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Message(#) Sujet: scars remind us the past was real. (gabjaz) Ven 3 Avr - 17:23

something new > gabriel, jason




J’entends des voix dans ma tête. Brouillonnes, indistinctes, elles semblent lointaines, je n’en saisis pas le sens. Un voile se dessine devant mes yeux, sa lumière m’aveugle. Les sons m’arrivent petit à petit, je peux percevoir le chant des oiseaux, l’eau de la rivière qui coule à flots, le ressac des vagues, au loin. La mer. L’océan, le large, le lointain. Je me trouve désormais dans une prairie, le soleil rayonne haut dans le ciel. D’un geste curieux, j’écarte le drap qui se trouve devant moi. Et là, j’aperçois une jeune femme, brune aux yeux bleus, qui se redresse en se rendant compte de ma présence. Elle me fixe étrangement, le regard vide. Sans que j’en connaisse la raison, la charmante demoiselle se met à pleurer, silencieusement, elle laisse doucement les larmes ruisseler le long de ses joues. « Tu l’as laissée tomber. », me dit-elle. « Tu nous as laissées tomber. Tout est de ta faute. », achève-t-elle. Ces mots, assassins, résonnent dans mon cerveau. Je m’étouffe, mes genoux percutent le sol. Je meurs. Et là, je m’éveille.

C’était un autre de ces cauchemars assourdissants qui rythmaient ponctuellement mon quotidien. Allez savoir pourquoi, ils étaient devenus plus intenses depuis le sauvetage. Peut-être parce que je m’efforce quotidiennement à oublier, alors qu’en fait, se forcer à oublier quelque chose revient quand même à y penser, quand on y réfléchit. Loin de pouvoir philosopher de si bon matin, je me frotte les yeux en ouvrant le store. Aujourd’hui, et pareillement à ces derniers jours, c’est à New York que ma journée commence. Finis les huttes, les cabanes, les sanitaires collectifs, les habits usés, les hostiles, le naufrage, les rescapés, les malheurs, la douleur, et je vous écourte la liste. Fini, tout ça. Perdues, les amitiés tissées. C’est dingue comme on arrive toujours à repenser au meilleur dans les pires aventures de toute notre vie, les pires drames. Je me demande souvent où est Millie à cet instant, ce que deviens Gabriel, comment évoluent ces êtres qui m’entouraient autrefois. Une nouvelle journée prend son cours à New York aux Etats-Unis, vaste terre, et moi c’est à l’Île que je songe, comme souvent. Ces pensées ne me quitteront-elles jamais ? Je pense futur. Je pense avenir. Que vais-je construire maintenant ? Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Les fonds récoltés pour mon fameux sauvetage me permettront de survivre quelques temps, mais je sais bien que ce n’est pas suffisant. J’en veux toujours plus, je veux retrouver le confort dont je jouissais avant. Et je suis sur la bonne voie. Du moins, l’entretien d’aujourd’hui me le dira.

Il est neuf heures et demie du matin, je n’ai pas pour habitude d’être levé si tôt mais je n’ai pas le choix. Je rencontre en ce jour pluvieux le directeur de Success Models, que j’étais censé rencontrer personnellement quelques temps après avoir pris un vol retour depuis Tokyo. Mais vous le savez mieux que moi, rien ne s’est passé comme ça l’aurait dû. Bref. Je pousse la porte de mon studio et m’engage dans la station de métro la plus proche. Avec un peu de chance, j’aurai la paix, niveau journalistes. Avec le temps qu’il fait, je ne prends pas trop de risques, à mon avis. Dans le métro, je sens parfaitement le mélange des différents parfums que portent les gens qui flotte dans l’air. Ça me picote le nez. A la première station après notre départ, une espèce de folle monte juste devant moi. Elle me regarde avec insistance, psalmodiant des paroles que je ne pouvais pas comprendre. Ça me gêne, je bouge. Sans le savoir, je reculais jusqu’à buter contre un dos imprévu. Je me retourne, sur le point de m’excuser, mais les mots ne me viennent pas tout de suite. Je reste pantois l’espace de quelques secondes, avant de me ressaisir et de fermer la bouche. « Gaby… mais qu’est-ce que tu fous là ? ». Bravo, Jason. Très intelligent, très loquace. Après tout ce qui s’est passé, c’est la seule chose que j’ai trouvé à dire. Je me sens tellement crétin à ce moment même. Nous ne nous étions pas revus depuis le sauvetage, je ne savais même pas s’il faisait partie des rescapés ! A l’heure qu’il est, il semble que toute la rancune et la déception que j’avais accumulées auparavant se sont évanouies, ou peut-être sont-elles juste masquées par l’effet de surprise. You tell me. 


