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Message(#) Sujet: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 18 Jan - 0:02




Where are you sunshine ?

Son regard est rivé vers le plafond depuis un bon quart d’heure maintenant, peut être même plus. Le temps est une notion bien fugace dont il se préoccupe peu. Il sait qu’il passe bien plus vite que ne le voudraient la plupart des hommes, voilà tout. Allongé sur son lit, il finit par tourner la tête vers la fenêtre dont il laisse toujours les volets ouverts, même la nuit. Une vieille habitude prise depuis gosse qui ne semble pas vouloir le quitter. Etant donné que le bruit des voitures au dehors s’était quelque peu calmé et que le soleil se tient haut dans le ciel, Samuel estime qu’il doit  être près de 11h. Le bruit que fait soudainement son estomac ne fait que le conforter dans cette idée. « Ah m*rde... c’est vrai que je n’ai pas mangé hier soir non plus. »  Trop fatigué pour cuisiner quoi que ce soit après son service du soir, il s’était contenté d’une douche avant d’aller se jeter sur son lit pour très vite s’endormir.
Il s’assoit d’abord, non sans accompagner ses mouvements d’un léger grognement avant de faire craquer sa nuque quelque peu engourdie. La voix de sa mère résonne encore à ses oreilles. "Arrête de faire ça, tu vas finir par te coincer un nerf." Mais il ne l’a jamais écoutée, alors pourquoi le faire maintenant qu’il vit seul. Vêtu d’un simple caleçon il traine des pieds vers le salon qui est directement lié à la cuisine, une petite table faisant office de séparation. C’est le même rituel presque tous les matins : un café noir avec un seul sucre dans un grand mug et un bol de muesli avec du lait d’amande. N’étant pas un grand mangeur, cela lui a toujours convenu au grand dam de sa famille qui lui répétait sans cesse "bois du vrai lait au moins".

Comme toujours lorsqu’il ne sait pas quoi faire de son temps libre, il attrape un crayon, des feuilles de papier et se met à dessiner. La vie du rescapé se résume à cela désormais : travailler, manifester de temps à autres et dessiner encore et toujours, que ce soit de simples dessins ou bien des histoires sous forme de bande dessinées. Samuel n’a jamais été aussi doué que son frère avec les mots ; écrire est un peu trop compliqué, ou tout du moins, il n’a jamais trouvé un de ses textes agréable à lire. Alors il s’est réfugié dans une discipline voisine qui elle lui convenait parfaitement. Un dessin peut signifier beaucoup de choses si l’on se donne la peine d’y réfléchir.
Un bruit aigu résonne tout à coup de l’appartement voisin ; comme de la vaisselle qui se casse. Surpris, Samuel sursaute et trace un trait qui barre son dessin. Il fronce les sourcils et soupire, essaye sans grand résultat de rattraper l’erreur commise tandis qu’il entend le couple se disputer. Ça recommence... Songe-t-il amèrement avant de finalement froisser la feuille dans sa main. A nouveau un verre se brise, et il ne supporte déjà plus le vacarme. Laissant quelques instants ces objets qui donnent un tant soit peu d’intérêt à sa vie, il va s’habiller et attrape son portefeuille qu’il enfoui dans sa poche. Puis il prend son carnet de croquis et son crayon et quitte son appartement en vitesse pour prendre la direction d’un lieu plus calme ; surtout en cette saison.

Samuel adore l’hiver. Pour une raison superficielle d’abord : il peut mettre des bonnets (tout le monde s’entend à dire que ça lui va bien) mais aussi parce que les endroits qu’il fréquente le plus d’habitude sont désertés. Avec le froid les gens préfèrent rester chez eux ou dans un café ; faisant ainsi la joie de leur propriétaire. Lui au contraire en bon marginal qu’il est va se promener, surtout dans des parcs. Il se dirige vers la station de métro la plus proche de son appartement et s’engouffre à l’intérieur comme des milliers de new-yorkais pressés. Il fait soudain plus chaud, et l’odeur de saleté lui donne l’impression de s’infiltrer dans ses poumons mais il ne se découvre pas pour autant, attendant patiemment d’arriver au terminus quelques arrêts plus loin. Il soupire de soulagement lorsqu’il en sort, et, croisant un mendiant lui donne le peu de monnaie qu’il a encore sur lui. « Entre gars rejetés par la société, on se soutient. » lui dit-il avec un sourire avant de poursuivre son chemin. Ce qu’il ne dit pas en revanche, c’est que c’est plutôt lui qui la rejette, pas l’inverse.
Il lui faut quelques minutes de marche pour arriver au Brooklyn bridge park. Mais une fois qu’il passe les grilles il sourit et cherche un endroit où se poser. Toute personne ayant du bon sens se contenterai d’un banc, mais Samuel n’est pas comme tout le monde. Comme s’il cherchait à provoquer quelqu’un, il se dirige vers un arbre et s’assoit à son pied, pressant son dos contre le tronc. Il peut sentir l’écorce à travers le tissu de sa veste. Finalement, il sort son carnet de son sac, son crayon à la main et s’immobilise quelques instants, les yeux perdus dans le vide. Ce n’est que lorsqu’une idée lui vient enfin qu’il finit par rebaisser la tête, sa main s’agitant soudainement alors qu’il commençait à noircir une nouvelle feuille.

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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 18 Jan - 19:30

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Une journée de plus à ne pas être là où il avait envie d’être. C’était étrangement exténuant de se réveiller, jour après jour, dans une position inconfortable. Il se perdait de plus en plus là où il ne devait pas aller, se persuadant que tout allait pour le mieux, que tout était en contrôle. Rien ne l’était vraiment dans un monde où chaque individu avait envie d’avoir son mot à dire sur tout et rien, mais ça, le jeune homme était encore en voie de l’apprendre. Sa matinée avait été d’une banalité presque ennuyante, sa routine se mettant en marche à peine avait-il ouvert les yeux quelques minutes avant que l’alarme de son réveille-matin crie une fois de plus. Le son était toujours plus agressant que nécessaire et le mettait forcément du mauvais pied, il était donc plus qu’heureux de s’en passer.
Il buvait son café, ses doigts faisant descendre la page d’actualité qui s’affichait sur l’écran sur la table de sa cuisine, la télévision projetant ses faibles voix à peine plus loin, parce que ce n’était certainement pas les quelques mètres carrés qu’il payait à tous les mois à un vieux grincheux qui lui permettait de séparer des objets dans différentes pièces. Il avait littéralement deux pièces, une qui servait d’à peu près tout, salon, cuisine, chambre, et puis une assez grande pour contenir une douche, une toilette et, miracle, un comptoir avec un miroir et un robinet. Damyan préférait vivre dans un endroit petit, plutôt qu’un trop cher et il économisait patiemment son argent en attente de pouvoir s’en payer un mieux, sans les désavantages. Son matin continua de se dérouler comme tous les autres. Le soleil se leva, il déjeuna la même chose qu’à l’habitude, termina son café, alla faire un footing, rentra, prit une douche, s’habilla d’un veston et jugea qu’il était prêt pour le reste de sa journée.

Ces derniers temps, le boulot était plus intéressant. Il était passé à travers plusieurs semaines où tout ce qu’il semblait y avoir à couvrir était d’autant plus farfelus, le genre de trucs qui n’a qu’un mince carré dans un coin obscur d’un journal ou d’un site internet quelconque. Mais avec le crash… Ces articles commençaient à être plus intéressants, même si chaque entrevue se révélait plus périlleuse que prévu. Les rescapés étaient terriblement fermés aux journalistes, et il savait bien qu’il n’était pas le seul à se frapper à un mur, mais il avait l’espoir d’être le premier à trouver la clé qui lui permettrait de passer de l’autre côté.
Le soleil se couchait de plus en plus tôt, mais l’obscurité n’était pas chose commune dans cette grande ville qu’était New York. Cette journée-là, le brun n’avait pas vraiment l’impression qu’il arriverait à quoi que ce soit de plus sur ces articles, et s’il se força à mettre un peu d’ordre dans ses papiers, il sortit tout de même beaucoup plus tôt qu’à son habitude. Le soleil commençait sa descente, mais il brillait encore derrière des nuages têtus, laissant le froid s’installer un peu plus. Damyan avait toujours préféré l’hiver à l’été, ignorant vraiment pourquoi, si ce n’était qu’il était toujours un peu plus heureux lorsque tout le monde ne le regardait pas bêtement avec cette joie inconditionnelle que semblait apporter les mois plus doux. Ses doigts frôlaient son téléphone, cherchant, tandis qu’il faisait mine de ne pas savoir exactement sur quel prénom il finirait par s’arrêter.
Il s’arrêta dans un énième café à l’emblème vert, profitant de la chaleur qui en échappait, tandis qu’il tapait un message rapide. J’ai du temps à perdre. Je t’amène un café? Il n’attendit pas de réponse avant de se placer derrière une file qui lui semblait plutôt respectable, considérant que le café était toujours bondé. Tandis que les baristas se pressaient derrière le comptoir, les pensées du brun se dirigeaient vers Samuel, celui dont il attendait la réponse. Il avait été le premier rescapé qu’il avait pu questionner et ça avait été à peu près aussi fructueux que toutes les autres, soit pas du tout. Mais il suffisait d’un regard sur le blond pour savoir qu’il y avait plus derrière son expression toujours tellement fermée.
Damyan avait toujours eu plus d’instinct que beaucoup d’autres personnes, il savait lire les gens et les comprendre plus facilement que la plupart de ses collègues et il était persuadé que ce serait ce qui lui permettrait de percer, de faire finalement la une. Et son instinct lui criait que le blond était sa chance, que s’il jouait bien ses cartes, peut-être bien qu’il découvrirait finalement ce qui était vraiment arrivé sur cette île tellement bien gardée secrète. Il avait été sûr de lui lorsqu’il avait donné son numéro au blond, sachant qu’il le rappellerait, ignorant simplement quand.
Il l’avait d’abord regardé comme s’il était un ennemi, mais il voyait maintenant que ses expressions avaient changé, qu’il commençait à s’ouvrir un peu plus, que chaque fois qu’ils se voyaient, ils se dirigeaient dans la bonne direction. Le jeune homme n’avait jamais eu de scrupules à faire ce qu’il avait à faire pour obtenir ce qu’il voulait et peut-être était-ce la seule raison qui le poussait à agir comme il le faisait, à être horriblement agréable et à ne pas se gêner pour offrir du soutien à celui qui lui avait toujours semblé un peu perdu au fond. Avançant un peu dans la file, il fit un sourire à la jeune femme qui lui disait bonjour, commandant deux grands cafés, un noir avec un sucre, un tout noir, tandis que son téléphone vibrait dans sa poche.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Lun 19 Jan - 22:11




Where are you sunshine ?


Au bout de vingt minutes il sentit ses doigts commencer à s’engourdir. Il n’avait pas pensé à mettre ses gants ; ce qui de toute façon aurait été inutile puisqu’il avait besoin de les enlever pour dessiner. Ses joues avaient légèrement rougi à cause du froid et il capitula quelques secondes, relâchant son crayon pour poser la paume de ses mains contre elles afin de les réchauffer. Il aurait pu se lever et aller se mettre à l’abri. Un bar, une galerie marchande, même le métro aurait fait l’affaire, mais Samuel était borné, et malgré tout décida de rester à sa place. Il avait subit un métro bondé pour venir jusqu’ici, pour savourer un peu de calme,  alors ce n’était certainement pas le temps qui allait l’en faire bouger.
Sur le bas de sa feuille se trouvaient des rectangles de diverses tailles, un simple croquis pour le moment de ce qui plus tard deviendrait des immeubles. N’ayant pas de règle sous la main, les traits n’étaient pas parfaitement droits mais cela ne gâchait en rien le dessin. Il avait noirci l’arrière plan et avait réalisé un dégradé qui tirait vers le gris clair au fur et à mesure que sa main remontait le long de la feuille, laissant supposer que la scène se déroulait de nuit. Et en effet, au sommet de la feuille se trouvaient de nombreuses étoiles, presque toutes très discrètes malgré leurs tailles différentes sauf une. Sur la gauche, l’une d’entre elles se différenciait nettement des autres. Tandis qu’il avait simplement ajouté du relief aux autres pour donner l’impression d’un scintillement, celle-ci  avait derrière elle une très légère traînée, comme s’il s’agissait d’une étoile filante. De plus, elle ressemblait trait pour trait à celle qu’il s’était fait tatouer sous sa clavicule. Beaucoup de gens n’auraient vu là qu’un simple croquis d’une ville de nuit : des immeubles et des étoiles, point. Mais pour le jeune serveur, il avait une signification bien particulière. Mais personne n’en saurait jamais rien, à moins qu’ils n’arrivent à le deviner.

Alors qu’il s’apprêtait à travailler plus sérieusement sur les immeubles, il sentit son téléphone vibrer et le saisit à la place de son crayon. Un léger sourire étira ses lèvres tandis qu’il lisait le message court de Damyan. Il aimait la nonchalance qui émanait du plus âgé, comme si rien n’avait d’importance à ses yeux. Pour un homme qui avait toujours l’air propre sur lui (parfois un peu trop) et qui travaillait dans un tel domaine qu’est le journalisme ; le brun donnait pourtant l’impression de ne pas s’intéresser à grand-chose. Et tandis que certains peuvent voir cela comme un défaut, Samuel lui appréciait ce côté de sa personnalité. Il avait l’impression de ne pas avoir à jouer un rôle, qu’il pouvait être lui-même, Damyan ne le jugerait pas. Et ca faisait du bien, car même ses propres parents commençaient à s’inquiéter pour sa santé mentale, même si lui ne comprenait toujours pas pourquoi.
Soufflant d’abord sur ses mains pour les réchauffer un peu, il répondit rapidement. "Si tu es assez courageux pour aller jusqu’au parc du brooklyn bridge ce serait avec plaisir." Il allait ajouter quelque chose à propos du fait que ses voisins étaient insupportables mais se ravisa, envoyant ainsi son message sans rien changer. Damyan n’avait pas besoin de savoir, et puis ce n’était pas important.

La curiosité le tiraillait à présent. Il se demandait si en effet le brun prendrait le temps de venir jusque là ou non. Malgré cela, il posa son téléphone par terre à côté de lui de façon à pouvoir lire sa réponse (si seulement il lui répondait) et reprit son travail. Ne désirant pas forcément le lui montrer, Sam voulait à tout prix avancer son dessin le plus possible avant qu’il ne le rejoigne.  Est-ce qu’il arriverait à le retrouver seulement ? Inconsciemment il fronça les sourcils et releva la tête. Il faisait encore bien assez jour, ce qui le rassura un peu. Bien que l’idée qu’il puisse être assis sous un arbre ne viendrait sans doute pas à l’esprit du plus âgé, il était sûr que ce dernier ne pourrait pas le manquer ; pas quand les rares personnes qui passaient devant lui lui jetaient des regards tantôt surpris, tantôt inquiets, se demandant ce qu’il pouvait bien fait là alors qu’un banc trônait à seulement quelques mètres de lui.

