épargné tout ce travail. Soudain il pense à Stacily, à toute leurs combines médicinales échangées entre deux oeillades charmeuses et il se moque de lui-même. Il repense à toute les heures passées à la rendre dingue à force d’essayer de reconnaitre la moindre plante nécessaire pour purifier et cicatriser la plaie qui lui ronge le cou. Maintenant Edan sait d’où sa connaissance des plantes lui vient. Et il essaie de suivre les gestes appliqués de sa soigneuse du regard pour réaliser, obtempérant quand elle entreprend de lui faire boire un liquide visqueux. Un ricanement noyé dans un raclement de gorge manque de lui en faire recracher. C’est nerveux. Dur de digérer qu’il possède le remède, mais plus dur encore de réaliser d’où vient le mal qui l’a inspiré. Il visualise le cataplasme miracle qu’elle prépare, ouais, presque la même couleur que celui qui l’attend bien sagement à l’infirmerie, protégé méticuleusement dans son petit pot. Il l’a, ce foutu baume pour soigner cette sale plaie ! Et s’il n’a pas d’antidote au poison, il a de quoi l’empêcher -péniblement- de devenir mortel, à condition de bien s’accrocher à la vie, juste à quelques minutes de marche. Mais encore faudrait-il pouvoir se lever ! La bonne blague. Deux jours en arrière il utilisait allègrement le cataplasme sur les quelques blessés du dernier assaut des amazones les plus guerrières. Lui les jugerait plutôt obstinées. Des « bonnes femmes » comme l’autre les avait appelées, ce con qui l’avait sorti de son rêve éveillé sans la moindre gêne, sans savoir...  Et voilà qu’un nombre futile de mètres le garde hors d’atteinte de sa fierté d’homme et de médecin. Cette frustration va le rendre dingue, devoir se taire va le rendre dingue ! Mais il se sent trop fatigué pour parler, peut-être pour cela qu’il n’a pas protesté quand la guérisseuse lui a demandé de se tenir tranquille. Ou peut-être que son cerveau ralenti essaye durement d’assimiler ce qu’il voit, de faire le lien entre la blonde et le poison. Kale sert la mâchoire, convaincu qu’il ne vaut mieux pas la provoquer. Même s’il a envie de la stopper, de jouer l’homme robuste, de prétendre qu’il est un capable de tenir debout en cet instant, de se soigner lui-même, il s’abstient. Calme, il la laisse faire, pressentant que s’il l’ouvre tout un tas de conneries sortira de sa bouche ! Il pourrait lui parler du baume, de Stacily, ou juste s’agiter, tituber quelques mètres et s’écrouler de plus belle. Non, mieux vaut qu’elle le croit shooté au poison à ricaner pour rien… Il lui expliquerait plus tard, peut-être, quand il sera capable d’aligner deux mots censés sans s’affoler.

Le baume l’enveloppe d’une chaleur agréable, à moins que ce ne soit déjà les mains de la guérisseuse qui portent sa tête à ses genoux. Et revoilà le regard béat. Très concentré, les yeux de Fitzgerald guettent le moindre signe d’une nouvelle larme ou de reproches. Mais les mots qui suivent ne sonnent pas vraiment comme un grief. A-t-‘il le droit de parler ? Le provocateur s’en donne le droit. Après tout, toute bêtise implique une excuse, non ?
« Je voulais… mourir… dans tes bras. Je trouve ça… follement romantique. Pas toi ? »
Du sarcasme, vraiment ? Il ose. Le Roméo de pacotille devine qu’il signe son arrêt de mort, mais s’en fout. Il avait senti les larmes prisonnières de ses yeux cristallins et maintenant qu’il sent ses mains le bercer, ces témoignages d'affection lui suffisent. J’ai eu peur pour toi. En fait non. Ça ne lui suffit pas du tout.
« J’suis… désolé. J’avais besoin d'te voir. »
Besoin. Et non envie. Un besoin qui tord le ventre et serre les tripes, de la voir elle, en chair et en os, de constater si la lueur de ses iris scintillantes ne s’était pas éteinte, s’il pouvait toujours les irradier avec un sourire enjôleur. Et si c’est une connerie, il l’assumera jusqu’au bout. Un aveu et Edan-Kale commence à prendre sa blessure comme une chance en se disant qu’ainsi, faible et étendu dans ses bras, au moins elle ne le repoussera pas comme il redoutait qu’elle le fasse en quittant le campement. Si la magie de leur nuit passée ne le laisse jamais tranquille, leur mésaventure non plus. Ca finirait par la faire fuir. L’éloigner de lui. Le solitaire en mettrait sa main au feu. Alors si obéir à sa guérisseuse en se taisant et restant tranquille lui permet de profiter encore de sa présence, et bien bien il se montrerait des plus dociles, rien que pour sentir son buste reposer sur ses genoux et ses mains glisser délicatement dans ses cheveux. Même plus besoin de la robe comme prétexte, robe qu’il a d'ailleurs complètement oubliée. Il ferme même les yeux pour apprécier davantage ce léger contact, prenant la fatigue comme alibi. L’escroc feint le sommeil pour prolonger un peu ce moment, pour qu’elle ne le lâche pas, ne le laisse pas, pas tout de suite. Mais il n’aurait pu prévoir que le sommeil l’accaparerait pour de bon… Des images s’enchainent sans qu’il ne puisse les assimiler. Le rêve bascule, se mélange à de sombres souvenirs de guerre jusqu’à devenir cauchemar. Quand enfin la fièvre redescend, tout ralentit. Réveil en sursaut. Edan redresse la tête pour prendre conscience du monde qui l’entoure...


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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 16 Déc - 20:40

Edan & Estellà

“What does not kill me, strengthens me"
.”
Indescriptible. J'étais incapable de dire ce que je ressentais, à cet instant. J'étais partagé entre la peur, la peine mais également la colère et l'envie de te mettre ma main dans ta figure. Bon, il fallait que j'oublie la dernière des envies, car tu étais déjà assez à moitié mourant comme ça. Te mettre dans une léthargie profonde était loin d'être mon envie première. Je préférais encore entendre tes paroles si subtiles qu'humoristique, tes paroles qui ne cessaient de débiter des sottises aussi nombreuses que plaisante, car oui, ton humour et ta façon d'être me plaisais tout particulièrement. Je ne sais pas si j'arriverais maintenant à vivre sans. C'était un comble, en quelques jours j'étais réellement devenu accro. Oui, c'est bien ce que je dis, accro. Tu m'avais rendu accro à ta personne, qu'importe ce que tu étais auparavant, qu'importe que tu sois un militaire bien que cela risquait de nous poser un problème mais tout autant que moi, j'étais une amazone. Nous étions deux amants maudits en quelques sortes. Je détestais ce terme mais rien d'autre ne pouvait mieux qualifier notre relation, notre situation que cela.

Nous étions deux amants maudits en quelques sortes. Je ne pouvais nier que j'étais inquiète pour toi, le corps raidi par le venin terrible de cette plante que mes sœurs ne cessaient de tremper les flèches avec. Toutes les armes de mes sœurs étaient couvertes de cette mixture verdâtre et puante, qui avait quand même un effet assez radical. Mais grand dieu heureusement que j'étais capable de concocter un antidote, car je ne suis pas certaine que tu aurais survécu. La flèche ne t'avait que frôlé le coup, étrangement. Connaissant mes sœurs, elle avait dû le faire exprès, ou alors tu avais été très rapide pour pouvoir l'esquiver convenablement. Je ne doutais pas de tes talents mais...Face à mes sœurs qui étaient plus qu'habitué à l'art et le maniement de l'arc, que cela me paraissais étrange. M'enfin. Tant mieux. Je ne pouvais que dire tant mieux. Tu étais encore en vie et c'était un véritable soulagement.
Un rire léger mais mélangeant avec une seconde larme, un rire bien nerveux mais franchement soulagé d'entendre tes sottises qui avaient au moins eu le don de me rassurer sur ton état de santé moral du moins. Tu ne pouvais décidément pas t'empêcher de dire des conneries.
« Arrête un peu, tu ne vas pas mourir, pas aujourd'hui. Tu le ferras dans bien des années, t'a pas intérêt à me laisser toute seule avec ton cadavre dans les bras. » Dis-je en plissant légèrement le front, tout en glissant mes lèvres sur ton front, restant contre ton visage un court instant, sentant ton souffle légèrement saccadé contre ma joue pâle. Je ferme les yeux quelques secondes, en entendant tes mots. Mon cœur se serre fortement dans ma poitrine, sous le coup de la surprise mais aussi d'une douce palpitation que tu m'offrais avec ces mots tellement importants pour moi. Non pas que c'était une déclaration d'un amour parfait, mais tout comme. Tu avais eu ce besoin vital de me voir, voilà comment j'avais pris tes mots. Ma main vint saisir la tienne pour rester auprès de toi, voyant que tu étais peu à peu parti dans l'inconscience.