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» Gabriel M. Griffin "
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Message(#) Sujet: Re: scars remind us the past was real. (gabjaz) Sam 4 Avr - 1:12


Neuf heure et demi. Avec le crash, il avait pris l'habitude de ne plus se demander quelle heure il était précisément. Après tout ça ne changeait pas grand chose, sur l'île, qu'il soit neuf heures du matin ou dix heures du soir. Il n'en avait strictement rien à faire, ça ne le poussait pas plus à se bouger l'arrière train pour faire quelque chose pour la communauté. Difficile de faire autrement, ici, que de se demander en permanence quelle heure il est. Quelques jours après son retour, il avait trouvé sur son lit une boite contenant une montre flambant neuve. Le bijou était accompagné d'un mot rapidement rédigé par la main de son père. Quelque chose comme « sois à l'heure, le temps c'est de l'argent ». Bon. Pas vraiment, mais il avait bien compris les intentions qui se cachaient derrière le cadeau. Il en avait toujours été ainsi avec lui. Les exigences du paternel déguisées en joli mot de bienvenue lui avaient filé la gerbe. Son père n'avait pas changé. Pourquoi l'aurait-il fait. C'est comme si rien ne s'était passé entre le départ et l'arrivée. Comme s'il reprenait juste le cours normal de sa vie, après de longues vacances. Dur retour à la réalité. Mais son réel problème à cet instant, c'est qu'il est en retard. Sacrément en retard même. Les appels manqués du père s'ajoutent les uns à la suite des autres sur l'écran d'accueil du téléphone tout neuf, sans provoquer autre chose qu'un vague sentiment d'agacement chez son propriétaire. Gabriel enfonce l'engin bruyant dans sa poche sans un regard de plus et monte dans le métro en se demandant ce qu'il va bien pouvoir raconter à ces foutus journalistes. Ces chiens, ces parasites qui leur tournent autour depuis des semaines. Paraît que ce sauvetage a fait des émules. Qu'il a secoué le monde entier : imaginez, retrouver par hasard des rescapés d'un crash datant d'il y a deux ans, sur une île. Une île, bordel. Pas étonnant qu'ils soient tous devenus fous, mais s'ils pouvaient l'être ailleurs et harceler quelqu'un d'autre, ce ne serait pas pour lui déplaire. Dommage que le grand James Griffin y ait trouvé plus que son compte dans l'affaire. Encore plus dommage : qu'il se serve de lui pour remonter la réputation de sa propre compagnie aérienne en flèche.

