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Message(#) Sujet: ❝comme une étoile poquée dans la nuit ; je m’accroche à mon ciel et je survis.❞ (debaron) Sam 7 Nov - 19:20



❝ Comme une étoile poquée dans la nuit ;
je m’accroche à mon ciel et je survis. ❞

Ce matin-là, Aron n’avait pas allumé la télé. Fatigué de voir sa face en second plan, il avait jugé, peu de temps après le crash, que tout ce qu’il avait à apprendre de son passé sur l’île ne se trouverait pas enfermé dans cette boite infernale. Alors il l’avait éteint, parce que c’était la meilleure chose à faire : arrêter de se retourner le cerveau, de se triturer les méninges, de s’arracher un peu plus le cœur en y repensant. Il fallait qu’il se plonge dans autre chose, qu’il se lance dans de nouvelles activités, qu’il rencontre de nouveaux visages. Cette dernière initiative, qu’on lui avait conseillé une bonne centaine de fois maintenant, ne lui avait pas plu. Personne ne voulait le voir, alors il ne voudrait plus voir personne lui non plus, ce n’était pas plus compliqué. Et pourtant… Pourtant, s’il avait allumé la télé, ce matin-là, tout aurait pu être différent. Parce qu’il aurait su, alors. Mais le destin rattrape toujours la réalité, et celle d’Aron risquait de prendre un sacré coup. Simplement à cause d’une erreur, qu’il avait crue bon de commettre. On aurait presque dit que le sort s’acharnait plus facilement sur certaines personnes que sur d’autres.

Il avait tant de fois traversé cet appartement vide et froid qu’il avait fini par étouffer à l’intérieur. Ils n’avaient pas tord, il devait sortir, se reprendre en main – au moins se changer les idées. Il ne touchait plus au monde réel, car la peur de retomber sur le crash le détruisait à petit feu. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire, au fond. Quelque chose qui donne de l’espoir, et il avait bien besoin d’en retrouver un peu. Quelque chose qui accroche, prend aux tripes et transforme, au fond. Quelque chose qui lui permettrait d’oublier toutes ces histoires auxquelles il avait déjà trop réfléchi. Ouais, ce jour-là, Aron décida de se remettre au sport.
Il ne l’avait jamais vraiment abandonné, ce vieil ami bien utile dans les moments de doute, de stress, ou simplement de manque de confiance. Sur l’île, il avait souvent comblé ses longs moments de solitude par des séances de sport improvisées, parce qu’il avait jugé que c’était toujours mieux que de ne rien foutre. Oh non, soulever des noix de cocos ne l’avait pas transformé en catcheur, mais ça avait au moins eu le mérite de le détendre. Et c’était ça qui lui manquait, ici, à New-York. Lorsque l’évidence s’imposa à lui, il ne put que se jeter éperdument à la recherche de ses vieilles baskets abandonnées depuis plus de deux ans, et d’un jogging à présent beaucoup trop grand.

La salle n’avait plus grand-chose à voir avec celle qu’il avait connu, et à nouveau Aron réalisa à quel point le monde avait évolué en son absence. Mais allez, aujourd’hui, il en faudrait plus pour lui miner le moral ! Bien-sûr que non, il n’avait pas vu ces immenses nuages noirs qui avaient rapidement commencé à menacer la grosse pomme. Pas plus qu’il n’avait remarqué à quel point la ville était vide en cette journée en apparence ordinaire. Un QI plus élevé que la moyenne ne permet pas toujours de sauver sa peau – et il ne tarderait pas à s’en apercevoir.

Le premier coup de tonnerre ne parvint pas à le ramener sur terre. Trempé d’une sueur qu’il apprenait à réapprécier, le ciel aurait bien pu lui tomber dessus qu’il n’aurait pas été plus dérangé. Enfin, jusqu’au moment où ses écouteurs ne lui transmirent plus le moindre accord, et que la pièce ne s’éteigne sans prévenir. Fallait se rendre à l’évidence : quelque chose clochait, il ne savait simplement pas quoi. Privé de wifi et de lumière, il se fraya un chemin jusqu’à la réception, réalisant seulement à ce moment-là qu’en fait, la salle était complètement vide. Quelque chose lui avait échappé et il comprenait maintenant ce dont il s’agissait – le problème, c’est que c’était sûrement déjà trop tard. Bon, y’avait trois étages, il trouverait bien quelqu’un quelque part, pas vrai ? Entreprenant de continuer sa séance coûte que coûte, il fallait qu’il récupère la lumière, c’était son seul impératif. Alors, s’aventurant d’un bout à l’autre à la recherche d’une âme humaine, il lui sembla s’adresser au vide pendant un bon moment. ❝ Hey, y’a quelqu’un ici ? ❞ Il était à deux doigts d’abandonner. Jusqu’au moment où il eut l’impression de sentir un regard posé sur son corps. Son ultime chance, en somme. ❝ Si y’a quelqu’un, ce serait vraiment sympa de se manifester. ❞
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» Beatriz M. Alvarez "
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Message(#) Sujet: Re: ❝comme une étoile poquée dans la nuit ; je m’accroche à mon ciel et je survis.❞ (debaron) Mer 11 Nov - 19:29