Le vent était fort, mais je ne bougeais pas. Des gouttes de pluie fracassaient les feuilles des arbres, mais par chance nous étions à l'abri. Du moins, j'eus la bonne idée de tirer davantage dans une pénombre rassurante et nous camoufler des yeux malsains et sanguinaires qui pourraient passer. Je m'étais quand même risqué à l'éloignement un court instant, pour aller chercher quelques baies et racines, pour pouvoir manger un peu. Tu serrais affamé en te réveillant, cette plante vidait littéralement les forces de celui qui était en son contact. Quand je revins vers toi, je fus assez surprise mais grandement soulagé de voir que tu étais éveillé, sur les coudes à regarder autour de toi comme si tu cherchais à comprendre ce que tu fichais là. Je m'avance donc prudemment en restant dans ton champ de vision, avant de t'offrir un sourire tendre, et de lancer :
« Enfin te voilà éveillé. Je commençais à me demander si un bain glacé dans la cascade ne te serais pas plus bénéfique que mes genoux te soutenant pendant des heures. » Dis-je en te regardant droit dans les yeux, essayant de relativiser un peu. Il fallait, de toute façon. Je tends lentement ma main vers ton cou, soulevant le cataplasme pour vérifier ta plaie. Elle était bien plus belle que tout à l'heure, c'est certain. Je m'avance un peu vers toi, en te tendant donc de quoi manger, avant d'ajouter :
« Alimente-toi, tu dois être affamé. » Dis-je en laissant les baies et racines nourrissantes entre tes doigts, tirant de ma sacoche de la viande séchée pour que ça soit plus nutritif.

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» Edan-Kane Fitzgerald "
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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Jeu 24 Déc - 4:35


I'm so dizzy, don't know what hit me
You got me running around with the fear in my head for you. Don't know why things vaporize and rise to the sky. But something about you felt like pain to my brain...

Allongé le dos prisonnier du sol, Edan regarde l’amazone les yeux plein d’un amour qu’il ne maîtrise pas. Une sorte de béatitude sortie d’un moment d’absence. L’imbécile sourit alors qu’il agonise, plaisante même, s’imaginant en Romeo d’un jour, parce qu’il veut voir l’effet de ses paroles sur son visage qui lui parait étrangement crispé. Il veut voir son sourire trahir son amusement à ses paroles, pour se convaincre que sa bêtise sert au moins à quelque chose. Quelque chose de bien. Parce qu’il se sent coupable au fond de lui qu’elle s’accroche à sa vie, de la regarder s’affairer à le soigner, concocter antidote et cataplasme avec énergie et soin, impuissant. Tout ça pour lui, l’imprudent qui aurait pu simplement regarder où il mettait les pieds, ne serait-ce qu’assurer ses arrières en emportant du premier secours. Mais non, il est parti chancelant et impatient, fier du butin glissé dans son sac en guise de prétexte pour retrouver l’amazone, et maintenant il se retrouve agonisant par terre sans comprendre grand chose. Un prétexte… A croire qu’il lui en faut toujours un. Pourtant il plonge dans ses opalines, la regarder, il ne peut plus faire que ça. Voilà qu’il s’improvise poète, poète ridicule qui se meurt dans les bras de sa bien-aimée. Ses propres rires vont finir par le tuer plus vite que ces maudites plantes toxiques s’il continue, car les réprimer lui serre un peu plus la gorge. Fier de sa dernière répartie, il cherche une petite note d’agacement chez Estellà, une qu’il a déjà vue du temps où il rusait pour la surprendre, pour qu’elle reste dans son champ de vision, avant même qu’amitié et ambiguïté naissent entre eux. Comment ne pas sourire en ce moment alors qu'il a tout le loisir de l’admirer, de la sentir tout près de lui ? Les circonstances lui échappent, le chagrin dans le blanc de ses yeux cachés sous ses longs cils également. Il reçoit la frayeur de le trouver mourant, l’embarras de la situation, et soudain comme par magie une conviction qui affole son coeur.
« Tu crois... que tu pourrais... me supporter « bien des années » ? »
Les mots avant les pensées. Comme si c’était tout naturel qu’elle reste à ses côtés toute ces années jusqu’à sa mort. Pire, il la met au défi de le supporter jusqu’à la fin. Mais surtout, il avoue a demi-mot que ça ne vaut franchement pas le coup de se battre si sa vision d’avenir lui montre un homme en compagnie de ses vieux démons, peut-être quelque part à New York, mourant triste et seul comme un con. La sale manie de parler sous l’impulsion de ses tripes et de son coeur lui échappe complètement alors qu’il n’a plus toute sa tête. Les mots glissent sur sa langue sans qu’il ne pense à les rattraper. Ne pas mourir. Ne pas lui laisser son cadavre sur les bras. Ses paupières papillonnent. Les clore c’est partir, prendre le risque de ne jamais revenir. A moitié conscient il s’y refuse toujours, et les mots qu’il s’entend prononcer ensuite ont l’effet d’un mini électrochoc. Le solitaire doute pouvoir tout mettre sur le compte des substances toxiques qui coulent dans son sang et embrument son esprit. Il ne réalise pas encore, attiré ailleurs par les yeux doux et les gestes tendres de l’amazone, mais une petite voix mesquine lui dévoile un retour sur terre des plus bruts. Brut, c’est ainsi que sonne son aveu à ses oreilles. Brut, comme l’est son besoin de la voir. Aucun filtre de nulle sorte, ni allusion détournée ou sous-entendu ni boutade. Rien que la vérité, brute comme le reste, qu’il s’interdit d’admettre depuis… Edan n’a pas compté les jours qui l’ont séparé d’elle. Fixant sa bouche pour mieux fuir son regard, il assimile ses paroles à défaut du langage de ses yeux troubles, manquant ainsi la seconde larme qui s’en échappe. Les siens se ferment à mesure qu’elle rapproche ses lèvres pour les sentir pleinement déposer leur baiser sur son front. Là, tout en lui lutte avec acharnement pour ne pas s’abandonner, sombrer, se laisser emporter par cette sensation. Tel l’homme au bord du précipice, Edan tente de s’accrocher à sa main serrant la sienne, mais la lutte est vaine. Il tombe dans le vide.


Le film est brouillé, les images balayées par le vent qui sévit sur sa peau, se glissant vicieusement dans sa nuque pour le rattacher à la réalité. Estellà sur le campement des rescapés, non, déjà un changement de décor, elle se tient dans l’infirmerie. Le bruit, les allers-retours, les appels et tout le monde se presse. Impossible de la rejoindre. Le militaire se retrouve plongé dans la scène étonnement réaliste. La bobine freine le rythme, décortiquant les images une par une. Spectateur du rêve, il se voit lui faire face, fixer ses mains qui tente de lui passer discrètement quelque chose. Alors le rêve bascule dans le souvenir et devient cauchemar. La sueur sur son front, il a l’impression de la sentir s’écouler sur ses tempes quand il voit enfin l’objet, l’arme dans sa main. Ses paupières s’ouvrent d’un coup, l’extirpant du souvenir de mission que son cerveau malade a revisité, et sa tête suit. Plus de nuage de coton qui l’enveloppe, rien qui ne retienne son mouvement brusque quand il redresse son buste. Son premier réflexe se porte sur sa main. Vide. Sans emprise. Immédiatement il cherche sa guérisseuse des yeux, affolé à l’idée d’avoir rêvé sa présence. « Où est-elle ? » survient avant « Où suis-je ? », bon sang c’est tellement inquiétant ! Pas le temps de se soucier de son manque d’égoïsme qu’elle apparait dans son champ de vision. Point positif, tu n’es pas encore complètement fou !
« Tu t'ennuyais ? »
Sans lui, évidemment. Plus précisément avec une version calme et silencieuse de lui-même. Soulagement que la répartie n’ait pas disparue avec son égoïsme. Mais la suite de sa remarque le fait arquer un sourcil. Pendant des heures ? Ca veut dire quoi ça ? Doit-il comprendre que ça a été une corvée ? L’instinct de survie prend le dessus avant qu’il ne s’offusque juste pour le plaisir, levant les yeux vers le ciel pour jauger à sa couleur combien de temps s’est écoulé. Un gris légèrement différent, quelques notes plus sombres, mais toujours ce même sale temps depuis la tempête.
« C’est encore un peu tôt pour un bain de minuit. »
Tiens, autre chose qu’il n’a pas perdue en plus de sa répartie : son irrésistible sourire en coin. Demander directement à Stellà combien de temps il a dormi ? Trop simple. Et cela reviendrait à un énième aveu d’abandon total, de la perdition qu’il subit encore, résidus coriaces qui travaillent ses méninges. Puis pourquoi s’attarder sur des détails quand il peut la taquiner ? Quoi qu’il réalise en parlant qu’elle ignore peut-être toute les subtilités d’un bain de minuit. Réflexion intense, lui-même savait-il ce que c’était quand il avait douze ans ? C’est étonnant comme tout lui revient par flash. Edan la regarde venir délicatement à lui, se sentant dans la peau d’un animal sauvage qu’elle essaye d’apprivoiser, enthousiasmé par cette inversion totale des rôles. Le déclic au touché de son cou : la flèche, sa blessure, le baume qui lui tenait chaud dans son sommeil ; soulagé de ne plus ressentir la douleur. Tout aussi étonnant la façon dont son appétit réagit à la vue de la nourriture qu’elle dépose dans ses mains. Étonnant, enfin, la manière dont il la prend précieusement, presque gêné en la voyant puiser dans ses réserves pour ajouter de la viande. Le rétabli prend sur lui pour ne pas tout engloutir, enroulant des bouts de viande séchée autour des baies avant de croquer, laissant une main ouverte au cas où elle voudrait piocher.


