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Message(#) Sujet: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Lun 22 Déc - 13:53



✈ LAILA-CHILALI & FERNANDO
le mouvement des marées (flashback)

« Laïla, tu veux bien aller me chercher quelques baies qui poussent en haut de la falaise ? ». Assise en tailleur auprès du feu sacré, la jeune rousse relève la tête pour voir quelle était l’amazone qui venait de lui parler. Sans surprise, c’est Stacïly qui lui tendait sa bourse médicinale, surveillant du coin de l’œil Lorelaï, occupée à écraser entre deux pierres une poignée de graines. La petite dernière du clan ne mit donc pas longtemps à deviner que la sage avait demandé à Stacy’ de lui chercher ces-dites baies. Et, comme toujours, la grande blonde tentait de se débarrasser de cette tâche en la refilant à Laïla, sachant pertinemment bien que cette dernière allait accepter. Déjà, elle se levait et attrapait la petite bourse en peau de tigre. « Lesquelles ? Les rouges ou les violettes ? ». Le sourire abordé par son ainé disparut, remplacé par une profonde incompréhension. « Attends, tu veux dire qu’il y a deux sortes de baies au sommet de la falaise ? ». Laïla aurait dû s’en douter : trop pressée de trouver une remplaçante, Stacïly n’avait même pas pris la peine de demander des précisions à Lorelaï, qui devait quant à elle penser que l’amazone était suffisamment maline pour comprendre desquelles elle parlait. La cadette eût un grand sourire avant de répondre. « Bah oui ! Tu ne le sais toujours pas ? Pourtant, ça fait des années que Lorelaï t’envoie là-bas … ». Et des années que Stacïly envoyait la jeune rouquine à sa place, et ce malgré les consignes de leur chef qui avait interdit à Laïla de quitter la jungle depuis l’arrivée de ces étranges personnes tombées du ciel. Mais c’était justement pour cette raison que Laïla acceptait chaque fois de rendre service à la grande blonde : du haut de la falaise, elle pouvait observer à loisir ces hommes et ces femmes venus d’ailleurs, qui l’intriguaient au plus haut point. Bien des fois, elle s’était aventurée plus loin dans les terres des survivants, espérant secrètement en croiser un pour enclencher la conversation. Elle avait beau avoir 16 ans, la jeune fille déjouait les interdits comme elle le faisait enfant. « Mais … mais … ». Son ainée semblait avoir perdue sa langue, trop embêtée pour trouver que répondre à la petite rousse qui jubilait. Au bout de quelques minutes, cependant, elle eut pitié de sa sœur de cœur et déclara : « T’inquiète, j’vais prendre des rouges dans ta bourse et des violettes dans la mienne. On verra bien après ! ». C’était la réplique favorite de la petite amazone, et ce depuis des années : « On verra après ». Façon pratique de ne pas songer tout de suite aux conséquences que peuvent avoir ses actes. Et, sans attendre la réaction de Stacy’, elle se précipita hors du camp, heureuse de pouvoir s’échapper pendant quelques heures. Car elle comptait bien profiter du fait qu’elle se trouvait hors de la jungle pour espionner les rescapés des différents crashs. Ce qu’elle préférait, c’était épier les enfants de l’Ile, regrettant de ne pouvoir les rejoindre. Car, malgré son âge, les grandes continuaient de la traiter comme une enfant … ce qui ne déplaisait pas vraiment à Laïla !

Mais les lieux favoris des enfants étaient trop éloignés de la falaise, et son absence finirait par devenir suspectes. Aussi se résigna-t-elle à observer la plage, surplombée par le précipice rocheux que représentaient les falaises. La présence d’un village sur la côte assurait une agitation permanente qui émerveillait la jeune amazone, habituée à l’activité sereine du campement. Tout en traversant la jungle, Laïla accrochait la bourse de Stacïly à sa ceinture, et triait le contenu de sa propre sacoche. Il y avait de tout : des cailloux, des feuilles, des fruits, des bouts de ficelle … Laïla accumulait énormément, et tous ces petits objets étaient pour elle de véritables trésors. Souvent, quand une des grandes rapiéçait la petite sacoche de cuir de Laïla, elle se demandait ce qui pouvait s’y trouver pour qu’elle soit aussi lourde. Mais chez les amazones, les règles étaient claires : on ne fouille pas dans la bourse médicinale de ses sœurs, sauf si la sœur en question est d’accord. Cette petite sacoche contenait leurs objets, leurs secrets. Si Stacy’ avait accepté de s’en séparé, c’est uniquement parce qu’elle ne pouvait pas revenir chez Lorelaï avec la bourse de Laïla ! Mais cette dernière, trop jeune encore, pensait naïvement que c’était juste parce que son ainée avait suffisamment confiance en elle pour savoir qu’elle ne fouillerait pas, malgré sa curiosité. « En tout cas, elle doit pas avoir grand-chose dedans, c’est tellement léger ! ». Elle n’avait pu s’empêcher de parler à haute voix, faisant sursauter le perroquet qui somnolait sur une branche. Il s’envola, et Laïla poussa un juron : c’était le perroquet de Laïlynn, et elle craignait qu’il n’aille avertir leur chef qu’elle se dirigeait hors du territoire des amazones. Coco était surement le perroquet le plus bavard de toute la jungle, et il n’obéissait qu’à sa maitresse ! Depuis qu’elle était toute petite, Laïla tentait de l’amadouer, mais rien à faire. Alors, espérant que le volatile mettrait suffisamment de temps à trouver Laïlynn pour lui permettre de sortir de la jungle avant son retour, la jeune rousse accéléra. Elle bifurqua, espérant ainsi que la chef la cherche sur le mauvais chemin. Ça, c’était tout elle : il fallait qu’elle tombe sur ce perroquet, et qu’elle le réveille ! Tandis que les arbres commençaient à s’espacer et que le sol devenait moins verdoyant, la jeune amazone se maudissait d’avoir été si peu discrète. D’autant plus qu’elle enviait énormément Laïlynn qui, comme la majeure partie des amazones, s’était liée avec un animal de la jungle qui ne la quittait presque jamais. Lorelaï tentait de rassurer la jeune fille, lui assurant qu’un jour elle trouvera elle aussi un compagnon, mais elle commençait vaguement à désespérer. Elle ne s’entendait ni avec les oiseaux, ni avec les singes … Et pas question de s’approcher d’un serpent pour vérifier si le courant passait ou non ! S’il y avait bien un animal que Laïla ne supportait pas, c’était les serpents. Trop imprévisibles, trop semblables les uns par rapport aux autres …

Arrivée sur les hauteurs des falaises, la rouquine s’approcha du bord. Comme prévu, ça grouillait de vie sur la plage. Et que ça court, et que ça crie, et que ça s’agite sans explication. C’était tellement étrange, de voir autant d’animation, elle qui vivait dans le calme relatif de la jungle depuis qu’elle n’était qu’un bébé. Chez les amazones, hormis lors des fêtes, tout était calme. Pas besoin de courir dans tous les sens, pas besoin de crier pour se faire entendre. Il ne fallait pas bouleverser l’équilibre de la nature, il ne fallait déranger les esprits qui les entouraient. Et puis surtout, il y avait trop d’animaux aux alentours pour prendre le risque d’attirer leur attention sur le campement. On avait raconté à Laïla qu’un jour, une amazone plus téméraire -plus folle- que les autres avait décidé de dompter un tigre, persuadée d’être ainsi reconnue comme la plus apte à diriger le groupe. Ayant dérangé le félin dans sa sieste, la jeune femme attira ainsi sa haine sur le clan. Il avait tout dévasté, allant jusqu’à éteindre dans sa fureur le feu sacré. Depuis, on interdit à toute amazone, jeune ou adulte, mage ou guerrière, de s’approcher de ces félins tout puissants. Et c’est pourquoi, quoi qu’on fasse, on doit rester calme et silencieux. Apparemment, les survivants ne craignaient pas les tigres, qui de toute façon restaient dans la jungle. Savaient-ils seulement que l’Ile cachait ces animaux ? Il semblerait bien que non. S’arrachant à son observation, Laïla décida de cueillir les baies dès maintenant, pour être ensuite débarrassée de cette corvée. Elle pourra ainsi surveiller les mouvements incessants des rescapés sans avoir cette besogne en tête. Les buissons étaient bas, et leurs branches grouillaient effectivement de baies juteuses et sucrées. Laïla ne savait pas comment Lorelaï faisait, mais elle savait toujours précisément à quelle période les fruits étaient murs à point pour ses remèdes. Remerciant silencieusement Sylvernya de leur fournir ces fruits, Laïla se mit à remplir les deux bourses, tâchant de se souvenir dans laquelle elle avait mis les rouges et laquelle était destinée aux violettes. Et, même si ces baies étaient précieuses pour les onguents, et qu’il ne fallait pas les gâcher, elle se permettait d’en avaler quelques-unes de temps en temps. Après tout, toute sage qu’elle était, Lorelaï ne pouvait quand même pas savoir le nombre exact de baies que portaient les broussailles ! Soudain, tandis qu’elle était absorbée par son travail, un bruit lui fit relever la tête. « Y a quelqu’un ? ». Elle savait bien que Laïlynn lui taperait sur les doigts si elle apprenait qu’elle avait posé cette question, au lieu d’aller se cacher comme elle devait le faire en présence d’un survivant. Mais elle avait toujours eu envie de discuter avec l’un d’entre eux ! Et puis Laïlynn n’était pas là, et les buissons étaient trop petits pour lui apporter une cachette suffisante. Autant de façons de se déculpabiliser, de ne pas reconnaitre qu’elle venait, une fois encore, de désobéir aux lois de la tribut …
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Lun 22 Déc - 15:23

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

Du recul, j'avais besoin de prendre un peu de recul. Sans un mot, j'avais quitté le camp sur la pointe des pieds. Tout le monde était occupé et aujourd'hui, je n'avais pas le cœur à l'ouvrage. Il est de ces instants ou vous avez juste besoin de vous arrêter et de souffler. Le travail me maintient loin de mes introspections mais parfois il fallait ouvrir les vannes et prendre une grande goulée d'air frais. Il n'est pas sain de tout garder pour soit ou de faire comme si de rien n'était, de se forcer à ne pas y penser. Alors de temps en temps, je m'éclipsais et m'autorisais quelques instants à moi. Ce n'est pas sage, ce n'est pas intelligent mais j'étais un militaire entraîné. J'étais sans doute l'un des plus à même de me défendre parmi les rescapés en cas de problèmes. Et il me semblait que je n'étais pas le seul à avoir parfois besoin de me ressourcer. Certains gars disparaissaient aussi parfois en journée pour aller marcher le long de la plage. Beaucoup pensaient à leur famille. Qu'est ce qui a été dit à propos de notre disparition ? Perdus en mer ? Je voyais mal les familles se contenter d'une explication aussi bancale. Depuis le jour où nous sommes arrivés ici, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi l'équipage du bateau n'est pas venu nous chercher, ne nous a pas envoyé d'aide. Nous étions une poignée d'hommes, nous méritions tout de même un peu de considération. Je n'avais plus de famille à laquelle penser, du moins je ne souhaitais pas y penser. Cependant j'avais parfois besoin de mes instants à moi et marcher le long de la plage ne m'aidait aucunement. Il y avait trop de monde sur les plages et il n'était pas rare de croisé un rescapé ou deux qui cherchaient aussi à s'isoler un instant.

