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Message(#) Sujet: Poker muet mais menteur ! {PV Nando} Mar 6 Jan - 15:26



Full aux as par les rois et toi ?


Les crépitements du feu de camps avaient été les dernières rumeurs du monde que j'avais entendues alors que j'avais senti mes paupières se faire plus lourdes et que je m'étais doucement laissée glisser dans un sommeil qui, à défaut d'être paisible, me permit au moins de récupérer un peu. La vie auprès des réfugiés avait été pour moi l'un des plus grands défis de toute ma si courte vie. Moi qui avait été habituée à vivre dans une bulle rose bonbon où je n'avais à me soucier de rien je m'étais volontairement plongée dans un univers étrange et d'une violence que je ne comprenais pas et qui me laissait encore bien souvent perplexe. Ce que je pensais savoir de ces gens que je devais apprivoiser au point de m'en faire accepter se résumait à ces rumeurs, presque ces légendes, que les miens prenaient plaisir à colporter pour mieux les voir s'amplifier et se répandre. Nous devions craindre, haïr ces êtres qui ne nous avaient pas causé d'autre tord que celui de simplement échouer au pire des endroits... Je n'avais jamais compris ce que le Conseil désirait vraiment et, honnêtement, j'avais été suffisamment bien élevée pour ne pas dire dressée, pour ne jamais poser l'une de ces questions qui, je le réalisais maintenant, eurent été des plus dérangeantes. Parce que, dans l'histoire, c'était bien nous qui avions le plus de secrets ! Une fois, une seule, j'avais osé demander à mon père d'où nous venions tous et pourquoi nous ne cherchions jamais à aller voir ce monde immense qui existait derrière la barrière de l'océan. Ce monde qui me fascinait mais que je me savais interdit. Nous possédions une technologie qui dépassait même ce que je pouvais comprendre ou imaginer mais, jamais, aucun d'entre nous n'avait tenté d'en user pour voyager. Et, oui, je me demandais bien pourquoi... Le regard sombre et la gifle qui était tombée, drue et cinglante, m'avaient à jamais vaccinée de réitérer l'expérience. Mais, si j'avais depuis gardé mes questions pour moi, je ne les avais pas enterrées pour autant ! Et mon arrivée chez ces naufragés tombés du ciel n'avait pas arrangé les choses ! Juste multiplié les questions...

Lorsque je m'éveillais, tous ou presque dormaient encore. Et je préférais cela. Je n'aimais pas m'attarder plus que nécessaire auprès de ces êtres que, paradoxalement, je prenais autant de plaisir à espionner qu'à apprendre à connaître. Jouer les espionnes était comme se prendre pour un funambule qui se balancerait si haut sur son fil tendu et qui, à chaque instant, devait lutter pour ne pas choir. Pas de vide pour moi mais ce magma de sentiments et d'émotions qui, pareils à des vagues, affluaient et refluaient en moi. Tantôt l'océan de mon quotidien était serein mais, souvent, la tempête menaçait et je devais alors me concentrer, m'éloigner du camps et de ses habitants pour ne pas oublier quel était mon but réel. Les infiltrer pour mieux les diviser, les espionner. Ils ne devaient être que des cobayes, de vulgaires sujets d'analyses que j'observerais avec distance cherchant à en trouver ces failles et ces faiblesses que je m'empressais de rapporter à Zacharia et au Conseil dès que je rejoignais ma vraie demeure, l'Hydre. Je fouillais leurs affaires, piquait ce qui tombait sous mes yeux et mes mains habiles... Je jouais la muette mais mes oreilles étaient toujours grandes ouvertes et je ne perdais jamais une miette de leurs conversations, en notant chacun de ces détails qui étaient comme les pièces d'un puzzle qui, un jour je l'espérais, formeraient une image cohérente. Mais, pour l'instant et aujourd'hui plus encore, j'avais la tête et le cœur bien trop lourds pour parvenir à aligner deux pensées correctement. Cela faisait des jours, pour moi une éternité, que je n'avais pu rentrer chez moi et cela commençait à me miner sérieusement ! Nemo me manquait et il me tardait de courir le retrouver et me blottir dans ses bras. Nemo... ou Lahas d'ailleurs ? Je grommelais à voix basse tout en me relevant et en m'empressant de ramasser mes quelques affaires et de les fourrer dans ce sac que je ne quittais jamais sauf pour le remiser dans cette grotte où les rescapés m'avaient trouvée et qui était devenue mon refuge. C'était là-bas que je courrais me réfugier quand je ne les supportais plus ou lorsque j'en venais à trop les aimer et que j'avais le plus urgent des besoins de me ressourcer. Même si, je le savais et cela achevait de me mettre de méchante humeur, il n'y a guère qu'auprès de lui que je pouvais réellement me retrouver. Lui, oui mais qui ? Nemo bien sur ! Ah oui ? Vraiment ? Ma tête me hurlait que oui. Mon cœur, ce traître bien trop indépendant, me susurrait un tout autre prénom. Lahas... Je me surpris à me demander ce qu'il pouvait bien faire alors qu'une nouvelle aube se levait. Etait-il retourné dans cette crique où nos routes s'étaient croisées pour la première fois ? Le souvenir de cette journée qui, j'en avais déjà conscience sans encore parvenir à l'assumer, avait commencé à faire basculer mon existence. Le souvenir de son corps contre le mien, de ses lèvres qui dévoraient les miennes... Ca y est ! Cette fois j'étais en pétard !

Sans même prêter la moindre attention à cette voix qui m'interpellait, je feignais de ne rien avoir entendu et me précipitais hors du camps. Personne ne s'étonnerait de mon comportement un peu sauvage. J'avais toujours pris soin de préserver mon indépendance et de toujours me réserver ces moments de solitude qui ne m'étaient non pas utiles mais essentiels. Et puis, de toutes manières, ce n'était pas comme si j'avais des comptes à leur rendre ! Sur l'Hydre j'étais déjà un esprit libre et ce n'est pas ici que cela changerait ! Et puis j'aidais de mon mieux et mes efforts avaient fini par payer et tout le monde ou presque me fichait la plus royale des paix. Il n'y avait guère que quelques individus qui semblaient nourrir pour moi une méfiance qui ne me mettait pas à mon aise. Ce fichu militaire raide et plus rigide qu'une chemise trop amidonnée, Fernando, en étant le meilleur des exemples ! Depuis la première fois où je lui avait été présentée à cet espèce de petit chefaillon à deux noisettes, le courant avait eu du mal à passer. Oh, rien de trop voyant et, même, il m'arrivait de le trouver sympathique. Mais son attitude pour le moins versatile envers moi me donnait l'impression d'être comme ces fichus yoyos qui descendent encore plus vite qu'ils ne montent. Est-ce que je le craignais ? Certainement pas et je dirais même que son acharnement à ne pas vouloir céder à ma frimousse d'angelot blond me donnait la plus furieuse des envies de le faire plier ce cintre sur pattes ! Non mais ce n'était quand même pas ce vieux bien trop guindé qui allait me tenir la dragée haute ! Et s'il espérait jamais me voir le considérer comme mon chef il pouvait se brosser le bonhomme !