La foule. Les gens partout. Les gens qui vous collent, qui vous poussent sans ménagement, trop pressés d'entrer dans la rame pour se préoccuper d'écraser les pieds des autres. Tout ça ne lui avait pas manqué. C'est pourtant dans la foule qu'il se noie depuis des jours. C'est parmi les gens qu'il essaye de retrouver le sentiment d'exister, l'envie de continuer. Baigné dans les marées humaines, il préfère ça plutôt que de rester seul avec ses pensées, maintenant. Tout le blase. Tout l'énerve. Le semblant de paix intérieure qu'il avait pu trouver sur l'île : piétinée. Envolée. Faire face à son passé s'est avéré plus dur que prévu : plus normal que ce à quoi il s'était attendu, aussi. Revoir son père, sa belle-mère, de vieux amis, aussi familiers qu'étrangers. Alors que les seuls amis qu'il veut vraiment à ses côtés se sont éloignés. Teddie s'est tiré à l'instant même où ils ont posé le pied sur la terre ferme. Millie est bien restée avec lui, elle, mais... c'est différent. C'est pas ce qu'il voulait. Définitivement pas. Ce qu'il voulait, c'était... Le cours de ses pensées se trouve interrompu par un coup dans son dos. Toujours des crétins pour pousser dans tous les sens, pas capables de se tenir cinq minutes et attendre. Bordel c'est pas compliqué d'attendre non, m*rde. Je vous jure. Des fois il leur dirait bien, à tous ces crétins que... minute. Il allait le lui dire. Il allait vraiment le lui dire. Mais à lui, non. Pas possible. Ça ressemble à une mauvaise blague. Ou un mauvais film avec des très mauvais acteurs. Sauf que c'est réel. Bizarrement vrai sous la lumière crue des néons qui éclairent le métro.

Attendez. Jason dans le métro, devant lui en chair et en os. Ça ne peut clairement pas être réel. Gabriel, tu délires. « Gaby… mais qu’est-ce que tu fous là ? » Pardon ?! « Euh, je... y'avait pas de taxis. » D'accord. De mieux en mieux. Jason a l'air réellement surpris de le voir. Pourtant, s'il est ici, c'est bien qu'il était sur le bateau de retour. Comment ça se fait qu'on ne se soit pas croisés, Jay, mais ou t'étais bordel. On te croyait encore là-bas. On croyait ne plus jamais te revoir. Ouais, j'avais tiré un trait sur toi (je crois). C'est un autre genre de foule qui se presse et essaye de franchir ses lèvres. Il veut parler. Il veut s'expliquer. L'inonder de questions, de reproches, de, de. Mais tous ces gens autour. Ça le paralyse. Et puis, il a le palpitant à fond, on dirait qu'il sort d'un marathon. Ça n'a pas de sens. Je voulais t'oublier, je pensais avoir réussi. Alors pourquoi toujours ce même trouble. « Je vais à la conférence de presse, mon père m'attend. Tu sais, pour... » Pour notre retour. James devait se régaler, ce matin là. Il devait achever le public à grands coups de pathos et d'histoires terribles de l'île. Exposer son fils, en faire une mascotte. Des histoires qui resteront tues, aucun rescapé ne prendra le risque de raconter quoi que ce soit. Mais soit. Il avait dit qu'il s'y rendrait. Ça semble plutôt compromis, d'un coup. « Mais, on pensait tous que t'étais resté là-bas. » les noms ont du mal à sortir. Pas aussi près de tant d'oreilles susceptibles d'absorber ses propos par erreur. Alors la voix se fait plus basse avant de continuer. « Je ne t'ai pas vu, sur le bateau. Alors toi, comment t'es arrivé là ? » Je suis paumé Jason. Je comprends rien. Plus rien. Ça semble trop d'un coup à réaliser. À intégrer.

Parce que j'y croyais plus.






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Message(#) Sujet: Re: scars remind us the past was real. (gabjaz) Sam 4 Avr - 10:37

Parce qu’il y a toujours de l’espoir.
 
