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Message(#) Sujet: La pomme de la discorde... ou pas ! [PV Mav'] Sam 3 Jan - 21:18


La pomme de la discorde... ou pas




Lorsque le bateau était finalement reparti, emmenant avec lui quelques petits chanceux, ils avaient été nombreux, parmi ceux qui étaient restés, à demeurer comme figés, hypnotisés par la masse presque irréelle de ce navire qui disparaissait à l'horizon, emportant avec lui leurs compagnons. Et plus encore leurs espoirs. J'étais là, perdue au milieu d'eux, et je les observais. Je pouvais sentir leur détresse au fond de ces prunelles luisantes qui étaient les leurs. Je pouvais presque entendre gronder sous leurs peaux la colère et la frustration. Et puis il y avait aussi cette peur qui devait les percuter de plein fouet sans qu'ils n'acceptent de la laisser voir. La peur indicible de ne jamais revoir pareille opportunité se reproduire. La peur qu'ils ne reviennent jamais quand bien même tous l'avaient promis. Franchement, à la place des chanceux, aurais-je vraiment eu le désir de revenir sur cette île qui avait été mon pire enfer ? Non, bien sur que non ! Je me serais réjouie de mon sort, aurait joui de cette chance inespérée qui m'était offerte sans plus jamais me retourner, autrement que dans mes cauchemars, sur ceux laissés derrière. Même si... alors que je me perdais dans mes élucubrations intérieures je vis s'esquisser dans mon esprit les traits de ce visage d'homme qui me hantait, me manquait quand bien même je savais que je le reverrais. Sa présence m'était brûlure et colère. Son absence m'était manque et souffrance. Et je comprenais un peu mieux les naufragés et leurs promesses pas si idiotes que cela en fin de comptes... Pour lui j'aurais bien été fichue de tout faire pour revenir ! Même si je savais parfaitement que la réciproque ne serait sans doutes pas vraie... De toutes façons je ne reviendrais jamais que pour l'achever, non ? Pas de commentaires...

Je donnais un grand coup de pied dans le sable avant que de m'éloigner. La présence, leur présence à tous me lassait, m'épuisait et me rendait ivre d'une colère sans précédent ! Et celle-ci ne me quitta pas chacun de ces jours qui suivirent et où je me retrouvais dans l'incapacité de rejoindre l'Hydre pour y faire mon rapport. Le départ des petits chanceux avait troublé et bousculé les esprits et il fallait à chacun reprendre ses marques, encaisser le coup et tenter de reprendre pied dans cette réalité que tous, moi comprise pour le coup, rêvaient pourtant de nier. Toujours ces mêmes paysages qui nous cernaient et semblaient nous menacer... Toujours cette angoisse de se réveiller sans savoir de quoi la journée serait faite, quelle tuile nous tomberait encore sur nos pauvres têtes hirsutes... Elle était loin le confort et la sécurité de ma petite vie sur l'Hydre ! Et, force était de constater que, à force de vivre au milieu des rescapés, j'étais devenue comme eux. Mes gestes se faisaient tantôt plus lourds, comme usés par le poids de ce quotidien que je ne voulais pas et tantôt bien trop vifs, précipités par cette rage de survivre que je sentais irradier en moi. Si j'avais pu crier alors sans doutes l'aurais-je fait jusqu'à sentir mes cordes vocales se briser ! J'étais comme eux, vraiment ! J'étouffais sur cette terre qui n'était pas la mienne et qui me semblait à chaque instant un peu plus hostile ! Pour ne pas dire morbide et mortelle...