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Dernière édition par Samuel Abendroth le Dim 25 Jan - 17:51, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Mer 21 Jan - 20:16

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Ses doigts le brûlaient, la chaleur transperçant sans problème le carton des deux gobelets, mais c’était étrangement plus agréable que le froid qui mordait douloureusement, venant se loger entre ses articulations.  Il ne faisait pas si froid que ça à New York, mais Damyan était un pur new-yorkais et, n’ayant jamais connu pire, la température de la grande ville lui semblait suffisamment désagréable. Il prit tout de même une grande inspiration, laissant l’air heurter ses bronches, tandis qu’il situait mentalement le parc qu’avait mentionné la réponse de Samuel. C’était tout près, le brun travaillait à Brooklyn, suffisamment loin de chez lui pour qu'il ait à supporter beaucoup trop de minutes dans le métro, mais même lui ne pouvait vraiment pas se permettre une voiture dans les rues étroites de la grande ville.
Il décida de s'y tenter une fois de plus, s’engouffrant dans la chaleur presque étouffante des souterrains bondés.
Ce n’était pas l’heure de pointe, et heureusement. Il n’avait jamais apprécié la sensation pesante que l’air des wagons lui donnait, ayant constamment l’impression d’être sur une ligne raide, tandis que des gens s’observaient d’un œil méfiant, que d’autres riaient trop fort et certains dormaient, ayant peut-être manqué leurs arrêts, peut-être pas. Le métro, c’était un peu tout New York dans un espace trop restreint, et ça risquait d’imploser à chaque minute.

L’air frais qu’il retrouva après quelques stations était effroyablement agréable, lui donnant l’impression d’être délivré d’une captivité obligée. Il marchait les quelques mètres restant, ses pensées roulaient à un rythme constant, passant d’abord au travail, puis au blond, puis à l'occasionnel truc qui l’agaçait. C’était un rythme étrangement routinier, qui se prenait à lui sans qu’il ne le remarque vraiment. Il y avait toujours un truc qui l’agaçait, quelqu’un qui ne savait pas mâcher son chewing-gum, une poubelle qui débordait, un pigeon qui le regardait d’un œil mauvais. C’était presque ridicule comment il remarquait toujours ces petits détails et qu’il s’y attardait instinctivement. Damyan s’évertuait tellement à vivre de perfection que le moindre détail imparfait l’ennuyait, le dérangeait. Le monde entier le dérangeait souvent et chacun de ces articles qu’il lisait le matin était un point de plus à cette imperfection ébranlante.
La plus ironique était qu’il vivait de ces défauts et de ces problèmes, qu’il tirait sur chacune des cordes pour en faire des choses pires encore. Mais à quelque part, si tout était parfait, où irait-il? C’était son métier d’en jouer, d’en abuser.
Les arbres pleuraient leurs longues branches vidées de vie, tandis que l’herbe jaunissait d’un froid malade. Son regard parcourut le chemin qui traversait le parc, tandis que des gens promenaient leurs chiens et d’autres courraient dans le sens contraire. Il n’y avait personne d'assis sur les bancs et Damyan pouvait comprendre pourquoi, puisque ce n’était pas vraiment une journée à passer dehors, plutôt le genre qu’on aimait passer à l’intérieur de son chez soi, là où tout était chaud, confortable et agréable. Alors qu'il avançait un peu plus dans le grand parc, une silhouette s’imposa à lui, tandis qu’il remarquait un mouvement derrière l’arbre à côté de là où il marchait.

Son sourire sur ses lèvres était étonnamment honnête, alors que ses pas contournaient l’arbre et y trouvaient celui qui semblait s’évertuer à toujours faire différent des autres. Il tendit un des gobelets encore chaud, parce que le café n’était plus servi seulement chaud de nos jours, mais prêt à faire fondre le fer. Il ne crut pas nécessaire de mentionner le fait qu’il y avait plusieurs bancs de libre, il se doutait que le blond le savait très bien. « Café? C’est probablement contre une quelconque éthique de boire dans un gobelet en carton, mais j’espère que ça t’ira. » L’environnement, c’était un peu que des conneries pour Damyan, le réchauffement planétaire, sérieux? Il s’en contrebalançait, ça tuerait peut-être tous les petits enfants de d’autres, mais lui n’en ressentirait jamais le moindre effet, et il le savait. Mais il était censé ne pas être tout ce que détestait le blond, et il faisait un effort d’y penser au moins. Il avait même commencé à recycler tout récemment, même s’il ne savait jamais vraiment quoi mettre dans ces grands contenants verts, de toute façon ce ne serait pas une habitude qu’il garderait pour le reste de ses jours. Il s’assit à côté du blond, à son plus grand malheur – ce pantalon coûtait une fortune à laver – tandis que son regard marron s’attardait sur celui à ses côtés. « T'as pas été facile à trouver, même si je sais pas pourquoi je n'y avais pas pensé. » C'était tellement le genre du jeune homme qu'il se trouvait presque un peu idiot de ne pas être allé directement regarder sous chacun des arbres s'il s'y trouvait. Il portait un bonnet, et Damyan se surprit à penser que ça lui allait bien.  Ses mains dénudées serraient un carnet, pour dessiner, écrire? Le brun releva les yeux vers Samuel, appuyant sa tête contre le tronc de l’arbre derrière lui. « Tu dessinais? » demanda-t'il, un petit mouvement de la tête en direction du carnet. Il espérait silencieusement que peut-être il voudrait bien lui montrer le contenu, souhaitant secrètement cette confiance que cela démontrerait. Plus il avancerait derrière ses grands yeux marrons, mieux ce serait. Il approcha son propre gobelet près de lèvres, appréciant la chaleur de la boisson, tandis qu’il ne le quittait pas des yeux, son genou frôlant doucement le sien.

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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 25 Jan - 22:00




Where are you sunshine ?


Après quelques minutes à attendre inutilement une réponse, Samuel finit par reporter  toute son attention sur ce qui au final venait d’occuper la plus grande partie de son après-midi. Les yeux rivés sur son carnet, le temps lui sembla à nouveau être une notion bien abstraite, du moins jusqu’à ce qu’il sente une présence à ses côtés. Les immeubles de son dessin étaient à présents dotés de nombreuses fenêtres,  la plupart laissant supposer que les pièces étaient éteintes ; d’autres affichant quelques silhouettes esquissées, baignées dans une fausse clarté que Samuel avait plus ou moins habilement transcrit à l’aide de très légers traits de crayon.  En réalité, son dessin était presque terminé lorsque la voix grave de Damyan résonna à ses oreilles. Il sursauta, de toute évidence surpris de l’entendre,  avant de rapidement lever les yeux vers le plus âgé. Un faible sourire étira ses lèvres suivit d’un ‘merci’ tandis qu’il attrapait le gobelet, manquant presque de le faire tomber tant la chaleur du liquide encore chaud semblait transpercer sa chair.
« Je ne pensais pas que tu viendrais. » Il avait dit cela simplement, avec une honnêteté presque étonnante. Mais Samuel n’est pas du genre à taire ses pensées, bien au contraire. Alors oui il avoua que l’espace d’un moment il avait douté ; que l’idée que Damyan n’irait pas le rejoindre dans un parc en plein hiver lui avait traversé l’esprit  tandis qu’il posait le gobelet sur le sol. Il lui était difficile de le tenir plus longtemps entre ses mains tant qu’il ne les aurait pas réchauffées avant, la douleur étant devenue difficilement supportable. Comme il l’avait fait moins d’une heure auparavant il les porta à ses lèvres avant de souffler de l’air chaud dessus, une fois, puis deux et finalement, se permit d’attraper à nouveau son gobelet avec un sourire plus affirmé cette fois à la remarque du brun. « Je pense que pour cette fois ci je ferai abstraction du gobelet. »

Samuel s’amusait toujours à noter les différences qu’il y avait entre le journaliste et lui. Il se demandait même parfois comment ils pouvaient s’entendre aussi bien. C’était, bien sûr, sans savoir à quel point il pouvait faire preuve de naïveté, croyant que le brun se montrait honnête avec lui. Mais il ne s’agissait pas que de cela. Damyan aimait la perfection, Samuel, lui, l’avait en horreur. Les petites filles modèles l’agacent, tout comme ces hommes et femmes au physique idéal. En plus de le mettre mal à l’aise, ils éveillaient en lui une sorte d’animosité dont il ignorait la raison. Pourquoi n’arrive-t-il pas à les supporter ? Il ne sait pas. L’expression « sa tête ne me revient pas » prenait là tout son sens. Pour le blond les imperfections sont en réalité ce qui rend les choses belles. Une femme au caractère trop doux est ennuyeuse tandis qu’une femme indépendante devient tout de suite plus attirante. Une anomalie physique est aussi l’une des choses qui rendent une personne ou un animal unique. Pour résumer, il aimait tout ce qui sortait du lot. Alors pourquoi se prenait-il d’affection pour Damyan ? Pourquoi se sentait-il aussi irrémédiablement attiré par cet homme qui n’avait pas le moindre défaut et qui en plus exerçait un métier qu’il exécrait ? Ca non plus il n’en avait pas la moindre idée. Bien que frustré de ne pas pouvoir trouver de réponse, Samuel avait décidé de ne pas y penser ni d’y réfléchir. Parfois les choses arrivent sans qu’on le veuille, sans qu’on puisse le comprendre : point.

« Plus tu me connaîtras plus tu t’y habitueras, tu verras. Je sais bien que je suis un peu bizarre.» Sans doute plus qu’un peu d’ailleurs, et très franchement il l’assumait parfaitement. Depuis qu’il était enfant Samuel ne pensait et ne faisait jamais comme tout le monde. Encore une chose qu’il détestait, se laisser enfermer dans un moule tout ça parce que ‘la société est ainsi faite’. Et ces deux années passées sur l’île n’avait en rien arrangé son comportement, bien au contraire.
Il cligna des yeux plusieurs fois à sa question avant de baisser le regard sur son dessin. Le blond jura intérieurement. Persuadé que Damyan ne viendrait pas, il avait complètement oublié de fermer son carnet pour qu’il ne voie pas ce qu’il était en train de faire. A présent il ne pouvait plus le refermer et prétendre qu’il ne faisait rien. Cela paraîtrait bien trop suspect. Mordillant sa lèvre inférieure par nervosité, il finit par en attraper un coin pour le tourner vers le plus vieux. Il ne pouvait pas cacher son dessin, mais il pouvait toujours prétendre qu’il n’avait aucune signification particulière. Même s’il n’aimait pas vraiment cela il pouvait toujours mentir et garder un air détaché. « Hmm… Je m’ennuyais alors j’ai juste dessiné ça pour passer le temps. » Il appuya ses paroles d’un simple haussement d’épaules avant de prendre une longue gorgée de café, une douce chaleur naissant au creux de son estomac lorsque le liquide noir coulait dans sa gorge. A moins que ce soit le simple contact de leurs genoux qui en soit à l’origine.

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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Jeu 29 Jan - 17:54

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L’herbe était frigide contre lui. C’était à se demander comment l’idée de passer l’après-midi à l’extérieur pouvait venir à l’esprit de qui que ce soit, mais, en même temps, le jeune homme avait encore beaucoup de chemin à faire avant de comprendre l’esprit du blond. C’était un défi, autant qu’une intéressante comparaison. Il lui suffisait souvent de penser à l’opposé de ce qu’il ferait pour trouver ce à quoi le plus jeune pensait, mais, parfois, c’était plus complexe, plus compliqué, plus difficile à cerner. Ils étaient deux contraires, deux antagonistes d’une histoire compliquée, mais, en même temps, ils leur arrivaient d’avoir plus de points en commun qu’on ne pouvait le croire au premier regard, et même au deuxième. Leurs opposés s’assemblaient aux endroits les plus inattendus et Damyan ne pouvait s’empêcher d’être fasciné par ce blond qui se révélait toujours un peu plus intéressant à chaque page tournée.
Mettant dans un coin de son esprit l’idée que son manteau serait forcément plus sale – de toute façon, il fallait qu’il aille chez le nettoyeur bientôt – son regard s’arrêta sur le carnet du blond, tandis qu’un sourire logeait sur ses lèvres à sa remarque, ses pensées s’arrêtant sur la première constatation de celui-ci.
Leur duo était surprenant en soi et il fallait être aveugle pour ne pas voir la surprise parfois qui s’affichait dans ses grands yeux noirs. L’idée qu’il soit là et que ça ne le dérange pas semblait l’intriguer, le surprendre et, à quelque part, Damyan pouvait le comprendre; ils étaient deux types complètement différents, le genre qui s’ignoraient dans les quelques moments que la vie les forçaient à partager et ils franchissaient des lignes que, généralement, personne n’avait envie de franchir.

« Qui n’est pas un peu bizarre, au fond? » pensa tout haut le brun, ses iris marron trouvant celles du blond pendant un instant. Il le pensait vraiment, même s’il croyait qu’il était aussi parfaitement possible d’apprendre à vivre avec, à le cacher, après tout, n’avait-il pas lui-même réussi? Il avait été le rejet d’une société en constante recherche de proies et, aujourd’hui, il en était le porte-parole portant le drapeau avec fierté. Le changement s’était fait, mais les traces restaient, bien au plus profond de lui. Tout le monde était bizarre, mais certains étaient plus doués que d’autres pour le cacher, et d’autres en avaient tout simplement rien à faire. Damyan se demandait dans quelle case se trouvait le blond. Autant celui-ci semblait se différencier dans beaucoup de sphères, portant constamment le badge figuratif de ses différences sur lui comme une fierté, il semblait pourtant se désoler du rejet des autres. Il était étrangement difficile à comprendre, surtout pour lui, qui n’avait jamais vraiment réussi à enrouler son esprit autour de l’idée qu’on puisse ne pas avoir envie d’être comme tout le monde.
Ses prunelles trouvèrent le cahier que lui montrait finalement le plus jeune, passant sur les traits des immeubles, les détails qui transportaient une douce réalité à travers le papier, les silhouettes se détachant de certaines fenêtres. Le temps posé sur le dessin était visible à travers chaque trait, chaque esquisse. Une minute passa avant qu’il ne parle à nouveau. « Pour passer le temps? Je n’imagine pas ce que ça donne si tu t’y appliques vraiment. » dit-il, sa voix surprise malgré lui. Le dessin montrait une franche maitrise de son crayon, lui permettant de découvrir un talent que le brun ne pensait pas que Samuel avait. Il l’avait bien gardé secret, il fallait dire. La façon dont il avait dit que ce n’était que pour passer le temps avait sonné fausse, comme s’il retenait une réalité différente, des mots ayant envie de s’échapper. Damyan prit un gorgée de son café presque vide déjà – il fallait dire qu’il en avait bu plus de la moitié avant même d’arriver au parc. Ses doigts pianotaient contre le gobelet, profitant de la chaleur que celui-ci offrait. « Tu en as d’autres? » demanda-t’il, jetant un regard appuyé sur le carnet. Il se retenait de ne pas poser trop de questions, un défaut professionnel où les questions lui venaient avec une facilité presque tourmentante, le forçant à les retenir lorsqu’il n’était pas dans un contexte d’entrevue. Son travail se répercutait dans toutes les sphères de sa vie, ce n’était plus vraiment un travail plutôt qu’un mode de vie, mais il se doutait que le plus jeune n’avait probablement pas envie d’un interrogatoire, surtout à ce moment-là.
Un courant d’air le fit grincer des dents pendant un instant, tandis que ses yeux parcouraient le parc, les gens qui y marchaient rapidement et d’autres bien emmitouflés dans leurs manteaux qui se perdaient dans les chemins sinueux. Il n’était pas tant venu au parc sans une idée derrière la tête, il avait toujours une idée pas loin de toute façon, et s’il savait que la confiance ne se gagnait pas facilement, surtout lorsqu’on était si différents, il n’avait pas non plus envie de laisser le temps rouler. Sa jambe se pressait instinctivement un peu plus près de celle du plus jeune, tandis qu’il regardait une fois de plus celui qui l’accompagnait, toujours surpris par ses traits. « Tu n’as pas froid? Tu ne portes même pas de gants. » remarqua-t’il, surpris, son regard trouvant les mains rougies du blond. Il retira un de ses propres gants et l’offrit au plus jeune. « Tiens, comme ça, on pourra tous les deux conserver au moins cinq doigts. » Il lui fit un clin d’œil, avant de prendre une dernière gorgée de son café et de le déposer près de lui. Il pouvait déjà sentir le froid le mordre, mais l'inconfort n'était qu'un mince prix à payer.