Estellà a le mérite de contenter son estomac, mais pas sa mémoire fragile, gouffre qu’il essaie de remplir tout en mâchant, bizarrement muet. Le blessé aurait pu jurer avoir vu fuir Asinthia, mais peut-être s’était-il entièrement imaginé l’arrivée de Stellà qui l’aurait perturbée. Cinq minutes après sa chute à terre il croyait la voir pour la première fois, une apparition venue de nulle part. Alors tout est encore flou. Vieille impression de sortir d’un trip, l’atterrissage brumeux après avoir plané. Edan-Kale se ré-entend parler sous forme d’écho déformé de sa voix. Bordel, qu’est-ce qu’il a bien pu lui dire comme conneries ? Ses yeux interrogent involontairement ceux de celle qui a veillé sur lui. Lui doit-il ce miracle ? Attend-elle quelque chose de lui ? Des questions retenues entre ses lèvres. Une certitude se dessine : Asinthia ne voulait pas le tuer, elle voulait qu’il agonise, lentement, jusqu’à son dernier souffle, lui faire regretter son affront jusqu’à la dernière seconde. Impossible pour le militaire que la guerrière l’épargne volontairement, comme elle n’épargnerait sûrement pas son frère si elle remettait la main sur lui… Un soupir. Aucune nouvelle bouchée ne passe entre ses dents. A la place, il reporte son attention sur la blonde, pourtant une de ses soeurs, aussi la connaisseuse du poison mortel l’ayant frappé, et lui ne voit que douceur et attention en elle. Sans s’en rendre compte sa nature méfiante commence à reprendre le dessus, envers lui-même plus qu’autre chose.
« Merci. » Trop poli. Trop sérieux. « pas seulement pour ça -il soulève sa main portant le reste de baies et racines- et tes genoux très -un air quelque part entre mutin dans le regard et tendre sur les lèvres- confortables. »
Merci, c’est bien ce qu’il est censé dire non ? Mais est-ce que ça marche quand on vient de vous sauver la vie ? Est-ce qu’un merci peut suffire ? Chercher… quelque chose… Il a quelque chose ! Un autre soupir, celui d’un enfant sur le point de dévoiler sa bêtise, d’exposer son vilain tour, entre hésitation et excitation. Kale lui tourne le dos le temps de chercher sa besace -et par la même occasion son cuir qu’il avait viré en se redressant précipitamment- de laquelle il extirpe une robe longue et soyeuse ornée de dentelle avant de se retourner.
« Heureusement que je n’suis pas venu les mains vides. »
Son bras se tend et n’est pas prêt de s’abaisser sans que Stellà ne prenne la robe qu’il tient. Kale se colle cet air au visage du type auquel on ne peut rien refuser, de ce gars dont elle brisera le coeur si elle rejette son merci.
« Tu imagines la honte si j'y étais passé ? Tu l'aurais prise n'est-ce pas ? Tu n'aurais pas laissé quelqu'un trouver la dépouille du médecin avec une robe ? »
La robe donc, vraiment ? Pas de « Comment m'as-tu trouvé ? », pas de négociation pour la recette de l'antidote, pas de mise au parfum sur "l'évasion" de Dwayne non plus ? Non, juste la robe...



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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 17 Fév - 17:31

Edan & Estellà

“What does not kill me, strengthens me"
.”
Je n'aurais sans doute pas supporté de te voir mourir, surtout par une de mes sœurs. Non, je ne voulais pas de base la mort de qui que ce soit, je ne voulais pas voir le sang sur mes doigts, je ne voulais pas voir les yeux d'un homme livide et totalement dépourvu de vie. Je n'aimais pas voir la mort. Elle hantait suffisamment mes rêves, mes visions pour que je la supporte en vrai. Elle serait encore plus insupportable si la mort décidait de t'emporter toi. Un homme restait un homme, une femme restait une femme. La mort d'une personne quelconque m'affecterais certes, mais si cela touchait une personne qui m'étais un semblant proche, je ne sais pas si je pourrais réellement le supporter. Non, je ne disais pas que j'étais complètement attaché à toi, mais un peu quand même. Je t'appréciais beaucoup et j'espérais bien que tu le savais. Je n'aurais sans doute pas risqué autant si cela n'avais pas été le cas, autant être honnête. Je n'étais pas du genre à dévoiler facilement ce que je pense ou même ce que je ressens pour quelqu'un, même mes sœurs avaient peu entendu de ma bouche, que je les aimais ou quelque chose qui s'en rapprochait. Je le pensais mais j'avais toujours ce même blocage pour montrer mes sentiments.

Je fus cependant heureuse de voir que tu te remettais assez bien. La flèche n'avais que frôlé ta chair, quelle chance cela avait été car je n'étais pas certaine que tu aurais survécu si cela avait été plus profond et si la flèche était resté figé dans ta peau. Un frisson assez discret me prend, rien qu'en imaginant la scène. Oui, la scène de te retrouver mort dans la forêt, à cause d'une de mes sœurs. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle avait fait ce qu'il fallait. Un étranger et de surcroît, un militaire sur nos terres, il ne fallait pas laisser la chose se reproduire donc la mort était la seule solution à tout ça. Mais bon...Je t'avais mis bêtement en danger à cause de notre..idylle on va dire. Tu étais venue pour une raison et je savais parfaitement laquelle. Je ne pouvais m'empêcher de culpabiliser de t'avoir mis autant en danger, et cela se lisait sur mon visage, sans aucun doute. Tes remerciements me sortent un peu de mes songes, t'offrant un petit sourire en coins comme pour te dire « ne me remercie pas, je te le devais bien là ». Oui, c'était un peu ça. Un petit sourire plus franc et plus amusé étire mes lèvres, quand tu déclares que mes genoux étaient confortables. Je te reconnaissais bien, là. Tu pouvais décidément pas t'empêcher de dire quelque choses comme ça, mais au moins...Tu me faisais sourire et un peu penser à autres choses.

« Dis pas de sottises. Mais la prochaine fois, ne vient pas par ici, c'est bien trop dangereux. » Dis-je en soufflant légèrement, me permettant de prendre une racine que tu me tendais, dans ta main en coupe. Je finis par poser mon regard bleuté sur ta personne, te suivant ainsi du regard quand tu vins retirer cette robe de ta besace. Un bref petit sourire se dessine, mais bien léger. Les rougeurs sur mon visage étant un peu plus présent qu'autre chose, venant ainsi à repenser à cette soirée un peu...Manqué. Rien que d'y penser, je me sentais toute drôle, mais bon... Je me gratte légèrement avec l'index avant de lancer :

« Certes..Mais je ne pense pas que cela aurait été ma première...préoccupation de voir ce que tu avait dans ta besace tu sais. Mais...merci en tout cas, pour la robe. Mais la prochaine fois, ne vient pas par ici, c'est bien trop dangereux. Imagine je n'aurais pas été dans le coin, dieu sais ce qui se serait passé... »Dis-je en touchant du bout des doigts le tissu de la robe, la trouvant réellement jolie, bien que j'étais un peu surprise de voir une robe aussi belle en ta possession.
« Tu l'as trouvé où ? Elle est vraiment belle. Par contre, autant être honnête, ne compte pas sur moi pour la mettre en ta compagnie, je n'ai pas envie qu'elle finisse-t-elle aussi, déchirée. »
Oui, bon. Elle était assez facile celle-là. Mais bon...C'était un peu...une réalité. Mais au moins je souriais un peu et sincèrement, cette fois.

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 24 Fév - 3:21


The way you tried to hold me down
You got a hold on me and I'm scared to let you go. And you know everything I ever tried to say. Come on keep on
coming, please don't walk away...

