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Message(#) Sujet: There is no past that we can bring back by longing for it ⁓ Susie Mer 18 Mar - 3:28




« Nous n’avons pas le temps de prendre notre temps.
Fini de folâtrer, finis les loisirs, finis les beaux jours, finis les gueuletons, fini votre strip-tease. Fini.
Vous avez laissé les choses traîner jusqu’au dernier moment, nous n’avons plus de moment à perdre, évidemment puisque c’est le dernier. Nous avons quelques instants pour faire ce qui aurait dû être fait pendant des années, des années et des années. »


Avant l’île, je n’avais jamais passé plus d’une semaine sans une planche de surf. C’était ma source d’adrénaline, ma drogue quotidienne… et je n’y avais plus accès. Je me prenais souvent à contempler l’horizon en silence. Cette grande étendue sans limite, et ses vagues qui m’appelaient toujours. Tout ce temps passé loin de la civilisation aurait du m’aider à penser à autre chose, mais je n’y arrivais pas.

« Il arrive que l'on fasse un rêve. On s'y prend, on y croit, on l'aime. Le matin, en ouvrant les yeux, deux mondes s'entremêlent encore. Les visages de la nuit s'estompent dans la clarté. On voudrait se souvenir, on voudrait les retenir. Ils glissent entre vos mains, la réalité brutale du jour les rejette. De quoi ai-je rêvé se dit-on? Que se passait-il? Qu'est-ce que je disais et que me disait-on? On se retrouve avec le regret imprécis de toutes ces choses qui furent ou qui semblaient avoir été. On ne sait plus ce qu'il y avait autour de soi. On se sait plus." »


C’était une farce terrible qu’on nous avait joué : nous offrir l’espoir de retrouver nos proches, et nous l’enlever presque aussitôt. Pourtant, je n’avais pas peur. Je me sentais protégé, enveloppé par quelque chose qui me rendait éternellement optimiste. J’avais échappé par miracles à tous les drames, et je n’avais jamais eu à me remettre en question. Je ressentais une certaine clairvoyance qui me rappelait qu’il fallait vivre avec la conscience de son destin. J’avais passé ma vie à chasser les vagues et maintenant, je me retrouvais de l’autre côté, la main crispée sur une poignée de sable. Et malgré tous les dangers de l’île, je me sentais intouchable. J’étais un électron libre qui trouverait toujours son chemin. Et j’essayais de transmettre cette énergie aux autres survivants. Je n’avais pas peur de l’inconnu, ni même de la mort. Je n’étais pas un intellectuel, j’étais un intuitif.

« On joue comme des fous avec le temps qui passe. Et le voilà passé. Nous avons relégué la sagesse dans les nuages. »


La nuit, mes yeux étaient rivés vers les étoiles, et c’était le seul moment ou je pouvais rester immobile, calme, pensif. Une fois le soleil levé, j’avais besoin d’être constamment actif : je m’ennuyais facilement. C’est peut-être pour ça que j’étais souvent la ‘grande personne’ préférée des enfants… J’étais exactement comme eux. Je préférais les sourires honnêtes de ceux qui ne se prennent pas au sérieux. Les compétitions amenaient plein de petits fans de surf, et j’avais toujours la patience de jouer avec eux, de répondre à leur questions, faire des dédicaces… J’avais donné quelques cours à des jeunes, et j’adorais transmettre ma passion à toutes les générations. Ce trait de caractère m’avait suivi ici, et je n’avais pas hésité à le mettre à profit : j’avais l’art de créer des jeux avec n’importe quoi, ce qui était plutôt utile en étant coincé sur une île, sans magasins de jouets à l’horizon. J’étais donc devenu l’option garderie pour certains survivants qui avaient des enfants en bas âge. J’avais de l’énergie à revendre, un cœur en or et puis, je m’entendais toujours bien avec ses petits gosses. S’il y a bien une chose que je voulais dans la vie, c’était avoir des enfants. Mais mon attitude avec les filles pour l’instant était disons… peu axée sur le long terme. Et puis, je préférais de loin les sensations fortes et ne faire qu’un avec l’océan. Alors devenir père…c’était pas pour tout de suite. Mais ça ne m’empêchait pas de m’occuper des enfants des autres sur l’île : leur parents avaient souvent bien besoin de souffler.

Il y avait tant à faire pour survivre, et les enfants demandaient une attention constante. Moi, je me portais souvent volontaire pour les emmener pêcher, leur apprendre à nager, ou tout simplement les occuper avec des châteaux de sables et des chasses au trésor. Me sentir utile, c’était une de mes astuces pour ne pas ressentir le désespoir d’être coincé ici. Non, je ne pouvais pas rester à rien faire bien longtemps, ou mes pensées finissaient par tourner en rond, avec les mêmes questions incessantes : est-ce que ma famille savait que j’étais toujours en vie ? Est-ce qu’ils allaient bien ? Est-ce qu’on allait enfin revenir nous chercher ? Ces questionnements insupportables qui revenaient sans cesse. Dans un sens, j’enviais ceux qui avaient leurs proches sur l’île avec eux. C’était une chance de pouvoir se réveiller à côté des personnes qu’on aime.