Et, en parlant de lui, nos regards s'étaient croisés alors que je sortais du camps et prenais la direction de ma grotte chérie... avant que de me raviser et que de me faufiler jusqu'à rejoindre cette station bunker, vestige de la présence des miens sur cette île maudite et que les rescapés avaient évidement découverte. Je m'y faufilais et déposais à l'entrée mon sac avant que de me mettre à explorer ces lieux que je connaissais pourtant déjà si bien que j'aurais pu en dresser le plan parfait les yeux fermés ! Je ne savais pas même pourquoi j'aimais tant à venir en ces lieux qui n'avaient rien à m'apporter d'utile pour ma mission. Passé le moment de la découverte, les rescapés eux mêmes avaient pour ainsi dire cessé d'y venir comme si cet endroit était, à leurs yeux, la confirmation qu'ils étaient prisonniers d'un piège dont ils ignoraient tout. Et, pour être honnête, même en tant qu'Originaire, je n'en savais guère plus ! Je n'étais pas encore dans le secret des dieux de l'Hydre même si je le serai un jour. Enfin du moins si je consentais à suivre la voie que me traçaient mes parents ! Mais, allez savoir pourquoi, depuis une certaine aube je doutais de plus en plus de jamais voir ce jour arriver ! Alors que je me précipitais comme une enfant espiègle vers ces écrans éteints que j'effleurais du doigt mes yeux s'animèrent de mille étoiles. Ici c'était un peu comme si je me retrouvais sur l'Hydre, chez moi... Je soupirais, ressentant une nouvelle fois le manque et décidais de me diriger vers la sortie quand je me figeais et regardais fixement celui qui se tenait dans l'encadrement de la porte et me regardais. Fernando... Il voulait quoi le militaire ? Simplement venir faire un petit tour ou m'avait-il suivi ? Peu importait la réponse en fait. Tout ce que je voulais c'était abréger notre entrevue. Et dans ces cas là je devais admettre que mon mutisme avait du bon. Au moins je ne serais pas contrainte de lui faire la causette ! Sans même me presser je me dirigeais vers l'endroit où reposait encore mon sac et je m'en saisis. Avant que de le voir m'échapper des mains et de voir son contenu se répandre sur le sol. Et mince ! Oh il n'y avait rien de compromettant dedans … Des vêtements de fortune, un livre usé et quelques breloques ramassées sur la plage. Ah si ! Il y avait cette arme , cette dague qui jamais ne me quittait. Mais il n'allait quand même pas m'en vouloir de posséder de quoi me protéger ! Après tout nous vivions dans un monde tellement dangereux, non ? Pourtant, alors que je ramassais la lame encore maculée de sang je vis son regard se plisser. Ou du moins est-ce l'impression que j'eus. Quoi ? Je chassais, j'avais le droit, non ? Il voulait me donner des cours le militaire ? Cependant, et comme je ne voulais pas me le mettre à dos, je me forçais à sourire et venais même à lui. S'il voulait me parler c'était maintenant. Sinon moi je me cassais !

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Message(#) Sujet: Re: Poker muet mais menteur ! {PV Nando} Jeu 15 Jan - 20:02

POKER MUET MAIS MENTEUR !

Certaines choses ne changeaient pas. Et le fait d’être pris au piège sur cette foutue île avait changé pas mal de choses mais des habitudes persistaient malgré tout. Comme souvent, je m’étais levé aux aurores. La nuit s’enroulait encore autour de l’Île. Seul un début de halo lumineux à l’horizon indiquait l’arrivée proche de la journée. A cette heure-ci, le camp était calme. Calme et reposé. Il était difficile de croire qu’une telle effervescence habite les lieux en journée tant tout avait l’air serein en ce moment. Il est même difficile de croire que toutes ces personnes d’origines différentes avaient réussi à s’entendre et à construire ce semblant d’organisation. Malgré notre malheur, nous avons au moins cela. Nous sommes soudés les uns aux autres et unis contre un ennemi commun. Souvent, le matin, je me levais avant les autres et je faisais un peu de jogging jusqu’au camp des rescapés. Notre camp à nous, les militaires n’était pas bien loin et ce n’était pas suffisant comparé à l’entrainement auquel j’avais été habitué mais il m’arrivait de faire des détours. Courir m’apaisait, me vidait le crâne de toutes les pensées négatives et de tous les doutes qui m’assaillaient. Et ils étaient nombreux. De la menace constante des amazones pesant sur nous au départ précipité de Lizzie chez les originaires en passant par cet homme qui tourne autour de Thaïs et je ne parle même pas de Laura, la muette. Je ne sais pas ce que j’ai avec elle. Je ne sais pas pourquoi tout mon corps semble me hurler de m’en méfier alors qu’elle ne rentre dans aucun des critères qui pourrait me pousser à une telle méfiance. Peut-être était-ce cela ? Laura était un peu sauvage mais surtout fermée aux autres, altruiste et présente pour aider quand il le fallait. Je ne dirais pas qu’elle n’a pas de défauts mais tout le monde sur le camp avait ses manies, ses tics. Personne n’était parfait et bien qu’il y ai une certaine entente générale, nous sommes loin d’être au paradis et les tensions étaient bel et bien présentes. Et pourtant, tout le monde semblait s’entendre sur le fait que la jeune Laura était un petit ange. Et elle en avait l’apparence. Son histoire était horrible et nous avons bien en commun que l’Île nous a tous deux rendu orphelins. Mais quelque chose clochait. Personne ne peut faire l’unanimité à ce point. Personne n’est capable de charmer tout le monde. Et je m’en veux de me méfier. Il n’y a aucune raison que je me méfie. Pourtant, c’était plus fort que moi. En sa présence, je sentais une certaine tension et je ne pouvais m’empêcher d’en remettre une couche, de me montrer distant et critique. Beaucoup sont ceux à m’avoir fait la remarque ‘Tu es trop dure avec elle’ et même moi, je le remarque. Je ne suis pas autant dans le doute habituellement. Normalement, je sais tout de suite dire si je peux faire confiance à quelqu’un ou non. Avec la blonde, ce n’était pas le cas. Et en plus de me mettre mal à l’aise en sa présence, j’en oubliais parfois qu’elle avait la sympathie de tous dans le camp.

