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Message(#) Sujet: Thrill Me, Kill Me or... Kiss Me ? {Lahas <3 } Mar 20 Jan - 14:02


Thrill me Kill me or Kiss me  




Les jours passaient et n'en finissaient plus de se ressembler. Ils commençaient par cette agaçante manie qu'avait le soleil de laisser ses fils de lumière venir, pourtant si doucement, m'extirper de ces songes qui avaient peuplé ma nuit pour mieux me ramener à cette réalité qui n'était jamais que duperie et mensonge. Autour de moi la rumeur étouffée de ce camps où je me réveillais, les yeux encore embués de sommeil et cette lueur morne luisant au fond de mes iris. Sur mon visage de poupée rares étaient maintenant les sourires et certains commençaient même à s'inquiéter de cette morosité que je ne semblais plus vouloir quitter. Comme un spectre je me le levais, me traînais jusqu'à ce cours d'eau où je me lavais non sans me désespérer de jamais pouvoir retrouver le confort et la chaleur de ma douche. Comme une marionnette j'enfilais ces vêtements de fortune qui étaient désormais les miens et puis je les rejoignais. Eux qui étaient devenus comme une famille que je feignais d'apprécier et d'aimer mais que je trahissais pourtant un peu plus à chaque jour qui s'écoulait. J'écoutais leurs récits, ces espoirs et secrets qu'ils me confiaient avec candeur et je savais que dès que j'en aurais l'occasion je m'en irais les reporter, les rapporter, à Zacharia et à ce conseil qui n'en feraient jamais que le pire des usages. Je mentais... Je trichais... Mais, au final, à qui mentais-je le plus ? Il m'arrivait bien souvent de me poser la question. De plus en plus fréquemment d'ailleurs. A force d'interpréter ce rôle que j'avais pris tant de plaisir à élaborer avec minutie et application je m'en découvrais aujourd'hui prisonnière. Laura n'existait pas ! Et, pourtant, c'était comme si un peu d'elle avait commencé à déteindre sur moi. Comme si sa sincérité, sa franchise et son humanité s'immisçaient en moi et finissaient par toucher ce cœur que je pensais pourtant bel et bien mort.

Mon cœur... Un soupir d'agacement m'échappa alors que je posais machinalement la main sur ce sein bien froid où je le sentais battre, palpiter de façon mécanique et si sereine. Mon cœur n'était plus le siège de ces émotions que je me refusais à seulement plus éprouver mais un simple organe qui permettait à mon sang d'affluer en mes veines et de me maintenir dans ce semblant de vie que je subissais bien plus que je ne m'en réjouissais. Mais comment l'aurais-je pu ? Comment être heureuse alors que je me retrouvais ainsi seule et perdue au milieu de tous ces êtres qui ne demandaient pas mieux que de m'épauler, de me soutenir et, comble de l'ironie de m'aimer. Ils aimaient Laura peut-être même encore bien plus qu'ils ne pourraient détester Penopoline si jamais ils venaient un jour à devoir la rencontrer. Ils aimaient, veillaient et protégeaient cette muette qu'ils tentaient d'aider à surpasser son traumatisme. Cette horreur qui la plongeait chaque jour un peu plus dans un marasme qui, lui, était réel. Oui, je me sentais décliner, me perdre... mais les raisons étaient bien loin d'être celles que les rescapés imaginaient. Lorsque j'étais arrivée sur cette île de malheur cela avait été avec la rage au ventre et la plus ferme des intentions de mener à bien cette mission qui était tout ce qu'il me restait puisqu'il m'avait clairement signifié que mes rêves ne seraient jamais qu'utopie et que, quoique je pense ou désire, jamais aucun ne se réaliserait. Il ne le voulait pas, le refusait catégoriquement. J'étais née chez les Originaires et dès lors mon destin était scellé. Je leur appartenais... Et, lui et moi, ne serions jamais appelés qu'à nous opposer. Peut-être même nous affronter. Nous étions des ennemis en puissance... Alors pourquoi ne pouvais-je m'empêcher de l'aimer plus encore que je ne le maudissais ?