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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Jeu 29 Jan - 23:11




Where are you sunshine ?

« Toi ? » Répondit Samuel du tac au tac en relevant les yeux vers Damyan, un léger sourire amusé étirant ses fines lèvres. Le brun donnait l’impression d’être l’une de ces personnes qui détestent les imprévus, qui aiment avoir un total contrôle sur leur vie et se sentent de suite déstabilisées lorsque quelque chose d’imprévisible leur arrive. Il se trompait peut être, car il dégageait aussi une très grande confiance en lui ; un peu comme si, quoi qu’il puisse lui arriver, Damyan saurait y faire face et garder la tête haute. Samuel n’était pas le seul à être difficile à cerner au final, le journaliste l’était tout autant et peut être même plus. Mais c’est ce qui plaisait au blond. Les gens que l’on peut comprendre en quelques jours seulement se révèlent souvent ennuyeux à ses yeux ; et bien que Damyan montre cette image de jeune homme lisse et bien sous tout rapport, Sam ne s’était encore jamais ennuyé en sa présence. « Je veux dire tu donnes plutôt l’impression d’être monsieur tout le monde.. en un peu plus distingué. »
Il espérait qu’il ne se vexe pas ; ce n’était absolument pas le but recherché. Mais Samuel n’arrivait pas à cacher ses pensées et ses opinions. Il n’aimait pas ça de toute façon : se taire. C’était plus fort que lui, dès qu’il pense quelque chose, il doit le dire. Dès qu’il a envie de faire quelque chose, il fonce tête baissée et réfléchit après. Mais son ton avait été plutôt doux, et même s’il ne le connaissait pas encore très bien, il se doutait que Damyan ne le prendrait pas mal.

L’espace d’une seconde, le blond se trouva bien hypocrite. C’est vrai qu’il assumait parfaitement le fait d’être différent de la plupart des gens. Il ne faisait pas son âge, était végétarien, militait pour beaucoup de causes et n’aimait pas qu’on lui impose des codes. Et pourtant il cachait sa maladie du mieux qu’il pouvait. Maladie… à ses yeux ce n’en était même pas une. Le psychiatre avait beau avoir utilisé des termes compliqués et appeler ça "trouble borderline", pour Samuel il s’agissait simplement du fait qu’il vivait ses émotions avec un peu trop d’intensité. Elle était indésirable et il pensait naïvement que ne pas en parler la ferait disparaître en quelque sorte. Ce qui, bien sûr, se retrouvait être complètement inutile malheureusement. Il sentait ses mains trembler légèrement, et il était incapable de déceler si la cause était le froid, ou bien ses émotions qui commençaient à s’embraser lentement. Tandis que Damyan pressait sa jambe contre la sienne, les battements de son cœur eux s’accéléraient et une fois encore il jura silencieusement. Ce foutu trouble de la personnalité le rendait confus ; il n’arrivait pas à savoir si le faible qu’il avait à l’égard du plus âgé (car il ne pouvait plus le nier même s’il le voulait) était un simple béguin que son trouble semblait rendre plus important qu’il ne l’était, ou si c’était en effet, un peu plus que ça. Perdu dans ses pensées, il fini par secouer la tête faiblement avant d’inspirer une grande goulée d’air pour se calmer, le froid lui donnant l’impression de brûler ses poumons. Puis il reprit une gorgée de café avant de laisser résonner un petit éclat de rire, surprenant une vieille dame qui passait tout prêt.

« Passer le temps ne veut pas forcément dire que l’on ne s’applique pas tu sais. »  Il fit une pause, continua de siroter la boisson avant qu’elle ne refroidisse trop vite et hocha la tête en guise de réponse à sa question.  « Oui, pas mal en fait… Je n’ai jamais été doué avec les mots, alors souvent à la place je dessinais. Ils sont chez moi mais je te les montrerai une autre fois si tu veux.»
Il avait lui-même du mal à croire qu’il puisse s’ouvrir aussi facilement au plus âgé. Même s’il ne le laissait pas indifférent, Samuel avait tout de même plus de self contrôle qu’en aurai un adolescent amouraché. Et pourtant bien qu’il refuse pertinemment de lui confier ses deux plus grands secrets, le blond laissait le plus vieux le découvrir un peu plus à chaque fois qu’ils se voyaient. En y réfléchissant, c’était tout à fait logique en réalité. N’est-ce pas le but premier lorsque l’on rencontre quelqu’un et qu’on le revoit : mieux connaitre la personne ? Il serrait son gobelet un peu plus fort inconsciemment tandis qu’il laissait ses pensées vagabonder sans oublier de prendre de profondes mais silencieuses inspirations pour rester calme. Ce n’est que lorsque la voix du brun retentit à nouveau qu’il finit par cligner des yeux quelques fois, reportant son attention sur ce dernier tout en haussant vaguement les épaules.  « Pour être honnête si… Je les ai oubliés chez moi. Mes voisins faisaient un boucan tellement insupportable que je suis parti précipitamment pour être au calme »

Il sourit à la gentillesse du journaliste mais secoua la tête faiblement, posant son gobelet sur le sol.  « Je n’en ai pas besoin  ne t’inquiète pas. Et puis je m’en voudrais si tu perds l’usage de tes doigts. Pour un journaliste, ce serait mal venu.»   Il sourit en prononçant ses derniers mots et attrapa la main du brun délicatement pour lui remettre son gant. C’était avant tout une excuse pour pouvoir sentir  le doux contact de sa peau contre la sienne ; il le savait parfaitement mais ne laissa rien paraître pour une fois ; gardant les yeux rivés sur ses mains. Une fois fait, il redressa son buste pour s'appuyer contre le tronc et ferma son carnet avant de terminer son café qui était à présent tiède.  « Je sais que tu viens juste d’arriver, mais si tu as vraiment froid, on peut partir ça ne me dérange pas. »


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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Lun 2 Fév - 0:54

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Monsieur tout le monde, en un peu plus distingué. Un sourire à l’image, parce que n’était-ce pas effroyablement vrai? Chaque matin, sa réflexion était exactement comme il la voulait : normale, attirante, désirable. Il n’était pas différent, il était pareil, pareil comme tous les autres mecs de vingt-six ans dans une ville trop grande qui bossait trop dur pour voir l’un de ses rêves qu’on racontait possible se réaliser, un jour, peut-être. On ne le regardait que rarement de travers, on lui souriait aisément, il n’était qu’un millième d’un groupe pareil. Et c’était tout voulu, c’était dans cette démarche là qu’il se levait chaque matin, qu’il faisait les mêmes gestes, comme la veille, et le jour d’avant. Sa vie était un énorme engrenage qu’il avait lancé il y a des années et qui tournait trop lentement, mais toujours dans la bonne direction. Il ne voulait pas sortir de la masse pour n’en être qu’un rejet, pour tomber du mauvais côté. Il voulait cette autre classe, cette classe à part qui brillait par son unique perfection, que l’on laissait nous éblouir et nous faire rêver. Il ne voulait pas juste rêver; il voulait en être et, un jour, ce serait lui qu’on rêverait d’être. Mais pour l’instant, il ne pouvait pas se permettre d’être différent, c’était trop risqué. Pourtant, au fond, il l’était, probablement autant que n’importe qui. Il ne pensait jamais comme qui que ce soit, il suffisait d’une discussion forcée de mensonges pour qu’il le remarque, il ne pouvait dire sa vraie opinion sans recevoir de regards désapprobateurs. Il regarda les nuages, qui se perdaient dans leurs ressemblances et différences, s’emmêlant les uns dans les autres, sa voix pensive. « Peut-être que je suis trop normal? Peut-être que c’est ce qui me rend bizarre. » Il fit un sourire à Samuel, laissant le plus jeune à ses réflexions. Un jour, peut-être, Samuel découvrirait qu’il n’était pas aussi normal qu’il ne le pensait.
C’était difficile de savoir combien de temps il lui faudrait pour percer le plus jeune. Il ne pouvait aborder le sujet de l’île, du sauvetage, sans craindre de mettre le blond sur la défensive et il préférait attendre la bonne occasion, le bon moment. Damyan était impatient dans sa patience, sachant pertinemment que seul le temps créerait les bases solides dont il aurait besoin, mais aussi que le temps n’avançait jamais comme on le voulait. Il se surprenait à ne pas détester passer du temps avec celui qui, pourtant, semblait ne jamais penser comme lui. Ses points de vue étaient intéressants, sa présence l’apaisait, le temps passait toujours un peu plus rapidement en sa présence. Il avait cette façon juste de l’aborder, rafraichissante dans la contradiction qu’elle avait avec les façons usuelles qu’avaient tellement de gens de nos jours. Il n’y avait jamais eu de stades où ils ne savaient pas vraiment où mettre les pieds, quoi dire, quoi faire. Ça coulait facilement et même Damyan ne pouvait se vanter d’en être la seule cause, même s’il avait toujours eu de la facilité avec les gens.

« Avec plaisir, j’adorerais les voir. » dit-il, avec vérité. Il ne s’y connaissait pas beaucoup en art, mais Samuel semblait avoir du talent, du moins de ce qu’il pouvait en juger par un seul dessin. Il souriait intérieurement à l’idée de pouvoir découvrir un pan de plus de la vie du jeune homme. Tout doucement, on ne confiait pas sa vie à n’importe qui. Il l’utilisait, avec une aisance qui aurait pu terrifier beaucoup de gens. Il l’utilisait pour atteindre des fins dont seul lui bénéficierait et, même à cet instant, il n’était pas certain qu’il puisse vraiment être le bon outil. Pourtant, il ferait ce qu’il aurait à faire, même s’il avait les yeux étrangement doux derrière la dureté qu’avait le regard de quelqu’un qui en avait trop vu.
Tout ça n’était qu’un plan, peut-être horrible, mais Damyan avait perdu toute l’empathie qu’il avait pu avoir il y a longtemps. Il fallait survivre pour vivre, il fallait se battre pour gagner. On ne partait pas à la guerre sans armes. Parfois, il fallait qu’il se ramène lui-même sur terre; tout ça n’était que temporaire. La moue qu’il faisait à la remarque du plus jeune sur le boucan que faisaient ses voisins n’était qu’un acte, rien de plus. « Ils font ça souvent? » La question n’était que par courtois intérêt, rien de plus.
Il ria à la blague du blond, avant de sentir sa peau contre la sienne, laissant derrière elle le chatouillement de ses doigts. S’il pouvait en tirer d’autres avantages, alors pourquoi pas? Il était étonnant, intéressant, fascinant. Il y avait les traces discrètes d’une attraction entre eux, des regards qui s’attardaient toujours quelques secondes de trop, des contacts qu’aucun ne terminaient. Il pouvait être le divertissement parfait, et Damyan ne voyait pas de raison de s’en passer. « Alors, partons. » dit-il, avec un sourire. Se levant de là où il était assis, il tendit une main au plus jeune pour l’aider à se relever. Le vent froid, le soleil qui amorçait sa douce descente dans le ciel, il y avait forcément de meilleurs endroits que celui-ci pour passer leur soirée et Damyan avait déjà plusieurs idées en tête. « Tu as faim? J’habite à quelques arrêts de métro d’ici, je te promets de ne pas t’empoisonner. » Il lui offrit un grand sourire, espérant une réponse positive.


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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Mer 4 Fév - 22:01




Where are you sunshine ?

Samuel pour une fois ne répondit pas tout de suite et réfléchis silencieusement aux paroles du brun. Elles étaient pleines de sens, et en même temps difficile à cerner. Car après tout qu’est-ce que la normalité ? Elle est subjective  à tout point de vue, et pour chacun. Une personne ne sera absolument pas surprise de voir un couple s’embrasser en public tandis qu’une autre ne trouvera pas ça "normal" et sera peut être choquée par exemple. Il est donc très difficile de définir ce mot en toute objectivité. Inconsciemment il sourit alors que son regard était rivé sur son carnet puis releva finalement la tête.  « Est-ce que ça te plait d’être ce que tout le monde appelle ‘quelqu’un de normal’ ? »  Il fit une pause comme s’il cherchait ses mots, tentait d’expliquer sa question tout en jouant avec le recoin de son carnet.  «  Je me suis toujours demandé pourquoi les gens ont ce besoin de se fondre dans la masse… je ne l’ai jamais comprit. Il n’y a absolument rien de mal à avoir des goûts ou une vision différente différente de la norme, non ? »  Le rescapé n’avait sans doute jamais eu l’air aussi innocent qu’à cet instant depuis que les deux hommes s’étaient rencontrés. Il posait sur Damyan un regard curieux, presque doux et sans arrières pensées contrairement à l’autre homme, tandis qu’il penchait la tête sur le côté. Et soudain une réflexion lui vint à l’esprit et il se redressa un peu.  « Et puis certains font semblant d’être normaux. Tu as remarqué à chaque fois qu’on interroge l’entourage d’un tueur en série par exemple, les gens disent toujours la même chose : C’était un homme tout ce qu’il y a de plus normal, poli et courtois. »  A ces mots, il secoua la tête légèrement, perdu dans ses pensées. Non, décidément, la normalité n’était absolument pas faite pour lui. Et sans s’en rendre compte, il chuchota ces derniers mots.

Le blondinet se doutait bien que le plus âgé cachait lui aussi certaines choses le concernant. Après tout, n’importe quel être humain le fait et lui le premier à cause de son trouble. Alors Damyan ne devait certainement pas déroger à la règle. Mais il portait une telle attention sur son apparence, ses paroles et sans doute ses gestes que même pour Samuel il était difficile d’imaginer quels défauts et drôles d’habitudes il pouvait avoir. S’il en avait.
Avec un sourire il hocha la tête tout en se rappelant intérieurement de retirer certains dessins des carnets qui étaient restés chez lui, entreposés sur une étagère puisque ils étaient plein de croquis  et gribouillis en tout genre. Pas une seule feuille n’avait été épargnée par le serveur. Et certaines d’entre elles représentaient une certaine île ; ou bien un certain corps sans vie qui gisait sur le sol. D’autres étaient tâchées par les larmes et Samuel ne laissera personne entrevoir ces dessins là ; à part peut être Teddie qui était le seul à tout savoir de lui. Il voulait à tout prix tirer un trait sur cette histoire. Prétendre que cette île n’avait jamais fait partie de sa vie, qu’il n’y était jamais allé. Et il jouait merveilleusement bien la comédie, donnant l’image d’un parfait petit New-Yorkais révolté aux yeux du monde alors qu’il avait laissé une partie de sa vie là bas ; et peut être même un bout de son âme. Alors si Damyan attendait qu’il en parle de lui-même, il lui faudrait une extrême patience,  car Samuel n’était pas prêt de le faire de si tôt. Mieux valait pour lui qu’il tente une approche, directe ou non.