Et c’est là qu’était tout le nœud du problème. Fondamentalement, j’ai aussi envie de la protéger, de veiller à ce que rien ne lui arrive. J’ai envie d’arriver à lui faire confiance. Pourtant, je ne peux juste pas. Et ça a tendance à m’énerver. Quelque chose cloche, je n’arrive juste pas à mettre le doigt sur quoi exactement. J’allai vérifier les réserves de nourritures pour m’assurer qu’on ne laisserait rien pourrir dans un coin. Il arrivait que les chasseurs, les pêcheurs et les cueilleurs ramènent un peu trop de nourriture et dans ces cas-là, on la stockait ici pour le lendemain matin. Je piochai quelques baies qui n’allaient plus être bonnes très longtemps et fit un tour rapide pour m’assurer que tout était en ordre. Une fois satisfait, je retournai à même le camp, picorant quelques baies. Le Soleil se levait et petit à petit, les rescapés sortaient de leurs tentes. J’allai m’asseoir en silence aux côtés d’un pêcheur qui était en train de confectionner un filet de pêche et l’aidait en silence. Que faire d’autre à part aider ? C’était grâce aux pêcheurs, aux chasseurs et aux cueilleurs que nous avions à manger tous les jours. Aider à ce que leur matériel soit au meilleur de leur forme était la moindre des choses. Un minimum. Je ne suis pas doué pour la pêche et j’ai préféré économiser les munitions de mon arme de service qui reste planquée au camp des militaires. Ce n’est pas comme si les chargeurs pleins tombaient du ciel ici… Je m’étais essayé à la chasse mais il semblait assez évident que les hostiles et les originaires n’en resteraient pas là après l’épisode du navire. Il fallait organiser un semblant de défenses et qui de mieux pour faire ça que des militaires entrainés ? Alors, en attendant, j’aidais où je le pouvais, cherchant à occuper mes mains et mon esprit. Il n’y avait pas le temps de flâner sur cette p*tain d’île. Maladroitement, je commençai à tresser le filet, suivant les gestes plus assurés de mon voisin. Je ne sais pas combien de temps s’écoula ainsi mais lorsque je relevai la tête, ce fut pour croiser une paire d’yeux bleus que je connaissais bien. Laura. Son regard s’était un bref instant accroché au miens avant qu’elle ne se dirige rapidement vers la sortie du camp. Je ne pus m’empêcher de me relever et de la suivre à distance.

Pister quelqu’un était une chose que nous apprenions à faire assez vite et bien dans notre entraînement. Et l’empressement qu’avait la jeune femme à s’éclipser avait titillé ma curiosité. Silencieusement, je la suivis à travers la jungle, calquant le rythme de mes pas sur les siens, évoluant plus en retrait. Laura était une sorte d’énigme pour moi. Quelque chose clochait, quelque chose n’était pas à sa place. Je n’eus donc pas le moindre scrupule à la pister de la sorte. Enfin, si, un peu. Je dois bien l’avouer. Me voir moi, un p*tain de militaire entraîné, suivre une gamine à travers cette saloperie de jungle sur une île paumée au milieu de je ne sais trop quel océan, ça avait quelque chose de déplacé. Mon entraînement n’avait pas ce but-là, bordel.  Et c’était une gamine ! Je me fais probablement du souci pour rien. Avec une histoire comme la sienne, je me sens mal de ne pas parvenir à lui faire confiance. Mais c’est juste plus fort que moi. Elle semblait savoir où elle allait. Il était vrai qu’elle quittait souvent le campement, même si c’était la première fois que je la suivais de la sorte. Elle nous amena à un bunker. Effectivement, les rescapés nous avaient parlés des originaires et de leurs bunker un peu partout à travers l’Île. Drôle d’endroit pour une ballade… Finalement, je décidai de me montrer, quittant le couvert des arbres pour me diriger vers l’entrée du bunker. Elle y avait laissé son sac. Et je la vit, caressant les consoles et les écrans. La technologie nous manquait à tous mais je ne pouvais m’empêcher de trouver son comportement légèrement déplacé, étrange. Comme si au fond, il y avait un peu plus. Je m’appuyai sur le chambranle de la porte, croisant les bras tandis que je l’observais en silence. Je n’avais pas besoin de la mettre au courant de ma présence, elle s’en rendra compte bien assez tôt. Et, en effet, cela ne tarda pas. Elle se retourna et son regard tomba sur moi. Elle ne semblait pas heureuse de ma présence. De fait, je sais bien qu’elle ne m’apprécie pas trop. Je ne fais rien pour en même temps mais les faits étaient là. Quelque chose faisait qu’on ne parvenait pas à s’entendre. Elle prit son sac pour le laisser tomber. Le contenu s’étala sur le sol et elle se pencha pour tout ramasser. Je ne l’aidai pas, laissant mon regard parcourir l’intérieur du bunker avant de retomber sur elle au moment où elle ramassait un couteau maculé de sang séché.

Je ne pus m’empêcher de la retenir quand elle passa à ma hauteur. Un couteau couvert de sang, cela posait à question. Surtout venant de Laura. Cette muette si gentille et si douce qui trouve charme aux yeux de tous. Être armé sur l’Île n’était pas un mal. J’avais moi-même toujours au moins un couteau sur moi. Le minimum pour se défendre en toute circonstance. Mais j’avais du mal à croire que la jeune fille en face de moi ai dû se défendre ou ai attaqué quelqu’un ou quelque chose. La maintenant en place, je l’observais dans un premier temps en silence, essayant de cerner le moindre détail qui pourrait me donner un indice sur la jeune femme et ce qu’elle pensait réellement. Le fait qu’elle soit muette n’aidait pas. Les questions étaient là mais je savais pertinemment que je n’aurais pas de réponses. Que j’aurais au mieux un hochement de tête ou d’épaules. Communiquer avec elle n’était pas chose aisée. « D’où vient ce sang Laura ? » J’aurai voulu que mon ton soit moins strict, moins autoritaire mais c’était ainsi. J’étais habitué à donner des ordres et mes questions avaient rapidement prit la même teinte d’obligeance que mes ordres. Du moins, c’était le cas lorsque je n’étais pas parfaitement à mon aise avec mon interlocuteur. « Tu t’es fait attaquée par un animal ? » C’était désobligeant mais, jouer le jeu de ‘oui ou non’ en posant des questions successivement était la seule manière que j’avais trouvée pour obtenir des réponses de la blonde. Je finis par lâcher son bras, la laissant reprendre un peu d’espace personnel. D’un côté, je voulais savoir ce qu’elle faisait ici, pourquoi elle venait s’isoler dans un ancien bunker ayant appartenu aux originaires, de l’autre j’avais envie de savoir d’où venait ce foutu sang sur ce couteau. Je poussai un long soupire. « Je sais que tu ne m’aimes pas mais si tu as des ennuis, essaie au moins d’en parler à un autre militaire. Je suis sûr qu’ils feront ce qu’il faut pour t’aider. » Je me mordis la langue. Le terme ‘parler’ n’était pas vraiment approprié mais la blonde n’était pas incapable de s’exprimer si besoin. Mon regard se détacha d’elle pour se plonger à nouveau sur le bunker. « C’est donc ça le fameux bunker que les originaires ont laissé derrière eux. C’est un bien étrange endroit pour une ballade. »
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Message(#) Sujet: Re: Poker muet mais menteur ! {PV Nando} Jeu 15 Jan - 23:35



