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Message(#) Sujet: let me tell you the truth (joy&jaz) Mer 17 Juin - 20:10

Let me tell you the truth

C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Il est cinq heures du matin quand le soleil envoie ses premiers rayons traverser mes paupières, mi-closes désormais. Je ne sais plus si j’ai dormi quelques instants ou si j’étais juste plongé dans un micro-coma sans vraiment trouver le sommeil. Le cœur lourd, le corps engourdi, ce n’est qu’après avoir pris ma douche que je me réveille réellement. Aujourd’hui est un jour important. Après plusieurs semaines de recherches, de discussions prétendument amicales – qui l’étaient d’ailleurs devenues – avec certaines de mes connaissances, de rapprochements bien placés, j’ai pu retrouver la trace de la famille Hendrix. Enfin, j’ai réuni suffisamment d’informations pour savoir où je dois me rendre. Malheureusement pour cette belle petite famille dont j’ignore encore aujourd’hui presque tout, ce sera au centre hospitalier de Brooklyn que notre rencontre aura lieu. Mon dieu, qu’est-ce que je stresse. Ce n’est pourtant pas dans mes habitudes de m’en faire pour un petit discours, mais là, c’est totalement différent. Je sens un picotement dans ma nuque et j’ai l’impression que mon corps tout entier ne m’appartient plus. Il me reste quelques heures pour me ressaisir, pour redevenir le Jason confiant et sûr de lui que je suis normalement. J’attends que les heures de visite pointent le bout de leur nez, je me suis vraiment levé trop tôt. Malgré cela, le temps passe vite et les heures semblent défiler à la vitesse de la lumière. Quand vient l’heure raisonnable pour y aller, je ne suis pas prêt. Je me rends compte que je n’ai préparé aucun discours. J’ai bien retourné la situation mille fois dans ma tête pourtant, je me suis imaginé devant eux, tentant d’expliquer les choses de la façon la plus claire possible. Quels sont les mots justes à employer face à une mère à qui on annonce que sa fille est décédée ? Maintenant il me semble que m’être torturé l’esprit avant ne me sert plus à rien. Aucun mot ne sera juste, en fin de compte. Alors à quoi bon, je me contenterai d’y aller au talent, comme on dit.

J’attrape ma veste et me faufile dans la circulation new-yorkaise matinale, cette population qui se lève tôt pour travailler ardûment, ou bien ceux qui ont appris une mauvaise nouvelle pendant la nuit et qui voient le jour se lever à travers les carreaux embués des fenêtres de la chambre d’hôpital. Chacun ses tracas, chacun ses affaires. Le trafic tourmenté du centre ville illustre très bien ce fait. New York, la Grosse Pomme. New York chacun pour sa pomme, oui. J’arrive sur le parking du complexe hospitalier sans me rappeler du trajet. Des fois j’ai l’impression que ma voiture se conduit toute seule, c’est ce qui arrive quand on a l’esprit bien occupé. Je compte presque les pas jusqu’à la porte d’entrée et me dirige vers l’accueil, m’éclaircissant la voix. « Bonjour. J’aimerais voir Mélissandre Hendrix s’il vous plaît. » La jeune femme blonde de l’accueil lève péniblement ses yeux sur moi et prend un temps qui me paraît trop long pour répondre : « Vous êtes de la famille ? ». Je lui adresse un léger sourire même si je n’en pense pas un mot. « Bien sûr. » Mes lèvres s’étirent en une mimique plus grave, plus sérieuse. « J’ai appris la terrible nouvelle… » Je n’ai rien besoin de dire de plus, la secrétaire n’en demande pas plus et me donne le numéro de la chambre dans laquelle je dois me rendre. Les informations glanées auprès de Charlie et Lou-Ann m’avaient été d’un secours admirable. J'ai appris hier soir que Madame Hendrix n'en a plus que pour quelques dizaines d'heures. Maintenant, j’ai un devoir à accomplir, je dois le faire. Ils doivent connaître la vérité, ils méritent de savoir. Et je compte bien enlever cette vague de doute au-dessus de leurs têtes, éclaircir leurs pensées d’espoir envers un être qui de toute évidence ne reviendra jamais. Ce sera douloureux, ce sera pénible, et de tout ça je n’en ai encore aucune idée. Je ne m’imagine pas à quel point la porte que je m’apprête à franchir m’apportera aujourd’hui son lot de malheur. Et paradoxalement d’un potentiel futur heureux.

Mon poing refermé s’abat délicatement sur la porte. Je ne tiens pas à faire trop de bruit, les arrivées en trombe n’ont jamais été mon fort de toute façon. Le rythme saccadé que mon cœur impose à tout mon corps me fait un instant rosir les joues quand je pose mes yeux sur une vieille dame alitée et une jeune silhouette frêle et délicate, à ses côtés. Malgré le chagrin ambiant qui règne dans cette pièce, je peux ressentir la chaleur et la douceur qui émane de cet être penché sur sa mère. Je m’en veux d’éprouver autre chose que de la douleur, et mon respect pour leur malheur me fait reprendre mes esprits. « Madame Hendrix ? » Les premiers mots tombent, et ce sont encore les plus faciles, bien qu’il n’y paraît pas, en l’instant. La mère de mon ancienne fiancée acquiesce d’un signe de tête. Mon regard se pose sur la jeune brune aux yeux aussi bleus que le ciel. « Mademoiselle Hendrix. » L’air de famille avec Samy est évident, je n’ai aucun doute que cette beauté est sa sœur. Dans quelle fichue situation je me plante encore ?  Je m’adresse à la matriarche à nouveau. « Bonjour. Je m’appelle Jason, et je… j’ai, j’ai connu votre fille, Samy. » Bim, c’est dit. Je n’ai jamais appelé Samy autrement que par son surnom. Je n’en reviens pas. J’aurais pu travailler, plancher sur un million de discours que les mots ne m’en viendraient pas davantage. 

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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Mer 17 Juin - 22:34

Let me tell you the truth

C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Il est tôt. Il est beaucoup trop tôt pour se lever à cette heure-ci pour la plupart des habitants de New York or, pour moi, c'est la base. Jamais plus tard. Six heures s'affiche sur mon réveil, la musique se met à retentir dans tout l'appartement et c'est d'un bond que je me lève, de bonne humeur comme toujours et ce, malgré le fait que cela ne devrait être le cas. Je me mets instinctivement à bouger, chantonnant tout en me préparant. J'enfile des vêtements de sport dans le but d'aller faire mon jogging matinale. Pas plus de 45 minutes après quoi, je rentre, mange une pomme en deux-trois temps mouvements puis, file à la douche. Je mets une heure à tout casser avant de descendre dans le but de rouler jusqu'à l'hôpital. Je ne veux pas perdre une seule seconde. Je sais que je devrais bientôt dire adieu à ma mère, je sais qu'elle a assez souffert comme ça et que c'est mieux pour elle de s'en aller pour un monde meilleur or, j'ai peur. J'ai peur de me retrouver seule, j'ai peur de ne pas savoir quoi lui dire. C'est assez délicat. Elle sait à quel point je l'aime or, jamais je ne pouvais lui dire la profondeur de mes sentiments à son égard, jamais je ne pourrais lui prouver à quel point elle m'est importante dans la vie de tous les jours. Elle est mon repère, mon pilier sur cette terre et j'ai l'impression que mon monde va s'effondrer avec elle. Je l'aime et je ne veux la perdre pourtant, c'est le cas, seconde après seconde. Une boule se forme en travers de ma gorge et le klaxon d'une voiture me fait revenir au moment présent. Je secoue la tête, adresse un signe d'excuse au chauffeur suivant et reprend le chemin.