« Je m'arrangerai avec la solitude. »


L’île m’avait forcé à repousser mes limites, et je m’étais découvert une volonté inépuisable. J’avais enfin échappé au monde des sponsors, des interviews, et du matériel. J’avais toujours suivi le mouvement sans me poser de questions, car la seule chose qui m’intéressait, c’était d’être libre. Je n’aimais pas la célébrité, et je n’aimais pas avoir de comptes à rendre… alors j’avais fini par me lasser de tout ce cirque autour du surf professionnel, et j’avais souhaité revenir à un mode de vie simple, comme dans mon enfance. A croire que j’avais souhaité ça un peu trop fort… et que mon vœu avait été exaucé. J’aurai du préciser que je voulais la paix, certes, mais que j’aurai bien aimé qu’on inclue une planche de surf et un petit bout de civilisation. Et surtout, la paix sans une bande de psychopathes qui essayent de tuer ou kidnapper tout le monde.

Enfin ! J’étais en train de me perdre dans mes pensées, affalé dans le sable, avant qu’une petite main ne vienne s’écraser sur mon visage pour me faire revenir à la réalité. Je savais pertinemment d’où cela venait, et ne tardait pas à entendre un petit rire enfantin, venant de la petite Alina qui semblait trouver ça très drôle de m’embêter. J’avais proposé à Susie de m’occuper de son aînée pour l’après-midi, et nous l’avions passé à ramasser des coquillages, après avoir pêché quelques poissons. J’avais d’ailleurs découvert que ce n’est pas facile d’apprendre la patience à une aussi petite fille. Elle semblait bien plus intéressée par les appâts que par le fait de rester au bord de l’eau à attendre, et c’était bien compréhensible. Alors, ça c’était fini en château de sable pour la princesse des coquillages. Si j’avais su que je passerais des journées sur une île à jouer aux contes de fée et à faire des voix dignes d’un Walt Disney… je n’y aurai jamais cru. En tant que survivant qui se respecte, c’était pas très crédible. Après de longues histoires de licornes, dragons, fées et j’en passe, j’avais laissé la petite jouer non loin de moi, en attendant que le soleil ne se couche. La fin de journée se faisait sentir, et il était donc temps de ramener à sa mère. La petite était toujours morte de rire, ce qui me fait sourire à mon tour.

- Allez viens, il est temps d’aller retrouver ta maman.

Alina fit mine de ne pas vouloir l’espace d’une seconde, mais ne réussit pas à garder son sérieux et continua à rire en me prenant la main. Nous n’étions pas très loin du campement de Susie, il valait mieux ne pas trop s’éloigner les uns des autres, au cas ou quelque chose de grave devait arriver. Quelques minutes plus tard, la petite repéra sa mère et couru dans ses bras avec le plus beau des sourires. Je la regardais s’éloigner, me demandant la tête qu’aurait eu ma fille, si j’en avais eu une.


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ADMIN Crazy. × It's only the beginning ღ ❞

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Message(#) Sujet: Re: There is no past that we can bring back by longing for it ⁓ Susie Jeu 26 Mar - 12:38