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Son regard était semblable à ces perles noires qui irradient de mille feux et qui ne scintillent jamais que pour mieux dissimuler leur vérité. Fernando possédait ce genre de prunelles et, en un sens et en un tout autre lieu j'aurais sans doutes été la première à en rire, mais nous n'étions pas aussi différents qu'il le pensait. Il avait pris l'engagement de rejoindre cette chose étrange et stupide qui se nommait armée, juré de mettre sa vie au service de celles de ces gens qu'il avait du promettre, la main sur le cœur et le regard fier, de toujours protéger. Quelle dévotion ! Quelle abnégation ! Quelle... idiotie sans nom oui ! A cause de son admirable vocation cet homme se retrouvait piégé comme un vulgaire petit rat sur cette île paradisiaque devenu son enfer ! Et quelle qu'ait bien pu être la mission qu'il lui avait été assignée Fernando ne pourrait jamais la mener à bien. Frustrant j'imagine... Mais l'homme de devoir qu'il était avait sans doutes eu vite fait de retomber sur ses pieds et, au final, je me demandais si cela n'équivalait pas à une bien sinistre promotion pour lui. Ici, tous le respectaient. Tous le regardaient avec cette gratitude et cet espoir que je ne lui consentirais jamais ! Il pensait quoi ? Palier à sa frustration en faisant de notre petit groupe de rescapés sa nouvelle mission ? Faire son devoir en …. En faisant quoi d'ailleurs ? Les militaires étaient peut-être doués des armes à la main mais ils ne seraient jamais que des robots qui courraient après ces ordres qu'ils s'empressaient d'accomplir sans jamais réfléchir ! Ou si peu... En clair ils n'étaient que des chiens pas très savants dressés à l'attaque et qui inclinaient le museau devant celui qui avait été désigné comme leur maître. Un soupir qui s'échappait de mes lèvres alors que je soutenais son regard sans même ciller. Fernando était devenu comme le gourou de tous ces clebs et, pas de chance pour moi, il semblait bien être le seul sur cette fichue île à ne pas être totalement dupe de mon manège ! Quelle poisse !

Pourtant je ne pouvais nier que je m'étais presque languie de voir cette inéluctable confrontation arriver ! Penser que j'aurais pu esquiver éternellement eut été aussi illusoire que stupide et quand bien même j'étais consciente de posséder nombre de défauts jamais les miens ne m'auraient confié cette lourde tâche s'ils avaient un seul instant douté de mes capacités intellectuelles ! J'étais maligne, rusée, enjôleuse et particulièrement douée pour embobiner mon monde ! Et Fernando, je me le promettais, ne serait pas l'exception à ma règle ! Pourtant, après le regard qu'il avait posé sur ma dague et les premiers mots qui s'étaient échappés de ses lèvres, j'aurais presque pu douter de moi. Un frisson que je réprimais alors que je haussais un sourcil et reposais mes yeux sur la lame encore maculée de sang qui semblait aiguiser la curiosité du militaire. Nous étions seuls tous les deux et il m'eut été on ne pouvait plus facile de laisser mon masque de petite ingénue choir pour mieux lui laisser entrevoir l'ombre du monstre que je pourrais être s'il m'y poussait vraiment. Oui, j'aurais pu lui montrer celle que j'étais et qui n'avait visiblement eu de cesse de le faire douter, à raison il est vrai, de ma sincérité. Mais si le jeu eut été des plus délectables je n'en doutais pas, cela aurait surtout été prendre un risque démesuré et inconsidéré. Il y avait bien plus en jeu que ma petite satisfaction personnelle ! Surtout si celle-ci se devait être aussi éphémère que suicidaire... Le Conseil comptait sur moi. Mon père comptait sur moi. Et, quelque part, j'avais moi aussi des intérêts que je me devais de protéger. Des intérêts que les miens auraient sans aucun doute possible désapprouvés mais, comme me l'avait si bien dit quelqu'un par une nuit de pleine lune, ce que l'on ignore ne peut blesser. Et il en serait de même pour Fernando. Il ne saurait jamais ce qu'il était de ses doutes, s'ils étaient ou non fondés, s'il pouvait ou non se fier à son instinct ou si l'affection que me portaient tous les autres était laissée à la meilleure des adresses. Je ne chercherais pas à lever ses doutes mais à les entretenir, encore et encore. Jusqu'à ce que le si impassible militaire n'en vienne tout seul, et comme un grand, à se remettre en question. Je ne serais pas celle qui ferait un pas vers lui. Lui, si. Je me le jurais.