Edan essaie de s’habituer à l’idée d’être un homme chanceux, un miraculé peut-être à mesure qu’il déglutit entre deux réparties timides. Sa réplique sur les bains de minuit s’évapore sans relance, et il oublie aussitôt, seulement capable d’avaler en silence la nourriture qu’Estellà lui tend généreusement. Il essaye de se repasser le film dans sa tête. Un instant, bref et effrayant, il avait douté de la présence de l’amazone auprès de lui, s’étant crû encore plongé dans le sommeil. Alors s’il pose les yeux sur elle, il craint qu’elle s’évapore aussitôt, comme ses souvenirs. Il a peur, surtout, de lire ses émotions dans son regard… différent, troublé. Il mange la nourriture qu’elle lui offre pour contrer les méfaits de la substance qui a infiltré sa peau, mais son estomac est trop serré pour se laisser aller à la gourmandise, pour réellement apprécier de contenter sa faim. Le blessé n’a pas faim. Pas quand ses tripes se tordent en un tas de noeuds à l’intérieur. Il aurait pu réellement crever, là, claquer dans les bras de la femme à laquelle il tient plus que de raison, et lui laisser son cadavre en gage d’adieu. Mais mourir comme un chien, ce n’est même pas ce qui l’effraie, rien de comparable à la trouille qui le prend à l’idée qu’Estellà le fuit. Lui fuit son regard, mais en vain, ses yeux ne se détournent pas assez de son visage grimé par la culpabilité. Il rêverait bien encore, préfèrerait se rendormir sur ses genoux, l’obligeant ainsi à veiller sur lui indéfiniment alors qu’il ne verrait que le noir total, s’aveugler de la peur et du remord assombrissant la clarté des yeux qui lui font face. Un remerciement peu fier, c’est hélas tout ce dont il est capable maintenant, alors que le petit sourire expressif d’Ellà pèse un peu plus sur son coeur déjà lourd. Non, elle ne lui doit rien contrairement à ce qu’essaie de lui crier ses lèvres pincées. Lui aussi aimerait lui crier dans un sourire, un regard, à quel point il a été idiot, à quel point il s’en veut de s’être fait avoir, même lui avouer que la vérité n’est pas si tragique, juste bête, qu’il n’est pas un militaire malchanceux marchant hors limites, mais le militaire qui a commis le pire affront contre l’une de ses soeurs… Mais tout ce qui lui vient, c’est une boutade, un compliment foireux sur son corps qui l’a bercé dieu sait combien d’heures. Parce que l’envie lui prend de lui décrocher un sourire, même infime, rien qu’un sourire de façade lui irait. Parce que c’est généralement ce à quoi il arrive le mieux avec l’amazone. Une sorte de talent dont il aime abuser, car rien n’égale la fierté de voir ses lèvres s’étirer juste pour lui. Du moins, il aime penser que ses sourires lui sont destinés. Heureux de constater qu’il n’a pas perdu son effet, peu importe si le coeur n’y est pas vraiment, comment pourrait-il faire quoi que ce soit d’autre que contempler son visage pâle qui s’apaise quelques secondes ? Il en oublie même le sien et l’envie de cogner sa tête contre le premier arbre qui doit s’y lire… Ne pas dire de sottises… Edan doute d’en être capable, habité par l’impression d’en avoir déjà bien trop dites depuis qu’il a rouvert les yeux. Assez pour s’imposer le silence en tous cas, assez pour ne même pas chercher une répartie quelconque, tester la patience d'Ellà avec quelques mots qui pousseraient son sourire à s’agrandir, ou peut-être ses sourcils à se froncer.

Non, au lieu de ça son attention s’extirpe des iris bleutés pour se porter sur son sac. L’homme incapable de se rappeler la dernière fois qu’il a offert un cadeau à une femme empêche de peu le rose de lui monter aux joues, galvanisé par la couleur qui teinte tout à coup clé minois de celle à qui il la donne. La gêne aurait pu le submerger en lui tendant le vêtement, oui, elle aurait pu, parce qu’en faisant ça il dépose entre ses mains un rappel de leur nuit avortée, quelque chose qui -le séducteur en lui l’espérait- lui ferait penser à lui, à eux, chaque fois qu’elle poserait le regard dessus. Mais le rouge a marqué le visage de sa conquête avant le sien, alors une expression mutine le remplace instantanément. Fier de son clin d’oeil, la réaction que son geste suscite chez la jeune femme, bien plus que les excuses qu’il voulait exprimer à travers cette robe le rend presque guilleret. Mais pas le temps de s’en vanter que la Mystérieuse se pare d’une aura grave, la parole sérieuse. Fitzgerald a également des mots sérieux en réserve, sans qu’il ne les exprime, essayant plutôt de les tasser dans un coin de son cerveau. S’il prétend ne pas se souvenir, au fond de lui il sait très bien ce qu’il faisait ici, le danger qu’il courait… Il sait très bien pourquoi. La raison est juste devant lui et par sa faute, à cause de sa folie, elle a culpabilisé. Ce qu’il ne donnerait pas pour être frappé par le don de télépathie, lire dans les pensées de l’amazone au lieu de fixer son index bêtement en spéculant sur son tic de nervosité. Peut-être que l’impulsif y trouverait de quoi contrer ses mots, le courage de l’attirer dans ses bras pour s’assurer qu’elle y reste. Un regret tout aussi fou que lui le prend, celui qu’elle n’aie pas insufflé un peu de vie dans ses poumons, juste un léger souffle d’air déposé sur ses lèvres quand elle était au-dessus de lui. Il aimerait le lui déposer lui-même du bout des lèvres, mais la culpabilité lui interdit tout mouvement susceptible de le rapprocher de sa bouche tentatrice. 

« Je suis désolé j’… » J’avais besoin de te voir. Les mots qu’ils coupent dans leur élan sont les mêmes, identiques à ceux qui lui ont échappés dans son nuage de coton, groggy par le poison. Tout lui revient maintenant. Et cette fois ses joues s’enflamment en repensant à la tête d’idiot qu’il devait avoir en la regardant tel un ange tombé du ciel, jusqu’à lui faire baisser la tête en réalisant comment il avait déformé ses paroles inquiètes et donné la parfaite raison de culpabiliser. Un besoin viscérale de la voir. Salutaire même, sans quoi il aurait fini par devenir fou. Et il le lui avait avoué à demi-mot, lui donnant ainsi la parfaite raison de culpabiliser. Si elle doit se rendre coupable de quelque chose, c’est d’avoir causé sa folie, pas sa mort.« J’avais besoin de voir si tu aillais bien, après la tempête. » Ses dents grincent, retenant un rire moqueur devant l’ironie du sort. Elle allait parfaitement bien, et lui avait failli y passer en voulant s’en assurer. « C’est ma faute. Je sais très bien ce qu'il se serait passé si tu n’avais pas été dans le coin… » Sur sa lancée il reprend ses mots, profitant de la distraction de ses doigts fins s’appropriant la robe pour la surprendre. « Asinthïa aurait fait payer la mystérieuse disparition de son prisonnier… Et comme ta première préoccupation n’aurait pas été de fouiller ma besace, tu n’aurais jamais eu cette jolie robe. » Un petit sourire coupable en signe de moue désolée, tel un enfant qui avoue une bêtise, idiot qu’il est de ne pas s’empêcher de dévier son aveu sur quelque chose de léger. L’envie de rire est purement nerveuse alors qu’il ne fait que s’enfoncer. L’évasion de Dwayne, l’ainée du clan l’aurait apprise de toute façon -si elle n’est pas déjà au courant- alors il ne va pas la regarder se torturer l’esprit à imaginer ce qui aurait pu se passer ni se méprendre sur cette attaque sans rien dire. Il s’agit de son petit frère et l’ainé protecteur ne peut rien regretter. Son seul regret est de ne pas avoir porté son attention là où il avait mis les pieds, d’avoir vu la peur et la culpabilité brouiller les opalines de l’Innocente par sa faute.

Ses doigts passent dans ses cheveux, grattant légèrement l’arrière de son crâne quand Stellà lui demande où il a trouvé le vêtement. Trouvé… Il y a de ça oui… Mais rien qu’un compliment de sa part sur la beauté du tissu et le désinvolte se réveille. « Ca t’étonne ? Tu devrais pourtant savoir que j’ai toujours très bon goût. » Prévisible, trop tentant, tandis qu'elle donne au chanceux le temps de bidouiller un mensonge. « Un petit arrangement avec une rescapée. » Un arrangement… ou un vol… Si tant est que voler un objet déjà volé puisse être considéré comme du vol. Et si ses deux mains se lèvent en l’air, c’est pour se rendre coupable d’un tout autre crime. « Tu m’as eu. Mais je suis rassuré de ne pas être le seul que ce léger incident a marqué… » La pureté de son sourire qu’il n’attendait plus suffit à ranimer pleinement l’homme que l’amazone avait quitté cette fameuse nuit. C’est peut-être toute leurs allusions qui ravivent en lui l’inquiétude de se faire surprendre. Le militaire ignore toujours depuis combien de temps ils sont planqués ici, et comme le lui a bien fait comprendre son ange gardien, ce coin est dangereux. Lentement, il se redresse complètement sur ses jambes, presque triste de constater sa guérison. Et après ? Il n’a pas vraiment envie de bouger, pas sans elle. Heureusement, sa main devance ses réflexions en se tendant vers elle dans une invitation. « Je la trouvais pas bête ton idée d’eau glacée pour me réveiller. Mais je crois que je vais éviter le fleuve et tes soeurs un moment… J’irai bien à la clairière, mais il faudrait beaucoup marcher et je me sens un peu faible… » Foutaises. « Je m’en voudrai beaucoup de ruiner tous les efforts que tu as fait pour me remettre sur pieds. » Il aurait bien besoin de se rafraichir oui, mais ce dont il aurait encore plus besoin, c’est de profiter de sa compagnie en le faisant. Sa main l’attire un peu plus près de lui, se risquant à jouer avec quelques mèches blondes, tandis que son visage se pare d’une expression mêlant supplique, charme et défi qu’Estellà doit connaître par coeur quand il lui dit « Et puis… Si tu m’as sauvé, ce n’est certainement pas pour te priver de mon agréable compagnie, n’est-ce pas ? » De sa hauteur, il peut apercevoir les restes de préparation du cataplasme qui soigne encore sur son cou, et c’est tout ce qu’il lui faut pour se décider. Elle viendra avec lui, ou alors il restera planté là à attendre qu’une autre flèche l'abatte, ou à marchander la composition de l’antidote jusqu’à ce qu’elle cède à son petit numéro.