J'étais partit avec le strict minimum. Un couteau pour me défendre, une gourde d'eau potable, quelques fruits, une vieille carte et un crayon. Je ne suis pas cartographe mais à mes heures perdues, j'appréciais de recenser les différents lieux de l'Île, étoffant ma carte au fil des semaines. Je m'étais enfoncé dans la jungle, connaissant le chemin que je voulais prendre. Rapidement, les arbres se refermèrent derrière moi et je sentis un long frisson me courir le long du dos. Je n'aimais pas traîner dans la jungle plus que de raison. Elles pouvaient être partout et me tomber dessus à tout moment. Instinctivement, ma main se porta à mon couteau. J'étais prêt à me défendre en cas de besoin. J'évoluai d'un pas rapide, ne souhaitant pas m'attarder trop longtemps sur ce terrain que je savais moins maîtriser que ces saloperies d'amazones. Je serrai les dents, retenant ma haine, revoyant les fantômes du passé danser devant mes yeux. Nous n'aurions jamais dû quitter la plage. Je fis une pause pour boire un peau d'eau. Elle était tiède mais cela me fit du bien, me recentra un peu les idées. Être seul m'amenait indéniablement à penser à cette journée. Penser à ma carte m'aiderait sans doute à chasser ces souvenirs. Je sortis l'ancienne carte militaire et la tournais de son côté normalement vierge. J'observai les lignes faites d'une main nerveuse sur le papier, dessinant maladroitement l'Île ainsi que quelques uns de ses détails. Ce genre de choses pourrait être utile si quelqu'un passait au abords de l'Île et s'y aventurerait. Tandis que je repliais la carte pour la fourrer dans l'une de mes poches, je laissais le doux espoir qu'un jour nous puissions nous échapper de cette île flotter. Bien sûr, en tant que militaire, je serais sans doute dans les dernier à sortir de cet enfer mais c'était quelque chose auquel j'avais finis par me faire. Les civils avant tout.

Indéniablement, je me dirigeais vers la falaise. Mon évolution était à peu près approximative mais je maintenais globalement le bon cap. Finalement, la végétation commençait à se faire moins dense. Et quelque chose me fit m'arrêter, me figer étant un terme plus correct. « Y a quelqu’un ? » Elle était dos à moi, pourtant il aurait fallut être idiot pour ne pas reconnaître une amazone. Ma poigne se resserra sur mon couteau et ma mâchoire se crispa sous la tension qui parcourait mon corps. Je restai un bref instant à l'observer, immobile. Aurais-je une chance si je lui sautais dessus ? Elle était seule mais maîtrisait mieux le terrain que moi. Mon regard fouilla le paysage autour de nous. Aucun endroit où je pourrais réellement me planquer. Je me retins de jurer. Ne voulant pas non plus lui tourner le dos pour retourner dans la jungle, je m'avançai, ma main ne bougeant pas de mon arme de fortune. Soudainement, mes rangers semblaient faire un bruit de tout les diables sur le sol mi-rocheux de la falaise. Au moins, ça question pouvait laisser sous-entendre qu'elle était seule, que ses sœurs n'étaient pas dans le coin. Il n'empêchait que maintenant, il était hors de question de lui tourner le dos à elle tout comme il était hors de question de tourner le dos à la jungle. « Que fait une p... amazone seule aussi loin de chez elle ? » Lâchai-je d'un ton qui fut plus acerbe que je ne l'aurais voulu. Tandis que je m'approchais, je remarquais la jeunesse de la jeune femme. Et quelque part, cela me fendit le cœur. Elle était jeune et sans doute endoctrinée par la pensée corrompue de ses aînées. Fouillant, dans ma mémoire, j'essayai de me souvenir des visages que j'avais pu observer lors de ma captivité chez ces psychopathes. Je n'en était pas bien sûr, mais elle était l'une des plus jeunes de la tribut. Si pas la plus jeune. Sans que je ne m'en rende vraiment, compte, j'étais déjà en train de réfléchir à une manière d'utiliser cette situation à mon avantage. Les amazones étaient très attachées à leurs sœurs. Et là, j'avais une occasion de frapper là où ça faisait mal. Mais avant tout, je devais m'assurer qu'elle ne me sauterait pas dessus pour faire Dieu sait trop quoi. « Il m'avait semblé comprendre que vous sortiez rarement seule hors de la jungle. » Lâchai-je mine de rien. Je pris une grande inspiration, essayant de maîtriser ma colère. Elle ne me servirait à rien si je voulais avoir un avantage suite à cet échange. Et surtout, je devais rester sur mes gardes et ne pas me laisser abuser par le jeune âge de l'amazone qui me faisait face. Elles étaient toutes aussi dangereuses les unes que les autres. Dangereuse et sans remords.


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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mar 23 Déc - 11:11



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le mouvement des marées (flashback)

Laïla s’était arrêtée nette dans sa cueillette, à peine avait-elle entendue une branche craquer. La première chose qui lui vient à l’esprit, c’est que Coco avait retrouvé Laïlynn, qui l’avait retrouvé. Alors, presque discrètement, elle entreprit de refermer la bourse de Stacïly afin de la cacher sous sa tunique avant que leur chef ne puisse se rendre compte que la jeune blonde refilait ses corvées à la benjamine. Certes, Laïla en avait parfois ras le bol de tout devoir faire à la place de son ainée, mais comme cela lui permettait parfois de s’échapper de la jungle, elle tenait à garder ce petit arrangement secret. Là, elle pouvait toujours dire qu’elle ne faisait que rendre un service, sans mettre en cause Stacy’, qui d’ailleurs la détesterait pour le restant de ses jours si elle apprenait que Laïla avait mis au courant Laïlynn. Au bout d’un certain temps, elle se dit tout de même que ça ne pouvait pas être Laïlynn. Cette dernière lui aurait déjà tiré les oreilles depuis un certain temps, à peine aurait-elle eu le temps de lancer à la cantonade ce fameux « Y a quelqu’un ? ». Mais si ce n’était pas Laïlynn, c’était qui ? D’ailleurs, y avait-il vraiment quelqu’un, ou bien avait-elle été effrayée par un quelconque animal qui passait par là ? Toute personne normale se serait sans aucun doute retournée sans réfléchir pour vérifier. Mais le gros problème de Laïla, c’était qu’elle réfléchissait trop, toujours à se demander ce qui pouvait se passer si elle faisait ou ne faisait pas tel ou tel acte. Mais elle n’eut pas à se poser bien longtemps des questions, puisqu’une voix finit par l’interpeler. « Que fait une p... amazone seule aussi loin de chez elle ? ». Elle se retourna, interloquée. Comment cet individu pouvait-il la reconnaitre en tant qu’amazone, puisqu’elles ne s’étaient jamais montrées aux survivants ? A vrai dire, les seuls à avoir vu les amazones, sur cette Ile, c’étaient les militaires. Et à partir du moment où elle se fit ce constat, Laïla fut persuadée que Laïlynn allait vraiment, mais alors vraiment, s’énerver. Elle espérait presque voir débarquer Coco à cet instant, ce qui lui donnerait une bonne excuse pour ne pas répondre et se précipiter vers le pauvre perroquet. Sauf que bien entendu, les perroquets, ça se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Une fois encore, la jeune rousse regretta de ne pas avoir un petit compagnon à envoyer au campement chercher les grandes. Elle se promit de demander à Lorelaï si elles pouvaient, ensemble, réessayer de trouver l’animal avec lequel le courant passerait bien. Même si elle se doutait que ça serait, une fois de plus, un échec. Les animaux semblaient la fuir. « Il m'avait semblé comprendre que vous sortiez rarement seule hors de la jungle. ». Elle cessa de regarder vers la jungle. Coco ne viendrait pas, et Laïlynn non plus. Elle se concentra donc sur l’homme qui lui faisait face. Elle était bien incapable de dire si elle l’avait déjà vu ou non, puisqu’elle n’avait pas eu le droit de s’approcher des militaires lorsqu’ils étaient au campement.

« Je … je cueillais des baies. ». Comme pour se justifier, elle sortit une poignée de baies violettes de sa bourse. En temps normal, elle les aurait avalées dans l’instant, mais en cet instant, elle se sentait bien incapable de manger quoi que ce soit. Les grandes lui avaient tellement répété que les militaires étaient horriblement méchants, qu’elle se demandait même comment ses genoux parvenaient encore à la porter. Et son naturel bavard semblait s’être envolé au passage. Elle qui parlait tout le temps sans interruption était maintenant incapable d’aligner deux mots. Elle remit sa poignée de baies dans sa petite bourse médicinale, lui permettant ainsi de garder les yeux baissés. C’était la première fois qu’elle parlait à un inconnu, et ce n’était pas franchement aussi cool que ce qu’elle pensait. Finalement, elle comprenait pourquoi Laïlynn leur demandait de rester entre elles, de ne pas chercher à entrer en contact avec les autres habitants de l’Ile, qui ne connaissaient rien à la nature et bafouaient toutes les lois dictées par les esprits. Mais maintenant qu’elle était là, qu’il était là, qu’il lui posait des questions, elle ne pouvait pas faire autrement que de répondre. « Je … j’ai pas le droit de sortir toute seule, normalement, mais … mais c’est plus drôle quand c’est interdit. ». Sa voix avait déraillé sur le mot « drôle ». Non, ce n’était plus drôle du tout, aujourd’hui. Elle n’avait qu’une envie : disparaitre sous terre et rejoindre en courant le clan. Elle était prête à jurer de ne plus jamais -jamais, jamais- sortir de la jungle. Même si, la connaissant, elle ne pourra pas tenir bien longtemps sa promesse, une fois que le souvenir de cette rencontre se sera effacé. Presque sans s’en rendre compte, elle se met à se dandiner d’une jambe à l’autre, gênée. Devait-elle dire encore quelque chose ou pas ? Et puis pourquoi il s’intéressait à elle, d’abord ? Elle ne put s’empêcher de demander, curieuse jusqu’au bout. « Mais t’es un militaire ou pas ? Parce que les grandes elles ont dit que les militaires ils sont méchants méchants … ». Elle avait murmuré la dernière phrase, se disant quand même que c’était peut-être pas une excellente idée de dire à un potentiel méchant qu’on disait qu’il était méchant … Mais si les grandes le disaient, c’était que c’était vrai. Les grandes elles ne mentaient jamais. Et même si Laïla en avait parfois -souvent- marre de leurs recommandations, elle devient bien reconnaitre qu’elles essayaient toujours de la protéger. Si seulement elle les écoutait un peu plus ! Elle n’en serait pas là, aujourd’hui. Elle aurait refusé d’aider Stacy’, arguant qu’elle n’avait pas le droit de sortir de la jungle, et elle serait sans aucun doute en train d’aider Soutäna à aller chercher de l’eau au fleuve. Elles en auraient profitées pour s’éclabousser comme des gamines et seraient rentrées trempées au campement, sous le regard furieux de Lorelaï. Une journée ordinaire, en somme, mais qui au moins ne comportait pas d’imprévus ….
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mar 23 Déc - 18:33

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

La main sur la garde de l’arme qui pendait à ma ceinture, je plissais les yeux, analysant le comportement de l’amazone en face de moi. Bordel, c’était qu’une gamine ! Son regard s’accrochait, presque désespéré à la jungle qui était dans mon dos. Rester dans cette situation, pouvant me faire attaquer par derrière et lui couper toute retraite ou me mettre avant tout en sécurité ? Son regard se posa sur mon et je me sentis frémir. La colère était bien là, bien présente mais p*tain, cette gamine semblait juste totalement paumée. Pourtant elle était l’ennemi. Elle était des leurs. Mais était-ce par choix, par conviction ou simplement n’avait-elle connu que cela ? L’espace d’un instant, je me retrouvai hésitant, ne sachant si je devais réellement autant la craindre. « Je … je cueillais des baies. » J’observai en silence les baies dans sa main. Cela sonnait comme une piètre excuse mais ce n’est pas comme si nous étions dans un parc de New-York. Nous sommes sur une foutue île et ce genre de cueillette faisait partie du quotidien pour tout le monde. Cependant, en l’observant de plus près, elle semblait terrifié par moi, par le fait d’avoir été surprise. Qu’est-ce que ces sœurs avaient-elles pu lui raconter comme atrocités à notre propos ? J’avais vu leur folie et fait l’expérience de leur violence. Elles vous sourient pendant que celle que vous n’avez pas remarquée vous plante un couteau dans le dos. Elles sont ainsi. Elles manipulent pour obtenir ce qu’elles veulent. Elles avaient même eut le culot de me soutenir qu’elles n’y étaient pour rien dans le massacre de plusieurs de nos hommes. Elles nous avaient capturés et séquestrés et elles voulaient nous faire croire que le massacre d’un petit groupe voulant faire de la reconnaissance n’est pas de leur fait ? Je n’y crois aucunement. Avait-elle réellement peur de moi ou était-ce une ruse quelconque pendant que ses sœurs prenaient leur temps pour m’aligner avec leurs arcs ? Son regard se baissa. J’eu vaguement l’impression d’avoir une gamine brisée en face de moi. C’est là qu’une drôle d’idée fit son chemin. Je devais la sortir de là. L’arracher aux griffes de ses ainées, lui montrer ce qu’était vraiment la vie, la bonté et la compassion. Bien que ce soit une grande et noble idée, elle n’était peut-être pas aussi désintéressée que cela. Je lâchai mon couteau et m’approchai. De toute manière si ses sœurs étaient dans mon dos, j’étais déjà un homme mort et quoi que j’y face, cela n’y changerait rien. Mon père en avait déjà fait l’expérience. Et si elle était vraiment seule… Si elle était vraiment seule c’était peut-être ma chance. Ma chance de leur rendre la monnaie de leur pièce. Aurais-je été face à une adulte que j’aurais sans doute demandé du sang pour du sang mais ce n’était qu’une p*tain de gamine. Comment aurai-je pu lui enfoncer mon couteau dans la gorge ? J’ai beau détester son peuple, y est-elle vraiment pour quelque chose ?