Il avait agrippé mon bras et j'avais continué à jouer la comédie si parfaite de ma si adorable petite traumatisée en laissant mes muscles se bander et mon corps esquisser un mouvement de recul. Au fond de mes yeux la crainte, celle aux relents de terreur, était venue s'embraser une poignée de secondes avant que la reddition et la résignation ne la remplacent. Il était supposé incarner l'ordre et la force là où je me devais d'être victime. Ce fut donc ce que je lui donnais alors que je le regardais avec une déchirante incompréhension. Je fis mine de vouloir lui répondre mais les bruits étranges qui s'échappèrent de ma bouche me firent finalement soupirer et baisser les yeux. Je ne les relevais pas même devant ces questions qu'ils me posaient et où je pouvais percevoir ce tiraillement que je devais éveiller en lui et qui me faisais silencieusement exulter. Il doutait, avait toutes les raisons de le faire et, pourtant, il ne parvenait pas à me condamner pour autant. Il aurait du. Il devrait. Mais il ne le ferait pas. Fernando était un homme droit et bon ? Dommage et tant pis pour lui ! Mes doigts tremblant étaient déjà en train de farfouiller dans ma sacoche quand je me figeais et le foudroyais du regard. Oh quel vilain et bien maladroit petit laspsus ! Une larme que je sentis perler à mon œil de biche menteuse et perfide et que j'écrasais d'une geste rageur de la main alors que je détournais le visage, laissant mes longues boucles dorées venir le masquer comme par pudeur. Un haussement d'épaules comme si cela m'indifférait, que j'y étais hélas habituée. Puis mes mains, plus nerveuses et alertes que jamais qui lui lancent l'arme ensanglantée avant que de se saisir d'un crayon de papier dont je traçais les lignes des mots suivants. Une première feuille qui volait vers lui.

Inutile de me ménager parce que je suis muette. Je ne suis pas née ainsi et, un jour, je retrouverai ma voix ! Alors ne me méprisez pas en me considérant plus infirme que je ne le suis déjà. Merci. mes yeux étaient venus voler une seconde vers les siens avant que je ne désigne du menton la lame qui reposait désormais entre ses mains puissantes C'est mon sang. Je me suis blessée en voulant tenter de me rendre utile et de rapporter un peu de gibier aux autres. Mais, désolée, je ne suis pas une meurtrière professionnelle et, au final, c'est moi que j'ai blessé. avais-je griffonné à toute vitesse pour mieux lui tendre la feuille arrachée avec colère et frustration et avant que de relever mon t-shirt et de montrer l'énorme entaille encore sanglante à mon flanc. Puis, inclinant la tête comme pour mieux lui demander si ces explications lui suffisaient je rabaissais l'étoffe et soupirais en levant les yeux au plafond tout en faisant mine de résister à l'envie de confirmer cette aversion que je lui portais effectivement et qu'il venait lui-même d'énoncer. Je secouais la tête de droite à gauche comme pour mieux lui donner tort et écrivis encore je n'ai pas à vous aimer. Et je n'ai pas non plus besoin de votre aide à vos hommes et vous. Ce sont vos armes et ce que vous êtes capables de faire avec que je n'aime pas. Pas les hommes derrière les armes, eux je ne les connais pas. puis, soupirant tout en écoutant sa dernière phrase je souris timidement. Ppuis plus franchement encore alors que je revenais vers lui lui tendre mon dernier feuillet. Le dernier mais pas le moindre Allez dire ça à Thaïs alors... Lorsque je suis venue ici la dernière fois elle et son copain étaient là et furetaient partout. Comme je les ai dérangés ils se sont énervés et lui a balancé mon collier ici je venais juste le récupérer.

D'un mouvement de la tête je montrais la chaîne en or qui reposait un peu plus loin dans le bunker et que j'allais ramasser avant que de la remettre à mon cou. Puis je revins vers Fernando. Je savais, comme tout le monde, qu'il avait pris sous son aile l'espèce de folle qui se baladait toujours avec sa satanée peluche élimée, sa dague et l'espèce de minet de reporter jamais très loin derrière. Oh oui ! Thaïs la sauvageonne semblait compter pour le militaire. Alors si je pouvais me servir d'elle pour détourner les soupçons sur son compagnon... Et puis, le plus amusant de cette histoire, c'est que pour une fois je disais la vérité ! Comme quoi, parfois ça sert !

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Message(#) Sujet: Re: Poker muet mais menteur ! {PV Nando} Dim 18 Jan - 19:48

POKER MUET MAIS MENTEUR !

J’avais encore fait un pas de travers. Je n’arrive pas à savoir comment me comporter avec la blonde. Et à chaque faux pas que je faisais en sa présence, elle semblait cruellement me le rappeler. Je ne sais pas si c’est volontaire ou pas de sa part mais à chaque fois que j’avais mis les pieds dans le plat, elle me l’avait fait remarquer. Certains commencent à me regarder de travers à cause de mon comportement envers la blonde. Je n’ai jamais eu de difficultés socialement parlant, je n’ai jamais eu de mal à me faire accepter des autres. Et pourtant, quelque chose ne passait pas entre Laura et moi. Quelque chose flottait dans l’air, comme si je n’arrivais pas à lui faire confiance. Et c’est bien là le nœud du problème. Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas et pourtant… Et pourtant je ne lui accordais pas le moindre gramme de confiance. Alors que j’aurais pu remettre ma vie dans les mains de certaines personnes du camp sans la moindre hésitation, là, je ne lui aurais pas confié la moindre tâche. Je ne suis pas un penseur ou un intellect. Principalement, je fonctionne à l’instinct, à l’intuition. Et là, ma raison et mon intuition ne semblaient pas s’accorder. C’était tout aussi frustrant que perturbant. Elle détourna la tête, camouflant un début de larmes, finissant de me mettre mal à l’aise. L’espace d’un instant, je regrettai de l’avoir suivie. Juste l’espace d’un instant. Au fond, j’avais eu raison de le faire, de chercher à en savoir plus. Je ne suis que Major dans la marine mais je sais au moins que lorsque quelque chose ou quelqu’un ne semble pas cadrer avec le reste, il faut mener une enquête plus avant. Je semblais le seul à avoir remarqué que quelque chose n’allait pas. Si seulement je parvenais à mettre le doigt sur ce dont il s’agit réellement. Ce n’est peut-être rien. C’est peut-être juste moi qui psychote mais j’en doute fortement. Il y a anguille sous roche, le tout est de trouver de quoi il s’agit réellement. Et j’étais là, en face de cette tignasse bouclée en train de me demander quel bordel la jeune femme pouvait bien si farouchement nous cacher. Parce qu’il doit y avoir quelque chose. L’inverse est juste inconcevable. Je ne peux pas me tromper. Je suis convaincu d’être dans le vrai et lorsque je suis convaincu de ce genre de choses, je ne lâche pas prise. Je vais jusqu’au bout, quoi qu’il en coute. Je ne me détruirais pas psychologiquement parlant, faisant de la blonde une obsession mais je compte bien la garder à l’œil, noter chaque faux pas qu’elle oserait faire en ma présence. Elle me lança la lame et je notai qu’elle ne semblait pas ignorante du maniement d’une lame. Certains gestes étaient maladroits et hésitants mais c’était plutôt bien lancé. Je réceptionnais la lame par sa garde. Je l’observai en silence. Cela faisait un moment que le sang était là. C’était une lame assez basique mais ce n’était pas comme si nous avions le choix de nos armes sur l’Île.