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❝ Immune. × I can't forget but I can pretend ∞ ❞

× Ma Célébrité : Jennifer Morrison × Nombre de messages : 343 × Age du perso : 29 years × Job : Prêtresse, mère de toute, ainée et sage de la fratrie. × Côté love : Très tourmenté par Edan


Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Mer 2 Mar - 23:13

Edan & Estellà

“What does not kill me, strengthens me"
.”
La tempête. Je n'y avais pas vraiment pensé, pour être honnête. Depuis tant d'années que je vivais ici, cela devenait presque une habitude, de survivre dans ce genre de situation. Les tempêtes tropicales, j'en avais vu passé. Il est vrai qu'en revanche, toi et tes hommes, vous aviez dû serrer des fesses face à cette situation. Elle avait été assez violente et dure à supporter. J'avais même été aider quelques survivants qui c'étaient retrouvés coincés sous un arbre, pour dire ! La jungle avait pris un peu cher face aux vents violents, et beaucoup de structure avaient été touchés et détruite. J'avais pensé à toi, même si je n'avais que peu eu le temps de le faire. J'aurais été un peu égoïste de ne pas l'avoir fait et moi, l'égoïsme...Ce n'était pas vraiment un trait de caractère qui me convenait. J'étais plutôt ce genre de personne qui préférait se soucier des autres avant sa propre personne. Empathique oui. Peut-être trop, et cela me faisais bien sur défauts, avec certaines de mes sœurs qui en avaient trop abusé.

« La robe à beau être sublime, elle n'a guère d'importance. Le matériel n'a pas vraiment d'importance à mes yeux, je préfère te savoir en vie et loin d'ici,que d'avoir manqué de peu de te voir mourir pour me voir et m'apporter cette dernière. » Dis-je calmement mais quand même avec une certaine appréhension dans la voix. Bien sûr que j'aurais préféré que tu restes en sûreté sur ton campement, même si la séparation avait été dur et surtout notre dernière rencontre c'était un peu...terminée trop brutalement à mon goût.Rien que d'y songer, les frissons me prennent, mais que j'arrive tant bien que mal, à contenir et à garder pour moi. Un petit soupire s'échappe de mes fines lippes, avant de poser mon regard de sirène envoûtante sur ta personne. Tu ne pouvais décidément pas t'empêcher d'en faire qu'à ta tête.Mais c'est sans doute ce trait de caractère, ce goût du risque qui me plaisais aussi, chez toi. Têtu et surtout quand tu avais une idée dans la tête, tu ne l'avais pas ailleurs. Tu avais été contre les ordres de tes supérieurs, contre mes paroles, pour revenir ici et me voir. Je me doutais bien que la robe n'était qu'un petit prétexte pour revenir, mais un prétexte judicieux tout de même. Un fin sourire en coin se dessine, alors que mes doigts serrent légèrement le tissu entre mes doigts. Je n'avais que peu vu ce genre de robes ici,sans doute qu'elle avait été gardée dans un sac de naufragés pendant un moment et que c'était de toute façon, pas le genre de vêtement pour faire de la survie. Mais elle était ravissante, c'est certain.
« Je n'ai jamais jugé tes goûts, bien que je n'en connaissais pas l'étendue, c'est donc une excellente surprise oui. Et...En effet. Cet incident dirons-nous était...Assez pénible. Enfin difficile à digérer. » Essayais-je de lancer, en cherchant vainement les bons mots qui pourrait coller avec la situation. Mais heureusement, tu ne m'enfonces pas en déclarant une quelconque boutade et cela m'arrange un peu. Le sujet fut vite clôt bien que j'étais presque sûr que tu voudrais en reparler à un moment ou un autre. Mais pas maintenant. Je regarde donc ta main se tendre vers moi, me demandant ce que tu voulais. Je compris vite la demande mais cela ne m'enchantais pas vraiment de devoir t'emmener à la clairière. Cette dernière était certes plus éloignée du campement de mes sœurs, mais beaucoup venaient là-bas apprendre aux plus jeunes les rudiments de la pêche et j'avais peur que sa soit le cas aujourd'hui. Bon, si ce n'était qu'une ou deux amazones d'âge mur et des enfants, cela serait plutôt simple à fuir. Mais bon. Je plisse sans le vouloir un peu le front, mais attrape finalement ta main, me redressant donc, approchant un peu trop vite ton corps, me faisant palpiter un peu plus vite l'organe vital. Je déglutis un peu, observant tes iris qui épiaient mes moindres faits et geste mais également toute ma personne. Tu me faisais trop d'effet, s'en devenais presque pénible.

« Mmh. Nous irons mais pas forcément dans un endroit que tu connais. Il se peut qu'il y est plus de monde que prévue, là où tu me parles. » Dis-je simplement en évitant bien sur de répondre à tes âneries qui était plus de l'ironie et de l'humour à ta façon, que la réalité. Bon même si j'étais sur que tu étais encore un peu faible. Ce poison était pas à prendre à la légère et je préférais vraiment être prudente. Je lève légèrement les yeux au ciel quand tu me lances ses dernières paroles, gardant tout de même ta main dans la mienne, me baissant pour récupérer ta besace ainsi que mes quelques affaires, avant de tout ranger et d'effacer les traces de notre passage, avant de te faire signe de me suivre, ne répondant pas à tes paroles. Je n'avais pas vraiment besoin de te le dire de toute façon, tu savais parfaitement que je voulais être avec toi et pas repartir comme une voleuse. Je me mets donc en marche, soufflant légèrement en sentant des gouttes d'eau, provenant tout droit des cieux, me tomber sur le visage. Super, voilà que la pluie recommençait à tomber. Je n'aimais pas réellement la pluie, elle était certes bonne pour les cultures mais moi, je détestais ça.
« Au final, tu l'auras ton réveil à l'eau glacée, mais pas de la même personne. » Dis-je dans une vague blague salace dirons-nous, mais bien réaliste. Je finis quand même par te lâcher, gardant un œil sur toi et tout mouvement qui me semblerait pas normal. Tu devais te sentir un peu trop épié, mais je m'en moquais. Ta santé était importante, surtout avec ce qui venais de se passer.

Malheureusement, je ne fis pas vraiment gaffe au final, à ce qui se passait et où je marchais. Et j'eus le malheur de marcher sur un piège, mais pas de mes sœurs. Je me stoppe net, comprenant quel genre de piège c'était. Un truc du type, tu enlèves ton pied, t'es raid. Comme une mine quoi. Je te pousse violemment pour que tu ne marches pas toi aussi dessus, te tendant la main, paume ouverte pour te stopper.
« Stop, tu bouges plus. Encore un satané piège de tes abruties d'hommes, ça. Essai sans marcher à ton tour sur un piège, et essaie de me trouver une roche lourde. Sinon je crois que je ne pourrais pas vraiment tenir ma promesse de t'emmener à la clairière.. » Dis-je en restant étonnamment calme. Bien qu'intérieurement, mon rythme cardiaque avait un peu augmenté. La pluie qui tombait de plus en plus abondamment n'aidait pas, manquant de faire enfoncé encore plus mes pieds dans le sol instable et de faire un mouvement qui signerais la fin.

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» Edan-Kane Fitzgerald "
❝ Failure. × It's like I'm losing my mind ϕ ❞

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Jeu 10 Mar - 21:32


The way you tried to hold me down
You got a hold on me and I'm scared to let you go. And you know everything I ever tried to say. Come on keep on
coming, please don't walk away...