Il fallait que je m'éloigne, que je m'isole et laisse l'orage tempêtant en mon âme se calmer avant que de revenir vers ceux qui m'avaient tant et tant accueillie et acceptée que j'en venais à, parfois, éprouver des remords sincères à ainsi les espionner, les voler pour mieux les trahir. Ils ne possédaient pour ainsi dire plus rien et, le peu qu'il leur restait, je le leur volais. Pour mieux rapporter le fruit de mes larcins à Zacharia et au Conseil, pour mieux les priver de ce qui leur était indispensable... Pour mieux faire naître entre eux des tensions qui demain les menaceront plus encore que cette menace que les miens représentaient à leurs yeux pourvus d'oeillères. Le danger était là, au milieu d'eux et nul ne le soupçonnait encore. Au contraire, ils semblaient veiller sur moi et réellement vouloir tout faire pour aider la petite traumatisée que je feignais d'être à reprendre le contrôle de son existence. Un peu comme Jeremiah que j'avais eu la surprise de retrouver ici et qui semblait plus sombre lui aussi. Son passage sur l'Hydre l'avait marqué, peut-être même à jamais, et je tremblais de réaliser que cette si hypocrite relation nouée sur les pires des bases, lui semblait comme un baume à son cœur meurtri. Je ne pourrais jamais rien lui apporter de bon ! Jamais ! Je ne pourrais jamais que le trahir, le blesser plus encore et faire s'éteindre à jamais l'ultime étincelle de sa confiance en l'être humain. J'étais un poison mortel qui s'immisçait dans les êtres qui commettaient l'erreur de m'accorder leur confiance ! Pourquoi ne le voyaient-ils pas ?! Pourquoi ne mettaient-ils pas un frein à ma mission ? ! Parce que, quels que puissent être mes doutes ou mes remords, je mènerais ma mission à terme et à bien ! Je n'avais pas le choix... Et, je ne voulais pas l'avoir non plus ! J'étais née sur l'Hydre et ce serait toujours à elle, et à elle seule, que ma loyauté irait !

Je m'apprêtais à m'enfoncer un peu plus dans la brousse afin d'échapper aux regards des autres quand mes sens se mirent en alerte. Un léger bruissement de ces feuilles que l'on frôle. Ce craquement d'une brindille que l'on écrase et déjà mes muscles qui se bandent alors que surgit, fermement ancrée à la paume de ma main, cette dague que je ne quittais jamais et qui était la seule réelle garante de ma survie. Mes paupières s'étaient plissées et un léger sifflement s'échappait de mes lèvres alors que je découvrais la raison de toute cette tension... d'ailleurs inutile. J'avais déjà vu l'homme qui se tenait non loin de moi et qui me regardait avec autant d'étonnement que je ne pouvait en avoir pour lui. Il n'était pas de ceux qui étaient pour ainsi dire tombés du ciel... Non, lui était encore plus poissard que les autres ! Lui était arrivé parmi ces autres, sur ce fichu rafiot qui avait presque réussi à menacer les miens. Et pour avoir la poisse il devait vraiment s'imposer puisque, lui, était demeuré derrière ses maintenant anciens amis et se retrouvait maintenant bloqué sur l'île de l'enfer ! J'avais abaissé mon arme sans pour autant la ranger. Lui et moi ne nous connaissions pas et je n'avais certes pas envie de lui faire confiance ! La confiance, même lorsque comme moi l'on mentait et trichait à tour de bras, cela se méritait, se gagnait ! Et lui... Lui il avait presque l'air aussi perdu que moi et, oui, cela me toucha presque. Je soupirais tout en roulant des yeux avant que de doucement et prudemment m'approcher de lui. Je pensais me souvenir que en réalité, lui et moi avions plus ou moins déjà été présentés. Du genre l'un de mes si charmants petits copains rescapés m'avait pointée du doigt avant que de préciser que je me nommais Laura, que je n'étais plus capable de prononcer un mot et que, en gros, j'étais une adorable petite sauvageonne... Atroce cliché que je n'entendais cependant pas détromper de sitôt tant il me protégeait d'une quelconque trop grande curiosité.