J’étais encore en train d’observer la lame quand elle me tendit une feuille de papier qu’elle avait noirci pendant que je ne la regardais pas. Juste, c’est ainsi qu’elle communique. Les remontrances étaient sèches. Inutile de me ménager parce que je suis muette. Je ne suis pas née ainsi et, un jour, je retrouverai ma voix ! Alors ne me méprisez pas en me considérant plus infirme que je ne le suis déjà. Merci. C'est mon sang. Je me suis blessée en voulant tenter de me rendre utile et de rapporter un peu de gibier aux autres. Mais, désolée, je ne suis pas une meurtrière professionnelle et, au final, c'est moi que j'ai blessé. Elle releva son t-shirt et, effectivement, une entaille barrait son flanc. Ca n’avait pas l’air bien joli. J’espère qu’elle a montré cela à une personne ayant des connaissances médicales. Elle faisait toujours cela. Elle faisait tout pour se rendre utile et ça avait quelque chose d’admirable. Elle était toujours là, toujours prête à aider malgré son apparente fragilité. Et quelque fois, je me laissais aller face à cette sensation qu’au moindre geste violent, elle pourrait s’écrouler sur elle-même. A chaque fois que je la voyais s’investir et aider sur un maximum de tableau, j’étais partagé entre l’admiration et le doute. Personne sur le camp ne s’investit autant ou en tout cas, ils sont rares. Elle est trop parfaite, quelque chose ne cadre pas. Mais quoi ? Peut-on vraiment se comporter ainsi avec quelqu’un parce qu’il est trop parfait ? Je n'ai pas à vous aimer. Et je n'ai pas non plus besoin de votre aide à vos hommes et vous. Ce sont vos armes et ce que vous êtes capables de faire avec que je n'aime pas. Pas les hommes derrière les armes, eux je ne les connais pas. Un discourt que je ne pus m’empêcher de juger contradictoire. Qu’elle m’apprécie ou pas, là n’était pas le problème. Personne ne plait à tout le monde. C’est un fait. Qu’elle semble être dans le cas était la raison qui me poussait principalement à douter. Cependant, d’un côté elle affirme ne pas m’aimer et de l’autre elle affirme ne pas me connaître. Comment peut-on affirmer ne pas apprécier quelqu’un alors que l’on n’a pas fait l’effort de le connaître ? Ce devait sans doute être un truc d’adolescent… Je me contentai de soupirer

Puis elle me tendit à nouveau une feuille. C’est à croire qu’elle était bavarde aujourd’hui. Si tant est qu’une muette pouvait être bavarde… Allez dire ça à Thaïs alors... Lorsque je suis venue ici la dernière fois elle et son copain étaient là et furetaient partout. Comme je les ai dérangés ils se sont énervés et lui a balancé mon collier ici je venais juste le récupérer. En lisant le nom de Thaïs je m’étais sensiblement tendu. Qu’est-ce qu’elle avait encore fait ? Puis, son copain. Cet enfoiré. Je n’aimais pas les voir trainer ensemble et Thaïs le savait très bien. Chez lui aussi, il y avait un truc qui clochait, un truc qui n’allait pas. Ou alors je m’étais juste laissé emporter dans mes élans de protection vis-à-vis de la jeune brune. Mais c’était un fait, Raphaël était un petit merdeux qui allait la tirer vers le bas. J’aimerais garder un œil plus attentif sur la jeune femme mais le fait est que ici, je fais partie des vieux. Et la bande de jeune n’était pas vraiment prête à s’ouvrir aux plus âgés. Ils étaient souvent en vadrouille je ne sais trop où.  D’un certain point de vue, je pourrais m’arranger pour en savoir plus mais je ne voulais pas non plus espionner plus que nécessaire les jeunes. On a tous fait des conneries à cet âge-là et il faut juste que jeunesse se face. « Bordel, ils faisaient quoi ici ? » Cette question était plus pour moi que pour mon vis-à-vis mais j’avais besoin d’extérioriser. En rentrant, il faudrait que j’aie une petite discussion avec Thaïs, qu’on mette certaine choses au clair. J’allais lui tendre son couteau à nouveau mais je me ravisais. Il est vrai qu’il faut toujours avoir de quoi se défendre sur l’Île, qu’on est jamais à l’abri de rien mais elle venait de me prouver que porter une arme n’était pas sécuritaire pour elle. Du bout de l’ongle, je commençai à gratter un peu le sang qu’il y avait dessus. Les lames ne courraient pas toutes les plages dans le coin. Et laisser une lame souillée signifiait la laisser rouiller. Ce qui n’était nullement une bonne idée. J’irais sans doute la nettoyer plus tard dans la journée. Finalement, je rangeais l’arme à côté de mon propre couteau. « Je garde le couteau. Je le donnerais aux cuisines ou à un chasseur. Il pourrait te faire plus de mal que de bien à ce que je vois. Tu devrais montrer ta blessure à un médecin si ce n’est pas encore fait. Il y en a un ou deux au campement. » L’espace d’un instant, j’oubliai les doutes que j’avais sur la blonde, je me contentais de faire au mieux, mon esprit s’étant tourné vers Raphaël. Un autre jeune avec qui le contact ne voulait vraiment pas passer. Un petit merdeux qui n’avait rien pour lui. Je rentrai plus profondément dans le bunker, prenant un peu plus le temps de détailler les lieux. Il y faisait plus frais que dehors, un peu plus humide aussi. Je m’assis sur les consoles après les avoir à peine regardées, lançant mon regard sur la Blonde. « Laura, je pense qu’il faut qu’on clarifie certaines choses entre nous. Je sens bien que tu ne m’apprécies pas et je ne vais pas te forcer à ce que ce soit le cas. Je veux juste savoir si ça a un lien avec ma profession. Nous ne sommes pas justes des brutes avec des fusils. Ces gars sont vraiment des gars bien et j’ai le sentiment que tu n’as pas envie de voir plus loin que nos armes, comme tu l’as si bien mentionné plus tôt. »

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Message(#) Sujet: Re: Poker muet mais menteur ! {PV Nando} Lun 19 Jan - 3:53



Full aux as par les rois et toi ?