Fitzgerald avait beau faire le fier, prétendre que tout irait bien quand il était encore sous l’emprise des toxines, quand le visage d’Estellà lui était apparu, il n’en savait rien. Quelque chose en lui, un éclat de réalisme, avait voulu la rassurer, parce qu’il n’acceptait pas de voir des larmes tomber de ses yeux, des pleurs discrets couler pour lui. Même si le résistant avait eu raison de se vanter de ne pas être encore mort, lui qui est finalement bien vivant, faire le malin avec ses histoires de cadavre sur les bras et de cadeau que l’amazone n’aurait pu recevoir, le destin aurait pu réellement décidé de l’arracher à ses bras. Toute sa détermination d’homme buté focalisé sur le moment présent, ignorant tous les "et si" s’effrite à mesure qu’il déchiffre les restes d’émotions que sa rencontre avec la mort déclenche chez son ange-gardien. Son visage s’embourbe dans le tourment au point que le convalescent ressent sa peur de le perdre, la peine laissée par sa disparition si proche, la faute qu’elle s’afflige, et le tout galbe son coeur pour mieux le fendre ensuite. L’entendre dire qu’elle préfère le savoir en vie, que la robe n’a pas d’importance nourrit son imagination. Il lui suffit de fermer les yeux une seconde pour se focaliser sur sa voix et il jurerait que des mots similaires et pourtant si différents lui parviennent, tel un écho qui murmure à son oreille que rien d’autre que sa vie n’a d’importance à ses yeux. Un chant que sa folie compose, les doux sons évinçant complètement le désir de le savoir loin de tout danger, loin d’elle donc, de ses réelles paroles. Et avant qu’il ne le réalise, l’aveu de sa part de responsabilité et ses confessions sur l’affront fait à la soeur qui l’a blessé s’envolent eux aussi. Ne reste que cette robe, les souvenirs et les messages qu’elle renferme. La tête brulée se moque bien des ordres qu’il n’a pas respectés très longtemps. Quelques semaines peut-être, occupé à soigner les rescapés quand les militaires découvrirent leur campement, le temps d’essayer de chasser la mystérieuse femme aperçue en terres amazones de son esprit. Dieu sait qu’il avait essayé. Rien n’aurait dû changer aujourd’hui. Après s’être évincé, avoir écumé la jungle jusqu’à la trouver, il se serait accoudé à un arbre devant elle, un air nonchalant sur le visage en lui tendant le vêtement, amusé par son propre geste. Ensuite il aurait trouvé tout et n’importe quoi pour la retenir auprès de lui. Se laisser porter par ses soupirs, aspirer son souffle chaud pour mieux dissiper sa froideur et retenir le moment de sa fuite, c’est ce qu’il a toujours fait, jusqu’à leur dernière entrevue, cette nuit commandée par la séductrice.

La main planquée nerveusement derrière l’oreille, Edan s’essaye à quelques taquineries sur son bon goût, particulièrement en matière de femmes comme tente de lui faire comprendre son expression mutine. Des brimades non sans rappeler celles qu’ils s’étaient échangées cette nuit-là, essayant de ne rien laisser paraître de l’effet qu’elle produit encore sur lui. Sous cette dernière lune aussi il avait pu lire la peur sur son visage… Il ne cherche qu’un sourire sur les lèvres roses de son interlocutrice au visage grave, mais il disparait en même temps que le double sens de sa phrase et le mensonge qu’il y a glissé. Le militaire voudrait trouver le courage de lui renouveler ses excuses, mais aucun mot ne franchit la barrière de ses lèvres. La honte de faire partie des fautifs de l’incident serre sa mâchoire jusqu’à lui arracher une plainte à peine audible. Ses lèvres inspirent l’air prêtes à en réchapper un mot puis se ravisent, de nouveaux closes. Aucun mot ne suffit à exprimer tout ce qu’il ressent. Aucun ne peut résumer en une phrase le flot d’interrogations qui éveillent son intérêt, sur ses potentiels regrets, peurs, sur les dégâts que l’attaque furtive avait pu causer de son côté, et, surtout, sur le sens du terme pénible qu’elle emploie. L’amoureux transi ne demande rien. Parce qu’il ne parvient pas à exprimer son ressenti comme le fait l’amazone, et parce qu’il ne veut pas railler son sérieux, surtout pas la pousser à lui dire ce qu’il aimerait entendre de sa bouche : que c'était pénible d’avoir été arrachée à ses bras, pénible de l’avoir fuit lui, non ses imbéciles de camarades. Autant planer encore un peu, ses rêveries lui suffisent, aussi maigres soient-elles comparées à la réalité offerte par Estellà saisissant sa main. Le corps de la sirène n’a plus approché le sien d’aussi près depuis… une éternité. L’envie de voler ses lèvres, de retrouver leur saveur s’empare de lui, le masochiste qui prolonge son agonie dans l’attente de ce moment. Résidus coriaces de leur petit jeu de séduction entre deux regards dévorants. « Tu peux bien m’emmener où tu veux. » L'envouté se moque de lui-même, conscient que la sirène pourrait l’entrainer au fond de l’océan d’un battement de cils. Beau-parleur, il prend plaisir à fabuler sur sa santé, à tourner autour du pot et venter sa compagnie alors que son coeur cesserait tout battements si Stellà la refusait. Alors le distrait garde précieusement sa main quand ses opalines dont il détaille chaque lueur le privent soudainement de leur éclat. Sa main libre se hâte quand il voit la jeune femme se pencher pour ramasser sa besace, se sentant goujat et un peu gauche dans ses mouvements, refusant toujours de dénouer leurs doigts quand elle ouvre la marche.

« Pas sûr que ça me fasse le même effet. » Le trentenaire ironise à son tour, un sourire en coin cache sa lassitude. Toute cette pluie, c’est déprimant… Rien de pire pour un naufragé que la pluie, cette eau qui transforme le sable fin de la plage dorée en boue, rend l’air et les coeurs lourds en inondant le ciel de morosité. Il n’y a plus qu’à s’enfermer dans son abri de fortune et attendre que ça passe, hélas c’est un temps suffisant pour cogiter sur sa vie d’avant, celle qu’on ne retrouvera peut-être pas tout en ruminant des regrets pendant que dehors toute activité cesse, toute trace de vie est lavée. Edan lève les yeux au ciel suite à la remarque d’Ellà qui reprend sa liberté, comme s’il cherchait la personne dont elle parle quelque part dans le ciel gris. Le bras ballant, il ne sait trop quoi en faire s’il ne la tient plus près de lui. Ses iris en revanche savent parfaitement chercher celles de la soucieuse qui s’attarde sur chaque pas qu’il fait, chaque cil qu’il bat. Il baisse la tête de temps en temps, entre deux sourires provocateurs aussi explicites que s’il lui demandait directement si elle appréciait la vue, se détournant de l’envoutement de la sirène. Il résiste, fixe un point devant lui pour s’assurer qu’il marche droit et assez vite pour échapper à une averse. Le suiveur veut reprendre sa main, lui glisser à l’oreille qu’il va bien, lui retourner sa douceur en l’attirant sous son blouson de cuir pour braver la pluie d’un même pas. Il ferait bien ce qu’il n’a pas osé faire tout à l’heure, oui, il va le faire là tout de suite, saisir l’occasion quand elle se stoppe. STOP.

« N on. » La voix du militaire, de l’homme qui gère les situations critiques, de "l’abrutie d’homme" qui a envie de gueuler, d’hurler que ce n’est pas lui, que ce ne sont pas ses hommes, hurler contre le monde entier. Ouais, un abrutie d’homme. C’est ce qu’elle vient de dire, et ça fait mal. Deux grands yeux en réponse, la colère dans le fond des pupilles. « J’m’en fous de la clairière. » L’impulsif en manque de contrôle. Si elle savait comme il s’en fout de sa promesse, tout ce qu’il veut, c’est elle. Cet humour noir qui aurait pu être son oeuvre fait terriblement mal lui aussi, parce que terriblement vrai. L’acte final des Amants Maudits s’ouvre, le rideau menaçant de tomber sur leurs corps éparpillés en pièces détachées. Les pensées se bousculent, et si son pied remplaçait celui de la piégée ? Pulsion suicidaire. Non, son pied et comme la pierre qu’elle réclame, inutile. L’engin réagirait au changement de pression. « Fais-moi confiance, je sais ce que je fais. » Le désobéissant lance son sac au pied d’un arbre, sort un canif de son cuir qu’il tombe ensuite. Il avance doucement, veste en main, scrutant le sol, et la dépose au dessus des épaules d’Ellà pour la préserver de la pluie, évitant de croiser son regard. Désencombré, il s'accroupit, et c’est comme revivre un cauchemar de guerre, ou reprendre des habitudes de terrain qu’il aurait préféré oublier. L’eau de pluie s’infiltre abondamment dans sa chemise, écoule la sueur sur son front, emportant le baume sur son cou au passage tandis que son coeur se glace. Ces abruties d’hommes… Un instant le complice forcé de cet acte barbare aimerait qu’ils le soient, parce qu’il pourrait leur faire bouffer la mine une fois désamorcée. Mieux, personne n’aurait jamais mis le pied dessus, puisqu’elle n’aurait jamais été posée. Et c’est lui qui pensait être du bon côté de la barrière, de ceux qui sauvent les victimes de ces engins, non ceux qui les mutilent qui se retrouve les mains dans la terre boueuse, le coeur bondissant à chaque creusée, lui le "frère d’armes" des coupables, l’un des leurs qui fixe la mine comme il fixerait la mort. Ses doigts atteignent la sécurité qu’il remet en place et il respire pour la première fois depuis que son regard s’est posé sur le pied de l’amazone. « Tu peux bouger, tu ne risques rien. » Sa main grimpe doucement jusqu’à son genoux, pressant doucement ses doigts autour pour l’encourager à reculer. Edan la sent vacillante mais garde la tête baissée, incapable de lui dévoiler son regard possédé par la mort. Le coeur du médecin a cessé de battre, mais ses mains ne tremblent pas, atout du chirurgien. Le canif racle le caoutchouc qui cache le détonateur, essayant de ne pas penser à Estellà derrière lui quand la lame l’atteint enfin, à son coeur angoissé ; ne pas penser qu’elle le voit, qu’elle le verrait exploser avec l’engin à la moindre erreur ; ne pas penser à la vision de sa mort qui la hanterait le reste de sa vie quand il le retire enfin.