J'arrive assez rapidement à l'hôpital de Brooklyn et après avoir inspiré profondément, je sors de ma voiture et souris malgré moi. Je sais que ma mère voudrait me voir heureuse, je sais que je lui dois au moins ça. Elle n'a plus que moi et je décide sa fierté rien de plus, rien de moi. Je ne m'arrête pas à l'accueil, je connais le chemin par coeur tout comme le personnel que je salue au fur et à mesure de mon avancé. A vrai dire, je préférais que tous ses visages me soient inconnus. Un léger frisson me parcourt tout le corps et je clenche la porte de la chambre. Ma mère se trouve là, allongée sur son lit d'hôpital comme tous les jours précédents. Elle me sourit et semble heureuse de me voir. Je le suis tout autant or, la tristesse se lit sur mon visage tandis que le sien est rempli d'amour et de compassion. Elle sait qu'à ce stade, tout est plus dur pour moi que pour elle or, elle sait également que je suis forte et que je ne laisserais rien paraitre. « Bonjour maman ! Comment vas-tu ? » Je dépose un baiser sur sa joue avant de m'installer à ses côtés. J'avance le fauteuil jusqu'à me retrouver à ses côtés et lui prend la main. Je sais que ma question est idiote or, c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de faire comme si de rien était, de me raccrocher aux banalités. « Je sais ce que tu vas dire... » Je lève les yeux au ciel et elle sert ma main un peu plus dans la sienne tout en me souriant « Ca va aller ma chérie. » Je baisse les yeux et aucun mot ne sort.

J'entrouvre les lèvres or, au même moment, un jeune homme fait son apparition dans la chambre. Je le dévisage de haut en bas. Il est plutôt pas mal c'est vrai mais, qui cela peut bien être ? Je connais tout le monde ici et il ne me semble pas qu'il bosse dans ce service, ni même sur les lieux. De plus, ma mère ne reçoit aucune visite hormis la mienne. J'attend avec impatience alors qu'il effectue les formules de politesse. Je ne comprend pas grand chose et mon font se plisse instinctivement. Je n'ai pas le temps de poser ne serait-ce qu'une seule et unique question qu'il reprend la parole pour parler de Samy. Samy ? Je me redresse, ma main quitte celle de ma mère dont l'attention se porte uniquement sur le bel inconnu. J'en oublie tout, c'est comme le temps s'était arrêté or, un bruit de fond est toujours présent... celui de la machine à laquelle ma mère est reliée en permanence. Je suis tellement pris par la situation dans laquelle nous nous trouvons que je ne percute pas tout de suite or, celle-ci s'est emballée et une infirmière arrive en courant. Je cligne des yeux et c'est comme si la réalité me frappait de plein fouet. « Maman ? » Ses yeux se retournent, elle est prise de spasmes et moi, je panique seulement alors que tout le monde semble avoir percuté depuis un long moment déjà. Les secondes défilent sans que je ne m'en aperçoive et je me lève avec difficulté tout en m'écartant comme le demande les médecins. « Qu'est-ce qu'il se passe...? » Je ne comprends rien, je ne sais plus où je suis et on me demande de sortir de la chambre or, je suis incapable de bouger. Je ne m'intéresse plus à cet homme, mes yeux sont rivés sur ma mère et je ne sais quoi faire. Je reste debout, perdue dans mes pensées, tel un zombie, une femme dont l'esprit a disparu. Mais que se passe-t-il ? Pourquoi je suis déconnectée de tout ?

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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Jeu 18 Juin - 18:03

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs (bonus song) ✻ Tout va bien se passer. Ce sont les mots qui tournaient sans cesse dans mon esprit avant de franchir cette porte. Aurais-je pu savoir ce que je trouverais de l’autre côté ? Difficilement. Aborder le sujet de mon passé est toujours gênant pour moi, j’ai mis tellement de temps à tenter de m’en remettre sans jamais véritablement guérir. Une partie de moi a été emportée par l’océan le jour où mon corps a quitté l’île sur laquelle Samy est morte. Une horrible révélation apparaît quand je pose mes prunelles sur madame Hendrix et sa seconde fille. Samy est morte. Plus jamais personne sur Terre ne la verrait rire. Et c’est ce que je vais devoir avouer à une mère, et une sœur. On est là, les trois, à se regarder mutuellement et pourtant le silence ne me paraît pas aussi gênant que je l’aurais cru. J’ai cette chaleur dans l’estomac, cette impression que ce n’est pas la première fois que je me trouve là, face à elle. Oui elle, cette jeune personne qui me dévisage de ses grands yeux bleus. J’ai cette sensation étrange que nous nous connaissons déjà pourtant je ne sais rien d’elle. Sa sœur ne s’était pas attardée à parler sur sa famille, mais en même temps j’étais comme elle, sur l’île. Quand on pense être piégé pour la vie, on se concentre sur notre futur, notre survie, plutôt que de pleurer les gens qui, de leur côté, nous pleure déjà trop. On savait que toutes ces personnes étaient en vie, et ça nous suffisait. On ne demandait guère plus, et étions de toute façon mal placés pour le faire. Je me rappelle que c’est l’humour et la spontanéité de l’aînée des Hendrix qui m’avait fait craquer. Et aujourd’hui, debout à deux mètres de sa cadette, je me sens tellement partagé, déchiré. C’est le bip sonore de la machine à laquelle la mère de ces deux merveilleuses filles est reliée depuis plusieurs jours qui me ramène à la réalité. Et la douce voix de l’enfant qui ne comprend pas ce qui se passe, qui assiste sans pouvoirs à la fin d’une vie qu’elle semble chérir plus que tout, ça s’entend dans son ton. Elle ne fait plus attention à moi désormais, et heureusement parce que je ne sais plus où me mettre. La stupeur qui s’est emparée de moi est telle que je ne me rends pas compte que j’ai entrouvert la bouche. Je m’empresse de la refermer, mais je ne peux pas y croire. Est-ce de ma faute ? Ai-je été l’élément déclencheur parce que j’en ai déjà trop dit en disant que je connaissais Samy ? Elle a dû comprendre, la femme mûre reconnaît l’utilisation du passé dans ma phrase, la mère entend et ressent la perte de son enfant. Merde, t’es vraiment qu’un imbécile Jason.
 