La question du brun lui permet de sortir de sa rêverie et il soupira, hochant la tête faiblement.  « Sans arrêt. C’est à se demander ce qu’ils foutent ensemble, franchement. »  Il se remémora une nuit de la semaine précédente où il n’avait pas pu dormir à cause d’eux, du moins jusqu’à ce qu’un autre voisin vienne frapper à leur porte pour les faire taire. Jamais Samuel n’avait autant béni quelqu’un, du moins pas depuis qu’il s’en souvienne.
Il prit la main du plus âgé sans hésitation avant de le remercier. Ses jambes étaient engourdies et un peu douloureuses à cause du froid mais surtout de la position dans laquelle il se tenait depuis un moment maintenant sans en avoir changé, mais il ne dit rien. Il attrapa son carnet ainsi que les deux gobelets vides dans le but de les jeter dans une poubelle située à quelques mètres  avant de reporter son attention sur le journaliste. Il fit mine de réfléchir tout en souriant à sa dernière remarque.  « Du moment que tu ne me fais pas de steak saignant ou quelque chose dans ce genre là, je pense que je pourrai survivre à tout type de nourriture, même si c’est toi qui cuisine. »  Peut être que Damyan finirait par le remarquer si ce n’était pas déjà fait, le blond adorait taquiner les gens qu’il appréciait. C’était une de ses façons à lui de montrer son affection, n’étant pas un grand tactile. Encore quelque chose de ‘bizarre’ pour beaucoup, mais si les gens prenaient le temps d’apprendre à connaître Samuel ils verraient à quel point tout est une question de logique. Taquiner quelqu’un prouve qu’on lui apporte de l’attention. Or, quand Samuel n’apprécie pas une personne, il se contentera de l’ignorer royalement. Logique, encore et toujours.

 « Allons-y avant que le métro soit à nouveau bondé. » La simple idée de devoir partager un espace restreint avec tous ces inconnus, tous pressés de rentrer chez eux après une journée de travail ne l’enchantait guère. Alors de sa main libre il encercla le poignet du brun sans trop de fermeté et se mit en marche vers la station de métro.

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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Mer 11 Fév - 21:24

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Un sourire naquit sur ses lèvres à la remarque du plus jeune, alors qu’il savait pertinemment que celui-ci ne faisait que pointer la vérité. Il ne se rendait probablement pas compte des presque accusations qu’il faisait. Est-ce que Damyan faisait semblant d’être normal? La question était plutôt difficile à élucider et aurait peut-être nécessité des heures et des heures d’argumentations pour finalement en déduire une réponse qui ne voudrait rien dire. C’était le genre de question dont la réponse ne pouvait qu’être différente pour chaque personne, car, à quelque part, on avait tous notre propre définition de normalité. Selon lui, il n’y avait pas plus normal que Damyan. Il était le summum de la normalité et, si c’était possible, il aurait souhaité que tout le monde pense comme lui. Jamais la diversité ne lui avait vraiment paru belle. Après tout, la diversité pouvait autant vous confronter à des beautés sans limites… qu’à des horreurs sans fin.
Probablement que si on lui découvrait un crime demain matin, tous ses voisins s’exclameraient au téléjournal du soir qu’il leur avait toujours semblé plus que charmant, poli, courtois… et normal. « Je sais pas si je peux dire que j’aime être normal, je suppose que c’est une sorte de… » Il hésitait, parce que c’était de s’ouvrir un peu trop que de dire que c’était un bouclier, c’était de tout révéler que de lui dire qu’il s’accrochait à la normalité comme un noyé s’accrochait à une bouée. Il haussa les épaules, affichant un air nonchalant perfectionné par des heures de conversation ennuyante avec des inconnus. « C’est juste ce que je suis. » décida-t’il. C’était tout ce qu’il était. Damyan, vingt-six ans, ordinaire, si ce n’était d’un charme marquant. Il lui fit un clin d’œil, avant d’ajouter. « Mais je peux pas te jurer que je ne suis pas un tueur en série. »

La conversation continua, tandis qu’il découvrait les dessins du jeune homme et qu’il se surprenait de son talent. Damyan voyait bien que le blond y trouvait plus qu’un simple passe-temps, peut-être même un moyen de canaliser un peu de toutes ses émotions qui devaient assener tous ces gens qui avaient remis les pieds sur le continent après tout ce temps au milieu d’aller savoir où. C’était ça le plus gros problème à Damyan. Aucun d’entre eux ne semblait avoir envie d’en parler, de s’ouvrir et c’était cette réticence qui l’intéressait. On ne cachait pas des choses qui n’en valaient pas la peine. Il suffisait d’un regard dans les yeux noirs de Samuel pour voir tout ce qu’il ne disait pas, le poids pesant d’une vie qu’il n’arrivait pas à lire.
Les mystères l’intriguaient autant qu’ils le frustraient. Ils étaient cette porte qu’il n’arrivait pas à pousser, cette fenêtre dont les rideaux étaient fermés, cette inaccessible réalité. Sa curiosité en était peut-être malsaine, mais c’était aussi ce qui lui permettait d’être doué dans ce qu’il faisait.
Il ne le dirait jamais directement, du moins pas pour l’instant, mais Samuel n’était vraiment qu’un outil. Un outil amusant, mais un outil quand même, une marche qui lui permettrait d’accéder là où il était presque, un coup de pouce… qui nécessiterait peut-être des choses dont il ne pourrait jamais se vanter. Il fit une grimace à la remarque du blond sur ses voisins, sachant que c’était souvent le problème avec les grandes villes et leur ironique manque d’espace. Son esprit, déjà, s’activait, réfléchissait, évaluait, tandis qu’il gardait le silence, aidant le plus jeune à se relever.

Il ria, tout en roulant les yeux. « Et un steak bien cuit alors, ça t’irait mieux ? » Il lui fit un sourire, un peu idiot, parce que c’était plus fort que lui. Il n’avait jamais été un grand fan des taquineries des autres, surtout lorsqu’il ne connaissait pas très bien l’autre personne, mais Samuel avait cette façon de parler qui ne venait pas l’insulter, au contraire. Il lui donnait plutôt envie de répliquer toujours un peu, de trouver la juste chose à dire pour faire naitre son sourire une fois de plus. Sentant les doigts fins du plus jeune entourer son poignet, il fit un sourire, accordant ses pas aux siens. Il y avait littéralement une station de métro à tous les coins de rues dans la grande ville, et il ne fallait pas vraiment plus de quelques minutes de marche pour se rendre à celle qui les amènerait chez lui.
« Pour tes voisins, tu as essayé une note? Leur parler? Même si parler à qui que ce soit dans cette ville est à peu près aussi impossible que dangereux. » New York n’était pas un village et ça se voyait avec l’ignorance générale que chaque passant s’évertuait à fabriquer, regard vide, regard qui ne voyait rien. Le respect n’existait que trop rarement et Damyan était le premier à le savoir… mais il n’était pas forcément le plus respectueux à tout moment non plus. Sa main s’enroula instinctivement autour de celle du jeune homme, tandis qu’il continuait à parler. « J’ai de la chance, je suis tombé sur un appartement assez tranquille… enfin, c’est minuscule et j’en partirai dès que je le pourrai, mais les voisins sont juste assez agréables pour que je n’aie pas à cogner à leur porte trop souvent. » En fait, c’était plutôt rare qu’il passe ses soirées chez lui, ni même ses journées, alors ses voisins pouvaient bien faire du bruit comme ils en avaient envie, le brun ne l’aurait probablement jamais remarqué. Étrangement, le plus âgé avait toujours préféré la compagnie des autres à sa propre compagnie, y trouvant une distraction de problèmes et de pensée qu’il n’aimait pas avoir. Ils lui permettaient de se changer les idées, de se concentrer, de s’amuser. « C’est ici. » ajouta-t’il, avant de descendre les escaliers qui menaient à un tunnel surchauffé où l’air ne semblait pas avoir circulé depuis des siècles.
La chaleur l’étouffait presque en comparaison avec le froid qui régnait à l’extérieur. Ses doigts lui brûlaient déjà, et il sentait ses joues rougies par le froid recommencer enfin à bouger. « Prions pour que ce ne soit pas l’heure de pointe. » s’exclama-t’il, avant qu’un homme, assis sur le sol et tenant une guitare, ne les interpelle. Damyan ne réussit pas tout à fait à comprendre ce qu’il disait, avant de lâcher les doigts du blond et de se tourner vers celui-ci.


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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Jeu 19 Fév - 18:06

Instinctivement Samuel fronça les sourcils lorsque le plus âgé laissa sa phrase en suspens ; comme le font les enfants parfois lorsqu’ils n’arrivent pas à comprendre quelque chose ou résoudre un problème. Bien qu’indifférent à tout ce qui pouvait l’entourer la plupart du temps, il n’en restait pas moins observateur et cela ne lui avait pas échappé. Damyan ne disait pas tout. Peut être qu’il mentait, qu’il était au final bien loin d’être aussi normal que ce qu’il laissait paraître. Ou peut être qu’il cachait quelque chose, simplement. Ça, le blond ne pouvait pas le deviner. Mais après tout, qui était-il pour juger ? N’était-il pas le premier à cacher certaines de ses facettes bien qu’assumant son excentricité ? Ne mentait-il pas chaque jour qui passait, non seulement à cause de la mise en garde des habitants de l’île mais aussi à cause de la mort de son frère et de sa propre maladie ? Si, bien sûr que si. Samuel était l’un des meilleurs exemples quant au fait de ne pas totalement montrer aux autres qui l’on est. Alors si Damyan avait envie de lui cacher quelque chose à propos de lui, il comprenait, et contrairement au brun, respectait ce choix.
Cependant il ne lui répondit pas tout de suite, restant silencieux quelques instants, un air un peu trop grave tirant les traits de son visage lors de ce qui ne devait être qu’une simple discussion. Même son clin d’œil ne sembla pas vraiment l’amuser. « Ce n’est pas grave si tu l’es. Pour ce que j’ai à perdre de toute façon. » Il ponctua sa phrase d’un haussement d’épaules tandis qu’il baissait le regard. Il venait de laisser paraître sa mélancolie ; et ne le faisait pourtant que rarement, voir jamais. Teddie lui-même n’avait pas idée des pensées sombres qui encombraient bien souvent l’esprit de Sam. Il ne pouvait pas le lui dire de toute façon, son meilleur avait suffisamment d’ennuis pour qu’il lui en rajoute. Alors bien que n’étant pas forcément perçu comme quelque chose de positif, Damyan aurait pu s’estimer chanceux de connaître cet autre aspect de la personnalité de Samuel ; si tant est qu’il en ait conscience bien sûr. Cet instant ne dérogeait pas à la règle malheureusement ; les idées noires que Samuel avait jusque là laissées dans un coin de son esprit grâce à la distraction que lui apportait Damyan n’apparurent que plus fortes, et il se doutait que son trouble en était responsable. S’il venait à mourir demain, que laisserait-il derrière lui ? Rien, si ce n’est quelques personnes meurtries, et en ce qui concerne sa propre famille, peut être soulagée.

Il se mordit la lèvre inférieure violemment et ne s’en aperçu seulement lorsqu’une douleur vive lui transperça la chair ; le faisant cligner des yeux pour revenir à la réalité. Il prit une grande inspiration, tenta tant bien que mal de chasser ces pensées et releva la tête pour offrir ce qu’il pensait être un sourire rassurant à Damyan. Damyan qui devait maintenant le prendre pour un fou ou un dépressif. Et il n’aurait peut être pas tort. Il aurait même raison, tout comme il savait que lui et les autres rescapés cachaient bon nombre de choses.
Il se surprit à trouver une sorte de réconfort dans le rire du brun tandis que lui-même ne pu se retenir à sa remarque qui était bien trouvée. « Ça serait déjà un tout petit peu mieux… enfin je suppose. » Oui il était chiant à ne pas manger comme tout le monde ; mais ça le plus âgé le savait déjà. Alors il devait certainement en avoir pleinement conscience lorsqu’il avait invité Samuel à manger chez lui.

« Tu as du le remarquer je pense, je ne suis pas le type le plus sociable que tu ais rencontré. Si je leur parle, je ne saurais pas être poli. Et puis tu as raison, difficile de parler aux gens sans voir une porte nous être claquée au nez. » Il répondait tranquillement à sa question tout en poursuivant son chemin hors du parc puis en direction du métro relâchant sa faible étreinte autour de son poignet seulement lorsque Damyan lui prit la main, non sans provoquer accidentellement l’accélération des battements de son cœur. Et puis il l’écouta silencieusement, le regard fixé droit devant lui, un sourire étirant ses lèvres à la fin de sa phrase. « J’aime les petits appartements ou maisons. Je trouve ça tellement plus chaleureux… enfin la plupart du temps. » Il se tut avant de continuer à former ses pensées en mots, évitant ainsi de parler de son propre appartement. Enfin, pouvait-il seulement le considérer comme tel alors qu’il le sous louait à un ami ? Malgré tout, il avait décidé d’y apporter sa touche personnelle, divers cadres photos ornant les murs du salon et de sa chambre, mais cela ne rendait pas l’endroit beaucoup plus accueillant. Samuel se demandait seulement si un seul endroit dans le monde pouvait trouver grâce à ses yeux ; et il en doutait très fortement. Après tout il se laissait vivre sans envie, comment pourrait il se sentir bien où que ce soit ?

Il hocha la tête silencieusement en suivant Damyan dans ce qu’il surnommait parfois « l’entre de la bête ». Il y faisait chaud, bien souvent trop chaud. Tout était sale et l’air empestait la poussière. Ce que beaucoup de gens appellent le métro n’était pour Samuel qu’une version moderne de ces endroits terribles et effrayants qu’on trouve dans les comptes et autres histoires. Car oui, les gens sont effrayants. Une grimace apparu sur son visage aux traits enfantins à l’idée que les trois quart des new-yorkais puissent se trouver sous terre ; et il secoua vivement la tête, ne trouvant aucune réponse à prononcer à voix haute. Il leva les yeux pour apercevoir l’heure afficher sur un panneau électrique du métro. 18h37. Ce qui leur laissait une vingtaine de minutes pour aller chez Damyan sans avoir à supporter trop de monde, ou tout du moins, plus de monde qu’il n’y en a habituellement dans la journée.
Ses pensées furent interrompues lorsqu’un homme qui selon son estimation devait avoir une quarantaine d’année les interpella ; attirant quelques regards de personnes curieuses ; les autres passant leur chemin, habituées à voir bien plus de bizarrerie dans les métros de la grande ville. « Hey les tourtereaux ; je vais chanter une chanson rien que pour vous, parce que vous êtes mignons. »  Il ne put s’empêcher de rire à la remarque du mendiant qui de toute évidence, avait quelque peu forcé sur la boisson avant de venir s’installer ici avec sa guitare. Il fut d’ailleurs surpris de voir son état alors que l’homme semblait bien propre pour quelqu’un faisant la manche. Ses vêtements n’étaient pas tâchés. Peut être essayait il simplement de se faire connaitre en tant que musicien ?  Lorsque Damyan lâcha sa main, Samuel s’approcha de l’homme et s’accroupi devant lui en souriant. S’il avait été en compagnie de quelqu’un d’autre tel que son meilleur ami, il aurait demandé à cet homme de chanter, par curiosité et amusement. Mais ce n’était pas Teddie qui était debout à quelques mètres mais Damyan, dont les paroles résonnaient encore à son esprit. ‘’Je sais pas si je peux dire que j’aime être normal, c’est ce que je suis.’’ Alors pour ne pas embarrasser le brun, Samuel fit ce que d’habitude il n’aurait pas fait et secoua la tête. « Nous ne sommes pas un couple, nous sommes juste amis. » Et devant l’air dubitatif de l’homme, qui lui répliqua qu’il les avait vus se tenir la main, il haussa les épaules. « Des amis peuvent se tenir la main, ce n’est pas interdit. » Restait à savoir comment le journaliste allait à présent réagir.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Ven 27 Fév - 1:51