Venant à lui, je m'assis simplement à ses côtés et tentais de lui offrir ce qui n'était guère que l'ébauche d'un sourire. Puis, avisant une légère plaie à sa main je lui fis signe de patienter et de ne pas bouger. Puis je me relevais et observais avec attention cette nature qui nous entourait et possédait bien des secrets et plus encore de trésors ! Apercevant une feuille aux reflets légèrement bleutés je souris et venais doucement en détacher quelques feuilles. Les effritant dans la paume de ma main je les malaxais ensuite afin d'en extraire une légère pâte dont je recouvrais l'entaille à la main de l'homme. Cela aiderait à cicatriser plus rapidement. Puis, soupirant mon rire muet je sautillais sur place avant que de me relever pour me précipiter vers cet arbre dans lequel je me hissais lestement afin que d'en cueillir quelques fruits aux formes étranges et à l'apparence hideuse et repoussante mais qui étaient, en réalité, délicieux à manger. Apparemment les rescapés ne les avaient jamais trouvés... Tant pis pour eux et tant mieux pour celui à qui je les offrais maintenant dans un sourire radieux. Comme pour mieux le rassurer sur leur comestibilité je repartis sur mon arbre et en cueillais un pour moi, puis, m'arrêtant sur la branche la plus basse, je croquais à pleine dent dans le fruit, invitant l'homme que je pensais s'appeler Maverick si mes souvenirs étaient bons, à m'imiter. Après tout c'était une manière presque civilisée de faire connaissance, non ? Sauf que, à force de déguster mon fruit, je tombais de ma branche et je m'écrasais aux pieds de celui vers qui je relevais mon regard espiègle tout en reprenant mon fruit et en y croquant de nouveau. J'avais faim, pas lui ?




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Message(#) Sujet: Re: La pomme de la discorde... ou pas ! [PV Mav'] Dim 18 Jan - 20:21

La pomme de la discorde... Ou pas


On pouvait difficilement dire que vivre dans ces conditions dans une jungle humide était fortement déconseillé pour quelqu'un de mon âge. Je détestais me rendre à l'évidence et tentait de l'ignorer de mon mieux mais je commençais à sentir la différence par rapport aux plus jeunes. Surtout qu'étant là depuis peu, j'avais tendance a me sentir comme un boulet à qui il fallait tout expliquer tout le temps, ce qui était bien normal au vues des circonstance. Mais ça n'empêchait pas que ça me tapait sur le système. Je m'étais levé ce matin perclus de courbature, cadeau suite aux efforts physique que j'avais dus fournir la veille. Au bout de quelques heures cependant, j'avais commencé à me sentir mieux. Ça m'avait permis de m'investir un peu au camp. J'avais aidé de ci de là, ne connaissant pas encore assez les plantes du coin que pour partir en cueillir tout seul. C'était parfois frustrant mais j'aimais passer le temps en aidant les autres autour de moi. Tout d’abord parce que j'aimais aider mon prochain, mais surtout parce que ce genre de petites tâches manuelles me permettaient de me déconnecter de ma réalité pour un temps. Pas que la vie sur l'île soit insoutenable, loin de là d'ailleurs. Les rescapés faisaient de leurs mieux pour survivre ensemble malgré les discordes qu'il pouvait parfois y avoir. J'avais eu la chance aussi de débarquer bien après les autres, des stratégies de survies efficaces avaient donc déjà été mis en place, j'avais juste à apprendre, m'intégrer au système et attendre les secours comme tout le monde. Non, la vie sur l'île était loin d'être la plaie à laquelle on aurait pu s'attendre. De toute façon, j'y étais coincé alors autant essayer de voir les bons cotés.