Je n’avais fait que quelque pas, ne voulant pas l’apeurer plus qu’elle ne semblait déjà l’être. Ces folles envoyaient-elles vraiment leur cadette cueillir des baies seules ? Aussi près d’un camp de rescapé qui plus est ? « Je … j’ai pas le droit de sortir toute seule, normalement, mais … mais c’est plus drôle quand c’est interdit. » Je me détendis légèrement. Elle était donc en dehors de ses lois ? Aucune sœur prête à me sauter à la gorge à la moindre occasion ? Ou n’était-ce encore là qu’acte de manipulation masqué sous l’apparence d’une jeunesse naïve ? Mon instinct me hurlait de me méfier mais je n’avais pas envie de l’écouter, d’espérer croire en ma chance. Sa voix déraillait, me poussant à croire que je pourrais peut-être faire quelque chose pour elle. Pour son bien. Ou me mentais-je à moi-même ? Il n’est pas sain de réagir ainsi à la présence d’un inconnu, de ne pas avoir le droit de sortir de cette foutue jungle sous prétexte que l’on pourrait justement croiser des inconnus. Ses sœurs cherchaient à la couper du monde, à l’empêcher de connaître autre chose. Cependant, cette volonté de l’arracher à ce qu’elle connaissait, était-ce une vengeance personnelle ou réellement pour son bien à elle ? Ne serais-je pas au même niveau que ces saloperies amazones ? Cependant, un vieux dicton me poussa à faire un pas supplémentaire. ‘A la guerre comme à la guerre’. Elle se dandinait devant moi, ne sachant apparemment pas quelle position tenir en ma présence. « Mais t’es un militaire ou pas ? Parce que les grandes elles ont dit que les militaires ils sont méchants méchants … » Si je ne m’étais pas approché, je n’aurais sans doute ma entendu le murmure. Ainsi donc, elles avaient convaincue la jeune femme que c’était nous les monstres ? Je me retins de justesse de lui cracher ma haine au visage. Je pris une grande inspiration, accusant le choc. Avoir des doutes et les voir justifié étaient deux choses différentes. Elles en avaient bien du culot ces enfoirées pour oser dire ce genre de choses après ce qu’elles ont fait.

Malgré mes efforts, je ne parvins que difficilement à garder mon calme. Mon attitude se refit plus tendue et ma main se posa à nouveau sur la garde de mon arme. Je ne voulais pas m’énerver, cela n’aurait fait qu’amener de l’eau au moulin de ses sœurs. « Nous ? Les méchants ? Je suppose qu’elles ne t’ont pas tout dit. Non, bien sûr, pourquoi le feraient-elles ? » Je pris une grande inspiration, m’astreignant au calme. Lui crier les quatre vérités de son peuple n’était pas la meilleure idée du monde si je voulais la sortir du joug des amazones. En plus d’énerver ses sœurs plus que de raison, si je parviens à lui faire embrasser notre cause, elle pourrait être une arme de choix dans ce bras de fer contre les furies de la jungle. Elle connait leurs habitudes, leurs lois. Il y aurait beaucoup à apprendre d’un tel contact. Seulement si je parviens à lui faire entendre raison. Et pour cela, je dois rester calme. Je me forçai à lâcher mon arme et à détacher mon regard de la rousse, observant l’immensité de l’océan au-delà de la falaise. « Sais-tu au moins ce qu’est un militaire chez nous ? » La question m’avait frappé de son évidence. Elle avait sans doute passé sa vie sur cette foutue île. Je reposai mon regard sur elle, ne pouvant m’empêcher d’analyser son attitude corporelle, relevant chaque mouvement à risque. « Chez nous, nous sommes ceux qui protègent le peuple. Lorsque c’est nécessaire, on se bat pour protéger ceux qui n’ont pas la capacité de le faire. » C’était une vision bien idéalisée de l’armée mais avait-elle vraiment besoin de savoir le reste ? De connaître les intrigues politiques ? La guerre est la même partout et jamais il n’est question uniquement de protéger les civils. Parfois un avantage stratégique prend le dessus sur les pertes humaines. Mais cela, elle n’avait pas besoin de le savoir. « Nous n’avons rien des ‘méchants’ que tes sœurs semblent t’avoir dépeints. »


Dernière édition par Fernando D. Karsoca le Mer 24 Déc - 20:36, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mer 24 Déc - 11:54



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le mouvement des marées (flashback)

Si Laïla avait été un peu plus attentive, un peu moins tendue, elle aurait sans doute remarqué la nervosité du militaire, elle aurait noté la présence de son arme, elle aurait distingué la colère dans les yeux de l’homme qui lui faisait face. Tant de détails qui lui auraient soufflé de se méfier, de rester prudente, de ne pas se lancer aveuglément dans une discussion dont elle ignorait jusqu’au prénom de son interlocuteur. Mais Laïla n’avait pas encore ce genre de réflexes, trop habituée à être chouchoutée par ses sœurs, trop habituée à son petit univers restreint. Les seules choses à lesquelles elle devait faire attention, c’était de surveiller l’état du feu sacré et veiller à ne pas réveiller les animaux de la jungle. Et, bien sûr, à ne croiser personne quand elle passait outre les interdictions et se rendait dans le territoire des rescapés. Sur le coup, c’était raté. Et, chanceuse comme elle l’était, elle était tombé sur un militaire. C’était presque pire qu’un hostile. Eux, au moins, ils étaient prévisibles. Et la plupart étaient tout simplement incapable de se déplacer dans la jungle sans s’égarer. Mais les grandes l’avaient bien mis en garde : même dans la jungle, elle devait se méfier, les militaires connaissant le chemin jusqu’au campement. Et même si de nombreux pièges étaient là pour les empêcher de trop s’approcher, le clan était désormais sur ses gardes en permanence. Parfois, la nuit, quand les deux amazones chargées du tour de garde venaient réveiller leurs remplaçantes, la jeune fille se disait que les militaires devaient être vraiment dangereux pour faire aussi peur à ses sœurs, qui n’avaient pourtant peur de rien … Puis elle se rendormait, rassurée par l’ombre de l’amazone assise à l’entrée de la grotte. Elle se sentait en sécurité, au campement, protégée par les esprits bienveillants et assurée de trouver ses sœurs en cas de problème. La plupart du temps, le problème en question se limitait à une écharde ou à un cauchemar, jamais à quelque chose de bien sérieux. Car, hormis ça, que pouvait-il lui arriver au campement ? Rien. C’était l’extérieur de la jungle qui était dangereux, car ses sœurs ne pouvaient pas accourir en un rien de temps. De temps à autre, la jeune fille jetait un regard en direction des arbres protecteurs, espérant voir arriver Laïlynn ou Evanäh. Bien sûr, elles allaient surement lui interdire de quitter la grotte pendant quelques jours pour avoir osé sortir de la jungle, mais elle était prête à accepter la punition sans discuter. Enfin, si, en discutant un peu quand même. Laïla était, d’ordinaire, tellement bavarde qu’elle était incapable de passer plus de deux minutes sans déclarer, réclamer ou s’émerveiller de quelque chose. C’était ce qui rendait son silence encore plus étrange, encore plus incroyable. Laïla, bavarde invétérée, était maintenant incapable de bredouiller deux mots à haute voix, et murmurait en espérant que l’autre n’allait pas l’entendre. Ce qui aurait pu être possible, si l’autre n’avait pas pris la décision de s’approcher.

Attentive ou non, Laïla remarqua sans problème la colère dans les yeux de l’homme. Et elle ne put s’empêcher de reculer d’un pas, se cognant aux buissons, lorsqu’il persifla : « Je suppose qu’elles ne t’ont pas tout dit. Non, bien sûr, pourquoi le feraient-elles ? ». Qu’insinuait-il ? Que les grandes ne lui disaient pas la vérité ? C’était tellement inconcevable, aux yeux de Laïla, qu’elle n’arrivait pas même à mettre de mot dessus. Les grandes savaient tout, et c’était bien normal. Quand Laïla est arrivée sur l’Ile, elle n’avait que trois mois. Mais les grandes, elles, savaient lire, écrire, et même compter. Les grandes connaissaient les rituels de la nature, elles savaient comment se comporter face aux esprits, elles ne se trompaient jamais. Alors pourquoi devrait-elle douter de leurs paroles ? Comment le pourrait-elle ? Effarée qu’on puisse remettre en question les affirmations de ses sœurs, la jeune rousse s’écria : « Bien sûr que si, elles m’ont tout dit ! Les grandes ne mentent jamais, et elles savent tout ! ». Elle croisa les bras sur sa poitrine, fronçant les sourcils, regrettant de ne pouvoir faire quelques pas en arrière de plus, afin de mettre le plus de distance possible entre cet homme aux idées si inadmissibles et elle. Comme si cela pouvait empêcher le doute que l’homme tendait de semer en elle de se poser sur son cœur, comme si cela était suffisant pour se protéger de ses paroles. Mais l’esprit de la Terre, pour empêcher une chute mortelle à ses enfants, avait déposé des buissons devant le précipice, ceux-là même qui l’empêchaient aujourd’hui de reculer. En temps ordinaire, Laïla aurait remercié Chuirkann de les protéger, de la protéger, mais aujourd’hui, elle regrettait presque la prudence de l’esprit. Elle ne quittait pas du regard l’inconnu, qui quant à lui semblait fuir son regard. Elle savait que, derrière elle, il n’y avait que l’océan, aussi ne se retourna-t-elle pas pour voir ce qu’il regardait. C’était une des choses qu’Asinthïa avait daigné lui dire : ne tourne jamais le dos à l’ennemi. Et même si, jusqu’à présent, les ennemis de la jeune fille n’étaient que des animaux sauvages, elle ne doutait pas que la fière amazone chargée de surveiller le campement rangeait l’homme dans les ennemis. Elle lui avait aussi recommandé de ne jamais s’attarder, mais il se dressait entre elle et la jungle, et il n’était pas question de descendre sur la plage. Aussi resta-t-elle prêt de son buisson, solide et rassurant. « Sais-tu au moins ce qu’est un militaire chez nous ? ». Parce que, selon lui, une personne n’était pas la même qu’elle se trouve sur l’Ile ou sur cet étrange continent de l’autre côté de l’océan ? C’était tellement étrange qu’elle ne sut pas quoi lui répondre. Pour elle, les militaires étaient tout simplement ceux qui étaient venu briser l’harmonie de la jungle, briser la tranquillité du clan, ceux qui faisaient peur à ses sœurs et qui avaient plongé la jungle entière dans un silence inhabituel. Les oiseaux ne chantaient plus, les singes ne dansaient plus, depuis que ces hommes avaient débarqués sur l’Ile.