Lahas... C'était le seul et unique mot que je m'autorisais jamais à prononcer du bout des lèvres et dans un souffle chaud alors que je me savais seule et loin des oreilles indiscrètes qui auraient pu m'entendre. J'aurais du l'oublier, le haïr et ne garder de lui que le plus ambigu des souvenirs. Aimer nos moments heureux et maudire la façon qu'il avait eue de me rejeter, de me renvoyer à cette existence dont je ne voulais pourtant déjà plus. J'aurais du agir ainsi et, sincèrement, j'avais vraiment et de toutes mes forces tenté de le faire. Lahas... Ma vie était tellement parfaite avant que nos routes ne se croisent ! Je savais qui j'étais et ne me préoccupais jamais que des si parfaites futilités de ma si parfaite vie ! Et je n'avais à cœur qu'une chose : faire la fierté des miens ! De ces êtres qu'aujourd'hui je me sentais trahir, eux aussi. Parce que je leur avais menti, par omission certes, mais un mensonge quelle que soit la forme qu'il revêt n'en demeure pas moins un mensonge. Je ne comptais plus même les fois où mes lèvres s'étaient entrouvertes pour leur déverser ces éhontées vérités truquées... Oui, je connaissais cet homme qui travaillait aux champs et sur qui certaines personnes, notamment Butch, se posaient bien des questions. Il s'appelait Lahas et lui et moi étions amis depuis longtemps. Et , tout comme au reste des nôtres, je lui faisais confiance. Au moins n'avais-je pas menti sur la dernière partie de ma phrase... L'ironie étant que l'inverse semblait loin d'être vraie. Il ne me ferait jamais confiance ! Il me l'avait clairement dit, non ? Alors pourquoi me perdre dans une douleur indicible pour cet homme qui m'avait rejetée ? Parce que l'amour ne se choisissait pas, ne se raisonnait pas et, quel enfoiré, ne pouvait jamais que s'endurer. Surtout quand il n'est pas réciproque !

Idiote ! Je n'étais qu'une parfaite idiote ! Ce n'était quand même pas les hommes ou les prétendants qui manquaient ! Et peut-être devrais-je finalement me laisser convaincre par mes parents qui caressaient de plus en plus l'idée de me voir m'unir à un homme de leur choix. Nemo, pour ne pas le nommer, étant leur premier et unique choix. A moins qu'ils ne soient prêts à céder aux sirènes du pouvoir et ne cherchent à m'unir à l'un de ces Hamilton qui leur donnait bien du fil à retordre au sein du Conseil. Mais bien sur... Moi, épouser Zacharia ou Ernst ? Quelle fumisterie ! Pourtant, je le savais, un jour ils me marieraient et, à vrai dire, je n'avais plus aucune raison de m'y opposer. Si encore j'avais pu prétexter être déjà amoureuse d'un autre peut-être cela les aurait-il découragés ? Mais quand bien même cela était vrai je ne pourrais jamais le leur confesser. Parce que cela aurait été trahir Lahas. Et quand bien même il m'avait si rudement éconduite, j'entendais bien ne pas trahir la promesse que je lui avais faite. Celle de toujours protéger ce secret dont je saisissais de mieux en mieux la teneur. Celle de ne jamais lui mentir, à lui. Celle de toujours le protéger, lui. Stupide ! Je suis stupide de me mettre ainsi en danger pour un type qui ne voulait pas de moi ! Lahas... Il me manquait. Viscéralement et douloureusement. Et plus je cherchais à le détester, plus je me maudissais de penser à lui avec cette tendresse dont je ne ms serais jamais cru capable. Lahas... Un autre soupir qui m'échappait alors que je rejoignais sans même m'en apercevoir cette plage jamais déserte. Je secouais mes longues boucles dorées chassant d'un geste machinal toutes ces pensées aussi douloureuses que vaines. Il avait choisi de sortir de me faire sortir de ma vie et j'avais accepté. Plus jamais nous ne nous reverrions. Fin d'une histoire pas même commencée. Dommage mais qu'y pouvais-je ? Rien, et cela me rendait véritablement dingue !

J'entendais les rires de ce petit groupe de jeunes rescapés qui avaient allumé un feu sur un coin de la plage et étaient assis autour tentant de trouver un sens à leur nouvelle existence en se perdant dans une fête étrange où ils voulaient m'inviter à renfort de grands gestes et de cris lancés dans ma direction. Deux d'entre eux se précipitèrent même vers moi et agrippaient déjà mes mains pour mieux me contraindre à sortir de, je les cite, « cette dépression » qui n'avait pas lieu d'être. Notre nouvelle vie était ici et je devais m'y faire, en tirer mon parti. Vraiment ? Si seulement ils savaient ! Si seulement je pouvais le leur hurler ma vérité à moi ! Leur jeter à la face ce qu'était réellement ma vie et les raisons qui me faisaient me noyer ce soir encore ! Mais je n'en fis évidemment rien et m'apprêtais même à me laisser traîner lorsque un cri me fit me figer. Ici tout le monde criait toujours pour une raison ou pour une autre. Mais ce cri là me tétanisa et je sentis mon cœur se serrer en mon sein et louper plus d'un battement avant que de repartir d'une manière furibonde. Le sang qui pulsait sous ma peau et tambourinait à mes tempes alors que j'imitais les autres et tournais mon regard vers cet endroit où une gamine guère plus haute que deux pommes braillait à s'en exploser les poumons et désignait du doigt cette masse sombre portée par l'onde. La lune naissante nimbait de son aura opalescente ce que nous reconnûmes tous comme étant un corps à la dérive.