Je recule d’un pas vers la porte que je viens pourtant tout juste de franchir. Tout se passe tellement vite, je ne m’attendais vraiment pas à ça, et je m’en veux à un tel point que ça ne relève plus des capacités humaines. Comment vais-je rattraper cela ? Après avoir croisé ce regard azur, je ne peux plus m’en aller très loin, je le sais et je le sens au fond de mes tripes, comme un devoir moral que je m’infligerais à moi-même : je dois veiller sur elle, je veux être là, et c’est à elle que je dirai toute la vérité, celle qu’elle mérite tout autant que sa maternelle d’entendre, bien que cette dernière n’aura finalement pas cette chance. La jeune femme reste debout, elle ne semble pas vraiment réaliser ce qui est en train de se passer, et ça me fait vraiment de la peine de la voir comme ça. Et ça me torture encore plus parce que je vais devoir lui apprendre que tout ce qui restait de féminin dans sa famille a disparu. Je déglutis, je sais que les larmes ne me viendront pas mais j’ai le cœur serré. Les médecins s’affairent autour du lit mais tout le monde sait que c’est la fin, la date fatale avait presque été annoncée à l’heure près par les médecins, quelques jours plus tôt.  J’avance vers la demoiselle qui ne bouge plus, figée dans le temps comme si elle voyait déjà un fantôme. Je m’approche dans son dos et pose mes deux mains sur chacun de ses épaules, sans trop savoir quelle sera sa réaction. « Ne regarde pas. », je souffle d’une voix calme près de son oreille. « Fais en sorte de t’arrêter sur un bon souvenir. Crois-moi. » J’espère qu’elle écoutera. Il n’y a rien de pire que de se rappeler, une fois la lumière éteinte, le corps convulsant, empli de spasmes qui annoncent la fin d’une personne qu’on aime. Elle ne doit pas voir ça.  Mais qui suis-je pour la forcer à clore les paupières sur une telle action ? Personne, voilà la réponse. J’enlève mes mains, et je parviens à croiser son regard, ses yeux d’un bleu parfait. J’avale ma salive, j’ai la gorge serrée et sèche mais j’arrive encore à faire parvenir des sons audibles. « J’suis tellement désolé… j’ai pas voulu que ça se passe comme ça. » Comme si m’excuser allait changer quoique ce soit à la situation. Le mal est fait, point final. Alors après, est-ce totalement de ma faute ? Ai-je vraiment déclenché la fin ou est-ce qu’en disant « ça va aller » à sa fille la mère avait déjà compris que c’était terminé ? L’ombre du doute nous abritera longtemps sur ce point. La journée commence très mal, j’ai ce pincement au palpitant qui ne me quitte plus ni ne s’atténue. « Tout ce que je voulais, c’est qu’elle sache. Que vous sachiez, toutes les deux. » mes prunelles se posent sur le corps inerte de madame Hendrix. « J’ai pensé que je vous devais la vérité… » Mais je ne pensais pas que l’entendre pour elle serait aussi pénible pour moi que de la vivre. La seule différence c’est que malheureusement je ne suis pas mort, moi aussi. Et j’aurais préféré l’être mille fois plutôt que de voir disparaître l’une seule de ses femmes.
 
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Ven 19 Juin - 17:24

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Est-ce qu'il y a une méthode spéciale pour se préparer à la mort ? Un remède miracle qui puisse faciliter les choses ? Est-il possible d'oublier, de perdre la mémoire, d'effacer ses souvenirs quand ceux-ci son trop douloureux sans pour autant devenir fou à lier ? Parfois, j'aimerais oublier ou du moins, recommencer ma vie. Je sais que je ferais les choses différemment si j'en avais l'occasion. Evidemment, je serais plus ouverte encore, je profiterais davantage de ma soeur, je n'aurais pas peur de dire aux personnes auxquelles je tiens à quel point je les aime et pour terminer, je ferais en sorte que certaines choses ne se produisent jamais. Je ne suis pas idiote, je sais que je ne peux rien faire pour ma mère, que je ne peux rien en changer pourtant, j'ai envie d'y croire comme une petite fille prête à avouer que la poussière de fée est bel et bien réel. Parfois, je me sens naïve mais la plupart du temps, c'est l'impuissante qui prend possession de mon corps. J'aimerais être forte, encore plus que je ne le suis et j'aimerais ne rien ressentir de temps à autre, éteindre mon humanité quitte à devenir une bête enragée, sans coeur, prête à causer la perte de ses semblables. Parce que la douleur a beau être un ressenti qui nous permet de rester humain, c'est également l'une des pires choses qui puisse arriver et quand celle-ci vous contrôle généralement, la solitude n'est pas bien loin. J'ai besoin de ma mère comme on a besoin de l'oxygène pour respirer, de l'eau pour survivre. J'ai besoin d'elle car elle est la seule famille qu'il me reste, qui se tient à mes côtés, présente pour moi dans les meilleurs comme dans les pires moments. Il y a bien ma soeur -peut-être- or, elle n'est pas là. J'aimerais pouvoir la serrer dans mes bras à cet instant et j'aimerai aussi qu'elle me rassure comme elle avait l'occasion de le faire les soirs d'orage lorsque nous étions petites. J'aimerais tout simplement qu'elle se tienne à mes côté, qu'elle sert ma main, m'explique ce que tout cela veut dire ou qu'elle se taise tout simplement. Je sais que je dois sortir parce qu'on me le demande, parce que je n'ai pas le choix or, mes pieds sont fixés au sol, mes jambes sont lourdes et ma tête... n'en parlons même pas. Je sens juste mon coeur battre et battre encore plus fort à l'intérieur de ma cage thoracique alors que des mains viennent se poser de part et d'autre de mes épaules. Je ne bronche pas et me contente d'écouter ce que cet inconnu a à me dire. En général, je ne fais rien de ce qu'on me conseille et puis, je ne le connais pas. Il ne peut pas savoir ce qui est le mieux pour moi. Pourtant, il connaissait Samy et d'un certain côté, j'ai besoin de faire confiance à quelqu'un, j'ai besoin qu'on me guide parce que je suis incapable de penser par moi-même. Machinalement, je ferme mes yeux et c'est les paupières closes que je réussis à me tourner pour lui faire face. Je reste ainsi un certain moment, tentant de faire taire le bruit sourd de la machine qui s'emballe dans mon dos. Je me concentre sur ma respiration, je n'ai pas le droit de flancher maintenant. Maman aurait voulu que je sois forte et selon elle, tout va bien se passer. Je ne suis pas certaine de la croire pour le coup, elle qui a toujours été la voix de la sagesse à mes yeux. Je ne peux pas imaginer le monde sans elle et je n'ai pas eu le temps de lui dire au revoir convenablement. J'avais besoin de cette journée or, le temps a eu raison de moi, de elle, de nous. J'ai envie de tout envoyer balader, envie de la rejoindre dans cet autre monde qui sera surement beaucoup plus facile et plus clément que celui dans lequel je me trouve. Pourtant, au lieu de cela, je prends le risque d'ouvrir les yeux sur tant d'horreurs mais à la fois, sur cette petite parcelle de chaleur, sur son visage qui semble être la seule chose de travaillée, la chose la plus magnifique que j'ai vu depuis des semaines déjà. Bizarrement, j'arrive à le regarder et à lire ce qu'il ressent. Je sais qu'il est vraiment désolé et je me demande si ce sont ses mots qui ont fait partir maman. Je n'ai pas envie de croire en cela sous peur de vouloir le tuer lui aussi. Trop de personnes ont péri, trop de gens m'ont quitté et malgré le fait que ce ne soit juste qu'un inconnu parmi tant d'autres, je n'ai pas envie que quelque chose de mal lui arrive. Il me parle sans que je ne comprenne une seule de ses paroles. Tout semble flou, trouble, incohérent et juste irréaliste. Pourquoi venir ici ? Pourquoi parler de Samy ? Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi tout simplement. « Je... je suis désolée mais... je ne comprends pas ce que vous voulez dire... » Ma voix est à peine audible et j'ai du mal à former des phrases avec les mots qui me viennent en tête. Sans que je ne m'en rende compte, les larmes viennent à rouler sur mes joues. Celles-ci viennent parfois s'écraser au sol tandis que d'autres finissent leur course au creux de ma nuque. Je n'y prête aucune attention, je ne le remarque même pas. Je tente de rester neutre, impartial comme papa me l'a appris. Même dans les pires moments, je tente d garder toutes mes émotions à l'intérieur sauf qu'il est question de ma mère à l'heure actuelle et seule ou non, je ne peux montrer une part de tristesse, de dégoût, de peur et encore tellement de sentiments que je ne saurais exprimer. Je baisse la tête et fixe mes pieds. J'attends sans savoir vraiment à quoi m'attendre. J'attend parce que j'ai la trouille de la suite et parce que je ne sais pas quoi faire dans ce genre de situations. Est-ce que je dois prendre du temps pour moi ? Signer des papiers ? Oser me retourner et prendre ma mère dans mes bras une dernière fois ? Peut-elle encore m'entendre pour que je lui dise tous ces mots qui ne sont pas encore sortis de ma bouche ? Et ce jeune homme ? Q'attend-t-il de moi ? Est-ce que je lui dois quelque chose ? Pourquoi est-il encore là ? Et surtout, qu'est-ce que je vais devenir. En un battement de cils, ce n'est plus le sol qui capte mon attention mais mes mains tremblantes et impuissante à la fois. Je les pose délicatement contre mes cuisses tout en relevant la tête, espérant que ça suffise pour paraître moins faible. Peut-être qu'en me comportant de la sorte, je vais réussir à tout affronter.