« Chez nous, nous sommes ceux qui protègent le peuple. Lorsque c’est nécessaire, on se bat pour protéger ceux qui n’ont pas la capacité de le faire. ». Sans doute pensait-il qu’elle allait le croire, sans doute croyait-il qu’elle allait douter si facilement de ce qu’on lui avait appris. Mais pour Laïla, il n’y avait qu’une vérité : celle que chantaient la terre et le vent, celle que la nature soufflait en rêve à leur mage. Pas une quelconque affirmation que pouvait lui sortir un homme. « Nous n’avons rien des ‘méchants’ que tes sœurs semblent t’avoir dépeints. ». Et cette phrase suffit à la faire se raidir. Lui affirmer si ouvertement que ses sœurs mentaient, c’était surement la meilleure façon de perdre son attention. Elle n’était même pas certaine qu’elle devait répondre quelque chose, car c’était déjà prendre en compte cet avis si inacceptable. Mais elle ne supportait pas qu’on remette en question ce que disaient les grandes, elle ne supportait pas qu’un cherche ainsi à la faire douter de ce qui était si évident pour elle. « Tu dis n’importe quoi. Lorelaï elle ne ment jamais, car c’est la jungle qui lui parle. Et la jungle elle est malade depuis votre arrivée. Elle est silencieuse, elle est sombre. C’est votre faute. ». Elle fixa son regard sur les branches qui voletaient au gré du vent, sur ce domaine qu’elle connaissait depuis toujours, et qui pourtant lui était comme étranger depuis quelques semaines. Elle le sentait, elle aussi, que la jungle n’était pas comme d’habitude, qu’elle avait perdu sa joyeuse vitalité. C’était surement pour cela que Lorelaï avait besoin des baies : elle tentait de mettre en place un  remède pour rendre à la jungle sa vitalité. Et voilà que les baies allaient dessécher dans les deux bourses médicinales. Elle aurait dû songer à glisser une mousse imbibée d’eau avant de procéder à la cueillette … Mais elle ne pouvait pas se douter qu’elle allait être ainsi retardée. Stacy’ commençait-elle à s’inquiéter ? Allait-elle prévenir les autres que la jeune fille était en dehors de la jungle ? Laïla l’espérait. Elle aurait tant aimé connaitre le chant du vent, pour pouvoir glisser à l’esprit le plus grand un message qu’il pourrait transmettre à ses sœurs. Mais elle était encore trop jeune pour pouvoir discuter avec Sulsfulinn, et elle ne parvenait actuellement qu’à lui glisser quelques remerciements. Elle reporta son attention sur l’homme, se disant que ce n’est pas en la fixant d’un air désolé qu’elle aidera la jungle à se reconstruire. Non, c’était en apportant les baies à Lorelaï qu’elle pouvait l’aider.
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mer 24 Déc - 20:57

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

Elle était indéniablement sur ses gardes. Je lui faisais peur. Et cela me laissait un arrière-goût amer en bouche. Pour peu, j’aurais ris jaune. « Bien sûr que si, elles m’ont tout dit ! Les grandes ne mentent jamais, et elles savent tout ! » Elle voulut reculer. Seulement il n’y avait que la falaise derrière elle. Mon avertissement mourut sur mes lèvres tandis que j’esquissais un demi-pas en avant, sur le point de la prévenir du danger que représentait la falaise. La falaise et le vide. Bordel de m*rde, c’est juste une enfant ! Une jeune ado influençable ! Par chance, les buissons formèrent une barrière sécurisante entre le vide et la rousse. Je retins de justesse un soupir de soulagement. Et quelque part, je ne comprenais pas mes réactions. Elle était des leurs. Elle partageait leurs coutumes et leurs lois. Seulement, puis-je condamner l’entièreté d’un peuple ? Leurs jeunes ne faisaient-elles pas que reproduire le schéma de violence de leurs ainées ? Mes mots et ma présence semblaient l’apeurer et cela faisait mal. Horriblement mal. Je sentis mes valeurs se tordre douloureusement en moi face à la peur que je faisais naître en elle. Je n’étais pas devenu militaire pour effrayer mais pour protéger. Que mes ennemis me craignent, cela ne m’atteins pas. Mais dois-je devenir le monstre dont les parents menacent leurs enfants pour les empêcher de se déroger aux règles ? Dois-je devenir le cauchemar qui empêche les plus jeunes de dormir ? Non, rien ne me forçait à blâmer une jeunesse des actes de leurs ainés. Ce serait de la barbarie pure et simple. Sauter au coup de la jeune amazone pour ne laisser que son cadavre derrière moi ne me rendrait pas meilleur que ces salopes manipulatrices. Mais si je parvenais à lui ouvrir les yeux ? Et si je rendais sa liberté à une innocente ? Je reculai d’un pas, lâcha mon arme, la laissant pendre à ma taille et levai les mains, signe que je ne lui voulais pas de mal. Ce n’est qu’une adolescente. Il faut que je ne perde pas cela de vue, que je m’empêche de déraper comme je peux si souvent le faire. « Tu dis n’importe quoi. Lorelaï elle ne ment jamais, car c’est la jungle qui lui parle. Et la jungle elle est malade depuis votre arrivée. Elle est silencieuse, elle est sombre. C’est votre faute. » Je reculai à nouveau d’un pas, baissant doucement les bras, ne voulant pas l’acculer à nouveau. Les gars et moi, nous étions préparés à la survie en milieux hostile. Mais dire que nous avons été préparés à ce genre de chose, c’était un peu excessif. Personne n’est jamais réellement préparé pour ce genre de choses. Dans la bouche de la jeune femme, cela sonnait comme une insulte, comme la pire chose que nous aurions pu faire en ces lieux. Mais pour la survie dans la jungle, nous étions un peu comme des enfants, apprenant de nos erreurs, devant commettre ces dernières pour pouvoir apprendre. On aura beau dire à un enfant que le feu brûle, tant qu’il n’en aura pas fait lui-même l’expérience, il n’apprendra jamais à réellement craindre une flamme.

Ne sachant que faire de mes mains, je décidai de les laisser en évidence, le long de mes jambes. Je voulais me faire le moins agressif possible. « J’admets que nous ne sommes pas à notre aise avec la jungle, que nous ne savons pas comment l’aborder ou vivre en symbiose avec elle. Mais cela fait-il de nous de mauvaises personnes ? Ne faut-il pas voir plus loin ? » Je me retins de jeter un coup d’œil dans mon dos, de sonder la jungle à mon tour. Ce qu’elle disait était-il vrai ? La jungle avait-elle changé à notre contact ? Sans doute. Notre présence à au moins du troubler la faune. Mais que sommes-nous contre la jungle ? Surtout si cette dernière est remplie de guerrières qui ne demanderait rien de mieux que de voir votre tête sur une pique. Je n’avais sans doute pas un temps infinis avant que ses sœurs ne remarquent son absence. Combien de temps avant qu’elles ne partent à sa recherche ? Depuis combien de temps s’était-elle absenté du camp ? Il était encore temps de tourner les talons et de faire comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu mais c’était courir le risque de croiser les amazones inquiètes sur le chemin du retour. Et si elles m’identifient comme un militaire alors que la rousse est aux abonnés absents, je ne donne pas cher de ma peau. Peut-être même finirais-je à nouveau emprisonné dans leur grotte. « Je ne veux pas t’imposer ma manière de penser, rassure toi. Je voudrais juste te montrer une autre manière de voir les choses. Souvent, il faut entendre les deux partis pour avoir réellement conscience de ce que cache un conflit. » Le conseil sembla couler de lui-même de ma gorge, me pétrifiant sur place. Avais-je vraiment dis cela ? Ai-je laissé une chance aux amazones de s’expliquer ? Pourquoi l’aurais-je fais ? C’est enfoirées ont buté mon père et elles avaient encore le culot de me dire tout ignorer de cette attaque ! Il n’y avait rien de plus à savoir sur ce sujet. Je papillonnais des yeux, me forçant à rester dans le présent, à ne pas me noyer dans la colère que faisait naître le passé. Le présent. Juste le présent. La rousse, sa solitude, la jungle. Oui, la jungle, c’était ce dont je voulais parler. Comme dans un état second, je repris la conversation. « Par exemple, j’ignorais que nous dérangions la jungle. Là d’où nous venons, nous n’avons pas de jungle. Tout ceci est nouveau pour nous. Devrions-nous être condamnés pour notre ignorance ? »

Je voulu avancer à nouveau, essayer de me rapprocher un peu plus d’elle physiquement parlant mais quelque chose semblait me souffler que ce n’était pas le bon moment, que je risquerais de briser quelque chose si je le faisais. J’aurais dû me sentir mal d’avoir ainsi la jungle dans mon dos. La jungle et tous ces dangers étaient justes là, et je lui offrais mon dos. Je me forçais à tendre l’oreille. Parfois, il fallait prendre le risque de se faire prendre à revers pour couper la retraite de quelqu’un. Et il ne faisait aucun doute que si je m’éloignais, si je ne me tenais pas entre elle et la dense végétation, elle se ruerait au cœur des arbres, irait s’y cacher et retrouver ses sœurs, pleurer sur son entrevue avec l’un de ces ci méchants militaires qui a voulu lui faire croire qu’elles n’étaient que des manipulatrices. Non, je ne voulais pas, je ne pouvais pas la laisser partir maintenant. Alors j’endurais la présence sinistre et lugubre de la lisière dans mon dos. « T’ai-je par exemple donné une seule vrai raison pour paniquer autant rien que par ma présence ? Me suis-je mal comporté vis-à-vis de toi ? » L’idée de déposer mon couteau au sol pour lui prouver ma bonne fois me passa par la tête mais le risque de ses sœurs cherchant après elle était trop présent dans mon esprit pour que je me sépare de la seule arme pour me défendre. Je doute que ce soit utile face à une amazone mais sa présence à ma ceinture et non par terre avait quelque chose de rassurant, de réconfortant. Je penchai la tête de côté, lui offrant un doux sourire tandis que je réalisais que j’ignorais la manière dont elle s’appelait. « Dis-moi, comment t’appelles-tu ? » Savoir qu’elle est une amazone m’a fait perdre la politesse la plus élémentaire. Nous nous étions jeté dans la discussion sans en savoir plus l’un sur l’autre que nos origines respectives. Et même si aujourd’hui je n’arrivais pas à mes fins, je voulais au moins qu’elle rentre chez elle en ayant le sentiment que nous ne sommes peut-être pas aussi mauvais que ce qu’on a pu lui dire à notre sujet. Moi, le Major Karsoca, bien connu pour ses coups de sangs, je me retrouvais à devoir faire le porte-parole des militaires présents sur l’Île. Pour peu, cela m’aurait fait rire. J’ai beau être quelqu’un de sociable, je ne suis pas doué pour la diplomatie. A chaque parole qui quittait mes lèvres, je pouvais sans le vouloir briser ce que j’avais construit précédemment. Les mots sont un art subtil et difficile à manipuler. Jayson s’en serait sans doute beaucoup mieux tiré que moi dans cette situation. Qu’aurait-il d’ailleurs fait ? Aurait-il adressé la parole à la jeune femme ou seule ma haine envers les amazones m’a poussé à me tourner vers la rousse pour essayer d’en obtenir quelque chose, d’avoir une arme quelconque à utiliser contre ses sœurs ? Je n’aimais pas me remettre en question sur ce genre de choses. C’est donc tout naturellement que je chassais mes introspections et Jayson de mon esprit, me concentrant à nouveau sur la jeune amazone en face de moi. « Les autres militaires m’appellent Major Karsoca. Mais tu peux m’appeler Fernando. » Se présenter était un bon début. Sortir de l’anonymat, lui montrer que je suis une personne au même titre que ses sœurs. « Rassures toi, je ne te veux aucun mal. » Et je ne sus qui j’étais en train d’essayer de convaincre. Était-ce à elle ou à moi que j’adressais cette phrase ? Sans doute nous était-elle destinée à tous les deux.