Même quand toute étincelle, toute chaleur, semble avoir perdu sa lumière. Même dans les moments les plus sombres de ta vie, il reste un espoir. A défaut d’avoir tout perdu sur l’île, je m’étais rendu compte que les miracles existaient. Sinon, personne ne serait venu nous chercher, alors que nous étions destinés à crever là, abandonnés, seuls à plusieurs, sur une île paumée au milieu du Pacifique. Quel sort funeste, ne trouvez-vous pas ? Mais la Nature, ou peut-être le destin, en avait décidé autrement. Et c’est après toutes ces années passées à apprivoiser un bout de continent vierge que nous devions de nouveau nous adapter à la vie réelle. Métro boulot dodo. Et recommencer le lendemain. Récupérer sa routine, retrouver ses connaissances, ses proches. J’avais malgré tout cette insatiable impression d’être seul. Paumé, au milieu de cette foule qui de toute évidence ne comprendrait jamais ce que j’ai vécu, qui compatirait sans réelle compassion. Et comment pourrais-je leur en vouloir ? Je n’ai envie d’en parler à personne, me livrer ne ferait qu’accroître ce sentiment de solitude face à l’incompréhension des autres. Jamais je n’aurais pensé que cette expérience pourrait devenir un fardeau, un boulet invisible à traîner, suspendu à mon cœur. Tous ces visages, inexpressifs, étrangers, ne se tracassaient que de leurs petits tracas personnels et j’aimais cette sensation de n’être qu’un parmi d’autres. Sauf que le fait de retrouver Gabriel nous ramenait à être deux étrangers parmi d’autres. Parce que nous avions connu la même souffrance de se sentir coincé sans rien pouvoir y faire, parce qu’il savait ce que c’était, la vie là-bas. Parce qu’il avait été à mes côtés, un moment.
 
Plus qu’un frère, pire qu’un ennemi, pas un ami. Nous n’avions jamais réussi à définir clairement ce qui nous liait. Mais nous savions, là quelque part dans le fond, que pour une raison ou une autre nous devions être proches. Ça m’avait beaucoup perturbé, à l’époque. Aujourd’hui, je me fiche de tout ça, je suis juste content de voir sa tête, un connu parmi les inconnus. Quelqu’un qui sait, tout simplement. Imaginez le choc de le retrouver, lui, dans ce métro à cette heure. « Euh, je… y’avait pas de taxis. », dit-il. On aurait dit une conversation normale entre deux personnes qui se croisent souvent, c’était sûrement dû à la gêne, à la surprise. J’aurais aimé être dans une bulle, effacer tous les gens autour pour pouvoir discuter tranquillement avec lui, sans être obligés de parler en sous-entendus, en faisant attention à ne pas éveiller les soupçons des autres. J’esquisse un léger sourire, allez savoir pourquoi c’est pas plus mal qu’il n’ait pas trouvé de taxi. Contre toute attente, je me sens bien, j’ai l’impression de ne pas avoir vraiment vécu ça depuis mon retour. « Je vais à la conférence de presse, mon père m’attend. Tu sais, pour… » Il n’avait pas besoin de terminer sa phrase, et il ne le fit pas. J’acquiesce juste d’un signe de tête. Oui, Gaby, pour le retour des survivants du célèbre crash du vol 607. Je ne le sais que trop bien, hélas. Je suis moi-même persécuté par nombre de journalistes – la plupart en rapport avec la mode – mais je ne suis pas prêt à parler de tout ça. Pas encore. Et j’ignore si je raconterai tout un jour, ça m’étonnerait fort. Mais j’attends, j’écoute les reportages et je suis l’actualité. Par curiosité, plus, pour voir lesquels de mes anciens congénères avait eu la même chance que moi. Je relève le regard pour trouver celui de Gabriel. « La presse. J’avais presque oublié. » Oublié à quel point elle pouvait être garce. Espionner, traquer, filer, interroger, harceler, persécuter, pour la moindre bribe d’informations. Tu ne vas pas tout leur dire, hein Gaby, dis-moi que tu ne le feras pas. Je ne tiens pas à devenir la coqueluche des citoyens, je veux juste retrouver une vie normale. Autant qu’elle puisse l’être après ça, s’entend.  
 