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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Ven 19 Juin - 18:37

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ L’incompréhension face à une situation que l’on pense improbable, je sais ce que c’est. Je n’avais pas compris tout de suite non plus, quand ça m’était arrivé. Pourtant comme on dit le temps fait ses miracles – entre guillemets – et la douleur aiguë des premiers instants finit par s’atténuer pour s’inscrire dans le lourd registre du passé. Mais pour cela, il faut prendre son temps. Car l’acceptation ne vient pas toute seule et rejette les âmes esseulées. C’est sans doute pour cette raison que je suis encore là, planté dans une chambre d’hôtel au milieu du malheur d’une famille dont je n’ai réellement connu qu’une fille, qui n’est même pas ici. Et c’est le seul lien qui me rattache aux Hendrix. Mais je me sens concerné par tout ça, parce que la jeune femme en face de moi ne le sait pas encore et je viens de perdre ma belle-mère. Mon ancienne belle-mère pour être plus précis, car les vœux se concluent souvent d’un « jusqu’à ce que la mort vous sépare », bien que nous n’ayons pas eu le temps de les prononcer. Je n’ai aucun regret, j’ai vécu une belle vie. Le futur m’importe peu désormais, et c’est toujours dans ces moments où l’on n’attend plus rien que l’on est touché par la grâce. L’élégance, la beauté d’une jeune créature même dans sa douleur. Des sensations qui n’ont rien à faire dans cette atmosphère grave. Des sensations que j’enfouis au plus profond de moi quand je réalise la gravité de ce que j’ai à lui annoncer. Ce n’est peut-être pas le bon moment. Ça ne l’est plus, tout du moins. Je me sens stupide, parce que je me rends compte que j’étais sur le point d’avouer à une femme qu’elle avait été grand-mère, mais que cet être non plus n’existait plus. Que faire ? Annoncer une mauvaise nouvelle par-dessus celle-ci ? Comment dire à une jeune femme que toute sa famille est décimée ? Je soupire discrètement pour évacuer tout ce poids qui pèse sur mes poumons. A ma grande surprise, la cadette Hendrix ferme les paupières et se retourne pour me faire face. Qu’est-ce qu’elle est belle. Qu’est-ce que son visage triste me fend le cœur. Elle me vouvoie mais je n’en tiens pas compte, ce ne sont pas ses mots qui comptent. Ce qui importe, c’est qu’elle tienne le coup, je veux m’assurer que ça va aller pour elle. Je suis trop engagé maintenant, elle est toute seule et je ne peux pas simplement la laisser là, affronter la paperasse, les médecins et les regards compatissants des autres, toute seule. C’est impensable. Puis elle est si jeune pour connaître tout ça.
 
Je comprends à son regard désorienté qu’il faut que je l’éclaire sur ma présence. Il faut que je lui dise au moins qui je suis. Mais j’ai peur qu’une fois que ce sera fait, la raison de ma venue vienne trop rapidement sur le tapis. Je ne sais pas encore si elle peut encaisser la perte d’un être cher, alors celle de deux… Si mes gestes se veulent assurés et rassurants, je mets un certain temps avant de trouver les mots. « Je suis visiblement arrivé le mauvais jour, mais j’ai connu cette île dont on parle dans les médias. J’y étais, et j’ai des choses à dire. » Je me sens bête de l’embêter aujourd’hui, comme par hasard. Elle a sûrement un million d’autres choses à penser, et à faire. Mais je suis là et je me sens de trop. « On prendra le temps que tu veux. » La jeune Hendrix doit avoir compris que j’insinuais avoir connu sa sœur, même le cerveau embué par les larmes.  J’en ai assez dit pour le moment, elle n’est peut-être pas prête. Ça tombe bien, je suis patient. Et attentif à ses réactions pour ne pas trop en dire trop vite. Je darde mes prunelles sur son visage et ça me fait comme un craquement dans l’estomac. Je pince les lèvres d’un air de celui qui s’en veut d’être là à ne rien pouvoir faire. Parce que pour elle je ne suis personne. « Comment tu t’appelles ? », j’ose lui demander.  Nous sommes toujours dans cette pièce et je trouve ça malsain car les docteurs sont là eux aussi, je ne suis plus du tout à l’aise. L’ai-je vraiment été en-dehors de la demi-seconde où j’avais croisé de grands yeux bleus ? Certainement que non. Mais je ne veux pas sortir tout de suite non plus, car la jeune femme n’a pas dit au revoir à sa mère. Je ne sais pas si tel sera son souhait, mais je sais que j’aurais donné beaucoup pour serrer ma fille une dernière fois dans mes bras, de donner une dernière étreinte à sa mère. Bien sûr tout cela aurait été beaucoup plus dur, mais les circonstances n’étaient pas non plus les mêmes. Et ça, la demoiselle qui se tient en face de moi ne tardera pas à l’apprendre, malheureusement pour elle. « Je pense qu’on devrait sortir maintenant. » Ce n’était rien d’autre qu’un constat à voix basse, à en juger par le signe que vient de me faire l’homme portant autour du cou un stéthoscope. Ma gorge est serrée et je m’en veux de devoir faire le boulot des infirmières, ou même des proches de la jeune Hendrix. Parce que je n’en suis pas un et qu’elle doit sûrement déjà me détester. « Tu… tu veux l’étreindre une dernière fois ? » et ma voix va crescendo puis meurt à la fin de la phrase. Je veux m’occuper d’elle et de cette situation merdique avant de tout lui dire. Je ne peux décemment pas le faire maintenant. Je vois ses mains trembler et j’ai tellement envie de la prendre contre moi, de lui dire que tout ira bien. Mais je ne veux pas mentir à une enfant à qui on vient de prendre sa mère. Et je ne la connais pas pour me permettre une telle proximité. Et ce qui me tue c’est que je sens que pourtant elle en aurait besoin. Mais ce n’est pas de l’étreinte d’un parfait inconnu dont elle a besoin.
 