Dernière édition par Fernando D. Karsoca le Ven 26 Déc - 22:07, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Ven 26 Déc - 16:11



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le mouvement des marées (flashback)

Au pied de la falaise, les vagues se jetaient contre la pierre où elles explosaient en soulevant un tourbillon d’écume. Seconde après seconde, la mer cherchait à prendre le dessus sur la terre. Comme un écho à ce qui se déroulait des dizaines de mètres plus haut, où deux volontés porteuses de croyances et de conceptions différentes du monde s’affrontaient dans l’objectif d’affirmer leur position. Mais, tout comme la mer mettait des centaines d’années avant d’éroder la pierre, le dialogue semblait présentement inutile, chacun refusant d’entendre réellement les paroles de l’autre. Laïla était bien trop méfiante pour écouter les arguments de l’homme, pour les accepter. Il disait ne pas savoir vivre en harmonie avec la jungle, mais avait-il pris la peine de l’écouter ? Car c’était bien là la seule chose que les amazones faisaient pour savoir ce qui pouvait nuire à l’entité verdoyante : écouter et observer. C’est comme cela que Laïla pouvait affirmer que la jungle était malade, en prêtant attention aux petits détails que les arbres glissaient ci et là. C’est comme cela, aussi, que les amazones étaient capables de savoir si un intrus s’approchait ou non de leur campement. Quand c’était le cas, les animaux se taisaient, indisposés par la présence étrangère. « Mais cela fait-il de nous de mauvaises personnes ? Ne faut-il pas voir plus loin ? ». Voir plus loin. Comment le pourrait-elle puisque tout son quotidien tournait justement autour de ce respect fondamental de la nature environnante ? Puisque depuis toujours on lui avait appris à ne rien faire qui puisse troubler l’équilibre si difficilement acquis ? Ses sœurs lui avaient conté l’histoire du clan, s’attardant douloureusement sur cette triste période qui vit périr un grand nombre d’entre elle, tandis que la maladie portée par la sécheresse sévissait sur l’Ile. C’était peu de temps après qu’un petit nombre ces hommes et ces femmes venant de l’Ile adjacente -l’Hydre- ne viennent sur l’Ile pour creuser ce qu’ils appelaient un bunker, blessant cruellement la peau de l’esprit de la Terre. Alors la compagne de Chuirkann, l’esprit du vent, cessa de souffler, engendrant cette sécheresse si impitoyable. C’est à partir de ce moment-là que les Amazones comprirent qu’il était de leur devoir de veiller à ce que cela ne se reproduise pas. Et depuis lors, elles se plient à des rituels réguliers, afin de ne pas contrarier les esprits de la nature, qui ont le pouvoir d’ôter la vie à l’Ile toute entière s’ils le désirent. « Si tu contrarie les esprits, c’est que ton cœur il est pas pur, que la colère ou la tristesse l’habite et que tu sais pas contrôler tes sentiments. ». Combien de fois Lorelaï n’avait-elle pas mis en garde le clan contre les émotions mal maitrisées, contre les passions non dominées ? C’était elles qui incitaient à l’erreur, elles qui entrainaient les maladresses et les bêtises. C’est pour cette raison que les amazones étaient invités à se confier à leur mage ou à leur chef, pour ne jamais laisser un quelconque trouble s’installer trop profondément en elles.

« Je ne veux pas t’imposer ma manière de penser, rassure toi. Je voudrais juste te montrer une autre manière de voir les choses. Souvent, il faut entendre les deux partis pour avoir réellement conscience de ce que cache un conflit. ». De nouveau, Laïla se demanda qu’elle autre manière de voir les choses pouvait exister. Il lui semblait impossible de pouvoir se passer de la présence des esprits, qui rythmait jusqu’au déroulement de la journée. Impensable, pour elle, de commencer une journée sans saluer l’esprit du feu en passant devant son incarnation, le feu sacré. Impensable également d’oublier de remercier l’esprit de l’eau à chaque fois qu’elle lui emprunte un peu de son sang qu’est l’eau. Laïla n’arrivait même pas à imaginer comment concevoir le monde autrement. Et elle n’éprouvait nullement le besoin de connaitre une autre façon de le faire. Elle ne voyait même pas pourquoi elle continuait à parler à cet homme. « Par exemple, j’ignorais que nous dérangions la jungle. Là d’où nous venons, nous n’avons pas de jungle. Tout ceci est nouveau pour nous. Devrions-nous être condamnés pour notre ignorance ? ». Pas de jungle. Cela aussi semblait tellement étrange qu’elle avait du mal à l’imaginer. Pourtant, elle avait bien entendu les rescapés parler de leur continent, de leur environnement. Et tous relataient la même chose : la forêt n’avait pas sa place là où ils habitaient. Seuls quelques arbres persistaient, opprimés par les hommes qui les empêchaient de s’étendre autant qu’ils le souhaitaient. Cela faisait mal à Laïla, rien que d’y penser. Contrarier la croissance d’un arbre, l’empêcher de rejoindre le ciel, cela lui semblait tellement cruel. « Si vous n’avez pas de jungle, c’est parce que vous l’avez tué, parce que vous n’en vouliez pas ! ». Et c’était bien cela qui dérangeait le plus la jeune amazone, que les habitants actuels de l’Ile aient, un jour, vécut dans un lieu où la nature était dominée, bâillonnée, assassinée. Même s’ils n’avaient pas, eux, personnellement, abattu un arbre ou dévié une rivière, ils ne se battaient pas contre ce mauvais traitement infligé à la nature. Et cela suffisait pour les rendre coupables, aux yeux de la jeune fille. Pour elle, ce n’était pas vraiment de l’ignorance, c’était plutôt qu’ils ne voulaient pas connaitre la nature et ses esprits, qu’ils ne voulaient pas prendre le temps de la comprendre et de l’aimer. Presque inconsciemment, elle ne put s’empêcher d’adresser un petit message à l’esprit des plantes, tellement ce genre de traitement lui semblait indécent. « Et ça se voit facilement, quand la jungle est dérangée. D’un coup, il n’y a plus de bruit ni de lumière, et le vent devient plus brutal, moins joyeux. ». Elle répétait presque cela par cœur, tellement Lorelaï le lui avait répété. Les grandes s’imaginaient que, comme elle était encore jeune, elle avait besoin qu’on le lui rabâche en permanence. Alors que toutes ces paroles s’inscrivaient dès la première fois dans le cœur de la jeune fille, qui aimait tellement son Ile.

« T’ai-je par exemple donné une seule vrai raison pour paniquer autant rien que par ma présence ? Me suis-je mal comporté vis-à-vis de toi ? ». Si Laïla voulait être honnête, elle devait bien admettre que non. Mais la fidélité envers son clan et envers la jungle était trop forte. Il ne lui avait peut-être rien faire à elle personnellement, mais lui et les siens faisaient peur à ses sœurs et avaient rendu la jungle malade. Et ce dernier point l’impactait directement, car elle vivait au sein de ce refuge verdoyant, et elle ressentait le moindre changement. Elle n’ouvrit même pas la bouche pour répondre, ne sachant comment lui expliquer cela, à lui qui disait ne pas connaitre la jungle. Il ne pouvait donc pas comprendre que la jeune fille se fiait exclusivement à elle pour savoir à qui elle pouvait ou non faire confiance. « Dis-moi, comment t’appelles-tu ? ». C’était, en temps normal, la première chose qu’on demandait à un inconnu. Et pourtant, ni l’un ni l’autre n’avait eu la présence d’esprit de le faire auparavant. Ils n’étaient que l’amazone et le militaire, comme si le groupe à lequel ils appartenaient suffisait à les désigner. « Laïla. Laïla-Chilali. ». Le premier lui avait été donné par ses parents, avant qu’ils ne l’abandonnent. Il représentait la seule chose qui lui restait de ces géniteurs, la seule chose qu’ils aient jamais faite pour elle. Le second était son nom d’amazone, soufflé à Lorelaï par le vent. Oiseau blanc. Comme si Laïla était destinée à s’envoler, un jour ou l’autre, pour se rendre on ne savait où. Parfois, la jeune fille se demandait si elle n’aurait pas préféré être réellement un oiseau, pour pouvoir survoler son Ile et la voir dans toute sa splendeur. Mais elle semblait condamnée à rester clouée au sol, comme ces oiseaux qui ne savaient plus comment voler, comme ces volatiles exténués après un trop long voyage. Jusqu’à présent, la jeune fille n’avait pas réussi à choisir lequel de ces deux prénoms elle souhaitait garder lorsqu’elle deviendra adulte au sein du clan. Son cœur lui soufflait d’abandonner le prénom donné par ses parents, eux qui l’avaient abandonné sans même prendre le temps de la connaitre. Mais d’un autre côté, elle craignait qu’en choisissant de s’appeler Chilali, son incapacité de voler ne la pèse chaque fois que quelqu’un prononcerait son prénom. « Mais tu peux m’appeler Fernando. ». Encore faudrait-il qu’elle ait envie de l’appeler, de lui parler. Mais c’était toujours mieux que de le prénommer « l’inconnu », « l’homme » ou « le militaire ». Sans même lui laisser le temps de répondre, il continua. « Rassures toi, je ne te veux aucun mal. ». Ce n’était pas ainsi qu’il pourrait la convaincre. Les paroles se laissaient modeler, mais n’étaient pas toujours porteuses de vérité. Comment s’assurer de la bonne foi de Fernando ? C’était, en l’instant présent, ce qui préoccupait la jeune fille. Son regard se porta de nouveau sur la jungle, et alors elle sût. Si vraiment elle n’avait rien à craindre de lui, alors la jungle le lui dirait. Elle s’approcha de lui, l’attrapa par la manche et le tira vers la jungle. « Dans ce cas, tu ne vois aucun inconvénient à venir à l’orée de la jungle pour qu’elle me confirme que tu es digne de confiance ? ». Sans même attendre de réponse, elle l’entraina vers l’ombre rassurante des arbres.
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Ven 26 Déc - 21:44

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

« Si vous n’avez pas de jungle, c’est parce que vous l’avez tué, parce que vous n’en vouliez pas ! » Je revis les buildings de New-York. La sécurité d'un foyer, d'une porte verrouillée. Le confort d'internet, les supermarchés accueillant, les douches chaudes, les ampoules illuminant la ville sous le voile de la nuit. Toutes ces choses avaient un prix et nous le savions tous. Seulement nous avons été élevé de manière à ce que nous n'y pensions pas, nous déculpabilisant en triant nos ordures pendant que les grosses industries polluent, exploitent et camouflent. Notre utilisation de nos terres ne sont pas égale mais notre société se retrouve pied et poing lié à ce fait. Encore une fois, nous sommes coupable de l'aveuglement de nos ancêtres. Mais une amazone serait-elle capable de faire preuve d'autant de clémence que moi sur ce point ? Nous sommes trop habitués à notre confort, un retour subit à... tout ça et ce serait la guerre ouverte. Les querelles qui secouent actuellement l'Île en sont la preuve. Nous ne sommes pas prêt à cela. Nous ne sommes pas prêt à lâcher notre confort. Parce que c'est plus facile ainsi. Je peux comprendre l'attachement que la jeune fille à pour la jungle. C'est tout ce qu'elle a toujours connu. N'est ce quelque part pas normal de défendre son monde ? Seulement, je me surprenais à avoir envie de lui montrer New-York, de lui montrer le degré de confort que nous avons atteins. « Ce sont nos ancêtres qui n'en voulaient pas. Nous n'avons jamais connu une telle proximité avec la nature et comment souffrir de l'absence de quelque chose que l'on ignore ? Nous sommes comme des enfants, nous apprenons tous les jours. » Et nous n'avions personne pour nous guider. Lors de notre séjour chez les amazones, certaines avaient finies par délier leur langue et avaient expliqué à certains de nos gars quelques gestes de survies. Seulement qu'est ce que les conseils de femmes vivant dans une caverne valait contre des années d'entrainement militaire ? Chassez le naturel, il revient au galop. « Et ça se voit facilement, quand la jungle est dérangée. D’un coup, il n’y a plus de bruit ni de lumière, et le vent devient plus brutal, moins joyeux. » Je m'autorisai un regard dubitatif vers la jungle, comme si je doutais de ces paroles. Peut-on vraiment dire du vent qu'il peut être joyeux ? Un vent brutal, je peux le concevoir mais, un vent joyeux ? Cela sonne un peu étrange, un peu déplacé, un peu incompréhensible. Comment notre présence peut-elle avoir une influence sur le vent qui souffle ? Ça n'a pas de sens. Le silence, je peux comprendre que l'on dérange la faune. L'obscurité ne fait pas sens non plus. Comment avons-nous pu influencer la lumière qui peu percer la canopée ? J'avais beau essayer de rester ouvert, je ne voyais là que les élucubrations d'une personne ignorant la science essayant d'expliquer des faits naturels par une présence extérieure.