Ce n'était pas la première fois que l'océan venait nous offrir un corps et, jusque là, j'avais toujours souri intérieurement me demandant simplement si cette-fois nous repêcherions un cadavre à enterrer ou une bouche supplémentaire qu'il nous faudrait nourrir. Cynique, je l'étais devenue et le sort de ces naufragés m'indifférait au plus haut point. Et il ne fallait jamais compter sur moi pour prêter main forte et jouer les naïades altruistes ! Ah ça non ! Pourtant, ce soir-là, je n' hésitais pas même et quittant les jeunes comme interloqués je me défis de mes chaussures et courais jusqu'à cette mer où je me jetais avant que de nager jusqu'à ce corps que le courant ramenait doucement vers la rive. Des voix derrière moi qui hurlaient qu'elles allaient chercher du renfort et des secours. Rien à foutre de ce qu'ils faisaient. Mes bras fendaient l'onde, me rapprochant de cette silhouette que je tremblais presque de reconnaître. Je devais me tromper ! Il le fallait ! Je ne pouvais pas me fier à mon instinct ni à ces émotions qui s'agitaient furieusement en moi ! Non, ce ne pouvait pas... Mon corps qui se figea, comme en suspends, alors que j'atteignais le noyé et le reconnaissais. Lahas ? Vraiment ? Un regard jeté par dessus mon épaule en direction de tous ces êtres qui ne me quittaient pas du regard et dont certains se jetaient à leur tour à l'eau et venaient me rejoindre. Puis un sifflement qui m'échappa alors que je me retrouvais prise dans un bien étrange dilemme : envie de hurler de joie de le voir là et envie, plus viscérale encore, que de noyer celui qui n'échouait certainement pas ici par hasard ! Lui, se noyer ? Lui, atterrir ici comme par enchantement et par le plus pur des hasards ? Bien sur ! J'agrippais son corps et le prenant comme un noyé que l'on entendait sauver je passais ma main autour de lui et commençais à le ramener vers les autres. Mais je ne pus résister à l'envie de me pencher vers lui et de glisser, susurrer au creux de son oreille ces quelques mots

Profites bien de ton sursis le faux noyé ! Et ne t'avises même pas de jamais croiser ma route sur ce camps Lahas ! un soupir et mon souffle chaud qui se perd sur sa nuque alors que je poursuis toujours à mi-voix Tu as voulu que nous soyons des ennemis... Ton arrivée sur cette plage sonne comme une déclaration de guerre ! Alors ne t'avises pas de me trahir sinon tu n'auras pas même besoin de ce genre de mise en scène : je te tuerai ! C'est toi qui a fait de moi ce que je suis devenue... puis, avec une douceur que je ne pus retenir devant son silence, et après avoir bu la tasse tant mon corps amaigri peinait à nous maintenir à flots, je finis Et je te jure que si tu t'avises de seulement crever vraiment je traverserai les neuf cercles de l'enfer et irais défoncer Satan lui-même pour te ramener ! Tu n'as pas le droit de m'abandonner tu m'entends ? Je te l'interdis !

Puis je retombais dans mon mutisme alors que les autres me rejoignaient et me délivraient du poids de ce corps. Laura... Ils m'appelaient Laura et s'inquiétaient enfin de savoir comment allait le faux naufragé. Il vivrait ! Il le fallait ! Et, ensuite, je le tuerai ! Ou pas... Alors que nous rejoignions enfin la plage et son sable fin je m'écroulais dessus et toussais, crachais cette eau que j'avais avalée. Déjà ils parlementaient entre eux, décidant arbitrairement de me laisser seule ici avec le noyé vivant et d'aller chercher un médecin. Une hache, j'aurais voulu leur ordonner de me ramener une hache  Que  je lui coupe la tête ! Mon regard qui se tournait vers ceux qui me donnaient des ordres et me conseillait de lui faire comprendre, s'il se réveillait, que je ne pouvais pas parler. Bah ils n'avaient qu'à pas laisser une muette auprès de lui d'abord ! Mais il semblerait que le sort s'acharnait et ils déguerpirent tous et, une fois encore, Lahas et moi nous retrouvions seuls. Je vins à lui et m'assurais que son pouls était régulier. Evidemment qu'il l'était ! Fichu comédien tiens... Une fois certaine que nous étions seuls et sans plus personne pour m'entendre je me penchais vers lui et caressant ses cheveux détrempés je souris avant que de grimacer et de lui asséner la plus magistrale des gifles. Quoi ? Il fallait bien l'aider à reprendre ses esprits, non ?

Espèce de... Qu'est-ce que tu fous ici ?! puis un baiser donné du bout des lèvres alors que je murmurais tout contre les siennes Tu me manquais Lahas... un grognement alors que je m'éloignais de lui et plissais mes yeux et lui filais une autre gifle   Et t''avises plus jamais de me faire une telle frayeur  Idiot ! J'ai presque cru que tu te noyais vraiment ! Abruti ! J'ai cru que tu étais mort ! Débile ! J'ai eu peur moi !

Paradoxale, moi ? Si peu !

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» Lahas Brody "
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Message(#) Sujet: Re: Thrill Me, Kill Me or... Kiss Me ? {Lahas <3 } Ven 23 Jan - 1:11



Thrill Me, kill me or... Kiss me ?

 
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