❝ Susie & Taj ❞
❈ there is no past that we can bring back by longing for it.
Avant l'île, Susie était déjà une maman à temps plein. Elle s'occupait même que de ses deux petites filles, Alina et Eileen, du matin jusqu'au soir, et ça lui suffisait. Elle aimait passer des moments avec elles. Et le moment qu'elle préférait parmi ceux-là était surement - sans le moindre doute - le moment du goûter, notamment que Alina rentrait de la petite école. Elle était toujours super contente de retrouver sa maman, et elle venait à chaque fois lui raconter sa journée, ce qu'elle avait fait avec ses petits copains de son âge. C'est trop mignon de voir comment ils parlent les uns des autres quand ils sont petits. Susie était une une vraie maman-poule. Néanmoins, la journée, elle savait aussi s'occuper. Elle aimait prendre le temps de faire la cuisine - oh oui, elle adorait cuisiner. Parfois, c'était une chose qui lui manquait sur l'île, alors elle s'était un peu consolée en s'occupant de la réserve de nourriture. Elle aimait également prendre le temps de s'occuper d'elle. Aller faire un bon footing dans le grand Central Park, ou participer à un cours de yoga avec ses amies. Elle aimait encore plus prendre le temps de s'occuper de sa maison, surtout y faire le ménage, bien évidemment. Avant de partir pour Tokyo, elle s'était d'ailleurs engageait à redécorer chaque pièce de leur intérieur - une chose qu'elle n'aura probablement jamais l'occasion de finir. Malgré son jeune âge, Susie était une vraie ménagère à l'époque. Elle aimait aussi prendre le temps de se retrouver avec son mari. De passer des moments rien que tous les deux pour se retrouver, sans les filles. Susie était une épouse loyale. C'était une vie parfaite, dans un monde parfait. Oui, elle avait tout ça dans le temps... Est-ce qu'aujourd'hui elle pouvait en dire autant ? Bien des choses avaient changés. Tout semblait plus facile à New-York que sur cette maudite île perdue. Pourtant, elle avait essayé de tout gérer. Au départ, tout avait l'air de bien se faire. Elle était encore vivante, toute sa famille était encore en vie également, ça 'avait pas de prix. Aussi, ils avaient une habitation solide, de la nourriture et même un job au bout d'u moment. Tout allait bien. Susie avait même eu un troisième enfant dans un tel environnement, une autre petite fille. Malgré les épreuves, la vie semblait continuer à tout lui réussir... Puis ça c'était compliqué. Ces derniers temps, elle ne savait plus trop où elle en était. Son mariage battait un peu de l'aile. Elle avait l'impression que son mari s'éloignait d'elle de jour en jour. Elle se laissait également vite submerger avec les filles. En fait, elle ne savait pas ce qui n'avait pas marché, à quel moment ça avait doc tant cessé de fonctionner. Peut-être qu'en fait ça venait-elle, peut-être qu'elle avait tout simplement changé, qu'elle n'était plus la même femme qu'autrefois. Peut-être simplement qu'elle avait perdu une partie de elle-même dans le crash, sas qu'elle s'en soit rendue compte tout de suite. Elle se rappelait qu'au début, les quelques jours qui avaient suivi l'accident, ça n'avait pas été facile. Il avait fallu partir de rien du tout, s'organiser dans un endroit inconnu, s'adapter à ce nouveau milieu, et tout ça, sans la moindre civilisation. Ça avait été dur, mais en y repensant aujourd'hui, Susie se disait que ce n'était rien à qu'côté de ce qu'ils avaient vécu par la suite. La découverte des hostiles, ces personnes sans cœur qui prennent un malin plaisir à faire souffrir des personnes innocentes. ou encore ces amazones, de magnifiques créatures qui restent cachées dans l'ombre mais pas sans défense. Et enfin, ces originaires qui auraient pu venir les aider quand on avait eu besoin d'eux, mais qu'au lieu de cela, ils les ont surveillés, voire kidnappés et torturés. Susie avait la sensation que le pire était toujours à venir. Qui sait ce que l'avenir leur réservait encore ? Pendant un moment, elle avait perdu tout espoir. Quand il y a eu ce paquebot pour les secourir, et qu'elle n'a finalement pas pu obtenir de place pour sa famille et elle, les obligeant à rester ici, ce fut atroce... Pour autant, aujourd'hui, elle savait pourquoi elle se battait, et c'est peut-être ça qui la faisait tenir encore, qui la faisait garder espoir à nouveau. Un espoir qu'un jour elle retrouverait enfin la paix et un quotidien paisible, même si ça devait être ici pour toujours.

Enfin, une chose qu'elle avait appris sur cette île, c'est qu'il ne fallait pas refuser un peu d'aide. Il y avait, certes, des personnes malfaisantes en ces lieux, mais il y avait aussi des personnes sur qui on pouvait compter. Taj en faisait sans aucun doute partie. Susie ne savait pas comment elle pourrait suffisamment le remercier de bien vouloir s'occuper volontiers de ses filles, de temps en temps. Ça lui facilitait énormément la vie. La jeune Hunprey faisait tout pour être une bonne maman, mais trois gamines qui courent dans vos pattes en criant toute la journée, ce n'est pas toujours évident à gérer, même avec la meilleure volonté du monde. De plus, les petites filles étaient ravies. Ne plus être avec leur mère et sortir un peu de la grotte leur faisait un bien fou. Elles avaient besoin d'aller se défouler dans la foret ou s'amuser sur la plage - le tout sous une surveillance digne de confiance bien sûr. Aujourd'hui ça avait été le tour d'Alina, sa plus grande. Susie savait à quel point la jolie demoiselle appréciait de passer quelques heures avec le jeune Kappa. Elle le trouvait marrant, et c'était rare de trouver, en ces temps de guerre qui régnait sur l'île, de grandes personnes qui prenaient la peine de porter un peu d'attention aux enfants de l'île, et qui plus est, pas les leurs. Susie était justement à l’extérieur de chez elle, quand elle aperçut la blondinette revenir vers elle en courant, un grand sourire qui lui montait jusqu'aux oreilles. Une fois qu'elle fut à sa hauteur, l'enfant lui sauta dans les bras. Susie la serra fort contre elle. Susie ⊹ ça va mon cœur ? tu t'es bien amusée avec taj ? En réalité, Susie n'aurait même pas eu la peine de poser la question, car elle savait déjà la réponse qu'allait lui donner Alina. Elle porta alors son regard vers Taj, qui était resté à l'écart. Elle fit alors un signe de la main, afin de l’inciter à se rapprocher, avant qu'il ne reparte. Susie ⊹ hey attend ! tu veux peut-être venir boire un verre d'eau ou manger quelque chose ? dit-elle d'une voix assez élevée, pour que l'homme puisse l'entendre de là où il se trouvait. Ce n'était pas grand chose, mais la jeune maman voulait faire un petit geste en retour, pour témoigner la reconnaissance qu'elle avait en son égard. C'était peut-être rien pour lui, mais ça comptait beaucoup pour elle.



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