Et qu’elle le sera après cet échange. « Mais, on pensait tous que t’étais resté là-bas. » Je fais non d’un timide signe de tête, baissant les yeux. Tellement de personnes n’ont pas pu être sauvées. Il reprend d’une voix plus basse : « Je ne t’ai pas vu, sur le bateau. Alors toi, comment t’es arrivé là ? » C’était une question que je m’étais posée en le voyant, mais visiblement il était également sur le bateau. Y avait-il eu deux bateaux ? Je n’en sais fichtrement rien. Je hausse les épaules, ne sachant finalement pas trop quoi répondre. « J’y étais aussi. » fis-je simplement. Quant à la raison pour laquelle nous ne nous étions pas croisés, elle m’était encore inconnue. Puis je me rappelle avoir parlé avec un homme, sur le bateau, un médecin, qui m’avait donné un calmant parce que j’avais soi-disant un comportement totalement désorienté. Comprenez que quand j’ai vu un bateau arriver au loin, j’ai cru halluciner. Que j’avais mangé une herbe ou un champignon hallucinogène et que ce que je voyais était faux. Quand j’y repense, c’était peut-être le cas. « J’ai passé les trois quarts du voyage à dormir, j’étais… mal. » C’était la seule réponse qu’il aurait, pour l’instant. Il y a trop de monde autour de nous pour que nous parlions sincèrement et ouvertement, je crois. Quitter l’île revenait aussi pour moi à dire adieu à Samy et à notre enfant, une bonne fois pour toutes. Tant que j’y étais, c’était comme si leur esprit habitait toujours les lieux, vivait avec moi. Désormais, plus rien ne me rattachait à elles, rien d’autre que mes propres souvenirs. Que faire maintenant ? Retrouver sa famille, ses parents, et leur apprendre que leur chère petite Samantha Hendrix a eu le plaisir d’être mère avant de connaître un décès dans d’atroces souffrances ? Génial, le tableau. Je repense tout à coup à la presse, qui n’attend que des aveux. Je pose mes prunelles sur le blond en face de moi, et murmure. « Tu comptes leur dire quoi, à tous ces gens ? » Oui, je suis curieux. Et j’ai pas que ça comme questions dans ma poche, mon petit. Alors, je m’en tape, j’y vais franco. « Si on sort à la prochaine station, ça te mettra en retard ? » Le Jason de New York n’a pas peur, il n’a plus rien à perdre, et tout à gagner. J’ai envie de le questionner sur tout, son retour, comment il vit ça, comment il va, que fait-il de sa vie… et puis, comment va Millie, que je n’ai pas revue depuis tout ce temps. Bref, des millions de questions. 


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Message(#) Sujet: Re: scars remind us the past was real. (gabjaz) Dim 5 Avr - 2:14

Difficile d'oublier la presse pourtant, Jay. Ne me dis pas qu'ils t'ont laissé en paix, toi ? Lui vit un enfer depuis des semaines. Comme tous les autres, il pense, même si à vrai dire il ne sait pas trop. Il évite les infos, les journaux, tout support susceptible de parler du sauvetage. Il veut lui demander mais se retient. La peur d'être entendu lui scelle les lèvres. Elle l'empêche de citer Millie. De citer n'importe quel nom qui pourrait attirer l'attention des autres voyageurs sur eux. C'est absurde, frustrant. Rageant. Moins absurde cependant que le fait d'avoir une conversation dans un métro bondé avec Jason. Ça lui paraît tellement improbable. Jamais de sa vie il n'aurait cru ça possible. Même avec tous les espoirs qu'il avait pu avoir là-bas, sur l'île, d'un hypothétique retour à la vie New-Yorkaise, il n'aurait jamais osé imaginer une telle situation. Difficile de se projeter en même temps, quand on est perdu si loin de la civilisation pendant si longtemps. C'est ce qu'il a trouvé si dur, aussi : avoir de nouveau la possibilité de voir plus loin que demain. De prévoir des choses à faire, même des choses futiles. Et réaliser que tout est possible. C'est comme réapprendre à marcher après avoir été paralysé des années durant. On sait qu'on y arrivera, mais le temps d'adaptation est long. Comment en est-on arrivés là, dis-moi ? Le retour en bateau. L'immersion dans nos vies d'avant. Jason lui soutient qu'il s'y trouvait, sur ce bateau. Il fronce les sourcils, jette un regard à côté de lui. Surprend le regard vaguement intéressé d'une dame minuscule à côté d'eux, qui finit par se détourner. « On t'a cherché, pourtant. Plusieurs fois. » fait-il. « J’ai passé les trois quarts du voyage à dormir, j’étais… mal. » Gabriel pince les lèvres, signifie d'un regard qu'il a compris, qu'il attendra pour plus d'explications s'il le faut. Il ne demandera aucun détail ici, de toute façon. « Ouais, la traversée n'a pas été de tout repos pour moi non plus. » Sans parler du retour brutal à la réalité. En quittant l'île, Gabriel avait été plutôt certain de faire ce qu'il fallait. Il aurait vendu son âme pour pouvoir partir. Sans rire. Il n'avait pas réellement réfléchi aux conséquences. À comment tout ça allait se passer. Encore une fois, il ne s'était pas du tout projeté. Il aurait du y penser un minimum. Maintenant, il subit. « Enfin c'était quand même plus tranquille que maintenant. Ils n'arrêtent pas depuis qu'on est là, c'est... fatiguant. » Ils, eux, les journalistes, les anciens amis, tous ceux qui veulent savoir et qui cherchent à avoir des réponses. En demandant directement ou par des moyens détournés. En vous décryptant du regard comme s'ils allaient comprendre d'un coup d’œil ce que vous avez bien pu vivre là-bas. Fatiguant est un mot bien faible comparé à la lassitude qu'il ressent face à ces agressions quotidiennes. Tout ce qu'il demande c'est qu'on lui foute la paix. Qu'on le laisse tranquille, qu'on le laisse se réadapter. C'est quand même pas compliqué. « Tu comptes leur dire quoi, à tous ces gens ? » Il relève les yeux, hausse les épaules. « Rien. J'ai rien à leur dire. Même s'ils ont tous l'air de penser le contraire. » Sacrifier leur curiosité pour se protéger. Leurs papiers valent moins que sa santé mentale. Tu leur dirais quoi toi ?