Cette pauvre fille était dans un état pire que ce que j'avais pu imaginer dans un premier temps. Les amazones avaient totalement lavé son cerveau, faisant rentrer à coup de martaux des abérations magiques ayant pour but d'expliquer ce que ces sauvages ne peuvent expliquer autrement. « Laïla. Laïla-Chilali. » Ainsi, tel était son nom. Laïla. Étrangement, cela ne sonnait pas vraiment avec les sonorités des autres prénoms que j'ai pu entendre lors de mon séjour forcé chez les amazones. La consonance restait exotique mais sortait tout de même légèrement du lot. Son regard se perdit dans mon dos et quelque chose dans son attitude corporelle changea. Elle sembla en un coup irradier de sûreté. Je me tendis. Ses sœurs auraient-elles finies par nous retrouver. Je ne me retournai pas, continuant d'observer la rousse devant moi. Elle s'avança et je du me retenir de reculer. Pour quoi faire ? Si les amazones viennent vraiment d'arriver à l'orée de la jungle, je ne pourrais de toute manière rien faire pour m'en sortir. Elles me tueront sans doute comme elles ont tuées mon père. Laïla arriva à ma hauteur et me saisit la manche, me tirant vers la lisière de la jungle. Me pensant déjà mort, je me laissai faire. Je ne distinguai aucune silhouette entre les arbres et la végétation. L'avantage de ma position était surtout due au fait qu'elle semblait me craindre. Maintenant que ses doutes semblaient envoler, nous nous retrouvions plus proche que jamais. Il serait encore temps de lui passer le couteau sous la gorge pour forcer ses sœurs à quitter la jungle. Troquer Laïla contre ma liberté. Je ne ferais pas de mal à la rousse mais ça les autres n'étaient pas sensées le savoir. « Dans ce cas, tu ne vois aucun inconvénient à venir à l’orée de la jungle pour qu’elle me confirme que tu es digne de confiance ? » Je me tendis un peu plus. Était-ce une quelconque manière de m'attirer là bas ? J'avais envie de croire en sa sincérité mais quelque chose força mes pieds à s'arrêter à quelques mètres de la lisière, ma main se posa sur son poignet, la retenant avec moi. Je ne serrai pas excessivement mais ma poigne restait tout de même forte. Mes yeux accrochèrent les siens. « Désolé mais je ne fais pas suffisamment confiance aux amazones que pour me laisser embarquer dans la jungle par l'une d'entre elles. Tes sœurs sont là n'est-ce pas ? Sinon pourquoi un tel regain de confiance ? Pourquoi oser m'approcher alors qu'il y a quelques minutes je te faisais peur ? » Je resserrai un peu ma prise sur son poignet, m'assurant qu'elle ne s'enfuie pas en courant dans la jungle. Je reculai ensuite d'un pas, l’entraînant dans mon sillage. « Tes sœurs m'ont déjà tellement prit, je ne leur ferais pas le plaisir de me faire avoir à mon tour. Tu es jeune et probablement nullement impliquée dans leurs actes. C'est pourquoi j'ai prit le temps de parler avec toi Laïla. Ne me le fait pas regretter. » J'étais devenu plus froid, sur la défensive. Je ne suis pas un lâche ou un peureux. Si il n'y avait pas eut cette haine réciproque, sans doute me serais-je tenu dans cette jungle, attendant que cette dernière rende son jugement malgré le risque de me faire attaquer. Je suis courageux mais pas stupide. Mon regard quitta le visage de la rousse pour se poser sur la jungle. Qu'attendaient-elles ? Elles devaient forcément être là. Inconsciemment, je posai ma main libre sur la garde de mon arme tandis que j'essayai toujours de distinguer un mouvement anormal entre les arbres.
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mar 30 Déc - 14:59



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« Ce sont nos ancêtres qui n'en voulaient pas. Nous n'avons jamais connu une telle proximité avec la nature et comment souffrir de l'absence de quelque chose que l'on ignore ? ». D’un côté, ça semblait tellement raisonnable, dit comme cela. Mais d’un autre côté … certaines amazones, bien que n’ayant plus aucun souvenir de l’orphelinat qui les avait accueilli avant qu’on ne les emmène ici, rêvaient secrètement de découvrir cette vie au-delà de l’océan, poussées par une nostalgie incompréhensible. Laïla les avait parfois entendues parler, lorsque Laïlynn et Lorelaï n’étaient pas là, et qu’elles pensaient sans doute que la jeunesse de Laïla empêchait ses oreilles de fonctionner. Même si elle n’en avait jamais parlé à leur chef, aimant trop ses sœurs pour les trahir, la jeune fille était catastrophée par cette idée. Si ses sœurs se mettaient à vouloir quitter la jungle pour rejoindre les rescapés, que deviendrait le clan ? Que deviendrait-elle ? Car, malgré toute sa curiosité, malgré l’envie qui lui prenait parfois de descendre sur la plage pour parler aux survivants, elle ne s’imaginait pas vivre autre part que dans la jungle, entourée de ses sœurs et du campement qu’elle connaissait depuis toujours. « Les esprits, ils ont créés les hommes en leur insufflant l’amour de la nature. Donc si votre cœur était suffisamment ouvert, vous auriez quand même eu envie de la jungle. ». Mais Lorelaï, après son premier contact avec les survivants, leur avait bien dis : il semblerait que les hommes venant d’au-delà de l’océan aient perdus jusqu’à la connaissance même de l’existence des esprits. Comme si tout avait été effacé. Mais Laïla avait du mal à l’imaginer, tellement les esprits occupaient une place importante dans sa vie. Cependant, elle devait bien reconnaitre que ces hommes et ces femmes qui grouillaient en bas ne respectaient aucune des règles que soufflait l’esprit du vent, comme s’ils les ignoraient, comme s’ils n’en avaient pas conscience. Parfois, Laïla aurait voulu leur hurler d’écouter, leur conseiller d’observer, leur interdite d’éteindre ce feu qu’habite Krïnteyona. Mais toujours, elle se retint, incapable de désobéir à Laïlynn en trahissant aussi ouvertement leur présence sur cette Ile. Tandis qu’elle expliquait à l’homme que la jungle signalait distinctement sa détresse et que n’importe qui était en mesure de comprendre son appel, elle sentait bien qu’il ne la croyait pas. Comment interpréter autrement son regard sceptique sur la jungle ? De nouveau, elle croisa les bras, énervée. C’était bien cela que Lorelaï voulait dire quand elle disait que leur cœur, leur esprit même, refusait d’entendre les appels de la nature. Laïla se prépara à argumenter, encore et encore, trop attachée à ses croyances pour les voir ainsi remettre en question, mais quelque chose dans le vent qui soufflait, quelque chose dans la mélodie des vagues qui dansaient, l’incita à se taire. Pourquoi perdre sa salive pour quelqu’un qui n’acceptera jamais de reconnaitre la présence des esprits tout autour de lui ?

C’est peut-être, inconsciemment, pour cette raison que la jeune amazone tenait tant à demander à la jungle si elle pouvait faire confiance à Fernando. En espérant que la jungle ferait ce boulot à sa place, que quelque chose prouvera au militaire qu’elle n’est pas folle, et que les esprits sont bels et bien présents. Et puis, même si en sortir était parfois bienvenu, les amazones n’étaient tranquilles que lorsqu’elles se trouvaient dans l’abri protecteur de la jungle, loin des regards et des curiosités. Loin du bruit qui montait de la plage, aussi. Alors Laïla, bien pressée de rejoindre les arbres qui l’ont vu grandir -et qu’elle a vu grandir, réciproquement-, bien pressée de retrouver l’ombre apaisante et le sol que l’humus et les feuilles rendaient si agréable au marcher, attrapa du bout des doigts la manche du militaire et l’entraine à sa suite. Si au début il semblait la suivre, ce qui l’encouragea à accélérer, il s’arrêta soudainement, la retenant par le poignet. Elle se retourna. « Mais pou’quoi tu… ». À peine eut elle le temps de protester de cette halte qu’il parlait déjà. « Désolé mais je ne fais pas suffisamment confiance aux amazones que pour me laisser embarquer dans la jungle par l'une d'entre elles. ». Laïla ne parvenait pas à comprendre qu’elle puisse faire peur à quelqu’un, vu que c’était plutôt elle qui avait peur de tout -et de n’importe quoi, parfois- mais il ne lui laissa pas le temps de s’en étonner. « Tes sœurs sont là n'est-ce pas ? Sinon pourquoi un tel regain de confiance ? Pourquoi oser m'approcher alors qu'il y a quelques minutes je te faisais peur ? ». Elle jeta un coup d’œil vers la jungle, se demandant ce qui pouvait lui faire penser que c’était ses sœurs qui approchaient. Elle-même ne voyait rien, même si elle devait reconnaitre que la traque n’avait jamais été son fort. Elle tenta de libérer son poignet, sans succès. Elle détestait quand on la retenait, ça lui rappelait tellement le jour où, cherchant à l’empêcher de rejoindre les amazones malades, Laïlynn l’avait retenu sans ménagement. Elle répliqua : « Non, elles sont pas là. C’est la jungle que j’allais retrouver. ». Que pouvait-elle dire de plus ? Elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait rajouter, surtout qu’elle lui avait déjà dit pourquoi elle l’entrainait dans la jungle. C’était à croire qu’il était persuadé qu’elle cherchait à l’embarquer dans un piège. A partir du moment où elle fit ce constat, elle se demanda bien pour quelle raison il semblait craindre autant ses sœurs. Elle savait, bien sûr, que les militaires avaient quitté le campement des amazones précipitamment, mais elle était consignée dans la grotte et n’avait rien vu. Ses sœurs l’avaient rassurée en lui disant qu’ils avaient trouvé un vrai campement loin de la jungle, et que tout allait pouvoir redevenir comme avant. Mais bien au contraire, les arbres avaient continué de perdre leur vitalité, le vent avait continué sa sombre complainte, et voilà que ce militaire reculait et l’éloignait pas à pas de la jungle.