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C’était étrange. Étrange comme on ne pouvait jamais vraiment dire ce que l’on voulait vraiment, mais qu’on ne mentait jamais tout à fait. Qu’était-ce alors? Une vérité à moitié, peut-être, un soupçon couvert d’une tonne de futilité. Parler était un art que certains ne maitriseraient jamais et que d’autres comprenaient trop bien. Il fallait se méfier de tout, de rien. Peut-être que c’était Damyan le problème, peut-être qu’il connaissait trop bien le goût amer de l’humanité pour se jeter les yeux fermés entre ses bras ouverts. Avoir confiance n’était plus quelque chose qu’il savait faire, si ce n’était en lui-même. Lorsque l’on croyait pouvoir faire quelque chose; on y arrivait. Les autres, c’était différent, c’était de croire avant de voir et c’était donner un peu de soi les yeux fermés. C’était tout ce qui lui faisait vraiment peur.
Du moins, c’était ce qu’il pensait. Samuel, il était différent. Et pas de cette façon qu’il avait de le dire, de cette nonchalance de l’habitué, que ça lui allait comme ça. Pour ce que j’ai à perdre de toute façon. Ses mots portaient l’amertume d’une désagréable réalité, d’une vérité pas très bien cachée, mais juste assez pour que les iris marrons du plus âgé se surprennent à chercher plus dans ses traits si jeunes et si vieux en même temps. Il avait le regard de quelqu’un qui en avait trop vu et autant était-il si franc qu’il pouvait être tellement fermé.
Il était la vérité à l’envers, un casse-tête qu’il n’arrivait pas à construire, même s’il réussissait à en faire le contour en premier. C’était une curiosité qui dépassait le simple intérêt, une étrange fascination pour tout ce qu’il était et n’était pas. Damyan, il avait envie de comprendre, mais il était trop loin. Tout ce qu’il savait, c’était que ce qu’il voyait là, assis tout près de lui. Un presque inconnu, qui lui souriait un instant et se montrait fragile l’instant d’après. Une tristesse, qu’au fond, peut-être pouvait-il comprendre. Il avait envie de parler, sans savoir quoi dire, surpris par ce silence oppressant qui se logeait dans son abdomen pendant un instant. Le profil près de lui baissait les yeux, laissant dans une solitude terne le jeune homme. Damyan savait lire entre les lignes, il comprenait que ce n’était pas un côté que le plus jeune laissait voir avec aisance. À quelque part, c’était ce qu’il faisait de sa vie d’affronter les côtés fragiles, ternies, sombres, détruits des gens. C’était si souvent ce qui l’entourait, combien de fois avait-il eu à affronter des larmes qu’il ne pouvait tout simplement pas comprendre? L’obscurité de l’humain, il avait eu à en voir si souvent les conséquences qu’il ne savait plus s’il pouvait croire en un bien, un bon.
Samuel avait toutes les raisons et plus encore de dire ce qu’il disait. De ce que Damyan pouvait en voir, il n’avait plus grand-chose qui pouvait le lier à cette vie, elle qui devait être un déboussolant cauchemar, surtout dans cette ville qui n’avait jamais été des plus accueillantes. Si c’était lui à cette place, il serait probablement fou, dingue, hors de lui. Le problème, c’était qu’il ne pouvait tout simplement pas lui dire ça, parce qu’il n’y avait souvent jamais rien de plus insultant que de se faire dire ‘si j’étais à ta place’. Alors, Damyan soupira, tout doucement, à peine audible entre le souffle du vent qui les chatouillait et le frôlement des branches de l’arbre qui les soutenait. Il offrit un sourire doux au plus jeune et murmura un très simple « je sais. » Ça ne voulait rien et tout dire, c’était si peu, mais il ne pouvait pas lui donner plus. Il ne pouvait pas dire qu’il comprenait, qu’il était là, qu’il pouvait aider. À quoi bon mentir?

Samuel lui offrait un sourire qui se voulait rassurant et il le réciproqua, avant de laisser la conversation glisser vers des contrés plus maniables. Sans même qu’il ne voit le temps passer, ses pas frappaient le pavé, ses doigts s’entrecroisaient aux siens et il l’écoutait parler de ses voisins. Son regard trouva le ciel pendant un instant, tandis que ses neurones réfléchissaient à ce qu’il disait. Il esquissa un sourire à la remarque sur les petits appartements, sachant qu’à quelque part, c’était vrai. Le problème, c’était lorsqu’il y avait si peu de place qu’on arrivait à peine à y respirer. Au moins, il n’avait pas à vivre avec quelqu’un d’autre. Damyan n’avait jamais compris cette envie qu’avait certain de partager leurs espaces personnels avec d’autres, des inconnus même parfois. Bien sûr, les couples, il pouvait comprendre, mais sinon… « La question qui se pose; est-ce qu’ils valent le coup de la politesse? » demanda-t’il, un air songeur. Damyan était poli de nature… jusqu’à ce que l’on le pousse du mauvais côté. Il était aussi patient qu’impatient et il se doutait bien qu’à la place du blond, voilà longtemps qu’il aurait laissé savoir son opinion.
Le métro les accueillait de sa chaleur étouffante, contraste effroyablement désagréable face au froid sec qui avait fait de New York sa maitresse. Ses pieds s’arrêtaient bêtement, lorsqu’une voix résonna dans les couloirs porteurs des échos fatigués. Damyan se tourna vers l’homme assis par terre, lâchant par réflexe la main du blond pour obtenir une plus grande liberté de mouvement. Le simple mot ‘tourtereaux’ le fit instinctivement grimacer, tandis qu’il sentait les regards des autres sur lui.
Damyan avait l’habitude d’être observé, simplement parce qu’il sortait, à quelque part, de l’ordinaire. Il était toujours un peu trop propre pour ne pas être remarqué, mais ce genre de regard-là ne le dérangeait pas. Certains passaient leur chemin, un désintérêt total pour le moment qui les entourait, mais d’autres lui offraient ce presque sourire idiot, faisant naître cette sorte de dégoût face à tout ce qui pouvait être si… niais.
Mais les paroles du blond se voulaient presque réconfortantes et, au fond, le brun savait pourquoi il était allé parler, prendre presque sa défense face au mendiant qui les regardait maintenant d’un air dubitatif. Il avait une allure difficile à expliquer et, pour une des rares fois, Damyan était presque pris de court par ce développement qu’il n’avait pas vu venir. Sans vraiment y réfléchir plus d’une fois, il s’approcha près de Samuel, sa voix résonnait aussi dans le long couloir, alors qu’il se baissait pour déposer une main sur son épaule. « C’est vrai qu’il est mignon… mais j’crois qu’on n’mérite pas encore une chanson… pour l’instant. » Un sourire étira ses lèvres, avant qu’il ne se relève et mette ses mains dans ses poches. C’était facile, pour lui, de dire des choses comme ça, moins de se faire mettre en plein visage ce qu’il faisait.
Son cœur battait étrangement vite et son rythme irrégulier le laissait presque à bout de souffle. Lentement, il attendit que le plus jeune se relève avant de reprendre un rythme de marche qui lui semblait presque normal, si ce n’était un peu lent. Pendant un instant, des secondes qu'il comptait, une après l'autre, dans sa tête, un silence régna entre eux qu'il ne savait pas s'il avait envie, ou pas, de briser.



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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 1 Mar - 21:17

Il sentait son regard, les yeux du brun rivés sur lui après qu’il ait prononcé ces mots sans réfléchir. Réfléchir... Il le faisait très peu de toute façon. Et sur l’instant il s’en voulait. Ne pouvait-il pas se taire ? Retenir ses mots ou les changer pour quelque chose d’un peu moins sombre ? Non, bien sûr que non. Car Samuel Abendroth ne sait pas ce que veut dire demi-mesure. C’est une personne entière. Il donne tout ou il ne donne rien. Il se méfie, reste sur ses garde ou vous laisse complètement entrer dans son monde fait de silences, d’étrangetés et sarcasme. Il aimerait pourtant crier haut et fort ce qu’il a vu sur l’île, ce qu’il a subit. Que d’autres sont là bas et ont besoin d’aide. Mais les menaces des habitants sonnent encore à ses oreilles, la mort de son frère est gravée dans ses rétines et sa maladie est encrée au plus profond de lui, faisant tourbillonner son sang et ses sentiments d’une façon qu’il détestait. Et le fait de ne pouvoir rien dire et faire le torturait.
L’espace d’une seconde, il se demanda si Damyan s’inquiétait pour lui ; et puis la réalité le frappa avec une violence qui le surprit lui-même. Ils se connaissaient encore très peu ; peut être qu’à ses yeux il n’était encore qu’un inconnu. Peut être que Damyan ne lui accordait aucune confiance ; et cela serait hypocrite de sa part de l’en blâmer. Après tout, lui-même s’était tu à propos de sa maladie. Et peut être lui confiait il des choses trop facilement, avec comme raison futile, cet attachement qu’il lui portait. Cette attirance pour un homme dont il savait très peu de choses si ce n’est le métier qu’il faisait. La pensée que le plus âgé était journaliste trottait toujours dans son esprit, l’empêchant de parler aussi librement qu’il l’aurait souhaité.

Mais le blond déteste s’apitoyer sur son sort, et encore plus qu’on le fasse à sa place. Surtout si cette personne devait être Damyan. Alors il releva la tête et inspira profondément tout en se tenant droit. Non rien ne le retenait sur cette terre. Ou tout du moins, presque rien. Sa famille le pensait fou, cherchant à le forcer à voir un psychologue et son frère n’était plus de ce monde. Il avait perdu la majorité de ses amis et n’avait pas la moindre idée de ce qu’il pouvait faire de sa vie. Mais malgré tout cela, il avait Teddie, qu’il ne pouvait pas abandonner, et les moments qu’il partageait avec Damyan étaient agréables à ses yeux. Petite étincelle dans un monde empli d’obscurité. Un léger rire s’échappa de sa gorge, amer. ‘Oh non, tu ne sais rien.’ Songea-t-il mais cette fois ci parvint à retenir ses pensées. Malgré tout, le seul sourire du plus âgé lui remonta quelque peu le moral.
« Je suppose... Enfin, je veux dire par là qu’ils ne doivent pas être des monstres. Mais je n’ai aucune envie de leur parler. » Leur entrée dans le métro mit fin à leur conversation, qui le fit réfléchir tout de même, et lui permit de prendre une décision. La prochaine fois qu’ils s’engueuleront encore, Samuel ira parler à ses voisins, et leur faire comprendre à quel point cela devient insupportable.

Le regard des gens ? Le blond s’en foutait royalement. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent. Après tout, cela ne changera pas sa vie. Ils vivaient à New York bon sang, au 21eme siècle. Qu’y-a-t-il de choquant à voir deux hommes se tenir la main ? Personne ne dit rien quand il s’agit de femmes ; alors pourquoi cela devrait-il être différent ? Heureusement pour lui, très peu de gens se donnèrent la peine de regarder leur interaction avec le mendiant avec curiosité. Dans les couloirs des métros new-yorkais on pouvait habituellement voir des choses bien plus gênantes que cela. Des hommes saouls, des couples qui se croient déjà dans leur chambre, des gens un peu fous et qui hurlent… Alors un musicien qui s’adresse à ce qui peut sembler un couple … ce n’est rien en comparaison. Pour lui, la situation n’avait rien de gênant et il savait qu’avec son meilleur ami, ils se seraient amusés et auraient discuté avec lui. S’il n’avait pas déjà donné toute sa monnaie un peu plus tôt dans la journée, il la lui aurait donnée. Mais avec Damyan, c’était différent. Il ne pouvait se montrer égoïste et être aussi insouciant qu’il l’était d’habitude. Alors il alla tout de même lui parler. Pourquoi ? Il n’en sait rien. Peut être pour que les gens sachent que le brun n’était pas « ce genre de personne » même s’il se doutait tout de même de son attirance pour les hommes. Pour que des inconnus dont ils ne se rappelleraient même plus le visage dans 5 minutes ne les jugent pas. Il trouvait cela ridicule, et se mordit la lèvre lorsque la colère s’intensifiait petit à petit dans ses veines. Ce n’est que la maladie. Calme-toi. C’est stupide, il n’y a pas de quoi s’énerver comme ça. Il se répétait ces mots en boucle, et cela sembla marcher au bout d’un moment. Le tremblement de ses mains s’arrêta mais il pouvait déjà sentir un goût de fer dans sa bouche, sa lèvre saignait légèrement. Instinctivement, il y fit glisser le bout de sa langue et sursauta quelque peu lorsque la main du plus âgé vint se poser sur son épaule. Il ne sut pas quoi ajouter, prit au dépourvu et se contenta de cligner des yeux.
Il salua l’inconnu avant de suivre Damyan qui était juste devant lui. Pourquoi ? Pourquoi avait-il dit ça ? Prenait-il tout ça à la légère également ? Est-ce qu’il s’était trompé sur son compte ; finalement le regard des gens lui importait peu ? Est-ce qu’il mentait ? Ils passèrent d’abord les portes magnétiques qui permettent d’accéder aux quais dans un silence un peu trop brutal à son goût. Bien sur, les gens tout autour parlaient, riaient, faisaient résonner le bruit du froissement de leurs vêtements quand ils marchaient. Mais Damyan et lui étaient incroyablement silencieux, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le supporter, prenant finalement la parole.

« Tu n’es pas du genre à parler sans réfléchir contrairement à moi. » Il fit une pause tandis qu’il commençait à descendre d’autres escaliers pour pouvoir arriver sur la plateforme du métro. « Pourquoi est-ce que tu as dit ça ? Ne voulais-tu pas avoir l’air ‘normal’ devant tous ces gens ?» Clairement, il ne comprenait pas sa réaction. Pas le moins du monde.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Jeu 5 Mar - 19:01

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Il fallait du temps pour apprendre à connaitre quelqu’un. Enfin, c’était ce qu’on disait. Pourtant, Damyan n’en était pas si certain. Il y avait de ces gens qu’il suffisait d’un regard pour les connaitre, pour reconnaitre ce lien indéniable qui n’avait aucune explication, mais toutes les significations. C’était des vieux amis déguisés en connaissances, un étrange lien si naturel que personne n’avait vraiment envie de le questionner. Il y avait d’autres gens qui, peu importe les minutes et les heures passées en leur compagnie, resteraient des mystères jusqu’à la fin de leurs jours. Et il y avait les justes milieux, ceux qu’on apprenait à connaitre doucement et qu’on ne connaitrait peut-être jamais par cœur, mais juste assez.
Damyan et Samuel, il ne savait pas vraiment où il se tenait. Ils n’avaient pas beaucoup d’heures ni même de minutes derrière eux. C’était facile par moment et étonnamment difficile par d’autres. Au fond, il n’avait jamais eu les bonnes raisons pour se tenir près du blond, c’était un professionnel déguisé en connaissance. Il savait seulement qu’il ne comprendrait jamais naturellement le plus jeune, il était trop loin, trop différent, trop abstrait. Ils étaient deux contraires parfois plus semblable qu’ils ne le croyaient peut-être. Mais Damyan avait parfois envie d’en savoir plus, de mieux comprendre, du moins, ces comportements et ces lueurs qui passaient derrière ses yeux et qui n’étaient que des ombres sans sens. Le blond, il semblait porter un poids énorme sur ses épaules et Damyan ne comprenait pas. Pourquoi le tenir? Pourquoi se faire souffrir ainsi?
C’était peut-être simplement le damne des humains. Toujours porter le poids d’un passé dans chacune de leurs actions, pensées et futur. Malheureusement, plus le passé était lourd, plus le poids écrasait.
Le brun voulait tout savoir, mais il ne voulait rien dire. Le journaliste était un éternel curieux couvert de murs, de barrières. Il ne s’ouvrait jamais sans savoir qu’il avait les deux mains sur le volant.