« Si on sort à la prochaine station, ça te mettra en retard ? » Vague sourire. Il secoue la tête, lui signifie même qu'il serait plutôt ravi de sortir. « Je le suis déjà. » Et puis il étouffe Gabriel, au milieu de tous ces badauds obnubilés par leur routine. Alors il accepte de quitter la rame à la prochaine station, au diable la conférence. Au diable le retard monstrueux, voir même l'absence. Parce qu'en fin de compte il ne s'y rendra pas, à ce meeting à deux balles. Il le sait parfaitement. Ce n'était pas les raisons qui manquaient déjà, mais celle-ci vaut bien plus que toute autre : Jason. « Ou tu comptes aller, en fait ? » La banalité de sa question manque presque de le faire sourire. Rien n'a jamais paru banal, lorsqu'ils étaient ensemble. Cette rencontre semble à la fois correspondre à leur schéma habituel (hors des sentiers battus) et curieusement normale. En y pensant, c'était exactement le genre de chose qu'il avait l'habitude de faire, avant le crash, avant que tout ça n'arrive ; retrouver un ami, prendre le métro et passer la journée à flâner. C'est tout ce qu'il demande pour aujourd'hui, en fin de compte. Le train finit par ralentir, s'immobilise devant une nouvelle vague de gens pressés de prendre leurs places. Il la leur laisse avec plaisir, et sort en se faufilant entre les eux. Puis se tourne vers Jason, sans trop savoir ce qu'il compte faire maintenant. Lui s'en fiche pas mal. Même le téléphone qui se remet à vibrer violemment dans sa poche à l'approche de la sortie le laisse de marbre. Il scrute le visage de Jason, tente encore péniblement de se faire à sa présence aussi douce qu'impromptue. L'air extérieur l'apaise, le détend. S'éloigner de la masse lui fait du bien, et il se sent enfin libre de parler comme il le souhaite. « Qu'est-ce que tu deviens, Jason ? » demande-t-il, sans préambule. Comment tu vas. Est-ce que tu survis, comme nous. Est-ce que t'y arrives, mieux que les autres, ou moins, ou pareil. « Ça fait des semaines qu'on est revenus. Comment tu t'en sors ? » Les mots sortent d'une manière plus fluide, une fois dehors. Il a l'impression de respirer pour la première fois depuis longtemps, et de redécouvrir cet homme qu'il n'a connu que dans un contexte bien particulier, après tout. C'est curieux de se sentir aussi détaché de lui, et en même temps aussi concerné par lui. En y repensant, la dernière réelle conversation qu'ils ont eu avait été loin d'être aussi naturelle que celle-ci. Gabriel l'avait quitté en ne sachant pas s'il allait le revoir, ni dans quel état d'esprit. Il ne savait tout bonnement plus où il en était, perdu au milieu d'un océan de doutes et de questions. Aujourd'hui, il admet aborder Jason avec plus de sérénité, moins d'appréhension. Ses questions n'ont plus lieu d'être, il n'y a qu'à voir à quel point il se sent mieux en l'ayant retrouvé après des semaines à penser qu'il était resté sur l'île. Le téléphone vibre de nouveau, l'arrachant un moment à son interlocuteur. James. Il écrase le bouton rouge du bout du doigt. Foutue technologie. C'est ce qui lui manque le plus, ici : la tranquillité. Il s'excuse d'un regard, lui signifie qu'il n'a rien perdu de ce qu'il disait.