 
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Sam 20 Juin - 0:09

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ On dit souvent que le malheur des uns fait le bonheur des autres or, dans ce cas précis, je ne vois pas à qui la situation pourrait profiter et pour ma part, je suis malheureuse et encore, le mot est faible. J'ai envie d'en vouloir à cet homme que je ne connais ni d'Eve, ni d'Adam car il n'a même pas eu le temps de terminer sa phrase que ma mère avait rendu l'âme. Est-ce que c'était parce qu'il avait parlé de Samy ? Je n'n savais trop rien or, ce que je voulais confirmé, c'est que ma soeur était un sujet assez délicat dans la famille. De mon côté, je lui en voulais un peu de m'avoir abandonné de la sorte pour faire sa petite vie de son côté mais à côté de cela, elle avait été comme une seconde mère à mon égard, surtout quand ma mère était occupée, en plein divorce ou en train de se faire à sa nouvelle vie. Samy, elle avait toujours répondu présente pour moi, faisant passer le bonheur des autres avant le sien. C'est elle qui m'avait appris la plupart des choses et qui m'avait enseigné certaines valeurs alors, quand elle est partie, quand elle a fait en sorte de n'être plus qu'une ombre dans ma vie au lieu de continuer à être ce repère qu'elle a toujours été pour moi, je lui en ai voulu. Elle ne donnait pas assez de nouvelles à mon goût, elle ne passait pas assez souvent à la maison et j'avais l'impression de ne plus la connaître. J'avais besoin d'elle autant que j'ai besoin de maman aujourd'hui. J'ai besoin de partager mes théories avec elle, de lui prouver qu'elle n'est pas morte sur cette île, qu'il y encore de l'espoir bien que maman n'a pas l'air de vouloir me croire. Elle dit qu'il faut que je soit plus réalise, elle m'a dit d'arrêter de me voiler la face parce qu'une mère sait et ressent ce genre de chose. Au fond, elle pense que Samy n'est pas présumée morte mais qu'elle a bel et bien quitter cette vie et ce, depuis de longs mois déjà. Sauf que moi, je veux pas croire en tout ça. Alors, j''ai fait beaucoup de recherches et je voulais lui en faire part avant de lui dire à quel point je l'aimais, avant de lui prouver que je serais forte pour elle et que je me battrai jour après jour autant pour moi que pour ma soeur sauf que je n'ai pas pu, qu'il est trop tard alors oui, je devrais en vouloir à ce jeune homme parce qu'il y a eu la chance de lui parler une dernière fois alors que j'ai pas eu l'occasion de lui dire ce que j'ai sur le coeur sauf que je n'y arrive pas. Je me surprend même à l'écouter, à fermer les paupières comme il me l'a conseillé et une fois que je suis prête et plus calme, j'arrive à rouvrir les yeux pour l'écouter. Sauf que je ne comprends pas ce qu'il raconte ou alors, je ne le veux pas.

Tout ce qu'il dit n'a aucun sens et je tente de lui faire comprendre. Alors, il m'avoue connaître l'île et s'il connait l'île, il connait forcément ma soeur. Mon coeur se met à battre un peu plus vite. L'excitation et l'angoisse mélangées s'emparent de ma personne alors que je me risque à poser une question. La seule et unique dont j'ai envie de connaître la réponse pour le moment. Et c'est là-bas que tu as connu Samy...? Ma voix n'en reste pas moins hésitante et je ne sais comment prendre les choses. J'ai peur de ce qu'il s'apprête à me dire mais en même temps, je sais que j'ai besoin de savoir. Il n'est pas venu ici pour rien. Il a forcément ses raisons et pour avoir le courage de se présenter devant de parfaites inconnues, pour avoir le cran de prendre la parole devant une pauvre dame malade, c'est que cela devait être vraiment important. Il me dit avoir le temps. En gros, il parlera seulement quand je serais prête à l'écouter sauf que je ne sais pas si je le saurais un jour. J'ai envie de savoir évidemment mais, je ne veux pas rendre ce jour encore plus triste. Je veux que les choses aillent de mieux en mieux, je veux réussir à tenir le coup, je veux avancer parce que c'est ce que toute personne normale ferait sauf que parfois, je me dis que je ne suis pas normale. Toujours à vouloir savoir la vérité même quand celle-ci n'apporte rien de bon, garder la tête haute pour ne pas montrer ses faiblesses, faire semblant à longueur de temps juste pour se fondre dans la masse. J'ai toujours été ce genre de filles qui ne cherche les problèmes, le genre à avoir du caractère certes mais, à le cacher aux premiers abords. Il me pose à son tour une question alors que je n'ai pas répondu à son exclamation. Je me rends compte de la présence des gouttes d'eau tièdes sur mon visage et chasse ces dernières d'un revers de la main avant de poser de nouveau mes yeux sur lui. Joy. Je m'appelle Joy. Je devrais surement lui retourner la question parce que c'est ce qu'on fait habituellement sauf que je ne peux tout bonnement échanger de simples banalités alors qu'on se trouve encore dans la chambre d'hôpital de ma mère tout juste décédée. C'est ce que les médecins disent derrière mon dos sauf que je n'arrive pas à partager la discussion. Je n'arrive même pas à les regarder, ni même à me retourner. Je ne veux pas perdre le contrôle. Si je me retrouve, je serais capable d'être prise de spasmes à mon tour, de convulser sous l'horreur de la scène. Je ne peux rien faire parce que mon corps tout entier tremble. Il propose de sortir et je hoche la tête positivement de bas et haut très rapidement sauf que je suis toujours incapable de faire ne serait-ce qu'un seul pas. Je tente de prendre une grande inspiration en posant délicatement mes mains contre mes cuisses. De nouveau, il me pose une question sauf que cette fois-ci, je ne sais que répondre. En réalité, je ne pense pas qu'une réponse soit nécessaire or, je ne sais que faire. Je reste silencieuse un court instant, perdue dans mes pensées en train de peser le pour et le contre. Est-ce que je vais le regretter ? Qu'est-ce que je désire ? Au bout de plusieurs secondes qui m'ont pourtant paru semblables à des heures, je relève les yeux. Je veux juste sortir d'ici... s'il te plaît... J'ai l'impression d'être un peu plus convaincante. J'ai l'impression d'être crédible dans mes dires. Sauf que bizarrement, j'ai besoin de lui et je culpabilise à l'idée qu'il doive m'aider. J'ai toujours eu l'habitude de tout faire par moi-même, surtout ces derniers temps sauf qu'actuellement, j'en suis incapable. Encore sous le choc sans pour autant réaliser l'ampleur de la situation, j'ai juste besoin qu'il m'aide à sortir de cette chambre trop blanche et neutre à mon goût. Il a l'air de s'y connaître et j'ai tout simplement besoin d'une personne comme lui, d'une personne qui me dise quoi faire sans pour autant éprouver de la pitié comme toutes ces infirmières qui me regardent comme la dernière des idiotes, comme une jeune femme qui vient de perdre sa mère et dont la soeur est portée disparue. M'éloigner d'ici reste la meilleure chose que je puisse faire sauf qu'avant ça, il faudrait que je trouve le moyen d'obéir à tous ces médecins qui n'attendent que cela. Il est comme mon seul et unique espoir, cette petite lueur blanche dans ce tableau si sombre et froid.
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Lun 29 Juin - 19:11