Edan ignore combien de temps il met à se redresser, se sentant amnésique. Son visage trempé s’enfonce dans la chevelure blonde, ses lèvres reposant sur sa tempe alors que ses bras serrent le corps prisonnier dans sa veste comme si sa vie en dépendait, leurs coeurs battant à l’unisson. Il écoute la mélodie de leur rythme cardiaque s’atténuer, scrutant l’horizon en quête d’un possible abri. « Une antre ! » Il entraine Estellà, foulant le sol avec prudence malgré l’empressement. Devançant l’emphatique, ses doigts maintiennent la veste qu’il a posée sur elle jusqu’à pénétrer dans la petite grotte. A l’intérieur il cherche son briquet en urgence, regroupant du pied les brindilles au sol pour improviser un feu. Peut-être que les flammes parviendront à anéantir la culpabilité dans ses yeux.

1862- copyright acidbrain


long afloat on shipless oceans, I did all my best to smile 'til your singing eyes and fingers drew me loving to your isle. and you sang ‘sail to me, sail to me, let me enfold you’. here I am, here I am, waiting to hold you.
Song to the Siren

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Ven 25 Mar - 15:56

Edan & Estellà

“What does not kill me, strengthens me"
.”
Je n'osais même plus respirer, je n'osais même pas transpirer de peur qu'une simple goutte de sueur ne tombe sur ce piège qui me serais mortel, bien que l'eau de pluie coulait à flot depuis plusieurs longues minutes. J'avais peur d'avoir une crampe, peur de trembler et d'avoir un petit mouvement certes anodin de base, mais qui pourrais réellement être fatal. Je ne savais pas vraiment si je m'en sortirais mais par chance, tu étais là. Oui toi, l'homme qui me faisais tourner la tête, chavirer le cœur mais qui aussi et bien malheureusement, était l'ennemi pour moi et mes sœurs, la preuve vivante sous mes pieds. Ces pièges venaient de tes hommes, de votre monde. Vos technologies étaient vraiment meurtrières, barbares... Je comprenais bien à cet instant, que même avec toutes nos connaissances sur la jungle, sur les plantes, ce qui était dangereux ou non, si vous mettiez ce genre de chose partout dans notre milieu naturel, je n'étais pas sûr qu'on survivrait bien longtemps, c'est évident. On savait détecter beaucoup de choses mais là...A preuve du contraire, je n'avais pas remarqué cette chose sauf au moment ou ce petit clic m'étais parvenue aux oreilles. Heureusement que je l'avais entendu et dans un sens, je me félicitais d'avoir une bonne ouïe, car avec la pluie qui tombait à grosse goutte, je m'étais presque surprise à entendre ce bruit dans cette cacophonie naturelle.

Je ne pouvais que te faire confiance, à cet instant. Je n'avais pas réellement le choix de toute façon, car si j'avais été seule, j'aurais soit du attendre que quelqu'un ne daigne à ne passer par là, avec une chance sur deux de tomber sur un de tes hommes qui auraient pris pleinement plaisir à me voir dans une telle merde, mais qui aurait aussi pris parti de me sortir de là mais en me kidnappant par la suite pour ainsi, faire potentiellement monnaie d'échange. J'aurais aussi une chance sur deux de tomber sur une de mes sœurs mais pas sur qu'elles auraient réussis à me tirer de ce piège mortel. Je savais que ce genre de chose, de mécanisme, ne fonctionnait que de deux façons : soit il fallait faire un contre poids pour être sûr que quelque chose puisse garder la pression sur ce piège ou alors de déclencher le mécanisme mais ça, je n'avais pas la technique ni même l'expérience pour savoir comment cela se faisait. Il faut croire que toi, c'était plus ton cas, car tu n'avais pas pris en compte mon conseil de faire un échange de poids, mais tu étais plus parti sur le fait de stopper le mécanisme. Je n'avais pas bougé quand tu avais posé ta veste sur moi, mais sur le coup j'aurais pu un peu vaciller, ce qui n'était pas très judicieux de ta part. Cela avait même été un peu dangereux... Mais je n'avais pas trop le temps de penser à ça, je pensais plus à compter les nombreuses minutes qui s'écoulaient, me ressassant toute ma vie en quelques minutes car j'avais bel et bien peur d'y passer. Mon cœur tambourinait lourdement dans mon corps, s'il pouvait sortir de ma poitrine, il serait déjà en train de se faire la malle dans la forêt, c'est évident.

Je recule difficilement une fois tes paroles qui m'ordonnais de bouger. Je ne savais pas si je devais vraiment le faire, mais ton incitation me fis bouger de moi-même et alors que je tend la jambe doucement, mes pieds se pose sur le sol, mes yeux s'étant fermés une courte seconde, m'attendant carrément à n'entendre que le début de l'explosion avant de rejoindre un autre monde ou regorgeais l'inconnu pour tout être vivant. Mais rien. Juste les gouttes d'eau qui tombaient sur les palmiers et les feuillages des plantes diverses autour de nous, sur ta veste de cuir qui reposait sur mes épaules, le bruissement des animaux s'agitant dans les branchages. Mais rien d'autre. Rien. J'ouvre mes opalines doucement, n'ayant pas trop de le temps de me poser davantage de question avant de sentir ton corps glacé se coller au mien, me déchirant un frisson incontrôlé. J'étais en vie. Nous étions en vie et je sentis toute la pression descendre d'un coup, manquant de me faire céder les jambes tant j'avais eu peur, tant l'adrénaline était montée d'un coup. Je ne réagis que peu, jusqu'à ce qu'on finisse dans cette cavité sombre mais bien plus sec que la forêt elle-même. Je regarde alors brièvement les flammes doucement se dessiner dans ton petit feu de fortune avant de pouvoir émettre le moindre son. Je grelotte légèrement, mais bien trop discrètement pour que tu t'en rendes compte. Ce n'étais pas la première fois que je me retrouvais trempé ici, sur cette île que j'occupais depuis une bonne dizaine d'années.

« Ne prends pas cet air que j'ai déjà vu dans ton regard. Tu n'est pas responsable de ce que tes hommes décident de faire, du moins je ne pense pas. À moins que tu ne me bernes depuis le début... » Lançais-je en te fixant alors d'un air assez étrange, que tu n'avais sans doute jamais vue chez moi. Oui, l'espace d'un instant, je m'étais mise à songé quand j'étais entre la vie et la mort sur cette plateforme à deux doigts d'exploser : et si tu te jouais de moi pour simplement mieux me poignarder et obtenir des informations que tu donnais au final en rentrant sur le campement ? Qui me disais que tu n'étais juste pas là, avec moi, à accomplir des actes de bravoure juste pour...Je secoue finalement ma tête, en glissant mes bras contre ma poitrine, septique :
« Pardon.Je voulais pas penser ça. C'est juste que tout ça, cela m'épuise vraiment. On fait une guerre qui est complètement inutile, qui n'a débuté que sur des malentendus et des paroles mal-placés. »

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan Ven 1 Avr - 6:07


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Une détonation, un bruit assourdissant, un crissement dans la mâchoire et ce serait la fin. La fin de tout. Pessimiste, le trentenaire ne s’imagine pas retrouver par-delà la mort celle qu’il s’applique à sauver, dans un ailleurs inconnu que sa curiosité ignore. Quelle que soit sa dimension, sa réalité, il n’a pas envie de le découvrir. Il préfère serrer Estellà dans ses bras. Si fort. Leurs coeurs pourraient se confondre en un battement singulier, uni dans la délivrance. Sa poitrine n’est plus qu’un tambour assourdissant. Son esprit, un champ de bataille. Ses souvenirs, des cadavres ensevelis sous les décombres de tas d’explosions détonnant dans sa tête. Ses paupières se plissent, forçant le film à se rembobiner, mais tout s’embrouille. Épisodes de guerre, visage pâle et mèches blondes sous la pluie s’emmêlent, brouillent son esprit de rescapés de la mort. Tête-à-tête avec la faucheuse qui laissent des traces dans sa mémoire. La seule réalité à laquelle se raccrocher reprend sa respiration sous le col de sa veste, beauté qu’il emprisonne, réconforte de ses bras à défaut de mots imprononçables. Privé de sa voix, ses mains possessives la plaquent contre son torse, la cache dans son cou, quelques doigts tremblant dans ses mèches mouillées. Pragmatique, rationnel, il aimerait l’être. Hélas ce n’est pas le genre d’homme auquel il appartient. Instinctif, les émotions priment sur les gestes mécaniques, les pensées funestes resurgissant dès la libération du "clic" qui a épargné leur vie, unique bruit perturbant le silence mortel, signe qu’il leur était permis de respirer à nouveau. Les muscles de sa main gauche ont imprimé la forme du genoux tendu de l’amazone jusque dans les pus petits nerfs de sa paume. La froideur de sa peau, comme déjà morte, en imbibe encore tous les pores, figée dans l’instant où il l’a poussée à le plier. Les opales du militaire en état de choc surveillent cette main au repos dans le dos de l’amazone, attendant que ses doigts plient, que le choc passe. Il se perd par intermittence dans le parfum fleuri de celle qu’il veut protéger mais qu’il étouffe, refusant de fermer les yeux par peur qu’elle disparaisse, qu’il se retrouve dans une réalité altérée où elle ne serait plus là en les rouvrant. Elle est là, juste là, il la sent contre lui. Secondes ou minutes, elles sont une éternité, pourtant le moment de se séparer d’elle survient trop tôt. Qu’importe la pluie, le froid, qu’importe le temps qui passe, Edan pourrait rester ainsi jusqu’à ce qu’ils crèvent vraiment, d’épuisement ou d’étouffement l’un contre l’autre. C’est pour elle qu’il se reprend, se force à avancer, pour la mettre à l’abri et l’épargner de tout autre piège.