Les militaires, tout planqués qu'ils soient derrière leur froideur et ces armes dont ils savaient si bien se servir, n'en demeuraient pas moins des hommes. Des êtres pétris de ces sentiments et de ces émotions que je me surprenais chaque jour un peu plus à adorer manipuler, modeler selon mes petites envies perfides de sinistre traîtresse aux allures si faussement angéliques. Parvenir à le faire accepter par le groupe uni des rescapés n'avait, en soi, pas été la tâche la plus ardue qui soit. Il m'avait suffit de les laisser me regarder, pauvre petite chose chétive et meurtrie qui ne parvenait plus même à laisser sortir de ses lèvres bien trop pâles et tremblantes que ces atroces borborygmes qui en avaient même frissonné quelques uns. Et puis cette larmoyante histoire que j'avais fini par leur servir et qui faisait de mes parents les énièmes victimes de cette île décidément bien vorace... Tous avaient pris en pitié l'orpheline que je feignais d'être et je savais ne pas manquer d'anges gardiens sur ce camps où j'avais, au fil des jours, réussi l'exploit de gagner aussi leur confiance. Et la nuance est primordiale. La bienveillance est une chose qui ne se raisonne guère, qui fait appel à des sentiments que l'on ne peut jamais totalement contrôler et encore moins endiguer. Fernando lui-même n'en était pas dépourvu et je le voyais souvent se troubler alors qu'il se laissait aller à l'une de ces maladresses dont il était toujours coutumier dès lors qu'il venait à s'agir de moi. Erreur que je savais mieux que personne lui faire ressentir plus douloureusement encore. Et ce sans jamais lui donner le moindre indice sur le fait que ce soit, ou non, volontaire de ma part. De ses doutes et de ses soupçons sans réel fondement je tirais ma plus grande force et mon plus bel atout et je ne voyais aucune raison de m'en priver. Les autres avaient eu eux aussi des réticences mais je les avais toutes enterrées. A force de douceur... et d'une bonne grosse dose de machiavélisme il faut bien le reconnaître. Les gens sont, pour la plupart, tellement prévisibles ! Et leur altruisme qu'une manière narcissique de se rassurer eux-mêmes. Ils prétendaient m'aider ? Menteurs ! C'était eux qu'ils aidaient au travers moi. J'étais devenue l'être qui cristallisait involontairement leurs peurs et leurs espoirs, leurs joies et leurs craintes. Me rassurer les rassurait. Me consoler, leur mettait du baume au cœur. J'étais le miroir de leurs émotions et je ne me lassais jamais de m'en jouer.

Mais Fernando, lui, était différent. Sans doutes plus rompu à ce jeu de dupes ou alors plus aguerri par la vie et ses tourments je sentais presque son instinct gronder sous son derme et le mettre en garde dès lors que je me trouvais près de lui. Et je me délectais de ce combat interne que je semblais susciter en sa si impassible personne. Il aurait aimé pouvoir me croire, peut-être bien en effet. Du moins était-ce ce que j'en concluais à voir la façon qu'il avait, un peu abrupte certes mais qu'espérer de plus d'un soldat, de tenter de se montrer ne serait-ce qu'aimable avec moi dont il se méfiait pourtant tellement. Il voulait mais ne pouvait. Et cela m'amusait follement ! Je savais que plusieurs personnes lui avaient déjà ouvertement reproché sa dureté envers moi. Et ce sans que je ne me sois jamais plainte de lui et de son comportement plutôt hostile à mon égard. Sans doutes est-ce parce que, justement, je ne faisais rien pour attiser les tensions que celles-ci s'épanouissaient d'elles-mêmes. Si j'avais été me plaindre aux uns et pleurer auprès des autres j'aurais fini tôt ou tard par me faire prendre à mon propre jeu. Mais j'étais encore plus maligne et perfide que Fernando ne devait parfois se laisser aller à l'imaginer. Oh oui, j'étais bien pire que tout ce qu'il pouvait penser ! J'étais un océan de douceur derrière lequel se cachait un monstre hideux. Et quand, sur le camps, je chapardais les trésors des uns ce n'était jamais pour les garder pour moi mais bien plus les dissimuler dans les affaires de ces autres. Un peu de patience et ensuite il me suffisait d'observer Eris et sa discorde fondre sur ces êtres qui, la veille encore, s'entendaient à merveilles. Et comme je n'étais jamais à proximité lorsque le conflit larvé éclatait enfin nul ne me soupçonnait jamais. Pour Fernando la technique ne serait pas si différente. Sauf que, au lieu de me jouer de lui en lui dérobant quoique ce soit, j'allais jouer sur la plus sensible des cordes : celles de ces sentiments qu'il laissait par trop bien transparaître pour les deux gamines de sa vie. L'amazone Laïla et la sauvageonne de Thaïs. Elles comptaient pour lui, cela crevait les yeux. Alors ce serait par elles que je mettrais cet homme à terre ! Tout colosse à son talon d'Achille. Le mien se prénomme Lahas mais nul ne le sait et Dieu me préserve que cela soit jamais le cas d'ailleurs ! Celui de Fernando était double et vu que la brunette m'avait d'ors et déjà fourni de quoi ouvrir le bal des festivités hostiles je ne pouvais rêver meilleure occasion que cette rencontre fortuite pour m'en servir !

Les mots que je lui avais tendus ne l'avaient pas ébranlé le moins du monde, ne suscitant chez lui qu'une réaction somme toute prévisible : il me confisqua ma dague et je feignis à peine d'en être déçue quand bien même je me jurais intérieurement de lui faire payer au centuple cet acte par trop paternaliste. Un soupir à mes lèvres alors que j'avais haussé les épaules et signifié d'un geste vague et agacé de la main que, sur ce point-là au moins, je lui donnais raison. Qu'il la conserve cette lame ! Je savais déjà où en trouver d'autres... sans compter des armes bien plus mortelles qu'il devait bien connaître et dont je possédais un ou deux exemplaires mais que, jamais au grand jamais, je ne m'aviserais de porter sur moi. A ma façon singulière et bien sournoise moi aussi je jouais au militaire : adorable petit fantassin muet dont personne ne se doutait. Et si un jour ils réalisaient ce dont il retournait vraiment il serait déjà trop tard. Tellement trop tard même ! Quand il me parla de voir un médecin je grommelais des sons étranges avant que de reprendre mon calepin sur lequel je griffonnais précipitamment ces quelques mots que je lui tendis dans un sourire timide mais avec un très net agacement dans l'océan de mes yeux. Je le ferais. Merci de m'avoir fait y penser. Phrase ô combien sibylline qui, si jamais le major venait à la montrer à quiconque, et sortie de son contexte, ne serait qu'une preuve de plus de mon innocence et de mon manque total d'agressivité envers cet homme que je prenais un plaisir infini à être ainsi tiraillé entre sa raison et ce que je devinais être son instinct. Il aurait du écouter ce dernier d'ailleurs... Et je me gaussais intérieurement, imaginant cet instinct lui susurrer toute la dualité de mes mots. Toute la profonde irrévérence et tout le parfait mépris que je lui vouais et que ma courtoisie devenue quasi légendaire sur le camps, emballait soigneusement. Cadeau ! Et que cela lui explose à sa face de rat en sursis tiens !