« Tes sœurs m'ont déjà tellement prit, je ne leur ferais pas le plaisir de me faire avoir à mon tour. ». Elle n’avait absolument aucune idée de quoi il pouvait parler. Elle répéta. « Mais elles sont pas là j’te dis ! Et lâche-moi ! ». Privée de sa liberté fondamentale de pouvoir bouger sans contrainte, l’oiseau qui sommeillait en elle commençait à paniquer. Elle avait, il y a quelques années de cela, accompagné Lounäya à la chasse aux abords de la forêt des survivants, et avait vu un petit lièvre à la patte coincée dans un filet. Le pauvre animal se débattait dans tous les sens en couinant, et la scène avait tellement ébranlé Laïla qu’elle avait refusé de manger de la viande pendant plus de six mois, jusqu’à ce que Lorelaï lui fasse admettre que Melonya leur faisait cadeau de ces animaux pour qu’elles puissent se nourrir, et que c’était offensant de refuser un cadeau. À présent, Laïla comprenait encore mieux la terreur qu’avait dû ressentir la pauvre bête, qui quant à elle ne savait absolument pas ce qui l’enchainait ainsi, contrairement à Laïla. Laïla qui ne comprenait absolument pas pourquoi Fernando, qui venait de lui dire qu’il ne lui voulait aucun mal, la retenait ainsi, pourquoi il lui parlait si durement. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens d’au-delà des mers changeaient si rapidement de comportement. Les amazones s’énervaient parfois, bien sûr, mais il était bien rare de les voir changer d’attitude aussi soudainement …
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Dim 4 Jan - 0:21

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Demander à quelqu’un de vous faire confiance alors que vous ne lui accordé par la moindre trace de la vôtre… C’est typiquement le genre de choses idiotes que je fais. Et dans ce dialogue de dupe, ou nous étions tous deux fermés aux paroles et explications de l’autre, il n’y avait sans doute pas de gagnant possible. Les choses sont encore trop fraiches pour moi et sans doute pour elle aussi. La nuit, il m’arrive encore de me réveiller avec la sensation du sang de mon père sur les mains. Sa mort avait été violente à n’en pas douter. Il était âgé, je n’aurais jamais dû le laisser aller sur le terrain. S’il n’y avait pas eu cette dispute entre nous je l’aurais probablement forcé à rester sur le bateau. Peut-être même aurait-il arrangé les choses pour que quelqu’un vienne nous chercher, qu’on ne nous abandonne pas au beau milieu de nulle part sur une île remplie de putains de psychopathes. Avec des ‘si’ on referait le monde. Du moins, c’est ce qu’on dit. Pour l’heure, nous étions tous coincé sur cette foutue île, mon père était mort et j’étais probablement dans les emmerdes jusqu’au cou. Et j’étais là, dans cette situation improbable, sur cette foutue falaise. Je tenais la jeune amazone… Laïla… par le poignet et elle tirait, essayant de se dégager. Me dit-elle la vérité ? Puis-je vraiment croire les mots qui sortent de la bouche d’une amazone ? Elles m’avaient soutenue qu’elles n’y étaient pour rien dans l’attaque du groupe que menait mon père. D’un certain côté, elles n’allaient pas avouer de but en blanc qu’elles étaient coupable devant tous les gars. Mais le mal était fait. Je doutais et j’étais bien incapable de lâcher ce poignet dans ma main. « Mais elles sont pas là j’te dis ! Et lâche-moi ! » Je reculai à nouveau, maintenant ma prise. Au plus mon regard fouillait la jungle, au plus j’avais l’impression de m’être méprit au sujet des intentions de la rousse. Je me forçais à prendre de profondes inspirations, à me calmer. La confiance est quelque chose qui doit fonctionner dans les deux sens et si je suis incapable de la donner à une amazone, je pourrais au moins essayer de la donner à l’adolescente qui se cache sous ces traits. J’avais envie d’aider Laïla, de lui montrer à quoi ressemble la vrai vie, lui montrer notre société, la coupée de toutes ces barbares de la jungle. Ses croyances ne me dérangent pas, mais sa manière de voir le monde est erronée, falsifiée par un bourrage de crâne qu’elle subit sans doute depuis qu’elle est petite fille. Je suis même prêt à apprendre. Après tout, ne dit-on pas, connait ton ennemi mieux que tu ne te connais toi-même ? Mais c’était trop tard. Si je la lâchais maintenant, ne partirait-elle pas en courant ? Ne rejoindrait-elle pas la jungle pour prévenir ses sœurs de ma présence, de ‘l’affront’ que je lui ai fait ?

Absolument pas sûr de ce qui allait se passer, je finis par lâcher sa main. « Désolé. Je te demande de me faire confiance et je ne fais pas d’effort de mon côté. » Je ne savais pas où accrocher mon regard. La jungle ou la rousse ? J’avais lâché la jeune fille. Si ses sœurs avaient été là, j’aurais sans doute déjà été au courant d’une manière ou d’une autre maintenant que je ne pouvais pas mettre en danger directement la vie de l’une des leurs. Je lâchai un soupire, n’y tenant plus. J’étais habitué à la vie à la dur mais cette île avait le chic pour me foutre les nerfs en pelote. Tout semblait fait pour nous contrarier. Rien que la présence de la rousse en était la preuve. A la base, je cherchais à m’isoler du reste du groupe, à être un peu seul et j’étais tombé sur une amazone. Une p*tain d’amazone bordel de m*rde ! Cependant, j’ai de la chance dans mon malheur. Elle était seule et devait sans doute être la plus jeune du groupe. Je vais peut-être arriver à sortir mon épingle du jeu et réussir à sortir quelque chose de cette rencontre. Si seulement c’était Jayson qui était à ma place, il aurait su trouver les mots justes comme il le fait toujours. Je fermai les yeux et prit une profonde inspiration. « Bien, j’accepte d’aller dans la jungle mais tu dois me faire la promesse que ce n’est pas un piège. » Que valait la promesse d’une amazone ? Pas grand-chose. En tout cas, pas à mes yeux. Mais c’était sans doute mieux que rien. Et quelque part, je me demande dans quelle mesure je ne me donnerais pas à moi-même des munitions. Il ne se passe rien ? C’est parce qu’elle n’est pas encore totalement corrompue par le mode de pensé de ses ainées. C’était bel et bien un piège ? Cela me donnerait raison et il y a des chances qu’elles m’allègent du fardeau de vivre sur cette foutue île. Quelque part, j’y étais obligatoirement gagnant. J’observai en silence Laïla, attendant sa promesse. Ce n’était rien de plus qu’une raison futile de se jeter dans la gu*ule du loup, un certificat fantoche en seule et unique preuve que je ne sautais pas à pied joins dans un piège que j’aurais le mauvais goût d’agiter sous les yeux de quiconque voudrait le voir. Une raison stupide mais parfois c’était ce genre de choses qui étaient nécessaires pour faire le grand saut. Des petites choses, des choses anodines voir erronées ou sans valeur. Mais c’était mieux que rien. Avoir une parole que je sais ne pouvoir croire était à mes yeux une excuse suffisante pour faire cette erreur que je me sais brûler de faire depuis un moment. Ce que je cherche ? Je suis en quête de vérité. Un besoin viscéral de prouver que j’ai raison et, qu’en prime, je pourrais peut-être sauver la rousse du destin cloisonné que lui réserves les personnes en qui elle place toute sa fois.
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Sam 24 Jan - 17:58



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Un instant, elle crut entendre des tambours, et puis elle compris que c’était son propre sang qui battait contre sa tempe, tandis que la panique s’emparait d’elle. Son poignet ne lui appartenait plus, et elle n’avait d’autre choix que d’accompagner le mouvement de ce militaire qui l’éloignait un peu plus de la jungle à chaque pas. Elle était comme un oiseau qui n’avait plus le droit de s’envoler, qui guettait le ciel immense s’en pouvoir s’en approcher. Et, tout comme un oiseau entravé finissait par se débattre, la jeune amazone cherchait à récupérer sa liberté de mouvement. Et quand, finalement, Fernando finit par la lâcher, elle recula vivement que quelques pas, bien décidée à ne plus le laisser s’approcher. Elle aurait pu, bien sûr, - elle aurait dû - s’esquiver immédiatement dans la jungle et retrouver le bienheureux refuge des arbres millénaires puis, ensuite, le campement et ses sœurs, mais déjà le militaire avait pris la parole. « Désolé. Je te demande de me faire confiance et je ne fais pas d’effort de mon côté. ». Elle ne voyait même pas ce qu’elle pouvait répondre à cela, puisqu’il avait dit tout ce qu’il y avait à dire. Elle mourrait d’envie de lui demander pour qu’elle raison il semblait craindre autant ses sœurs, mais quelque chose lui soufflait que la réponse qu’elle obtiendrait sera plus guidée par la colère que par la raison. Elle ne saurait dire d’où lui venait cette certitude, peut-être du cœur même de cette terre qui l’avait vu grandir, peut-être d’une observation qu’elle avait inconsciemment effectuée. Cela dépendait des points de vue et des croyances : Lorelaï y verrait sans aucun doute le signe que la jeune Laïla était destinée à devenir chamane, tandis que n’importe qui d’autre louerait ses capacités d’analyse. Laïla ne songeait à aucune de ces interprétations, et suivait simplement ce qu’elle considérait comme des évidences. Aussi ne posa-t-elle aucune question, et se contenta-t-elle d’attendre en silence, les bras croisés, que le militaire s’éloigne ou reprenne la parole. Elle ne savait que trop bien à quel point un mutisme prolongé avait tendance à encourager l’autre à s’exprimer : ses sœurs  l’avaient eu par cette technique bien trop souvent, quand elle cherchait à leur cacher quelque chose et qu’elle finissait par tout leur avouer, gênée par ce silence artificiel et pesant. Elle n’eut pas à patienter bien longtemps, à son grand soulagement puisqu’elle était prête à se laisser prendre à son propre piège et à prendre la parole. « Bien, j’accepte d’aller dans la jungle mais tu dois me faire la promesse que ce n’est pas un piège. ». Elle faillit lui répliquer qu’effectivement, il ne faisait aucun effort niveau confiance, mais elle ne tenait pas à faire plaisir à l’esprit malin en usant de railleries. Il ne fallait que peu de chose pour briser l’équilibre et permettre à Arkuynn de s’infiltrer dans le monde. Aussi les amazones rejetaient-elles toute pensée qui pouvait avoir été soufflé par l’esprit banni. Au fond d’elle, elle se demanda pour qu’elle raison Arkuynn avait bien pu réussir à atteindre son cœur, et se dit avec horreur que c’était peut-être la colère du militaire qui déteignait sur elle. Et, loin de l’énergie bienveillante de la jungle, la jeune amazone ne savait comment chasser l’esprit malin qui cherchait à tisser sa toile de rancœur en elle. Alors, même si elle craignait que la haine du militaire ne vienne troubler la jungle, elle s’empressa de répondre à Fernando : « Je te le promets ! Et maintenant, on peut y aller ? ».

Elle avait à peine attendue sa réponse pour rejoindre la lisière de la jungle, fermant un instant les yeux lorsqu’elle passa l’invisible frontière entre le dehors et le dedans. Ici, tout était plus rassurant, et la jeune fille savait qu’elle n’était pas seule. La jungle veillait sur elle, mère silencieuse et capricieuse. Les arbres étaient ses frères et les animaux ses amis. Elle avait patiemment attendu que Fernando passe à son tour sous le couvert des branches avant d’attraper quelques baies dans sa besace. Tandis qu’elle les écrasait pour en faire une bouillie violette, elle se mit à expliquer au militaire ce qu’elle comptait faire : « Avant de demander à la jungle si je peux te faire confiance, - de nouveau elle dû se retenir pour ne pas faire de remarque - il faut que tu te présentes à elle. Pour faciliter l’échange, faut juste que je dessine un symbole sur ton front avec ça. ». Elle tendit la main pour lui montrer les baies qui, savamment écrasées, formaient maintenant une pâte aux fortes senteurs fruitées. Pour bien faire, il lui aurait fallu quelques feuilles de thym mais elle n’en avait plus et il n’y en poussait pas dans cette partie de l’Ile. Elle espérait que les esprits ne s’offusqueront pas de cette absence, et qu’ils comprendront qu’elle n’avait pas d’autre solution. Lorelaï lui avait bien souvent répété que, quand on s’adressait aux esprits, ce n’était pas uniquement les plantes qu’on utilisait qui importaient, mais surtout la sincérité avec laquelle on effectuait le rituel. Si les esprits sentaient que ce n’était pas par négligence que l’on n’utilisait pas telle ou telle plante, ils passaient outre l’oubli. En silence, elle demanda aux esprits de ne pas tenir compte de sa jeunesse et de ses maladresses, de recevoir sa requête et de l’examiner afin de lui répondre. Elle se tourna ensuite vers le militaire. « Par contre, heu … faudrait peut-être que tu t’assieds sur un tronc, parce que t’es trop grand pour moi … ». Une fois que Fernando eut accéder à sa requête, apparemment à contrecœur, la jeune amazone se mit à tracer les quelques symboles sur le front de ce dernier. Comme toujours lorsqu’elle se concentrait sur une tâche, elle pinçait les lèvres et devait se retenir pour ne pas tirer la langue. Cela faisait toujours énormément rire les grandes amazones de la voir si absorbée dans son travail, même si Laïla ne comprenait pas ce qu’elles trouvaient de si amusant à avoir ce genre de tics. Mais quoi qu’elle fasse, elle ne parvenait pas à s’en débarrasser. Une fois qu’elle eut terminée, elle recula et chercha du regard un petit ruisseau pour se rincer les mains. N’en trouvant pas, elle haussa les épaules et attrapa quelques feuilles encore pleines de rosées pour ôter le plus gros. Quand elle était enfant, elle ne se gênait pas  pour lécher le jus sucré que laissaient les baies sur ces mains, mais elle avait grandi et cela aurait été fort inconvenant devant les esprits. Parfois, elle regrettait d’être obligée de grandir, vu les interdits que cela apportait. Elle s’obligea à penser au présent, et expliqua à Fernando que c’était maintenant à lui de jouer. « Maintenant, faut que tu te présentes à la jungle et aux esprits. Tu peux leur raconter ce que tu veux, et tu peux même le faire dans ta tête si tu préfères ! ». Même si, au fond d’elle, elle était très curieuse d’en savoir plus sur le militaire, elle savait que nombres d’amazones préféraient parler en silence aux esprits, et ce même si les secrets n’avaient pas leur place au sein du clan. Chacune était libre de s’adresser à sa façon à la nature, et certaines se passaient même de mots et transmettaient leurs messages par la musique. Laïla quant à elle ne voyait aucun inconvénient à ce que ses sœurs connaissent ce qu’elle racontait aux esprits, mais sans doute était-ce parce qu’elle n’avait jamais rien de bien important à leur dire. Alors elle attendit, sans savoir s’il était en train de converser avec les esprits ou s’il n’y croyait absolument pas, jusqu’à ce qu’un craquement lui fasse relever la tête. Alors, sans réfléchir, elle secoua la manche de Fernando pour l’inciter à bouger. « Attention, y a un arbre qui tombe ! ».