Le feu improvisé se reflète sur les cavités de l’antre. Trempé, le réfugier garde le regard baissé, la honte noyée dans la colère et la culpabilité que les flammes consument. Tant de doutes traversent le miroir de ses iris assombries par les braises, sur les gestes qu’il a fait et ceux qu’il aurait pu faire, les mots qu’il n’a pas relevés et ceux qui ont arraché un battement à son coeur, tout ce qu’Estellà aurait peut-être aimé qu’il fasse ou exprime différemment. Il espère qu’en ne lui offrant que son profil accroupi près du brasier, elle ne puisse lire en lui, percer les troubles qu’il essaie d'enfouir derrière le soulagement d’être tous deux vivants et l’un près de l'autre. Frissonnant, l’impulsif se redresse, se défoulant sur sa chemise, obstacle entre son corps trempé et la source de chaleur. Le vêtement atterrit sur son sac, son geste révélant la chair de poule sur son épiderme, les poils de ses bras s’hérissant jusqu’aux manches de son t-shirt gris. Fitzgerald ne sait plus s’il doit ses frissons à la pluie, au contraste de température quand il s’écarte du feu, ou à la présence de l’amazone qui lui fait regretter de ne pas avoir brisé le silence lui-même. Maintenant il sait. Ses mots le glacent, sa faculté à voir de l’autre côté du miroir, par-delà le reflet de l’âme l’impressionne autant qu’elle l’effraie. L’impression de lui servir, impuissant, son coeur sur un plateau, le vide envahit sa poitrine à la seconde où elle doute de lui, un grand froid de l’intérieur qu’elle seule peut tempérer.

« Ce ne sont pas mes hommes ! » Défense instinctive, rejet du rôle d’ennemi qu’elle lui prête, il balance l'objection trop retenue entre ses lèvres. Il voudrait reprendre possession de sa nonchalance, retrouver sa démarche assurée et sa palette de sourires arrogants, mutins, provocateurs, tendres ou tout à la fois et simplement plaquer ses lèvres aux siennes, mordre dans sa chair pour taire ses soupçons. Mais alors qu’il lui fait face, il en devient incapable. User de ses charmes, plonger ses yeux sans les siens pour distraire ses inquiétudes, non, pas comme ça, pas avec elle. Et même si c’était ses intentions, son regard le paralyse, les prunelles fixes. Ses turquoises semblent noyées dans une vague brutale d’émotions tant nouvelles que perturbantes. Il sent la sirène sonder son être comme les abysses de l’océan le plus profond alors qu’elle a l’air ailleurs, plongée dans une méditation inquiétante. Son regard la fuit miraculeusement, effet de sa posture défensive bras croisés sur la poitrine. L’impur, malgré ses intentions coupables, n’a jamais voulu, jamais pu lui de mal… Imaginer ces deux années de survie à essayer de la conquérir motivé par l’arrière-pensée sadique de se jouer d’elle si elle lui ouvrait son coeur, par le but cruel de la mettre en cage, de l'utiliser lui donne des nausées.
« Et c’est moi qui te vois comme une sirène… » Un peu de mystère soufflé, incertain de l’interprétation qu’elle fera du mythe de la créature aux diverses formes, lui-même incertain d’où il veut en venir. L’image de la sirène embrume sa vision d’une aura mirifique dès qu’il s’approche d’elle, depuis la première fois qu’il l’a croisée jusqu’au moment présent qui lui rappelle leur première étreinte. Longtemps il a crû que le baiser qu’il attendait tant le tuerait par un poison sur ses lèvres vierges, rêve qui l’a hanté bien des nuits et qui s’est d’une certaine façon réalisé puisqu’elles le tentent plus encore depuis qu’il les a goutées. Une autre nuit, des angoisses similaires, et l’intention inchangée de rassurer la méfiante. Entendre ses excuses le gêne presque, parce qu’il ne peut pas lui en vouloir, aussi perturbantes soient les peurs d’Estellà. Parce qu’elle est la première femme à laquelle il se sent intimement lié, pour laquelle il veut se battre. Comme elle il a déjà douté, jusqu’à craquer en demandant ce qu’elle fichait avec "un type comme lui". Comme lui… Le regard triste rivé sur la barrière que forme ses bras contre sa poitrine, il ose la briser, effleure sa peau d’une prudence inhabituelle pour lier ses mains aux siennes, entrelaçant leurs doigts.


« Ce n’est pas comme si tu n’avais aucune raison de penser ça… » Maudits soient ses frères d’arme ! « J’aurai pu te berner depuis le début, mais il aurait fallu que je sois un sacré sadique en plus d’être masochiste sur les bords. » Depuis le temps qu’il lui court après... Son front frôle le sien tendrement, accompagné d’un sourire taquin qui cherche le sien. « Je n’ai parlé de toi à personne, je serai complètement fou et vraiment idiot de ne pas vouloir te garder pour moi tout seul. Et de toute façon, je couperai la main de n’importe lequel de "mes hommes" qui osera la poser sur toi. » Pour ne pas dire tous les hommes sans concession qui essaieront de la toucher. Son sourire s’affine devant l’attachement de leurs mains. Il devrait peut-être commencer par couper les siennes. Le possessif dévoile à l’insoumise l’homme qui la tourmente, celui qui au-delà de leur motivation stratégique des débuts, du jeu de séduction qui l’a vite remplacée et l’horreur de perdre à nouveau un être cher qui le hante rêve d’avoir le monopole de ses gestes tendres. L’être impulsif et possessif ne peut lui cacher ses parts d'ombre. Il n’avait déjà pas pu lorsqu’il lui avait parlé de son passé… L'homme assume les défauts de sa nature qu'il désire au fond de lui faire aimer à la clairvoyante.
« Je n’ai pas le pouvoir d’arrêter cette maudite guerre ni de tous les faire repartir pour que tu sois de nouveau en paix. Il semblerait que je ne puisse même pas te faire oublier tout ça quelques heures… Mais si tu veux bien me laisser essayer… » Les faire repartir. Le new-yorkais ne se rend pas compte qu’il ne s’est pas inclus dans le lot des indésirables. S’écartant légèrement d’elle, son attention se focalise enfin sur ses yeux qu’il n’évite plus, cherchant dans le bleu turquoise un impact positif à ses paroles, caressant doucement le dos de ses mains avec ses pousses. Besoin de contact irrépressible, ne voulant se priver d’elle une seule seconde quand il lui est enfin possible de profiter de leurs rares moments ensemble. 
« Et puis je n’ai pas oublié ta promesse... » La complicité ravive le bleu perçant de ses yeux. Edan sait qu’elle comprend l’allusion. Tu me découvriras. Promesse gravée dans sa mémoire. « J’en ai toujours envie, et je serai heureux d’entendre les anecdotes de ta vie ici que tu voudras bien partager. Moi j’ai assez d’histoires en réserve pour te garder jusqu’au prochain hiver. » Il l’attire délicatement vers lui alors qu’il recule à peine, la joie retrouvant le chemin de son sourire. Libérant finalement ses deux mains pour remonter les siennes sur son blouson resté sur les épaules de la blonde, il fait mine de le remettre en place, mais ce n’est qu’un leurre pour la rapprocher davantage. Un soupir, deux lèvres qui se frôlent, puis qui comblent enfin le manque. Il couve sa peau fragile, laissant le désespoir s’infiltrer entre deux souffles désespérés d’avoir failli ne plus jamais y goûter, se délecte de ses lippes, aspirant l’inférieure qui lui échappe avant d’en consumer tout le rose, laissant sa propre bouche muette. Tout est dit. Edan tient toujours le col de la veste, guettant l’approbation d’Ellà pour se blottir dessous avec elle au coin du feu, pour que ce baiser volé ne soit pas celui de leur au-revoir. Elle seule sait combien de temps avant qu’une sensation de vide tout autour de lui envahisse son sommeil et que le vertige l’en extirpe.


Maybe we're lying, then you better not stay.
But we could be safer, just for one day.


1730 mots- copyright acidbrain


long afloat on shipless oceans, I did all my best to smile 'til your singing eyes and fingers drew me loving to your isle. and you sang ‘sail to me, sail to me, let me enfold you’. here I am, here I am, waiting to hold you.
Song to the Siren

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Message(#) Sujet: Re: [END] What does not kill me, strengthens me. ☾ Stellan

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