Let me tell you the truth

C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Le malheur des uns sait aussi faire le malheur des autres, contrairement à l’adage qui prétend qu’il fait le bonheur de ces ‘autres’. Je ne connais pas la moindre parcelle de l’histoire de cette famille qui se déchire un peu plus aujourd’hui. La seule chose que je sais, c’est que j’en ai fais partie autrefois. Mais ça, c’était avant. Le passé n’a plus aucune raison d’être à ce jour, mais nous devons l’accepter pour pouvoir nous construire un futur. Je ne sais même pas comment je réagirais si ma propre mère venait à mourir, cette douleur m’est encore inconnue. Cela fait plusieurs années que je ne l’ai pas vue et pourtant je sais que cela me ferait mal, parce que dans son cas on peut dire loin des yeux mais près du cœur. Je n’ai aucune nouvelle d’elle à l’heure actuelle, et bizarrement elle ne me manque pas plus que ça. C’est peut-être cruel à dire mais je me suis habitué à son absence, et ne garde d’elle que les meilleurs souvenirs. Et quel fils je fais, de rechercher la famille Hendrix avant la mienne. Les Cooper m’ont attendu toute leur vie tant j’ai quitté la maison tôt, ils peuvent encore patienter quelques jours, voire quelques semaines. Ma conscience, elle, ne veut plus attendre. J’ai besoin de vider ce sac, ce poids qui me pèse, mais la situation n’est pas exactement comme je me l’étais imaginée. Je me sens honteux de vouloir rajouter une douleur supplémentaire à la peine de la jeune femme, déjà endeuillée par la perte d’une figure maternelle. Et dans cette chambre d’hôpital à l’ambiance morne, au milieu des médecins et de tout ce bazar qui commence à se propager autour de nous, mes pensées dépassent mes mots et je lui annonce en résumé la raison de ma présence ici. Ça ne fait qu’un tour dans le cerveau de la jolie brune, le lien entre l’île, Samy et moi pose ses briques une à une dans son esprit. J’acquiesce d’un signe de tête quand elle me demande si c’est « là-bas » que j’ai connu sa sœur. Et je devine à son visage – qui malgré le chagrin conserve toute sa douceur enfantine – que Samy était son aînée. Autrement dit, que les deux seules femmes qui faisaient office de figure maternelle ont péri. Maintenant c’est toi la femme de la famille. Maintenant, jolie brune, c’est toi Madame Hendrix. Mais allons-y doucement. « Je t’expliquerai tout. Mais pas ici. » Les regards des médecins me font comprendre que nous ne devons pas rester, et je suis bien d’accord. Alors je lui demande son prénom afin de pouvoir lui parler plus librement, et elle prend sur elle pour me répondre. « Joy. » je murmure derrière elle d’un ton neutre, comme si le prononcer à haute voix allait me permettre de m’en souvenir plus facilement. La vérité, c’est que son prénom est tout aussi joli qu’elle.  Je vois très bien qu’elle n’est pas à l’aise, elle n’a pas l’air de se sentir à sa place et c’est parfaitement compréhensible. Tout ce qu’il lui faut, c’est de sortir de cette pièce et de prendre l’air. Son attitude fait écho à son fort intérieur : elle est bloquée, paralysée. Je place ma main droite par-dessus ses épaules et l’emmène vers la sortie sans la brusquer. Le couloir me paraît mille fois plus long qu’à l’aller, nous avançons lentement dans ce corridor quasi désert. La dame de l’accueil nous jette un regard interrogateur, comme si elle voulait nous empêcher de sortir, comme si on allait s’échapper, et j’anticipe sa question en y répondant sans qu’elle ne la formule à haute voix. « Nous nous occuperons des formalités plus tard. », je lui lance d’une voix un peu sèche. Je ne me rends pas compte que j’utilise un nouveau « nous », pour la première fois. Et je ne sais pas encore tout ce que cela va impliquer. Bref, ce n’est pas le moment d’y penser.  La porte de sortie frôle enfin le bout de mes doigts et je la pousse, l’ouvrant en grand pour que Joy puisse passer sans devoir la tenir.

Nous voilà dehors, devant le centre hospitalier de New York. Ici, l’ambiance est tellement paradoxale comparée à celle de l’intérieur. Ici, le ciel est bleu et les oiseaux chantent fort sur les branches des arbres dont la verdure n’a jamais été à prouver. Ça contraste tant avec mon état d’esprit, et surtout avec celui de la jeune femme peinée qui se tient à mes côtés. J’ai mal pour elle, regarder son minois si triste me serre l’estomac – parce que je n’ai pas envie de dire le cœur mais c’est tout comme. J’avale ma salive et respire une grande bouffée d’air frais. « Bon, les prochaines heures et jours ne vont pas être sympas à vivre. Je marque une courte pause pour m’enquérir de l’état de Joy, dont l’air frais à fait sécher les joues rougies par la chaleur.  Mais tu n’es pas toute seule. Ça fait bizarre d’entendre ça de la part d’un inconnu mais tu verras que j’ai mes raisons de le dire. » Je m’engage dans une sorte de discours que je ne m’étais jamais imaginé prononcer un jour pareil. Ça n’était pas censé se passer ainsi. Tout ça n’est pas prévu. Sauf que maintenant que nous sommes sortis de ce moment, évadés de cette chambre funèbre, il va bien falloir que nous pensions à la suite. Enfin, surtout moi, parce que je lui accorde volontiers le fait qu’elle ne puisse pas penser clairement. Et mes pensées sont sans aucun doute moins troublées que les siennes, ce qui est tout à fait légitime. « Est-ce que tu as des proches, ou de la famille dans le coin ? Tu as quelque part où aller pour ne pas être toute seule ? » J’ai l’impression de tourner autour du pot, mais je ne veux pas lui révéler la vérité trop tôt, je préfère qu’elle reprenne ses esprits et que sa curiosité refasse surface. Je n’ai aucun désir de l’accabler davantage, elle est déjà assez mal et je le comprends. Mais si ce n’est pas aujourd’hui, ça sera un autre jour. Parce qu’il faut que ça soit fait, elle a tous les droits de connaître la vérité, aussi cruelle puisse-t-elle être. 
 
 
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Mer 1 Juil - 18:14

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Je pense qu'il se forçait à rester, qu'il se sentait responsable en quelque sorte étant donné qu'il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. C'était vraiment pas de chance pour lui. Quelques secondes plus tard et il aurait été épargné. Je m'en voulais qu'il eut à assister à cela. Les histoires de famille, les tragédies, ce n'était pas à partager avec de parfaits inconnus. Je n'avais pas le droit de me reposer sur lui alors que j'ignorais tout de ce jeune homme. J'avais envie de lui dire qu'il pouvait partir, qu'il n'avait pas besoin de faire quoique ce soit et qu'il n'avait pas à se sentir mal pour moi étant donné qu'il ne connaissait ni ma mère, ni moi-même soit dit en passant. Mais, je n'arrivais pas à formuler ne serait-ce qu'une phrase alors, je restais silencieuse. Je restais silencieuse par rapport au sujet, je me contentais de retenir ce qu'il avait à me dire. De plus, j'avais envie d'en savoir un peu plus sur le fait qu'il connaissait ma soeur. Ma grande soeur. Je m'étais éloignée d'elle et elle en avait fait de même en quittant la maison très tôt or, elle restait ma soeur malgré tout et je l'aimais plus que tout. Je n'avais plus eu de nouvelles et puis, il y avait cette histoire d'île et tout se mélangeait dans ma tête. Finalement, je ne savais plus où j'en étais. Est-ce que je la connaissais vraiment Samy ? Après tout, elle avait beaucoup changé. Peut-être qu'elle avait décidé de rester sur cette île. Peut-être était-elle partie à l'autre bout du monde. Peut-être que la famille n'avait jamais vraiment été important à ses yeux. En réalité, je ne savais plus rien d'elle et j'étais persuadée que Jason en savait plus. Oui, il avait l'air de vraiment bien la connaître et toutes informations susceptibles de m'en dire étaient à prendre. Pourtant, il ne voulait rester dans cet endroit, au milieu de cette chambre d'hôpital. Je pouvais le comprendre et je crois que les médecins attendaient qu'on dégage de la pièce pour pouvoir être tranquilles et agir en conséquence. Sauf que moi, je n'avais jamais réellement perdu quelqu'un, encore moins un proche et jamais je n'avais eu à m'occuper des formalités. Je ne savais vraiment pas quoi faire alors évidemment, j'avais besoin de lui. Besoin de lui jusqu'à ce que je retrouve mes esprits, que mes pieds regagnent la terre ferme. Il me demanda mon nom et le répéta d'une façon qui m'était encore inconnue. C'est comme si je redécouvrais mon prénom. Jamais il n'avait sonné comme tel et un léger frisson parcourut mon corps après cela. J'hochais la tête comme pour lui confirmer que c'était bel et bien le cas. Joy. Joy et rien d'autre. Rien de plus simple. Il m'accompagna vers l'extérieur et je le suivis ou me laisser entraîner tranquillement plutôt. Tête baissée, je traversais le couloir sans dire un mot, sans adresser ne serait-ce qu'un seul regard à qui que ce soit. Je savais que la dame de l'accueil avait toujours répondu présente pour moi et qu'elle appréciait énormément ma mère sauf que je ne pouvais simplement pas pour le moment au risque de m'effondrer ou alors de prendre la vérité, la réalité en pleine face. J'avais juste besoin de sortir et c'est ce que je fis rapidement en remerciant Jason d'un geste de la tête.