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Message(#) Sujet: Re: scars remind us the past was real. (gabjaz) Mer 8 Avr - 20:16

Si on m’avait dit que j’allais faire la conversation à un – ex – habitant de l’Île en prenant le métro ce matin, jamais je ne l’aurais cru. C’est hallucinant de voir combien certaines coïncidences peuvent être fortes. Moi qui me croyais le seul étranger parmi la foule, quelle ne fut pas ma surprise de remarquer qu’un autre individu dépareillait. Un peu comme si nous portions une marque invisible sur le visage, et reconnaissable uniquement par ceux qui savent. Ceux qui, comme Gabriel, comme moi, s’en sont tirés. Vivre, survivre. La loi du plus fort et toutes ces choses. Pour ne plus penser aux autres, à ceux qui n’ont pas eu notre chance. Jusqu’à maintenant j’avais espéré que les personnes auxquelles je tenais avaient connu le même destin que moi, et j’étais comme soulagé que ce fut le cas du jeune blond qui me fixait. Désormais, peu importe la rancœur ou le dégoût, ou n’importe quelle sensation négative qu’il avait pu me faire ressentir. J’ai plein de questions, pleins de paroles qui restent coincées dans ma gorge. Par crainte d’être entendu, par négligence envers les autres. Le monde n’a pas besoin de savoir comment ont survécu quelques jeunes personnes sur une île – presque -  déserte. Nous l’avions fait, c’est tout. D’autres ne s’en seraient pas tiré plus mal. Quand on a plus le choix, on fait avec. Le trajet du retour, du grand sauvetage, n’avait pas fait exception au désastre, et visiblement c’était aussi le cas de Gabriel. « Ouais, la traversée n’a pas été de tout repos pour moi non plus. Enfin, c’était quand même plus tranquille que maintenant. Ils n’arrêtent pas depuis qu’on est là, c’est… fatiguant. » Et il ne croit pas si bien dire. C’est vrai que t’as l’air fatigué, Gaby, c’est l’heure trop matinale ou la cuite que tu as prise hier soir qui te fait cet effet ? Ou les deux ? « Tu peux pas savoir comme je compatis. » je dis simplement. Et pour cause, chaque jour se révèle pour moi être un nouveau défi à relever, celui de passer une journée au calme, de sortir de chez moi en toute discrétion sans me faire remarquer. Mes lèvres se pincent, je jette un œil autour de nous. Les gens sont tellement ancrés dans leur routine. Je repose mes prunelles sur le blond, ma voix se fait plus basse. « Nous sommes le nouveau phénomène de mode. Ça passera. », dis-je, pourtant sans grande conviction.
 