J'avais donc passé la journée à bricoler à droite à gauche, descendant même jusqu'au campement militaire pour demander au Major Karsoca s'il n'avait pas besoin d'un coup de main pour quelque chose. Il m'avait renvoyé avec des remerciement et j'avais finis par me tourner les pouces. Incapable de rester en place, j'étais vite repartis à la recherche d'un tâche à accomplir. Je n'avais toujours pas croisé Jéremiah, donc impossible de partir cueillir des fruits. J'avais beau être cuisinier, je ne connaissais pas tout. Et on ne plaisantait pas avec ces choses là. J'avais donc tourné en rond un moment avant de convenir que tout le monde semblait très occupé et pas franchement disposé à m'expliquer ce qu'ils faisaient, ou bien ils n'avaient pas besoin de moi. J'avais donc un peu erré dans les bois, décidant de flâner un peu. En passant devant un petit tas de bois il m'était cependant venus à l'esprit que je pourrais me sculpter quelques outils de cuisine descends. Bien sur, c'était loin d'être la priorité, mais je n'avais rien à faire aujourd'hui et su je voyais Jéremiah je m’arrêterais et lui proposerais d'aller cueillir quelques plantes. Je m'étais donc munis d'un couteau, de quelques morceaux de bois dont la forme me semblait adapté, m'étais assis et m'étais mis à l'ouvrage. Et il fallait bien avouer que c'était beaucoup plus dur que ça n'en avait l'air. J'avais d'abord peiné a trouver une façon se tenir le bois qui ne soit pas dangereuse, puis à prendre le bon mouvement pour sauver un maximum d'énergie. Je m'escrimais une bonne heure sur ce pauvre morceau de bois avant de le jeter au loin en grommelant. Je n'en tirerais rien de celui là. Mis de mauvaise humeur par ce premier échec, j'avais attrapé le morceaux suivant et m'était remis à l'ouvrage. Le premier essais n'avait pas été le bon mais il m'avait permis de prendre le plis et cette fois ci me semblait déjà plus facile. Après tout, avec mon métier, j'étais habitué à manipuler des couteau. Alors que la tâche se faisait plus mécanique, plus répétitive, je perdis ma concentration ; me laissant aller de temps à autre pour couler un regards aux alentours ou pour écouter le chant d'un oiseau. Dans l'un de ses instant de distraction, le couteau ripa sur le bois et pénétra la chaire. Je jurais alors que je laissais tout tomber sur le sol, secouant ma main blessée par réflexe. Une fois la surprise passée, j'y jetais un œil plus avisé. La blessure n'était pas profonde. Encore une fois, avec mon métier j'étais habitué à ce genre de choses. Je massais doucement la peau autour de la coupure, tentant d'estimer les dégât. Rien de grave... Je jetais cependant un regard de reproche aux objets qui gisaient à présent sur le sol. Amer, je les ramassait cependant avant de les poser sur une souche, là ou ils étaient en évidence et ne pourraient pas blesser quelqu'un accidentellement. Et sur ce, je tournais les talons et partis marcher un peu, marmonnant des insultes dans ma barbe.

Marcher seul était reposant. Sur cette île, la survie passait inévitablement par la communauté. J'avais beau être quelqu'un de plutôt extravertie, les moments passé seuls me manquaient parfois. Je profitais donc de cet instant, marchant un peu au hasard autour du camp, faisant attention à ne pas trop m'éloigner cependant. Je ne connaissais pas terriblement bien les alentours et il ne manquerait plus que je me perde.  Au bout de quelques minutes, je m'adossais à un arbre et fermais les yeux, prenant le temps de savourer l'air pur, le champ des oiseaux, la chaleur moite de la jungle et la brise qui parvenait tout de même à y circuler. Je poussais un soupir las, seul dans la jungle, je me permettais d'avoir un instant de faiblesse et me laissais aller à regretter d'être jamais descendu de ce bateau. Je finis cependant par me rappeler que quoi que je puisse dire ou regretter, j'avais bel et bien mis pieds à terre ce jour là. Il fallait faire avec maintenant. Je poussais un dernier soupir résigné avant de me remettre en route. Je marchais donc paisiblement, ne demandant rien à personne si ce n'était la tranquillité, quand au détour d'un buisson, je tombais sur une jeune femme en alerte, visiblement prête a se défendre, un couteau fermement serré dans sa main. Nous échangions un regard interloqué et elle sembla se détendre, baissant son arme alors que j'avais moi même levé les mains en signe de paix. Elle avait beau avoir baissé son couteau, elle semblait toujours à l’affût. Je restais donc le plus immobile possible, un peu trop étonné et chamboulé que pour parler là tout de suite. Je ne me souvenais pas avoir jamais parler à la jeune femme, cependant son visage me disait quelque chose. Je fronçais doucement les sourcil, tentant de me rappeler ou je l'avais vue. Finalement, le vague souvenir de d'avoir été présenté de loin me revint en mémoire. Elle s’appelait Paula ou quelque chose comme ça, peut être Lara ? Si je me souvenait bien, elle avait été traumatisée par la perte de ses parents durant le crash qui l'avait menée ici et avait perdu tout capacité à parler. Elle s'avança vers moi d'un pas prudent, elle semblait intriguée, curieuse. Je ne bougeais pas, toujours les mains ouvertes face à elle, et lui offrit un pauvre sourire amical. Il fallait peut être juste la rassurer après tout...