Même si je me doutais déjà que la première flèche qui se ficherait en son cœur pas aussi dur qu'il le prétendait, serait celle que je venais de décocher et qui, mine de rien, amenait au centre de la conversation cette petite folle dingue qu'il couvait toujours du plus tendre des regards. Et de cet homme aussi séduisant qu'horripilant qui ne la quittait, lui, jamais plus de deux pas. Sur le camps cela était même devenu une sorte de jeu, un divertissement semblable à ces soaps opéras que diffusaient la télé et que tous suivaient toujours du coin de l'oeil. Pendant des mois ces deux-là ne s'étaient même jamais adressé un mot et puis leur petit séjour forcé chez les miens les avait littéralement projetés dans les bras l'un de l'autre. Depuis leur libération, lui était devenu encore plus sombre, elle plus hystérique que jamais... et les deux ne se quittaient jamais plus de quelques minutes. Amis, amants ou amoureux ? Les paris étaient ouverts ! Et, moi et en l'occurrence, je pariais aisément que le militaire aurait presque adoré pouvoir passer l'ancien reporter par les armes tiens ! Jaloux le monsieur Karsoca ? A moins que ce ne soit que la possessivité inhérente à tous ceux qui se prenaient pour des pères ? Le fait est que sa réaction et ces premiers mots qu'il laissa fuser bien plus qu'il ne me les adressa ne firent que témoigner de sa colère et de sa frustration de ne pas savoir très précisément de quoi il retournait. Fernando ignorait ce que les deux complices étaient venus chercher ici. Ce qu'ils venaient toujours chercher ici. Moi je le savais. Mais pourquoi aurais-je été le lui dire ? Parce que cela aurait pu occasionner une prise de bec entre le mentor et sa protégée ou un beau petit pugilat entre le beau gosse et le militaire ? J'avoue que les idées n'étaient pas faites pour me déplaire mais, non, pas encore. Il ne faut jamais confondre rapidité et précipitation, n'est-ce pas ? Et tout vient à celui qui sait se montrer patient. Et rien que pour jouir de la chute de Fernando je crois que j'aurais pu attendre toute une année ! Enfin presque, il ne faut pas non plus abuser !

Je n'aime pas vos armes. Elles me font peur. Et je reconnais vous assimiler bien trop à elles. avais-je griffonné plus lentement cette fois et mettant exprès de côté ce sujet qui le tarauderait encore un bon moment. J'avais le temps de revenir aux amours alambiquées et plutôt étranges de la folle à la peluche et du fouineur... Pour l'instant je devais abattre une autre de mes cartes. Une autre phrase et une autre que je traçais d'une main volontairement hésitante sur le papier avant que de la lui tendre Les hommes qui sont venus de l'autre île et qui ont achevé de faire de moi une orpheline possédaient les mêmes que vous. Et eux aussi avaient été formés à s'en servir. C'étaient des soldats, tout comme vous.  » un autre feuillet qui volait vers lui Je sais que vous êtes différents mais une partie de moi refuse d'y croire. J'en suis désolée. Mais si vous aviez vu ce que j'ai vu alors peut-être pourriez-vous me comprendre. Ces hommes ont tué la dernière personne que j'avais au monde ! Ils l'ont abattue sous mes yeux après avoir usé des crosses de leurs armes pour la frapper, lui faire mal ! Eux aussi étaient des hommes derrière leurs armes ? Ou n'étaient-ils pas plutôt des monstres ? un dernier feuillet que je lui tendais alors que je me reculais vers le cœur de ce bunker qu'il regardait avec attention Les militaires, les soldats comme vous et vos hommes... Tuer, vous avez été formés pour cela. Que ce soit pour défendre ou attaquer où est la différence Major Karsoca ? Moi la mort me terrifie... Pardon.

Encore un peu et je pleurerais sur mon propre compte... D'ailleurs, trop jouer sur une corde sensible et sentimentale n'était jamais très bon et j'eus vite fait de me reprendre alors que je reprenais ma sacoche et la passais sur mon épaule puis me dirigeais vers le militaire prenant timidement sa main dans la mienne et le guidant jusqu'à cette pièce où avaient du se trouver les archives des scientifiques originaires. Le fruit de leurs recherches, de leurs travaux. Les preuves aussi que tout cela, toute cette île n'était qu'un gigantesque laboratoire où les miens se contentaient de faire subir les pires des épreuves à ces rats humains, notant leurs réactions. Oui, les habitants de cette île n'étaient que des cobayes. Dotés de cervelles, certes, mais sans aucun autre espoir que les miens aimaient à leur donner pour mieux le réduire en cendre le jour suivant. J'avais lâché la main du militaire et était venue m'agenouiller auprès de ces dossiers qui avaient visiblement été fouillés récemment. Pas la peine de lui préciser par qui je savais déjà qu'il ferait le lien tout seul. Je fis mine de lire un dossier alors que je savais parfaitement tout ce qu'il contenait. Et je savais aussi qu'il était plus que récent et certainement pas mis là par les anciens habitants de ce bunker maudit ! Je le tendis à Fernando et allais sagement m'asseoir sur l'une des chaises de la pièce, faisant mine de m'absorber dans la lecture d'un tout autre dossier. Le militaire allait réagir. Comment aurait-il pu en être autrement alors que, dans ce dossier, il était en effet question de Thaïs et des tests qui lui avaient été infligés pendant sa capture. Le dossier avait du en préciser la nature mais les feuilles avaient été arrachées et je pariais que l'intéressée ou son presque petit ami en était les responsables. Mais si ces feuilles manquaient celles qui demeuraient en laissaient déjà bien assez deviner sur l'horreur que cela avait du être. Et je pariais que cela toucherait le militaire. Moi, j'en riais. Parce que je n'aimais pas Thaïs, je méprisais son compagnon et je ne rêvais que d'une chose : faire mal à celui que je regardais pourtant avec douceur et une once de compassion. Laura était gentille et attentionnée. Pas moi !



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