Ce genre de catastrophe d’envergure mondiale, tout le monde va s’en souvenir, nous les premiers. Mais les rescapés du vol 607 et de cette Île infernale ont été fraîchement retrouvés, c’est normal que les médias en fassent tout un foin. Comme ils avaient sûrement dû le faire, avec nos amis ou nos familles, quand notre avion avait disparu. Et regardez, avant notre retour sur la terre ferme plus personne ne se souciait de nous. La presse s’est nourrie d’autres aventures à raconter au peuple. Faire partie de ce divertissement gratuit ne m’intéresse pas du tout. C’est comme jouer dans le tome deux d’un film dont le premier a été l’un des plus grands best seller de tous les temps. « Rien. J’ai rien à leur dire. Même s’ils ont tous l’air de penser le contraire. » J’acquiesce, je n’ajoute rien de plus. Il a tellement raison. Ces gens s’attendent à ce que nous vidions notre sac. Sauf que quand ton avion se crashe à plusieurs centaines de kilomètres heure, ton sac, il est foutu. Déchiré, fracassé, vidé, perdu.  Pourtant, faire du vide dans ma tête me ferait tellement de bien. « Où tu comptes aller ? » La question de Gabriel me fait sourire. Nous pouvons aller où nous voulons, tant que cela n’implique pas de reprendre l’avion. C’est encore trop tôt, je ne suis pas prêt à reprendre le risque. « N’importe où. Loin d’ici, de la foule. » Prétentieux Jason se sent différent, n’aime pas se mêler à la plèbe.  Contrairement à avant. Bain de foule à gogo. Mais ça, c’était avant. Je regarde autour de moi toutes ces personnes qui scrutent leurs pieds, jouent avec leurs cheveux ou les fils de leur foulard. Le wagon ralentit, des gens se lèvent de leur place assise, et nous nous rapprochons tous les deux de la sortie avant de descendre du métro. Sans savoir où on va, sans savoir ce que nous allions faire maintenant. Juste parce que je ne peux pas me rendre à un entretien pour du travail, plus maintenant. Ça attendra. « Qu’est-ce que tu deviens, Jason ? ça fait des semaines qu’on est revenus. Comment tu t’en sors ? » Gabriel prend son tour de parole et commence la réelle discussion, sans sous-entendus, sans oreilles indiscrètes. « Disons que je n’aurais pas pensé que ça serait… comme ça. » Pour ne pas dire aussi difficile. « En fait, je me suis imaginé tellement de fois à quoi ressemblerait mon retour… Et maintenant que c’est fait, que c’est arrivé contre toute attente, ben je me rends compte qu’il y a une variable que j’avais pas pris en compte. » Je sais pas dans quel monologue je suis en train de me lancer, mais faites que ça cesse. On m’a juste demandé comment je vais, je ne suis pas assis dans le canapé feutré d’un grand psychologue. Pour argumenter ma dernière phrase, je dessine des petits ronds dans l’air près de ma tête. Les souvenirs, voilà ce qui m’empêche de profiter pleinement de ce retour aux sources tant attendu, tant espéré. Et tant désespéré. « Comment tu le vis, toi ? » Je suis impatient de savoir. Dis-moi tout, Gabriel, dis-moi que tu vas bien et que tu es heureux. Ça en fera au moins un. « T’étais tout seul ? Je veux dire, pendant le… » Je n’arrive pas à dire sauvetage. Comme si c’était le mot le plus utilisé des réseaux internet ces derniers temps, mot devant lequel on place de nos jours un hashtag. « Millie était avec toi ?  » Je finis par demander. Dis-moi qu’elle l’était. Pitié. Ça peut paraître étrange de demander ça à Gabriel, compte tenu du passé qui nous relie, lui, Millie, et moi. Mais j’ai tellement besoin de savoir. Je sens des picotements dans le bout de mes doigts. Je trépigne. Maintenant que j’ai posé la question, j’ai peur de la réponse. Peur qu’elle soit négative, ou pire, qu’il ne sache rien. Ce calvaire dure une demi-seconde, celle qui permet au blondinet de reprendre son souffle pour me répondre. 


JAZ ×  what doesn't kill you, makes you stronger ;
Na na na that that don't kill me can only make me stronger, I need you to hurry up now, 'cause I can't wait much longer ×   by lizzou. 

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Message(#) Sujet: Re: scars remind us the past was real. (gabjaz)

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