Finalement, elle sembla décider que je ne lui voulais pas de mal car je sentis son attitude changer. Bien que toujours prudente, elle vint s'asseoir à coté de moi et je l'imitais, lui rendant son sourire plus franchement. « Salut, moi c'est Maverick. Je crois que c'est la première fois qu'on se croise non ? » Elle s'agita un peu et d'un geste, m'intima de rester là. Un peu étonné, j'obéis néanmoins, me demandant vaguement si je ne l'avais pas effrayée. Elle fut cependant vite de retour, ça me rassura quelque peu. Bien, je n'avais pas encore acquis la capacité naturelle de faire fuir les gens. C'était un bon début. Elle mâcha quelques plantes qu'elle appliqua ensuite d'autorité sur ma main blessée, me laissant à peine le temps de me rendre compte de ce qu'il se passait. Je considérais un instant ma blessure, sentant déjà le baume picoter ma blessure. C'était sans doute signe que ça aidait à guérir. Soit ça, soit elle venait de m'empoisonner. Mais je ne voyais pas trop pourquoi elle ferait une telle chose. J'agitais un peu la mains et lui sourit à nouveau, légèrement confus par mon train de pensée. « Euuuh.. Merci beaucoup. » Elle se leva a nouveau et sautilla un instant, je restais assis un moment avant de me lever à sa suite, prenant garde à ne pas toucher quoi que ce soit avec ma main blessée, je ne savais pas trop quelle était la résistance de cette pâte au contact externes. Je la garderais en place le plus longtemps possible. Une fois que je fus sur mes deux pieds, je pus vaguement observer la jeune femme grimper dans un arbre et je trottinais à sa suite, un sourire amusé accroché aux lèvre. Ah oui voilà, son prénom c'était Laura. Je finis de la rejoindre alors qu'elle me tendais quelque chose. Je fronçais le nez, pas spécialement convaincu par le fruit. Rien n'annonçait qu'il pouvait être comestible. Mon premier instinct serait de l'éviter à tout prix même. Je me saisis néanmoins de ce cadeau que m'offrais Laura. En un jeu de mimique complexe, elle m'incita a mordre dans la nourriture qu'elle m'avait offert. Réticent, je n'en fis rien jusqu'à la voir rouler ses yeux malicieux et prendre une pleine bouchée du sien, semblant se régaler. Un nouveau sourire étira mes lèvres : je devrais être le premier à savoir que parfois derrière une apparence plutôt rebutante se cachait un délicieux met.

J'observais donc avec amusement la jeune muette manger son fruit. Voir une jeune fille traumatisée croquer littéralement la vie à pleine dent comme ça avait quelque chose de réconfortant. Cependant, alors que je soupesais à nouveau le fruit dans mes mains, elle bascula et chuta de son arbre. Légèrement paniqué, je me penchais vers elle. « Hey Laura ! Ca va ? » En réponse j’eus droit à un regard malicieux avant qu'elle ne croque à nouveau dans son fruit, toujours étalée par terre. Devant la scène plus que cocasse, je me laissais aller à rire et lui tendis la main pour l'aider à se relever. « Aller, arrête de faire la folle, tu va finir par te casser quelque chose à ce rythme. » Je roulais des yeux amusés avant de reporter mon attention sur ce fameux fruit qui reposait toujours au creux de ma main. « Donc, ces trucs sont comestibles ? » N'attendant pas de réaction de sa part, les yeux rivé sur le petit végétal, je le portais à mes lèvres avec confiance et mordit une belle bouchée. Au pire, si c'était atroce je pourrais toujours recracher. Et je dois bien avouer que le goût était surprenant. Un large sourire étira mes lèvres alors que je pris une autre bouchée, prenant cette fois ci le temps d'analyser la saveur. Un fois ma bouchée avalée, je repris la parole. « Haha, merci pour cette découverte, ils sont délicieux. » Je me détournais un instant de la jeune femme pour m’intéresser à l'arbre en lui même. « Et donc ces fabuleux fruits dont je n'avais jamais entendu parler poussent aussi prêt du camp ? Toujours bon à savoir. » Je fis jouer le fruit inconnu dans ma main pensivement. Finalement je me retournais à nouveau vers la jeune femme et lui offris un sourire contrit. « Au fait, excuse moi si je t’ai fais peur tout à l'heure. J'ai pas trop l'habitude de me balader dans la Jungle donc j'ai peut être fait quelque chose de travers. J'en sais trop rien. Si c'est le cas, je suis désolé. Je voulais pas t'effrayer. » Mal à l'aise, je mordis une nouvelle fois avec enthousiasme dans mon en cas alors que je me massais la base de la nuque. Si un jour je quittais cette île, il faudrait absolument que j’emmène un plan de cet arbre avec moi. J'avais déjà un million d'idée de façon de l’accommoder dans mes recettes.
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Message(#) Sujet: Re: La pomme de la discorde... ou pas ! [PV Mav'] Mar 20 Jan - 1:36