À cet instant, il croyait l’avoir, le contrôle. Lui qui le laissait les deux pieds ancrés au sol, la tête sur terre, les yeux qui pouvaient y voir tant le présent que le passé et le futur. Les conséquences et les raisons. Mais ce n’était pas tout le temps le cas, la question était de savoir s’il pouvait prendre le virage au bon instant sans se retrouver dans le fossé. Le métro, avec sa chaleur étouffante, ses odeurs repoussantes et ses gens toujours un peu perdus, n’avait jamais été son endroit de prédilection. Il y passait rapidement, en coup de vent, préférant en sortir le plus rapidement possible. À cet instant, tandis que ses pas s’agrandissaient en même temps que la distance entre lui et l’inconnu, il ne pouvait que se demander s’il n’avait pas fait une erreur.
Damyan, il lui arrivait d’être compliqué. Il avait tellement d’images différentes que, parfois, elles s’emmêlaient et perdaient tous leurs sens. Il le savait. Il savait bien qu’il lui arrivait de changer de personnages soudainement, de surprendre, peut-être, l’autre personne. Ça avait toujours été plus facile comme ça, se faufiler entre les différents mondes en s’ajustant soi-même, ajuster ses réactions, ses visages, à ses interlocuteurs. Au fond, c’était ce qu’il était, différentes couches, différentes personnes qui le complétait. On pouvait se demander s’il lui arrivait de se perdre, de se demander qui il était vraiment derrière tout ça, ces façades qui en devenaient des masques. La seule chose qui le lui rappelait vraiment, c’était ses buts, ses rêves. C’était ce qu’il était devenu : de l’ambition.
Ils passèrent à travers les portes magnétiques, sa carte glissant d’un geste habitué tandis qu’il franchissait la barrière. Le silence était presque étouffant entre eux, tant il était lourd de tout ce qu’ils ne disaient pas. C’était étrange, comment le manque de mots entre deux personnes pouvait sembler énorme dans un endroit où le silence n’était même pas un mot qui pouvait faire un quelconque sens. Tous les gens autour, ils parlaient, ils riaient, l’écho s’attachant aux murs, pourtant, tout ce qu’il entendait vraiment c’était l’absence entre eux. Le plus âgé décida d’attendre qu’il le brise. À quelque part, malgré les quelques heures d'histoire qu'ils avaient derrière eux, le journaliste avait déjà compris que le blond n'avait pas le même contrôle que lui sur ses mots. C'était, honnêtement, aussi terrifiant que fascinant.
Il descendait les escaliers lorsqu’il parla finalement. Damyan le regarda, essayant de comprendre l’image que pouvait s’être fait Samuel de lui jusque-là. Le brun, il n’avait pas peur des gens, ni même de leur regard. Surtout, il n’avait pas peur de sa propre sexualité, aussi problématique celle-ci avait-elle pu déjà être. Ils s’étaient arrêtés au milieu des escaliers, tandis que le plus âgé entrouvrait les lèvres à la recherche des bons mots pour s’expliquer. Il n’avait pas l’habitude qu’on lui parle aussi franchement, surtout lorsque l’on considérait que le monde qui l’entourait était souvent rempli de gens dans le même genre que lui. « Je pense qu’on s’est mal compris. » dit-il, tandis que son regard parcourait les alentours avant de s’arrêter sur lui. Non, ils s’étaient peut-être très mal compris. Sa main passa sur la rampe à côté, sentant le métal tiède sous ses doigts encore gelés. « Je ne cherche pas à me cacher. Je suis ce que je suis, même s’il m’arrive de ne pas être extravagant, de faire attention à mon apparence… Ça, c’est différent. » Les gens pouvaient le regarder, penser ce qu’ils voulaient. Il ne serait jamais à l’extrémité d’un cadran, dans l’ombre des gens ordinaires ou de ceux qui en sortaient trop. Il savait, qu’on ne pouvait pas vivre sans être vu, regardé. Au contraire, Damyan cherchait l’admiration comme un pirate cherchait l’or. Là était la nuance, l’admiration et le ridicule était deux contraires qu’on pouvait aisément mélanger. « Je n’ai pas peur du regard des gens, encore moins lorsque ça concerne quelqu’un comme toi. » Ce qu'il ne réalisait pas à cet instant, c'était qu'il venait de parler sans mentir, de plus en dire sur lui qu'il n'en avait dit jusque-là. Il haussait les épaules, avant d’entendre le résonnement du prochain train faire son chemin jusqu’à la passerelle plus bas. Il fit une grimace, sachant qu’ils n’auraient plus qu’à attendre le prochain, trop loin de celui qui s’arrêtait pour y monter.
Ils en étaient un peu là, eux-mêmes. Arrêtés entre le départ et l’arrivée, obliger d’attendre le prochain tour.



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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Ven 27 Mar - 22:49

« Si on s’est mal comprit, c’est parce que tu es une véritable énigme Damyan.» Ce n’était pas un reproche, bien au contraire. Les gens trop lisses sont ennuyeux à ses yeux. Damyan avait plusieurs façades, et bien qu’il ne s’en rende pas forcément totalement compte, c’est une des choses qui attirait Samuel. Avec le peu de temps qu’ils avaient passé ensemble, il s’était imaginé que le plus âgé apportait beaucoup d’importance au regard des autres, peut être trop. Et il était persuadé d’avoir vu juste. Sa remarque, en revanche, lui fit comprendre que non, et même s’il se sentait un peu idiot tout d’un coup, il balayait cette petite honte d’un sourire alors qu’il haussait les épaules. Il était content, car d’une certaine façon, il venait d’apprendre de nouvelles choses concernant le brun. Bien qu’il fasse attention à son apparence et aux mots qu’il employait, il semblait tout aussi bien assumer sa sexualité, et le fait d’être en compagnie d’un marginal. Et c’est à cet instant qu’une idée traversa l’esprit du serveur. S’il faisait quelque chose de fou, là tout de suite aux yeux de tous. Est-ce que Damyan aurait honte ? Est-ce qu’il assumerait le fait qu’il était avec lui ou au contraire lui demanderait-il d’arrêter, d’être plus discret ? Cette question le titilla et il sentit son corps tout entier frémir de curiosité, gardant un sourire enfantin sur ses lèvres. Il voulait vraiment savoir, mais ce n’était pas le moment selon lui. Pour se rassurer, il se dit qu’il aura bien des occasions d’obtenir une réponse, une idée avait même commencé à germer dans son esprit ; et la façon dont il réagira lui permettra d’en apprendre encore d’avantage sur lui.

Il semblait plus heureux tout à coup, plus qu’il ne l’était il y a quelques minutes dans le parc. Et même lorsqu’un homme le bouscula en bougonnant alors qu’ils s’étaient arrêtés au milieu des escaliers, il ne réagit pas ; alors que d’ordinaire il ne se serait pas gêné pour lui dire le fond de sa pensée. La chaleur qui occupait l’immense espace le força à retirer son bonnet presque instinctivement, laissant apparaître ses mèches blondes dans un effet décoiffé des plus réussis puisqu’il était naturel. Et il continuait de sourire faiblement. Non, il n’avait plus envie de s’apitoyer sur son sort. La vie n’avait plus vraiment de valeur à ses yeux depuis la mort de son frère, déjà qu’il n’avait jamais été du genre optimiste… mais il voulait en profiter. Voir ses amis tant qu’il le pouvait ; faire de nouvelles expériences et peut être réussir à comprendre Damyan. Pour cela, faudrait-il encore qu’il sache ses réelles motivations.

« Quelqu’un comme moi ? » Il ne put s’empêcher de rire, faiblement cependant, laissant peu de personnes entendre le son de sa voix. « Je me demande si tu diras la même chose à l’avenir. Mais merci. » Car bien que sa personnalité soit moins complexe que le journaliste d’après lui, le brun ne le connaissant pas encore très bien non plus. Le pourra-t-il seulement un jour sachant qu’en sa présence, Samuel faisait de véritables efforts pour rester discret. Non pas qu’il aime attirer l’attention, bien au contraire. Moins on le regardait (et donc l’ennuyait) mieux il se portait. Mais il se retenait parfois de dire ou faire des choses qui pourraient peut être l’agacer ou le mettre mal à l’aise. Pour qu’il ait une meilleure opinion de lui peut être… quoi que cela fût plus que probable, mais aussi par respect car il l’appréciait vraiment.
Il finit par tourner la tête lorsque cette sonnerie qu’il reconnaissait entre mille retentit, regardant plus bas durant quelques secondes avant de reporter son attention vers lui. « On ferait peut être mieux de se remettre en route si on ne veut pas manquer le prochain… Ou énerver un peu plus de monde. » Il ajouta ces dernières paroles tandis que quelqu’un leur fit à nouveau une remarque comme quoi ils gênaient tout le monde. Offrant à Damyan un regard plus amusé qu’autre chose il n’attendit pas sa réponse pour finir de descendre les escaliers ; se dirigeant automatiquement vers le fond du quai. Les gens, bien trop feignants pour faire quelques pas de plus s’arrêtaient souvent au bas des marches ; préférant s’agglutiner devant les mêmes portes.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 5 Avr - 16:37

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C’était une histoire de patience. Tout vient à point à qui sait attendre. Le dicton ne pouvait voir plus juste; lorsqu’on était trop pressé, pressé de mordre, de prendre, de vivre, on se résolvait à prendre la première opportunité qu’on nous offrait. Damyan n’était pas intéressé par le premier choix, il voulait le meilleur. Et il ne le perdait pas des yeux, son trophée, sa victoire, son rêve. Ça prenait tellement de place, c’était tout ce qu’il voyait. Les gens en devenaient des outils, leurs drames en devenaient son bonheur. Il n’avait jamais vraiment appris à aimer, Damyan.
On lui avait appris à craindre, à trembler. On lui avait appris que ceux qui gagnaient, c’était toujours ceux qui parlaient le plus fort. On lui avait appris, à travers des murs qui se refermaient sur lui, les couleurs d’un ciel tombant déchirant la clarté de sa peau et le goût salé s’échelonnant sur ses lèvres qu’on ne gagnait pas toujours à être soi-même. Il valait mieux être une énigme qu’un livre ouvert.
Un livre ouvert, ça permettait à tout le monde de lire en soi et laissait ses faiblesses aux yeux de tous. Ça riait aux éclats, ça attrapait les étincelles qui tombaient, mais ça risquait de se faire mal avec elles. Ça laissait le premier venu prendre son cœur et ça se faisait si souvent mal que la douleur devenait une vieille amie.
Damyan voulait être tout sauf un livre ouvert. Il voulait être fermé, son cœur s’était enfermé à double tour dans un endroit que même lui ne connaissait plus. Le problème, c’était qu’avec lui, il avait enfermé qui il était.
Il n’était plus trop certain de savoir qui il était, Damyan, si ce n’était journaliste.
Peut-être était-ce pour cette raison qu’il s’y accrochait ainsi, qu’il jouait chacun de ses coups dans le désir d’atteindre cette victoire. Il haussait malgré tout une épaule, enfouissant ses mains dans les poches de son manteau. Parce qu’il était une énigme, mais il n’était pas vraiment désolé et il ne savait pas s’il y avait quelque chose à y ajouter. Un sourire soudain s’affichait sur le visage de celui qui se tenait face à lui, comme s’il avait trouvé la réponse à une question qu’il cherchait depuis longtemps. Il y avait tellement de bonheur qui se lisait dans ses yeux, tandis qu’il se débarrassait de son bonnet, laissant apparaitre ses mèches qui tombaient de chaque côté de son visage. Il n’y avait aucune raison qui expliquait ses soudaines étincelles et Damyan avait la question sur le bout des lèvres, à quoi tu penses? Mais le blond continuait à parler, et un sourire naissait sur ses propres lèvres, tandis que ses yeux marron trouvaient les siens d’une couleur étonnamment semblable. « À croire qu’on est tous les deux des énigmes, dans ce cas. À voir qui trouvera la réponse à la sienne en premier. » dit-il, un air narquois jouant de son visage. Le brun savait bien la réponse, ce serait lui qui trouverait ce qu’il cherchait d’abord.
Après tout, personne n’avait jamais trouvé la réponse que Samuel aurait pu chercher.

Une musique résonna dans les airs autour d’eux, faisant lever le regard du journaliste. Il grimaçait, tandis qu’un énième inconnu n’y allait pas de douceur pour passer à côté de lui. Il en oublia vite fait la joie inexpliquée de celui aux cheveux couleur sable, hochant la tête à sa remarque avant de descendre les escaliers qui le séparait encore du palier. Suivant les pas du plus jeune, ils se retrouvèrent au bout du quai. L’endroit était, sans étonnement, beaucoup plus vide que quelques mètres plus loin, où les gens s’obstinaient à s’agglutiner. Il ouvrait la bouche pour briser ce nouveau silence lorsque le métro fit trembler le sol sous eux, prenant quelques secondes pour s’arrêter devant eux. Les portes qui s’ouvraient laissèrent quelques personnes sortir et Damyan n’attendit pas plus longtemps avant d’entrer dans le wagon, trouvant plusieurs sièges libres, il alla s’asseoir là où il y avait le moins de personnes. Son téléphone vibrait dans sa poche et c’est d’une grimace qu’il le sortit, passant d’un regard d’énième messages qui ne valurent pas la peine d’une réponse selon lui. Il réenfonça le portable dans sa poche et retrouva le regard de celui qui l’accompagnait. Sa voix était à peine plus forte qu’un murmure, ne souhaitant pas être entendue par tout le train qui commençait à avancer. « On a du temps à perdre... À ton avis, combien de ces gens ont déjà trompé ‘l’amour de leur vie’? » Il regarda les gens qui s’absorbaient dans leur bulle, en oubliant le monde extérieur, tandis qu’ils avaient les yeux rivés sur le téléphone, la fenêtre, leurs pieds. C’était quelque chose que Damyan aimait faire, peut-être était-ce une pure déformation professionnelle, que d’essayer de découvrir l’histoire des gens derrière un simple regard, mais on disait que la communication se faisait à 90% de son corps seulement et le brun était persuadé qu’on pouvait en apprendre plus sur les gens comme ça que par leurs paroles. Et ça passait le temps à merveille, si ce n’était imaginer tout ce qui cachait derrière des apparences parfois trompeuses. Il fit un signe de tête vers un homme assis quelques sièges plus loin, son manteau beige était à moitié ouvert et ses doigts jouaient sur un écran. Il prenait l’espace de deux, sans même sembler s’en rendre compte. « J’te parie que celui-là en fait partie. »
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 3 Mai - 22:24

C’en était presque amusant de voir à quel point les deux hommes avaient des façons différentes de voir la vie. Au contraire de Damyan qui était prêt à tout pour obtenir ce qu’il voulait, quitte à faire preuve d’une extrême patience, Samuel lui agissait de suite. A l’instinct. Il prenait ce qu’il avait à portée de main, s’en contentait. Et si ça ne lui plaisait pas, passait son chemin sans même y réfléchir à deux fois. Il était de nature pessimiste et considérait avoir tout perdu après la mort de son frère. Mais malgré cela, il voulait profiter de la vie tant qu’il le pouvait. Perdre du temps à attendre quelque chose qui n’arrivera peut être jamais ? Non. Ce n’est pas pour lui. C’est ennuyeux, et presque triste en un sens. Il n’avait pas besoin de grand-chose, n’a jamais été matérialiste. A présent tout ce qui compte à ses yeux c’est de s’amuser et qui sait, peut être un jour pouvoir vivre de sa passion.
Il n’a jamais vraiment apprit à aimer non plus. Il aime sa famille bien sûr, et les quelques amis qu’il a pu rencontrer tout au long de sa jeune vie. Qu’ils soient encore présents ou non. Il est rarement tombé amoureux, et pourtant accorde sa confiance facilement. Il ne sait pas pourquoi. Il a été blessé de nombreuses fois à cause de cela, et à chaque fois il se répétait que cela ne se reproduirait plus jamais. Mais on ne peut pas changer sa véritable nature, à moins de se donner énormément de mal, pour en pâtir au final. Et puis ; en y réfléchissant Samuel réalisait qu’en se fermant aux autres, en ne laissant personne pouvoir l’atteindre, il finirait seul. Sans avoir été blessé par une trahison ou une dispute, c’est vrai ; mais terriblement seul. Et ça, c’est encore pire à ses yeux.