Ca ne va pas être facile. Oui, je m'en doutais fortement. Je me demandais également comment il le savait. Est-ce qu'il avait eu à vivre une situation similaire ? Est-ce qu'il avait lui-même du enterrer sa propre famille ? Je me tournais dans sa direction et m'apprêtais à prendre la parole quand finalement il répondit à ma question silencieuse. Je ne comprenais rien, je ne connaissais pas ses raisons. J'avais besoin de savoir. j'avais besoin de l'entendre dire ce qu'il avait sur le coeur. Pourtant il se contenta de renchainer sur une nouvelle question. « J'ai l'habitude d'être seule, c'est pas un problème pour moi... » C'était ma façon à moi de dire que je n'avais personne dans le coin, que mon père était loin, que ma soeur avait disparu, que j'étais seule. Mais malgré tout, je gardais la tête haute et je pouvais m'en sortir. Il le fallait. Au moins pour ma mère. « Tu me dois rien tu sais... T'as pas besoin de rester. Je suppose que tu as mieux à faire qu'être ici en ce moment. » Je baissais la tête sur mes pieds, respirant l'air frais à pleins poumons. J'étais gênée parce que jamais je ne m'étais montrée aussi faible devant quelqu'un et puis, il n'avait pas à vivre cela. Je m'en voulais et je ne savais pas vraiment ce que je pouvais dire ou comment le remercier. Finalement, je décidai d'opter pour ces simples mots tout en relevant légèrement la tête vers ses beaux yeux : « Je te remercie... »
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Mer 1 Juil - 19:37

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ La journée que je suis en train de passer est à l’extrême opposé des idées que je m’en étais faite, or le temps suit son cours et les minutes défilent à une vitesse folle. J’ignore depuis combien de temps j’ai franchi les portes du bâtiment, mais déjà l’air frais me regonfle les poumons. Oui, je crois que j’avais juste besoin de respirer. Et la vérité, c’est que je n’ai aucune envie d’y retourner pour qu’on me parle d’une personne que je n’ai pas connue. Pourtant je ne peux pas m’en aller, juste faire demi-tour et la planter là, toute seule. Si subir la perte d’un être cher est une chose, devoir traiter de la paperasse qui accompagne généralement cet évènement en est une autre.  J’ai déjà perdu des amis, quelques membres éloignés de ma famille, mais le deuil qui m’a été le plus pénible à surmonter est bien celui de la sœur de la jeune femme qui se tient devant moi. Et encore, je n’avais eu aucun formulaire à remplir, pas de belle tombe en marbre doré à commander. Qui sait, peut-être que tout ça m’aurait aidé, après coup. Peut-être que c’est ce qu’il m’avait manqué jusque là, un enterrement en bonne et due forme, dans les règles de l’art. Une cérémonie, un adieu, comme celui que la belle brune s’apprête à vivre. Ma pauvre Joy, dans quelle situation je vais te mettre. J’aurais réfléchi à trois fois avant de me pointer sur ce lieu maudit si j’avais su que de si beaux yeux s’y trouvaient déjà. Parce que je ne tiens pas à les voir emplis de larmes à nouveau, même si forcément c’est mal parti pour. Il faut qu’elle soit forte, qu’elle s’accroche, et comme je ne connais absolument rien d’elle j’ignore si elle a le caractère pour affronter ça.  Pourtant l’une de ses phrases me met la puce à l’oreille, elle soutient qu’elle a l’habitude d’être seule. Mes lèvres se pincent, je suis désolé pour elle. « Personne ne devrait être seule dans un moment pareil. » Ce n’est pas une suggestion, sinon une affirmation. Et c’était un fait de vérité générale. Les phrases qu’elle prononce ensuite me donnent l’impression soudaine de gêner, que finalement elle n’a peut-être pas envie qu’un sombre inconnu se mêle de ce qui ne le regarde pas. Je ne peux pas lui en vouloir pour cela, Dieu seul sait à quel point la solitude me chercherait aussi dans un tel moment. « En fait, je n’ai rien à faire. » Plus maintenant, en tout cas. C’est dingue, cette manie que j’ai de me sentir concerné dès qu’il se produit un évènement un peu étrange. Ou peut-être que le destin me poursuit et cherche à me tester.  Mes prunelles foncées se posent dans le regard clair de Joy. « Mais je comprends parfaitement que tu préfères rester seule. Je veux juste m’assurer que tout ira bien pour toi. » Les rayons de soleil dessinent des reflets dans les cheveux de la jeune femme, et je la dévisage d’un air tendre. Elle est belle, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur elle et sa jeunesse sera sans doute sa plus grande force dans cette épreuve. Avec le temps va, tout va, tout s’en va.