La pomme de la discorde... ou pas




L'apparence de cet homme m'amusait énormément tant elle détonnait franchement au milieu de ce décor luxuriant et sauvage où il faisait plus que jamais perdu. Au camps les rescapés avaient tous le même premier réflexe : se rattacher encore et encore à cette vie qui avait jadis été leur et qu'ils narraient au point presque de radoter à tous ceux qui consentaient encore à les écouter. Comme si cela avait pu leur permettre de s'y raccrocher, de ne pas laisser s'échapper avec elle leur dernier espoir de pouvoir un jour la retrouver, leur fichue vie. Certains, comme ces satanés militaires, n'avaient pas même besoin de parler, leur accoutrement ainsi que leurs armes ou leurs réflexes parlant déjà bien assez pour eux. Et, honnêtement, j'en étais fort aise car je haïssais et méprisais ces hommes dont je me méfiais plus encore que de la peste ! Ici ils incarnaient la sécurité... soit l'ordre et je me méfiais de leur velléité de vouloir un jour faire tomber le petit groupe sous une sorte de loi martiale qui serait un sérieux frein à mes activités de traîtresse professionnelle ! Il suffisait qu'un couvre feu soit décidé pour que je me retrouve dans l'incapacité de rejoindre l'Hydre ! Et, ça, il en était tout bonnement hors de question ! Et puis, je devais bien aussi l'admettre, le fait que le si fringuant Major Karsoca soit charismatique au point d'asseoir son autorité et son leadership sur tous sans même réellement le chercher m'agaçait et me contrariait énormément ! Cet homme se méfiait, me soupçonnait et quand bien même que je le sentais pour l'instant tiraillé entre sa compassion si humaine et son instinct de bidasse étoilé, je savais que le jour viendrait où il serait proche de me démasquer. Enfin... sauf si je continuais de détourner son attention en lui lançant un autre lièvre ! Et, pour l'instant, le fouineur de Raphaël accroché aux basques de la jolie Thaïs semblait amplement suffire. Si cela ne suffisait pas il me resterait encore bien des as à abattre. Et, je n'avais de cesse de me le jurer, je perdrais Fernando avant qu'il ne me perde. Rien de personnel, juste la loi de la jungle.

J'étais née petite princesse trop pourrie gâtée, la vie me faisait doucement devenir prédatrice et je ne pouvais nier adorer cela. Enfin la plupart du temps... mais là, face à ce drôle de rouquin à la face lunaire et pour le moins hébétée, je me sentais comme assaillie par une bouffée de remords que j'avais beau tenter de toutes mes forces de chasser elle demeurait accrochée comme la pire des sangsues à ma peau. J'avais déjà vu cet homme auprès de mon militaire préféré et il me semblait que ces deux là tissaient une relation proche de la connivence et je devais bien admettre ne pas savoir quoi en penser. Cependant je ne doutais pas un seul instant pouvoir en tirer mon parti, d'une manière ou d'une autre. De toutes façons ce rouquin semblait être né pour se rouler dans la poisse alors quoique je puisse faire pour lui pourrir un peu plus l'existence cela ne devrait pas trop le changer, non ? Sauf que duper des êtres comme Fernando Karsoca ne me dérangeait pas. Il était un militaire ! Un homme qui pouvait bien passer pour un bon samaritain sur ces terres il n'en restait pas moins un homme que l'on payait pour tuer s'il le fallait. Et que je ne doutais pas une seule seconde de sa capacité à appuyer sur la gâchette sans en éprouver jamais le moindre remords, tout planqué qu'il était derrière ce sens du devoir dont se gargarisent tous ses semblables ! Un adage dit que celui qui vit par l'épée finit par mourir de celle-ci... en adaptant un peu les choses cela pourrait très bien concerner le militaire ! Et, non, je ne serais pas de ceux qui verseraient des larmes sincères si jamais un malheur devait lui arriver ! Je serais même plutôt du genre à aller danser et cracher sur sa tombe une bonne bouteille de bière fraîche à la main ! On récolte toujours ce que l'on sème. Mais lui, là, le cuisinier de service … qu'avait-il bien pu faire pour mériter pareil destin ? Sans doutes rien et je retins de justesse un soupir de frustration alors que je détournais un instant la tête et le regard. Si j'en avais eu le droit alors sans doutes me serais-je laissée aller à un pur élan de compassion et d'humanité envers celui qui se conduisait de façon aussi spontanée que chaleureuse envers moi qui l'avait pourtant accueilli arme à la main... Je n'aimais pas cette aura de douce gentillesse qui émanait de sa personne et le nimbait comme l'aurait fait un bouclier. Je détestais cette aura... parce qu'elle m'atteignait moi aussi et, peste soit de mon humanité, elle me touchait.... Je hais le fait de posséder encore un cœur et une âme ! Vraiment !