Bien qu’il essaye de cacher quelques points de sa vie et de son histoire, Samuel n’était pas vraiment difficile à cerner. Au final, il était tout aussi ennuyeux que ces gens qu’il considère trop lisses et sans aucune once de spontanéité. Oui, la vérité le frappait soudainement. Il suffisait de réaliser que ses yeux sont réellement les fenêtres de son âme. Ils pétillent quand il est amusé ou heureux, s’assombrissent quand ses pensées se tournent vers quelque chose qui est loin d’être plaisant… Alors il ne put que rire brièvement aux mots que prononça ensuite Damyan. « Cela sonne comme un défi… j’aurai bien misé là-dessus, mais je dois avouer qu’il y a peu de chance que je sois le premier. » Il fit une pause, et si seulement il avait le don de lire dans les pensées, ou tout du moins de comprendre les gens avec beaucoup plus de facilités, il aurait su que le brun pensait la même chose avec une certaine confiance en lui. « Mais cela ne m’empêche pas d’être persévérant. » Il gardait le sourire aux lèvres, tandis qu’ils finissaient par descendre les escaliers. L’idée qu’il avait en tête n’était pas des plus farfelues, pas vraiment. Il avait toujours rêvé de faire une activité à sensation tel que du saut à l’élastique et voyait là une occasion d’en apprendre un peu plus sur le plus âgé. Cela pouvait paraître étrange, mais venant de Samuel, qui cela pourrait-il surprendre à présent ?

Un nouveau silence s’installa entre eux alors qu’ils attendaient l’arrivée du prochain métro et allaient s’asseoir, bien vite rejoins par d’autres personnes. « Tu ne réponds pas ? C’est peut être important, ou pour ton travail.» Demanda-t-il sans grande curiosité alors qu’il l’apercevait sortir puis ranger son portable rapidement. Le serveur n’aimait pas intervenir dans la vie des gens, s’immiscer dans leur intimité ou leur donner des conseils quand on ne lui avait rien demandé. Il n’aimait pas non plus donner des ordres, mais l’idée que le brun ne réponde pas à un message ou un appel à cause de lui le gênait quelque peu. Heureusement pour lui, il changea rapidement de sujet de conversation et cette fois ci, intrigua le blond qui se mit à observer les personnes autour de lui.
Même s’il n’était pas un grand fan des transports en communs, Samuel trouvait que c’était le meilleur endroit ; voir le seul ; où toute la population de la ville se mélange. Riches et moins fortunés, les fêtards croisant les travailleurs qui prennent le premier métro… C’était toujours intéressant et amusant d’imaginer les vies des autres. « Bien plus qu’on ne pourrait le croire. L’être humain a énormément de mal à rester fidèle. » Il observa alors l’homme que Damyan lui désignait discrètement et laissa un faible son s’échapper de sa gorge alors qu’il réfléchissait ; son carnet de dessin calé entre ses genoux. « Peut être bien. Il a l’air d’être un peu égoïste, ou en tout cas de ne pas beaucoup penser aux autres. Mais il me donne aussi l’impression d’être un bourreau de travail ; pas le temps de tromper sa femme… Je ne serai pas surpris d’apprendre qu’il est divorcé d’ailleurs. » Il avait dit tout cela à voix basse alors qu’il se penchait vers lui, son regard immédiatement attiré par un jeune couple adossé aux parois de l’immense engin qu’il lui montra discrètement du doigt. « Lui en revanche, je suis quasiment certain qu’il trompe sa copine. » Il s’était fait cette observation en réalisant que le garçon était bien plus tactile que la jeune femme. Il ne lui avait fallu que quelques secondes. D’habitude ce sont plutôt les femmes qui font le premier pas, qui prennent la main de leur bien aimé ou quémandent un baiser de façon mignonne. Mais là, c’était l’inverse et le garçon semblait presque en faire trop, comme s’il se forçait et tentait de prouver quelque chose. Mais encore une fois ; Samuel n’est pas devin.

« Je n’aurai pas cru que tu t’amuses à passer le temps de cette façon toi aussi. Si je devais t’imaginer dans les transports en commun, je t’aurai plutôt vu en train de lire ou de regarder les dernières informations sur ton téléphone. » Il avait dit ces mots tandis que les portes se fermaient doucement ; permettant au métro de commencer à bouger quelques secondes plus tard.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Ven 15 Mai - 20:09

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La vie passe, le temps passe, les jours passent. Ils passaient sans leur demander la permission. Libre, ils étaient libres. Pas de limites, pas de contraintes, pas de maitre. Ils avançaient et laissaient derrière eux des milliers d’êtres humains déboussolés et trop lourds pour leurs esprits. Ils avaient toutes leurs contraintes, toutes leurs limites, ces murs qui s’érigeaient et qui semblaient toujours si grands, si impossibles à détruire. Certains s’assoyaient entre leurs quatre murs, seuls, acceptant de vivre leurs vies terrifiés de ce qu’il pouvait y avoir derrière. D’autres creusaient un trou, certains détruisaient chacun d’entre eux, s’ouvraient au monde.
Ils étaient jeunes encore. La vingtaine, de longues années derrière eux, mais, probablement, plus encore devant. Ils avaient encore tant d’années pour décider de ce qu’ils feraient de ces murs, pour continuer sur leur lancée ou changer d’idée. Et c’était tellement terrifiant de s’ouvrir, plus encore de s’enfermer. Vague impression d’être entouré de partout, de risquer le tout ou le rien, mais qu’aucun des deux choix ne pouvaient être parfaits.
Comment faisait-on pour choisir le moins pire des deux? Comment pouvait-on savoir qu’on ne choisissait pas la mauvaise option?
Damyan n’était pas du genre à sauter en premier. Il était le genre à regarder les autres le faire avant lui, à évaluer les pours et les contres, à juger du bon et du mauvais. Damyan ne risquait pas, il savait. Il connaissait les pourcentages, les statistiques, il savait ses chances et avait décidé d’y mettre son argent. Il savait ce qu’il faisait. Damyan ne sautait pas dans le vide sans savoir qu’il y survivrait. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait déjà accepté qu’il finirait seul, les chances n’étaient pas de son côté face au grand saut.
Damyan et Samuel étaient deux contraires, deux opposés. On ne les associait pas ensemble, pas au premier regard, ni même au deuxième. Étrangement, cette idée plaisait à Damyan. Mais l’extérieur du brun avait toujours été loin d’être le reflet de ce qu’il était à l’intérieur. Poli, propre sur lui-même, attentionné, confiant, tout ça n’était qu’une image qu’il souhaitait donner. Non, même s’il se conformait aux idées d’une société en overdose d’évolution, il aimait en défier les limites.
Défier des règles qui ne servaient à rien. Il était journaliste, il était celui qui cherchait à tout révéler au monde, à mettre la vérité carte sur table. Pour quelqu’un d’aussi malhonnête que lui, cela pouvait sembler ironique. Pourtant, c’était son but, il voulait montrer quotidiennement au monde comment il était aussi laid que beau. On pouvait être hideux et magnifique, il en était la preuve lui-même.

S’assoyant sur l’un des sièges encore libres, le jeune homme haussa les épaules à la question de l’autre homme. « Honnêtement, certaines personnes n’semblent pas trop connes en personnes, mais, dès que tu leur mets un portable entre les mains, l’idiotie débarque dans ton quotidien. » Un soupir. Forcément, le jeune homme avait tendance à donner son numéro dès la première poignée de main, mais cet outil de travail était presque devenu un boulet accroché à ses doigts, trop de messages, trop de temps passé sur des trucs inutiles. Pas qu’il pourrait survivre sans, le newyorkais était aussi dépendant de la technologie qu’on pouvait l’être de respirer, mais il se rendait trop souvent compte de combien cela l’ennuyait. Coincé dans ses propres chaines qu’il s’était infligé.
La conversation dévia rapidement, tandis que l’autre regard marron parcourait les alentours comme le sien. Les gens le fascinaient, la nature humaine, cet instinct qui poussait tout le monde à, un jour ou l’autre, finir par se ressembler. Ils finissaient tous par être pareil un jour, que ce soit mort ou en vie. Tous différents, tous pareils. Ce paradoxe était une énigme qu’il ne finirait jamais de résoudre.
Et ça l’intéressait, ça attisait sa curiosité insatiable, peut-être parce qu’il ne se comprenait pas lui-même. Il se connaissait si bien, mais il cherchait encore les réponses à qui il était, qui il pouvait être. Lorsque son regard s’arrêtait sur ceux qui l’entouraient, c’était des dizaines de gens aussi perdus que lui, voguant sur la mer sans cartes ou boussoles. Ça le consolait, au final. Ça le consolait de savoir que même seul entre ses quatre murs, il n’était pas le seul à ne pas savoir où était le nord. « L’être humain a du mal à ne pas suivre son instinct, ouais. Que ce soit du chocolat ou une personne canon. » C'était dit sur le ton de la blague, mais pourtant il y croyait dur comme fer. Rapidement, il trouva une personne qui lui semblait répondre au critère. Samuel le surprit, ses points étaient bien raisonnés et même plutôt logiques. Damyan hocha un peu la tête. « T’as probablement raison, pas le temps de tromper sa femme, pas même le temps de la voir. Elle n’en pouvait plus de n’pas le voir; alors elle l’a plaqué et a pris la moitié de tout ce qu’il a obtenu en travaillant si fort. L’ironie de la vie. Elle a bien fait de le quitter, franchement. » Il fit un sourire au blond, peut-être bien qu’ils se trompaient totalement. Peut-être que le mec était un bon père de famille, toujours là le week-end, participant activement aux tâches quotidiennes et aimant de tout son cœur sa petite vie. Ils ne le sauraient jamais et c’était l’une des choses que Damyan préférait à cette sorte de jeu. Imaginer pendant un instant la vie derrière un visage, avant de l’oublier pour tous les jours qui suivraient. Ne jamais savoir s’il avait faux ou pas. C’était léger, facile, tranquille.
Son regard noir trouvait celui que l’autre homme pointait. Il regarda le couple, lui qui semblait se forcer pour ne pas laisser une seconde à sa copine sans qu’il ne soit tout près, trop d’affection, alors que la jeune femme semblait presque désintéressée, la tête ailleurs. « Il a assurément quelque chose à se faire racheter. Ça ne m’étonnerait pas non plus, je t’avoue. Il est jeune. Elle se doute de ce qu’il se trame. » Sa voix était presque un soupir entre eux, tandis que son regard détaillait la jeune femme, trop froide pour être en amour par-dessus la tête, elle semblait presque fatiguée de l’affection exubérante que lui offrait le jeune homme.

Les portes se fermaient doucement face à un autre arrêt, et le métro reprenait sa route quotidienne, les bruits de rails frappant les fenêtres derrière eux. La lumière jaune les entourait, le blond parlait à nouveau, faisant sourire un peu Damyan, tandis qu’il haussait les épaules. « Je n’aime pas vraiment lire et je passe ma journée à entendre parler des dernières infos. Non, j’aime bien faire ça; ça me rappelle qu’on a tous une histoire derrière nous. » Tous une histoire à raconter. Tous un passé que personne d’autre ne connaissait. Chaque être humain avait ses secrets. « Reste que deux arrêts avant de descendre. » ajouta-t’il, faisant signe au panneau lumineux au-dessus d’eux qui indiquait les prochains arrêts.

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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Ven 5 Juin - 22:57

Quand on a perdu tout espoir, quand pour vous il n’y a plus rien à attendre de la vie, le temps ne devient plus qu’une notion abstraite. Une idée un peu futile à laquelle on ne pense plus, l’idée de vieillir et d’un jour mourir n’étant plus effrayante. C’est exactement ce que ressentait Samuel depuis plusieurs mois. Pourquoi vivre ? Pourquoi lutter contre ces agressions quotidiennes, ses êtres tous plus égoïstes, menteurs et violents les uns que les autres ? Juste… Pourquoi ? Et puis il repensait à Teddie, celui qui si rapidement était devenu son meilleur ami malgré les quelques années qui les séparaient. Celui qui, comme lui, semblait encaisser les épreuves au point qu’il en devient difficile de se relever ; parfois même n’ayant plus le désir de le faire. Celui dont il ne pouvait plus s’éloigner au final, car il était devenu précieux à ses yeux. Et puis il pensait surtout à Sasha. Il revoyait cette scène qu’aucun mot ne peut décrire. Pas même ‘terrible’ ou ‘horrible’ qui ne semblent pas être à la hauteur de cette image qui chaque fois lui brûlait un peu plus la rétine lorsqu’il s’en rappelait. Qui lui donnait envie de pleurer à s’en faire dessécher la peau. L’image de son frère qui s’éteint devant ses yeux, une tâche d’un rouge presque brun s’élargissant sur sa poitrine. Il se souvient encore de ses mots ; du ton de sa voix qui lui ordonnait de vivre. Et cette promesse, il ne pouvait tout simplement pas la rompre. Il ne pouvait pas se montrer faible alors que Sasha avait été si fort et courageux. Il ne pouvait pas l’abandonner aussi lâchement, et se devait de lui faire honneur. Alors même si ce n’était pas avec un désir ardent et une volonté à toute épreuve, Samuel vivait. Il vivait dans l’espoir qu’un jour quelque chose lui redonnerai cette envie de se battre, cette envie qui quelques années auparavant se lisait dans ses yeux. Et tous les moyens étaient bons pour cela ; même si au final l’excitation face au danger semblait être la seule chose qui s’en rapprochait.
Peut être qu’au final il n’était pas si facile à cerner que ça. Certes, il est incapable de cacher ses émotions, mais il réalisait qu’il se contredisait dans sa manière de penser et de faire, sa manière de raisonner et de ressentir. Détester l’homme et pourtant accorder sa confiance facilement, se laisser vivre simplement par obligation et chercher à tout prix à ressentir toutes sortes de choses… A croire qu’il était bipolaire. Il se montrait soudainement bien silencieux tandis que dans sa tête fourmillaient des dizaines de pensées, la présence de Damyan à ses côtés faisant office de source d’apaisement.