Comme une étoile poquée dans la nuit ;
je m’accroche à mon ciel et je survis
aron&&deborah
Lors d’une rare occasion, la première depuis une éternité, Deborah n’avait pas à aller au boulot. C’était pratiquement un congé forcé, une question de droits syndicaux auxquels elle avait droit (et était donc obligée d’utiliser). Ce n’était pas très agréable pour elle qui y voyait une totale perte de temps. Mais bon, elle était suffisamment bon soldat pour obtempérer lorsque son capitaine lui disait que c’était important. Elle restait néanmoins tragiquement ennuyée, tout en considérant l’idée de travailler à partir de chez elle. Après tout, elle ne serait pas au poste, ça ferait tout comme si elle profitait réellement de cette journée de vacance. Sauf que voilà, même à ses yeux ça commençait à être plutôt triste. Si ses parents la voyaient ils feraient sans doute un énième commentaire sur son manque flagrant de vie sociale et de la trop mince chance pour eux de voir leur fille trouver son « homme idéal ». C’est donc en partie pour taire quiconque qui lui opposerait sa grande solitude - même s’il n’y avait personne pour le faire - que la policière décida de quitter le chaleur (inexistante) de son domicile et de laisser son chat derrière elle le temps d’une journée.
Probablement que c’était l’idée la plus idiote possible, mais Deborah préféra ignorer les signaux qui lui indiquaient que c’était une erreur que de sortir. De toute façon, elle était beaucoup trop têtue pour rebrousser chemin maintenant qu’elle avait décidé de sortir un peu. Cela dit, il ne fallait pas penser qu’elle comptait elle faire les boites de nuit (surtout considérant qu’elles n’étaient pas vraiment fréquentables en plein jour). Non, elle avait prévu quelque chose d’un peu plus sain, soit s’entrainer à la salle de sport. C’était une nécessité pour tout détective qui se respectait (même s’il fallait avouer qu’elle passait le plus clair de son temps derrière son bureau).

En chemin vers la salle de sport qu’elle fréquentait avec une présence plus ou moins constante, Deborah ne se préoccupa point des nuages noirs ou du manque flagrant de personnes dans les rues bien qu’elle remarqua ces deux faits. Elle aurait sans doute pu trouver des explications pour l’absence de la foule habituelle, mais elle profita plutôt de la chose pour se rendre plus rapidement à son point d’arrivée. Après tout, le manque de populace présentait aussi un certain avantage, notamment celui de pouvoir sauver du temps et pour quelqu’un comme la policière, ce n’était que positif. Elle ne cassa pas la tête à expliquer le tout et se dirigea automatiquement vers le troisième étage de la salle pour s’installer près un tapis roulant. Il fallait qu’elle commence par un bon cardio, ça aurait sans doute le mérite de la réveiller bien comme il faut. Écouteurs dans les oreilles, elle débuta par un échauffement en bonne et due forme avant de s’attaquer au cardio lui-même.

Sans doute aurait-elle put rester sur son tapis roulant pendant un bon moment, s’efforçant de dépasser un record personnel de course (oui parce que c’était important à ses yeux). Elle voulait bien continuer lorsque le tapis s’arrêta soudainement sous ses pieds, manquant de la projeter sur le sol. Heureusement pour son honneur, elle réussit à se maintenir sur la structure avant d’en descendre d’une manière plus gracieuse pour observer la situation. Elle voyait bien que le courant avant été coupé, ce qui expliquait le soudain arrêt de la machine qu’elle utilisait. Peut-être qu’il y avait eu un problème avec les circuits électriques de l’immeuble, à vrai dire, elle n’en savait trop rien. Dans tous les cas, il devait bien y avoir quelqu’un qui pourrait éclairer sa lanterne - et le reste du building - si elle allait au rez-de-chaussée. C’est donc dans cette optique que la policière munie de son téléphone descendit les marches à la recherche de signe d’une vie humaine moindrement compétente. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le signe de vie en question se révéla être une voix familière. « Aron ? » En dirigeant son regard vers la voix qu’elle avait entendu et en levant le téléphone muté en lampe de poche, Deborah put apercevoir la silhouette du rescapé. Il n’y avait pas de doute, c’était bien son ancien ami ou ami, elle ne savait pas du tout comment le qualifier. « Mais qu’est-ce que tu fiches ici ? » La question à un million de dollars en somme ! (et une question qui pourrait lui être retournée d’ailleurs) Franchement, elle ne voyait pas pourquoi il fallait qu’il se trouve dans la même salle que lui, mais visiblement, elle avait d’autres chats à fouetter parce que vu ce qu’il venait de dire, il n’avait visiblement pas trouvé qui que ce soit d’autre dans le building. Ce qui ne disait rien de bon pour eux en fait, considérant la situation. Elle doutait, par ailleurs, qu’il avait une quelconque connaissance de l’électricité suffisamment pour l’aider dans sa quête de remettre le courant. Non c’était probablement peine perdue en ce sens et pourtant le problème se situait loin de tout ça : elle n’avait aucune idée de comment agir avec lui. Leur dernière rencontre s’était soldée dans un échec total, voir une horreur sans précédent et elle se voyait mal ignorer le tout pour se présenter comme sa fidèle amie qui était contente de le voir. « J’imagine que tu n’as trouvé personne d’autre ? » Comme elle, en somme, et en dehors d’un interrogatoire en bonne et due forme, elle n’avait aucune idée de quoi ajouter de plus. Non vraiment, elle n’aurait sans doute pas plus mal tomber, parce que la soudaine perte de courant n’était pas encourageante, ils étaient sans doute plus dans la merde qu’elle ne l’avait cru à la base.



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