Il était venu me rejoindre et ce fut dans un sourire sincère que je lui offris lorsqu'il se présenta à moi. Apparemment il savait déjà que je ne pouvais parler et au moins eut-il la délicatesse de ne pas en faire état et de continuer à me parler et à me regarder sans une once de cette compassion teintée de pitié que je ne pouvais plus supporter. J'aimais bien sa façon de se conduire et sans doutes est-ce pour cela, plus encore que dans l'optique de le manipuler, que je m'étais empressée d'aller chercher de quoi soigner cette vilaine plaie à sa peau. Ma façon de le remercier de me considérer comme une fille normale et non comme « Laura la muette traumatisée » ! Cela me changeait et je me surpris à oublier complètement l'espionne que j'étais. Cela me stupéfiait sincèrement mais, là et maintenant, j'étais vraiment cette fille espiègle et joueuse qui faisait de son mieux pour tenter de faire revenir sur ce visage bien trop grave ou perplexe un semblant de sourire. Chaque monstre à sa faiblesse. Lahas est, à n'en pas douter la mienne. Mais ce cuistot échoué pourrait bien en devenir une autre. De nature différente, certes, mais bien plus dangereuse encore. La façon qu'il avait de me regarder alors que je grimpais dans mon arbre pour en cueillir les fruits sucrés et juteux... La manière qu'il avait eu de me faire confiance sans même chercher à me questionner sur ce que j'étais ou sur la façon dont je pouvais vivre mon naufrage... Cet homme me semblait différent. Et je savais que si je continuais sur cette pente plus que glissante je pourrais finir par m'attacher sincèrement à lui. A ces tifs en pagaille et bien trop ras qui possédaient la couleur de la carotte. A ce visage dénué de toute malice et de toute méchanceté. A cette spontanéité et cet étonnement qui avaient été les siens quand il m'avait vue panser sa plaie... Cet homme était quelqu'un de bien. Quelqu'un de bon. Et je grimaçais en me retournant alors que je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il était en train de laisser sa gentillesse à la pire des adresses.

Enchantée Maverick même si j'avoue que j'aurais tout autant apprécié une rencontre où je ne me serais pas affalée à tes pieds avais griffonné sur mon calepin avant que de lui tendre un second feuillet que j'accompagnais d'un sourire radieux et mutin Et puis c'est plutôt à moi de te remercier. Ca faisait longtemps que personne ne m'avait faite rire ou même sourire ainsi...

Je l'avais regardé, encore assise par terre, les cheveux tombant en pagaille devant mes yeux, mon calepin et mon crayon à portée de l'une de mes mains, l'autre tenant ce fruit dans lequel je croquais à pleines dents. Un gloussement étouffé de contentement alors que je le voyais m'imiter et apprécier ce cadeau que je venais de lui faire. Me décidant enfin à me relever je me secouais comme une drôle de poupée déglinguée et mes cheveux retombant devant mes yeux rieurs je soufflais dessus pour mieux regarder celui qui semblait s'étonner que personne n'ait encore ramené de ces fruits au camps. En fait j'avais bien tenté de le faire mais, comme je tentais de lui expliquer par des mimes des plus comiques, personne ne m'avait vraiment comprise et j'étais demeurée seule avec mes fruits. Pas évident de se faire comprendre quand on ne parle pas, n'est-ce pas ? Sauf avec lui visiblement.