Il ne put s’empêcher de rire à la réplique du plus vieux et hocha la tête. « J’ai pu m’en rendre compte. Après 2 années à vivre sans technologie, le retour à la réalité est un peu brutal. Je suppose que tu parles des gens qui t’appellent ou t’envoient un message pour ne rien dire au final?»
Bien qu’opposés en bien des façons, le brun tout comme le blond se rejoignaient sur ce point. Samuel n’était pas le plus grand fan de l’espèce humaine, il était presque inutile de le souligner ; mais malgré cela, il ne pouvait s’empêcher d’être curieux. Pourquoi cette femme se met elle à courir subitement ? Vient elle de réaliser qu’elle est en retard à un rendez vous ? A-t-elle vu une personne qu’elle connait au loin ? C’est ce genre de petites choses qui rendent ses balades moins ennuyeuses et qui font travailler son imagination. Imaginer des vies, pour se rendre compte au final, que quoi qu’elles puissent être, elles se ressemblent toutes un peu. Différentes mais égales… C’était le terme adéquat.

Et à nouveau, le serveur ne put qu’hocher la tête silencieusement, approuvant les paroles suivantes du brun. Il se retint malgré tout de faire un commentaire et observa l’homme qui avait les yeux rivés sur son téléphone, comme beaucoup de gens autour de lui. A chaque arrêt de nouvelles personnes entraient, les écouteurs dans les oreilles ou le téléphone à la main, et il se mit à grimacer légèrement à la pensée que la technologie bien que faite pour relier les gens, était aussi la première cause de solitude. Mais cette idée presque triste s’effaça subitement tandis que Damyan lui offrait un sourire. Sans doute banal et sans arrière pensée pour le brun, mais qui calmait le blond, et qui faisait naître dans ses yeux cette petite étincelle qu’on ne voyait plus très souvent.
« Hmm… Ceux là ne vont pas rester ensemble très longtemps je pense. Mais ils m’ont l’air plus jeunes que nous, alors ce n’est pas très surprenant. » Samuel n’était pas physionomiste, mais il donnait au couple la vingtaine tout au plus. Et à cet âge là, c’est bien connu, rare sont les jeunes hommes qui veulent une relation stable. Tout du moins, lorsque lui-même avait 20 ans, il n’en connaissait que très peu.

Un pic de curiosité le frappa à la réponse du plus vieux et Samuel du se mordre la lèvre pour se taire. Il avait peur de paraître trop curieux ; trop intrusif tandis qu’il se demandait comment Damyan pouvait occuper son temps libre. Et puis en l’espace d’une seconde il changea subitement de comportement, comme si une autre personne prenait possession de son corps, ou plutôt comme s’il agissait comme il le ferait avec n’importe qui d’autre que le brun. Il ne pouvait pas passer son temps à se demander ce que l’autre pensait de lui, ne pouvait pas vouloir toujours faire bonne impression quitte à renier une partie de sa personnalité. Il se devait de rester lui-même, et si cela gênait le journaliste, et bien tant pis. « Je suis curieux maintenant ; tu as d’autres hobbies à part inventer une vie à des inconnus ? » Il souriait presque malicieusement tandis que ses doigts jouaient nerveusement avec son bonnet. Les portes s’ouvrirent à nouveau et cette fois ci, une masse importante de gens descendirent, permettant au blond d’avoir l’impression de respirer à nouveau bien qu’il ait été assis tout le long du trajet. Il leva les yeux vers le panneau qui affichait les noms des diverses stations et mémorisa celui auquel ils devraient descendre tout en hochant faiblement la tête. « Puisque que l’on va chez toi, est-ce que je ne devrai pas au moins acheter le dessert ou quelque chose comme ça ? » Il fit une pause, mordillant nerveusement sa lèvre inférieure. « Ou alors, je peux t’aider à cuisiner. »
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Dim 12 Juil - 1:30

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Des milliers d’inconnus autour d’eux. Au-dessus, à côté, à droite, à gauche, quelques mètres, quelques kilomètres entre eux. Des visages brouillés par l’absence de reconnaissance, des silhouettes qu’ils voyaient et oubliaient aussitôt. Cette ville contenait tant d’âmes et d’esprits qu’ils ne faisaient que frôler, sans jamais vraiment toucher. Parfois un sourire, un merci, parfois un peu plus, mais jamais jusqu’au fond. Ils avaient tous des histoires et ils ne les connaitraient jamais. Une famille, des amis, des amours. Des drames, des larmes, des cicatrices. Ils en avaient tous.
Damyan était aussi fasciné par les autres qu’il était fasciné de sa propre personne. Il voulait connaitre, creuser, fouiller. Il voulait toucher le fond, comprendre les éclats qui se propageaient dans les couleurs des iris. Il n’y avait pas que les empreintes des doigts qui étaient différentes de personne à personne, il y avait l’âme aussi, mais elle était moins facile à voir. Peut-être était-ce le défi, le challenge, l’idée qu’on puisse lui bloquer l’accès qui le fascinait autant, lui donnait envie d’y consacrer sa vie. Parce que c’était ça qu’il voulait, Damyan, avec la fortune et la célébrité, il voulait connaitre les plus noirs secrets de ceux qui ne parlaient pas et les montrer à ceux qui n’avaient pas le courage de se mouiller les pieds. Damyan se tremperait pour eux, il n’avait jamais eu peur de sauter en premier.
On pouvait voir, parfois, ce que l’autre voulait bien montrer. Et lorsqu’on regardait au bon moment, on pouvait voir aussi les marques des habitudes et d’un passé entêté dans les gestes et les visages. Avec les années, Damyan s’était fait l’œil. Il pouvait voir l’aisance de ceux qui avaient eu une enfance facile dans leurs postures, les regards distants des solitaires, les réflexes des couples qui ne faisaient plus qu’un. Il savait reconnaitre des indices que tant de gens ne voyaient pas. Le brun était peut-être imbu de lui-même, mais il était bel et bien doué dans ce qu’il faisait.
Et il suffisait d’un regard de ses yeux marron pour remarquer les traces de la douleur sur le corps du blond, tellement jeune pour avoir tout ce poids sur ses épaules. Il l’avait vu cette première fois, revenu d’un voyage qui s’était étiré en cauchemar. Le silence intriguait le brun, le frustrait aussi. Il voulait savoir, il voulait connaitre et plus on lui empêchait de comprendre, plus il était curieux. Samuel avait l’allure d’une personne qui ne croyait plus au futur, d’une personne qui avait trop perdu et qui ne savait pas s’il pouvait continuer à perdre encore. Il avait pourtant aussi la flamme de quelqu’un qui pouvait se battre et Damyan avait envie de comprendre, parce qu’il n’avait que rarement croisé quelqu’un qui lui avait donné cette impression, qui faisait constamment naitre des questions comme il le faisait.
Une remarque sur la technologie, sur ce temps passé si loin de tout ça, de tout ce que le brun prenait toujours pour acquis. Il s’imagina un instant vivre sans, perdre ce confort avec lequel il ne savait pas vivre et frissonna presque à cette idée. « J’ai beau râler, je n’crois pas que je pourrais vivre sans. – sa main passa sur son portable qui reposait sagement dans sa poche – Mais ouais, ces gens qui n’ont aucun but, si ce n’est te déranger. » Un soupir, un hochement de tête. Le temps continuait à couler et la fatigue des dernières semaines accumulées semblaient s’accentuer, tandis que la chaleur était presque étouffante dans le creux du wagon.

Des arrêts passèrent, des gens entraient et sortaient, continuant leurs vies sans se soucier de celles autour. Ils étaient tous dans leurs bulles, perdus dans un univers qui n’appartenaient qu’à eux. Le brun était plus que conscient de la présence de l’autre jeune homme à ses côtés, ses pensées vaguant vers la soirée à laquelle il n’avait pas songé jusque-là. La question de Samuel le sortit de ses pensées, le faisant sourire. Le brun aimait qu’on s’intéresse à lui, même s’il n’aimait pas toujours partager sa vie privée avec les autres. Étrangement, ça ne lui dérangeait pas d’en parler au plus jeune. Il haussait les épaules, faisant mine d’y réfléchir. « C’est plutôt difficile de répondre à une telle question, non ? – Il haussait un sourcil en regardant l’autre homme, sa main venant replacer instinctivement le bonnet avec lequel jouait nerveusement celui-ci. – Je suis une personne assez simple je suppose. Je cours à tous les matins, j’écris, bien entendu, beaucoup et j’aime parler aux gens, apprendre à les connaitre. » Damyan fit un clin d’œil, tandis que sa main s’accrochait au poteau de métal qui descendait près de lui. Il n’était pas une personne compliquée en soi. « J’aime bien m’amuser aussi. Je sors pas mal. Et toi? Tes hobbies?» Il n’aimait pas tant ça qu’il en avait besoin. Besoin de sortir, besoin d’une dose de quelque chose pour libérer la tension qui s’accumulait, la frustration de la stagnation, de ce cours d’eau dans lequel il n’arrivait pas à nager. Damyan n’avait pas d’hobby spécial, il ne tricotait pas dans ses temps libres, il vivait une vie qui pouvait presque sembler… ennuyante. Métro, boulot, dodo. La plupart du temps. Une masse de gens descendaient, semblant ramener l’oxygène à un niveau approprié. Damyan prenait une grande inspiration, tandis que Samuel proposait un dessert, ou de cuisiner. Le plus vieux n’y avait pas vraiment réfléchi. « Je t’avoue que, grand cuisinier que je suis, j’accepterais bien un peu d’aide. » L’ironie était palpable, Damyan n’était pas le meilleur des cuisiniers. Au contraire. Il avait ce sourire sur les lèvres qui ne le quittait plus. Se levant du banc, il fit un signe pour indiquer qu’ils sortaient au prochain arrêt, avant de se diriger vers la porte du wagon.


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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan] Lun 3 Aoû - 0:18

Samuel n’avait pas pour habitude de mentir. Ce n’était pas quelque chose de naturel chez lui, contrairement à beaucoup d’hommes. Il prônait toujours l’honnêteté et le franc parlé, préférait dire ce qu’il pensait quitte à vexer la personne qui recevait ses mots. Il pouvait s’excuser de blesser quelqu’un, lui dire que ce n’était pas son intention. Mais lui mentir directement et prétendre que tout allait bien ? Il en était incapable. Ou tout du moins ; ne se pensait pas assez bon comédien. Et il n’avait pas tort en un sens. Depuis son retour à New York, le blondinet avait l’impression de ne faire que ça. Mentir, encore et encore... et mal, qui plus est. Sur Sasha, sur son trouble ou bien encore sur sa façon de voir la vie tout simplement. Il apprenait petit à petit à sourire aux journalistes et aux cameramans lorsqu’il y en avait alors que son véritable désir aurait été de leur lancer leur foutu micro au visage… Une chance qu’il ne l’ait pas fait à Damyan, lui qui avait pourtant été le premier de ces quelques individus à vouloir connaitre son histoire. Quoi qu’en réalité, le brun s’était montré plus respectueux et ne l’avait pas immédiatement harcelé de questions. Posé et calme, Damyan s’était d’abord présenté. Ce souvenir fit naître un sourire sur le visage aux traits un peu trop enfantins du blond tandis qu’il levait le regard sur l’autre. Si seulement il pouvait réaliser à quel point le plus âgé était intelligent et que ce dernier le comprenait bien plus qu’ils ne l’imaginaient tous les deux, il le comprenait même sans doute mieux que lui même. Peut être alors que Samuel se montrerait un peu plus sur la défensive, et encore, ce n’était pas certain.

« Moi je pense que si au contraire. Tu me donnes l’impression de pouvoir te débrouiller en toutes circonstances. Et puis quand tu n’as pas le choix, tu es bien obligé de faire sans. » Il sourit un bref instant en haussant les épaules. Il essayait de se remémorer ses premiers jours sur l’île ; et outre la peur, il se souvint surtout du besoin qu’il avait ressentit de prévenir ses parents, leur dire que Sasha et lui allaient bien. Et cette frustration aussi à chaque fois qu’il réalisait que c’était impossible. Il ne pouvait pas le nier, bien que n’ayant jamais été un féru de technologie, il lui avait fallu un certain temps pour s’adapter à la vie sauvage, comme bon nombre de rescapés.
Il se rendait bien compte qu’à ce moment, il se confiait plus qu’il ne l’avait encore jamais fait depuis son retour. Samuel parlait très peu de l’île, voir pas du tout puisqu’il cherchait à mettre le plus de distance possible entre elle et lui, comme si cela lui permettrait d’effacer ses souvenirs. Et pourtant en cet instant c’était un peu comme s’il reniait tous les efforts qu’il avait fourni jusque là. Comme s’il baissait les bras. Il n’était pas mal à l’aise, pour autant. Probablement car il n’abordait aucun point sensible. L’absence de technologie n’était pas un sujet insurmontable, loin de là, et en un sens il se permettait malgré tout de se laisser aller, de vider son sac... en quelque sorte. Il voyait cela comme un mince filet d’eau qui lui glisserait entre les doigts tandis qu’il essaierait tant bien que mal de conserver le précieux liquide dans ses mains. Infime partie d’un tout qui fini par s’échapper.

Alors qu’il entrouvrit les lèvres pour répondre malicieusement à la question sans doute rhétorique du brun, les sons se coincèrent subitement au fond de sa gorge, ne lui permettant pas de prononcer le moindre mot. Il fut surpris par son geste rapide et pourtant presque délicat ; ses yeux papillonnant l’espace d’une seconde ou deux avant qu’il ne revienne à la réalité. Un sourire taquin apparu sur son visage tandis qu’il l’écoutait attentivement, ne prêtant déjà plus attention à ce qui pouvait l’entourer. « Ce n’est pas si difficile que ça tu vois, tu y as parfaitement répondu. »
Samuel ne fut pas vraiment surpris par ce qu’il avait entendu, seul le clin d’œil complice le prit quelque peu au dépourvu, le faisant sourire un peu plus. Un sportif érudit, curieux et qui aime s’amuser. Voilà peut être quelque chose qui résumait bien simplement Damyan, mais qui pourtant n’était pas faux. « Mis à part le dessin, je ne pense pas vraiment en avoir… En tout cas pas depuis mon retour dans le monde civilisé. Avant l’accident je passais mon temps à planifier des manifestations étudiantes et faire des campagnes pour la défense des animaux. Mais de nos jours à part les sports extrêmes, rien n’attire mon attention. » Il avait presque honte de l’admettre, ses yeux se posant alors sur ses genoux. Bien sûr il lui arrivait de sortir également, mais c’était assez rares, trop pour qu’il se donne la peine d’en parler. Il n’était pas le genre d’homme à aller boire dès qu’il s’ennuyait ou avait des ennuis. Lui préférait regarder un film ou bien lire, parfait exemple du casanier.

Obéissant à l’ordre silencieux du brun, il se leva et le suivit hors du wagon, essayant de ne pas rire. En revanche il ne pouvait s’empêcher de sourire à sa remarque. «Alors je t’aiderai. Je ne suis pas un grand chef non plus mais je m’en sors plutôt bien. » Depuis qu’il avait prit la décision d’arrêter de manger de la chaire animale, Samuel avait montré un certain intérêt pour la cuisine, découvrant ainsi de nouvelles saveurs et de nouveaux aliments. Maintenant, il ne restait qu’à espérer que ni l’un ni l’autre ne mettrait le feu à la cuisine du journaliste.
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Message(#) Sujet: Re: Where are you sunshine ? [Damyan]

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