Et pour les papiers ? Cela doit être fait, sauf que je ne peux pas le faire tout seul, je n’ai pas assez d’informations sur les deux femmes Hendrix que je viens de rencontrer. J’arrive comme une fleur et j’assiste à un moment qui marque à vie la cadette de la famille. Quel pétrin ! Et voilà que je ressens comme une boule dans le ventre de la voir comme ça, et je me surprends à un peu trop aimer me perdre dans son regard. Zut, ce n’est pas le moment, ce n’est pas l’endroit. J’allais même dire ce n’est pas la personne, mais je me refuse d’avouer qu’elle et moi avons un jour fait partie de la même famille, même à un degré plus éloigné que le lien de sang. Je viens littéralement remuer et chambouler toute sa petite vie et Joy me remercie. Je ne comprends pas, je ne comprends plus. L’insigne de l’hôpital captive mon attention un moment et je me rends compte que le temps passe. « Allons d’abord nous occuper des papiers si tu veux bien, ensuite je te raccompagne chez toi… ou je t’appelle un taxi si tu préfères. Et après je te laisse tranquille. » Je ne suis pas né de la dernière pluie, elle est fragile, je ne veux pas qu’elle pense que j’essaye d’abuser de sa gentillesse. Mais je ne crois pas que ce soit le cas, en tout cas je l’espère, car mes intentions ne sont pas mauvaises, elles sont justes avides que la vérité soit dite, enfin. Qu’on m’enlève ce poids sur le cœur, même si au final ça ne ferait que le déplacer sur celui de Joy qui sera sûrement dévastée d’apprendre la terrible nouvelle. Nous avons encore le temps d’y penser, nous nous dirigeons de nouveau vers l’intérieur et la secrétaire donne une pile de formulaires à remplir à Joy. Je suis à côté d’elle en silence, et je ne bouge pas. J’observe discrètement sa réaction quand son stylo frôle le papier, quand elle appose sa griffe en bas de la page. Signer des documents rend toujours quelque chose officiel, je suis là pour l’aider, je ne compte pas la laisser tomber. Les minutes sont longues et lourdes, je rêve de cet air frais que nous respirions à l’extérieur. Anticipant la suite des évènements, j’attrape un prospectus avec suffisamment d’espace blanc pour pouvoir y inscrire quelque chose, et j’y note mon numéro de téléphone. Une fois que les corvées sont faites pour Joy, nous ressortons et le taxi que j’avais appelé est devant, garé dans la rue. « Ton taxi est là. », je dis à l’attention de la jeune femme. Par la même occasion, je lui tends le petit bout de papier où j’avais inscris un moyen de me joindre. « Tiens, ça c’est mon numéro. Tu m’appelles quand tu veux, si tu as besoin de quoique ce soit. Et tu me fais signe dès que tu seras en condition pour parler. Pour l’instant, essaye juste de te reposer un peu, fais ton deuil. » Le ton sur lequel je m’adresse à elle est presque paternel, je n’ai qu’une envie quand je la regarde, c’est de la protéger, de lui donner toute l’affection dont elle a besoin dans ce genre de moment. Et je m’en veux d’avoir de telles pensées envers une inconnue, propre sœur de la femme qui m’avait autrefois donné un enfant. Je ressens de drôles de choses et ce n’est pas normal, peut-être que je dois me reposer un peu moi aussi. J’espère – non, je sais, qu’elle appellera. Parce que j’ai chatouillé sa curiosité en mentionnant l’île, sa sœur, et qu’elle voudra vite savoir ce qu’il en est. C’est naturel pour l’esprit humain de réagir ainsi quand l’objet porte sur un de leurs proches. Ça montre aussi qu’on est toujours bien des êtres humains. J’accompagne Joy jusqu’à la porte du taxi, lui donne de quoi payer le taxi et même plus que sa course. « Oublie pas, moi c’est Jason. J’attendrai ton appel… Prends soin de toi, Joy. », je parviens à lui glisser en refermant la portière. J’adore déjà son prénom. Non, rien ne va plus. Je me languis de notre seconde rencontre alors que la première a été une véritable catastrophe, quand on y pense. Mais quelle douceur de faire une telle rencontre dans un moment si pénible. J’espère que tout ira pour elle, j’espère qu’elle sera forte et je lui souhaite de refaire rapidement surface. Qui sait de combien de temps une âme en deuil a besoin pour évacuer sa peine. 
 
 
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz) Mer 1 Juil - 21:02

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C'est un grand malheur que d'annoncer le premier les malheurs ✻ Je pensais que l'air extérieur me ferait du bien. Certes, je peux de nouveau respirer or, j'ai toujours cette boule coincée en travers de la gorge et je me sens toujours aussi mal. Je sais que ce n'est pas le pire. Aujourd'hui, je ne m'en rends pas vraiment compte et les prochains jours vont sans doute être horribles. Je sais que demain matin, après avoir terminé ma journée, je ne pourrais pas aller rendre visite à ma mère pour lui raconter ma petite vie comme j'en avais l'occasion. Elle ne se plaindra pas du programme télévision qui n'est vraiment pas adapté pour elle ou encore de la fin de son livre qui est différent de ce qu'elle s'était imaginé. Elle ne me demanda pas de prendre soin de moi, de profiter de la vie, de sortir avec mes amis au lieu de rester à son chevet. Non, elle ne fera rien de tout ça maman parce qu'elle n'est plus de ce monde à ce moment précis. Je n'arrive toujours pas à l'accepter et c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai l'air de prendre les questions du jeune homme à la légère. Ce n'est pas l'impression que j'ai envie de lui donner. Oui, je suis plutôt solitaire et vivre seule ne me dérange pas parce que j'en ai pris l'habitude or, ma mère était la personne la plus importante à mes yeux et le fait qu'elle ne soit plus là pour me guider d'une certaine façon, pour me rassurer, me supporter et bien, ça va me faire bizarre, je le sais. J'avais besoin d'elle et j'aurais toujours besoin d'elle sans quoi, je suis vraiment seule parce que je sais que mon père ne rentrera pas à la maison. Je ne voulais obliger Jason à rester et bien qu'il prétende n'avoir rien de mieux à faire, rien d'important apparemment, je ne voulais pas qu'il se sente obligé de m'aider parce qu'il était là au mauvais moment. Je voulais juste qu'il continue à vivre sa petite vie comme si rien ne s'était passé. Je voulais qu'il soit heureux et non qu'il se sentait coupable. Je ne voulais pas être prise en pitié ou risquer de lui montrer que j'étais quelqu'un de faible alors que ce n'était pas le cas. Je ne baisse pas les bras, je ne me lamente pas sur mon sort non plus. Je suis une grande fille qui veut rendre ses proches fiers, même ceux qu'elle a perdus et qui la regardent de loin. Ca va bien se passer pour moi, je t'assure... le rassurais-je dans un long soupir.

Je prends une dernière bouffée d'air pur avant de me retrouver de nouveau dans les couloirs blancs, froid et tristes de l'hôpital. Apparemment, Jason tient à être présent pour moi et bien que je trouve cela assez étrange, je le trouve mignon avant tout. Je sais que la plupart des gens auraient pris la fuite comme toutes personnes normales d'ailleurs or lui, il est resté et moi, ça me plait d'une certaine façon. Je le suis jusqu'à l'accueil et signe machinalement les feuilles qu'on me tend, souriant de temps à autre à la demoiselle qui parait à la fois compatissante et triste. Je voudrais réussir à lui rendre son sourire. Je sais que maman aurait réussi elle. Elle était douée pour ce genre de choses or moi, ce n'est pas mon truc. Je suis plus de genre de personnes qui balancent la vérité telle qu'elle, qui aime la franchise même si celle-ci est mal placée ou blesse. Je ne suis pas cette personne qui rassure les gens même si j'ai réussi à faire un effort avec Jason quelques minutes plus tôt. Je rends le bloc de feuilles après avoir rempli quelques formulaires, informations nécessaires.

Il a raison. Il faut que je parte. Que je rentre parce que j'ai encore un tas de choses à faire et des nouvelles a encaisser. J'aimerais qu'il reste à mes côtés or ce n'est qu'un inconnu arrivé au mauvais moment. Pourtant, il me dit qu'on va se revoir et j'ai envie d'y croire. Je veux qu'il soit présent et j'ignore encore pourquoi. Je veux savoir tout ce qu'il sait à propos de ma soeur. Curieuse, je peux les informations de suite or, ça serait mal placé de ma part alors, je me contente de baisser les yeux sur le morceau de papier qu'il me tend avec son numéro de portable. Je le serre dans ma main comme si c'était la dernière chose à laquelle je pouvais me raccrocher. Merci pour le taxi et pour tout le reste aussi d'ailleurs... encore une fois. Ouais, je me répète mais bon, c'est plus fort que moi. Une personne aussi adorable, c'st rare de nos jours. Mes yeux ne veulent quitter son regard sombre et mystérieux. J'aimerais connaitre ses secrets. Je pense pouvoir le percer or, je n'y arrive pas alors, après avoir souri faiblement, je monte dans le taxi. Jaons... Je l'oublierai pas. Non, je ne peux pas l'oublier et ce, même si je le désirais or, ce n'était pas le cas. Je... J'ai voulu lui rendre son argent pour la course du taxi or, il avait refermé la porte et celui-ci commençait déjà à s'éloigner. Je me retournais machinalement. Voilà une excuse pour le revoir en plus du fait qu'il savait des choses à propos de Samy !
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Message(#) Sujet: Re: let me tell you the truth (joy&jaz)

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