C'est plutôt à moi de m'excuser pour … mon arme... Mais disons qu'àprès des semaines et des semaines passées seule dans cette jungle avant même que de rejoindre les autres 'ai acquis des réflexes pas toujours civilisés … Mais au moins ils m'ont permis de demeurer en vie et c'est déjà bien. avais-je écrit cette-fois et lui tendant le papier d'une main tremblante et des larmes retenues plein mes jolies mirettes.

Puis, comme si ce souvenir était bien trop douloureux à évoquer j'avais secoué la tête et, déchirant un bout de mon t-shirt, je me rapprochais afin de prendre la main blessée. Le cataplasme ferait son effet mais il fallait qu'il tienne en place aussi fis-je un léger bandage qui ne l'empêcherait pas de se servir de ses doigts mais aiderait le tout à tenir. Il pourrait toujours, lors de son retour au camps, le faire refaire par l'un de ces médecins que comptaient nos rangs. J'avais souri avant même que de relever la tête vers lui et de déposer sur sa joue une bise légère et douce. Puis, alors qu'il évoquait la jungle, je soupirais et glissais ma main dans la sienne. Oui, cette jungle pouvait faire bien peur et il était aisé de s'y perdre. Mais, moi, j'en connaissais la beauté pure et naturelle et je comprenais chaque jour un peu plus l'amour que Lahas portait à ces terres que l'homme ne faisait jamais que détruire, polluer au mieux. Notre présence était si souvent irrespectueuse de sa beauté qu'elle en devenait insultante. Et je me surprenais à vouloir, moi aussi, trouver un moyen, n'importe lequel, de préserver ce joyau vert. Souriant à Maverick je lui désignais le cœur de la brousse et tirait doucement sur cette main que je lâchais devant sa réticence pour mieux reprendre mon calepin et y gribouiller

Viens Je voudrais te montrer mon endroit secret... Là où je vivais avant que les autres ne me trouvent.

Cet endroit que je n'avais encore jamais montré à personne, du moins pas de manière volontaire, et qui était devenu comme mon refuge lorsque le campement devenait oppression et que j'éprouvais le besoin de m'isoler. Guidant mon compagnon je lui fis voir la beauté de ces fleurs sauvages aux couleurs chatoyantes et aux parfums enivrants, lui fit écouter ces chants d'oiseaux du paradis qui étaient comme musique à nos oreilles. Je l'amenais enfin à cette petite grotte cachée sous un rideau de lianes et qui se trouvait près d'un petit torrent. Dedans s'y trouvaient toutes ces choses que j'avais récupérées dans la carlingue et qui passaient pour être comme les souvenirs de mon ancienne vie. L'invitant à prendre place sur un des vieux coussins que j'avais pu trouver et rafistoler je le laissais deux secondes avant que de venir lui tendre un plateau plein de fruits exotiques glanés ici et là lors de mes excursions. L'un de ces fruits dont les autres se méfiaient les idiots ! Et puis je m'assis face à lui et lui tendis une photo d'un couple. Mes parents. Les vrais. Je n'eus pas à me forcer pour feindre le manque et la tristesse. Mes parents me manquaient, vraiment. Et Lahas aussi... mais de lui je n'avais pas la moindre photo, juste le souvenir bien trop diffus et fugace de ces songes éveillés que nous avions faits ensemble. Une larme qui perlait à mon œil, roulait sur ma joue et venait mourir sur mes lèvres avant que je ne souris tristement et ne demande par écrit

J'aimais mes parents. Et ils me manquent. Sans eux, ici, je suis perdue.. Et toi ? Tu as une famille aussi ? Ou es-tu comme moi ? Seul au monde.

Et je ne mentais pas. J'étais seule au monde. Sans parents. Sans amis. Et sans « Lui ». Sur cette île j'étais bien seule. Et la présence de Maverick à mes côtés et dans mon refuge me faisait un bien fou. A lui aussi ? Je l'espérais. Sincèrement.





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Message(#) Sujet: Re: La pomme de la discorde... ou pas ! [PV Mav']

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