Spoiler:
 


Dernière édition par Laïla-Chilali G. Liliana le Ven 6 Mar - 18:59, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Dim 1 Mar - 18:53

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

« Je te le promets ! Et maintenant, on peut y aller ? » Une réponse rapide et pressée. A l’image de ses mots, elle avait déjà décollé vers la lisière, se dépêchant de retourner auprès de sa précieuse jungle. Je restai un bref instant là, à la regarder. Elle passa la lisière et s’arrêta dans la jungle. Je la voyais encore d’ici. Elle s’était bel et bien arrêtée. Je me serait attendu à la voir fuir, essayer de s’échapper. Est-ce vraiment de la bonne volonté de sa part ou est-ce un piège grossier ? Quel est le pourcentage de chance pour que je ne me fasse pas assommé ou menacé d’une flèche dès que j’aurais mis un pied dans la jungle. Ici, à flanc de falaise, j’avais presque l’avantage du terrain. Là-bas… Là-bas je n’étais qu’un empoté comparé aux amazones. Elles vivent dans la jungle, la connaisse comme leur maison. Moi je ne suis qu’un intrus prit dans un filet qui essaye désespérément et maladroitement d’en échapper. Cependant, je me mis en route, ma main sur la garde de mon couteau. A quoi servirait-il ? Pas grand-chose mais on se rassure comme on peut. Et savoir que je ne suis pas totalement inoffensif me rassure. Si c’était bel et bien un piège, je ne me laisserais pas prendre sans me battre, sans me défendre. Je passai finalement sous le couvert des arbres, tous mes muscles tendus, prêt à réagir à la moindre chose un peu hors norme. A ma grande surprise, rien ne vint. Juste… Rien. Je relâchai un souffle que j’ignorais retenir et fouillai une dernière fois la jungle du regard avant de reporter mon attention sur la jeune femme. Elle était en train de farfouiller dans sa besace, écrasant quelques une des baies que je l’avais surprise en train de cueillir. « Avant de demander à la jungle si je peux te faire confiance, il faut que tu te présentes à elle. Pour faciliter l’échange, faut juste que je dessine un symbole sur ton front avec ça. » J’observai la bouillie d’un air dubitatif. Vraiment ? Elle va me tartiner un symbole sur le front avec ça ? Je ne pouvais m’empêcher de trouver cela relativement ridicule. Ridicule et absurde. Comment avoir des baies écrasées sur mon front pouvait-il changer quoi que ce soit ? Je me retins cependant de faire une réflexion. J’avais finalement fait mon premier pas vers elle et cela s’était bien passé. Je n’étais pas encore menacé de mort ou assommé et prit pour prisonnier. Continuer sur cette lancée semblait être la chose à faire si je voulais lui ouvrir les yeux. Critiquer de but-en-blanc ses croyances ne serait pas exactement une excellente idée. « Par contre, heu … faudrait peut-être que tu t’assieds sur un tronc, parce que t’es trop grand pour moi … » Chouette… Je vais vraiment avoir cette bouillie infâme sur le front. Totalement à contrecœur, je m’assis sur le tronc le plus proche. Il était vrai qu’elle n’était pas bien grande. Je n’aimais pas être assis. Debout je pouvais réagir beaucoup plus vite. Être assit me rendrait plus lent en cas de quoi… ? En cas de quoi que ce soit en fait. Et elle commença à m’étaler la p*tain de bouillie infâme sur le front. C’était collant son truc. Collant et dégueulasse. m*rde. Elle, elle avait l’air concentré sur ce qu’elle faisait. Moi, j’étais totalement dubitatif. Allez-vous en d’expliquer ça au gars lorsque je rentrerais. Pour tout ce que j’en sais, elle pourrait très bien être en train de me dessiner une bite sur le front.

Elle recula et s’essuya les mains sur une feuille couverte de rosée. Ouais. Pas con. Je me relevais, n’aimant pas être assis trop longtemps dans la jungle. Pas quand Elles peuvent me tomber dessus à tout instant. La rouquine semblait avoir regagnée en confiance depuis que nous avions rejoint le couvert des arbres. « Maintenant, faut que tu te présentes à la jungle et aux esprits. Tu peux leur raconter ce que tu veux, et tu peux même le faire dans ta tête si tu préfères ! » J’haussai un sourcil. Sérieusement ? Se présenter à la jungle ? Genre, comme si je parlais à quelqu’un ? Je veux bien me montrer respectueux des croyances des autres mais il y avait des limites à ce que je pouvais faire. Déjà que je devais avoir l’air bien ridicule avec je ne sais trop quel symbole dessiner sur le front. Je ne vais pas en plus commencer à me présenter à une p*tain de jungle. Vous m’imaginez, moi, le cul sur un tronc en train de dire dans le vide ‘bonjour la jungle, je suis Fernando Karsoca, major dans la marine’. p*tain, j’aurais l’air tellement con. De toute manière que je le fasse ou pas, ça changerait quoi ? C’est pas comme si ces conneries de dieux existaient. Toutes ces croyances s’expliquaient avec des phénomènes scientifiques. On ne lui a juste jamais apprit. Je gardais donc le silence. Ce n’est pas comme si elle pouvait savoir si je me ’présentais’ ou pas. Et puis, cette p*tain de jungle m’a tant prit, pourquoi j’aurai envie de converser avec elle ? En plus d’être une idée totalement c*nne, elle était absurde. Je fixais donc la rousse. Combien de temps ce genre de présentations étaient sensées durer ? Elle leva la tête avant moi. Un craquement. Je suivis son regard pour voir l’arbre commencer à pencher. Évidemment, il avait fallu qu’on aille faire ça à côté du seul p*tain d’arbre de cette jungle sur le point de tomber. Elle attrapa ma manche, tirant dessus. « Attention, y a un arbre qui tombe ! » Ouais, je crois que j’avais vu. Le regard toujours braqué sur l’arbre, je le vis tomber en notre direction. Par pur réflexe, j’attrapai le poignet de Laïla avant de me mettre à courir. Par chance, la jungle était moins dense par ici, ce qui nous permettait d’évoluer plutôt vite. Mon entrainement m’interdisait de la laisser derrière moi. C’était une gamine et elle était en position de danger. Si j’avais pris le temps de réfléchir, sans doute me serais-je rendu compte qu’elle était sans doute plus à même que moi de s’en sortir, que ma main serrant son poignet, l’attirant dans mon sillage était probablement plus une ancre qu’une aide pour elle. Mais je ne pouvais juste pas me contenter de m’enfuir en la laissant derrière. p*tain d’arbre de m*rde !

Je cessai de penser, passant en mode homme de terrain. Agir au mieux et réfléchir après. L’arbre en entrainait d’autres dans sa chute. Les craquements devenaient plus nombreux, devenant une sorte de p*tain de chant funèbre à mes oreilles. Foutue jungle de m*rde. Je n’avais pas lâché son poignet mais elle évoluait plus vite que moi dans la végétation. J’entendis plus que je ne vis les craquements se rapprocher. L’arbre ne devait pas être loin dans notre dos. Maintenant, cela se jouait en secondes. Ouais, à deux on était trop lents. Je la poussai en avant. Encore quelques mètres et elle serait sans doute à l’abri. Je la lâchai tandis que je la jetais presque plus que je ne la poussais, tombant dans la manœuvre. Je me mangeai le sol, parmi les racines et la terre sèche. Directement, je me mis en position, protégeant mes points sensibles. L’arbre s’abattit autour de moi. Le bruit de la chute me vrilla les tympans, le sol vibra sous moi. Encore un peu et on aurait pu se croire en plein bombardement. Ouais, un arbre qui tombe je suppose que c’est pas bon signe dans ‘demandons à la jungle si on peut te faire confiance’. Je parle pas le langage de la jungle mais ça ressemble fort à ‘fous le camp le plus loin possible de lui’. Je restai immobile un bref instant avant d’ouvrir à nouveau les yeux et prendre connaissance de mon environnement. Un peu choqué, observais le bois en face de moi. J’avais été chanceux. L’arbre était tombé autour de moi. C’est-à-dire que j’étais entre deux branches. Un peu plus à gauche ou à droite et j’aurais été transformé en bouillie et elle aurait pu me tartiner le front de quelqu’un d’autre si elle l’avait voulu. Je m’en sortais avec quelques blessures sur le bras droit. Brisant les fines branches au-dessus de moi, je commençai à me redresser. « Laïla ? Laïla, tu vas bien ? » Là, tout de suite, il n’y avait pas vraiment d’amazone ou pas qui tienne. C’était une p*tain de gamine et je l’avais poussé en avant en espérant juste que les quelques mètres supplémentaires feraient la différence. A vrai dire, je pense qu’un instant j’ai cru que je claquerais sous ce p*tain d’arbre. Je réussis à me relever et je fouillai les alentours des jeux. J’appelai à nouveau. « Laïla ?! » Je passai une main sur les écorchures qui couvraient mon bras droit. « p*tain, j’espère qu’elle va bien. » Je me sentirais vraiment mal de retrouver de la bouillie d’amazone quelque part sous une branche. Je regrettais déjà de l’avoir poussée en avant. Si je m’étais contenté de la mettre à terre avec moi en faisant barrage de mon corps, elle irait probablement bien. Là, j’en savais foutrement rien. S’il y a un quelconque p*tain de dieu de la jungle, ce serait parfaitement le moment de se manifester et de me montrer que la rousse est en sécurité.

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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Sam 7 Mar - 11:23



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le mouvement des marées (flashback)

Lorsqu’elle avait levé la tête, alertée par un craquement, Laïla ne s’était pas attendue à tant de violence de la part de la jungle. Jusqu’à présent, elle ne s’était jamais retrouvée face à un déferlement de fureur aussi important. Elle pouvait presque entendre les rugissements de l’esprit de la jungle, associés et portés par les voix multiples de l’esprit du vent. Courant à la suite du militaire, la jeune rousse se maudit d’avoir fait rentrer un étranger dans la jungle. Car elle sentait que ce n’était pas elle que les esprits chassaient, mais bien le militaire. Ils lui donnaient même une possibilité d’échapper à la chute, une issue se trouvant sur sa droite. Elle tenta d’entrainer Fernando sur le côté, mais il semblait ne pas s’en rendre compte, l’attirant par le poignet. Alors, trébuchant, elle n’eut d’autre possibilité que de le suivre. Le cœur serré, elle vit le chemin de traverse disparaitre sous un tronc, coupant toute retraite. Et les enfants de la terre, qui en grandissant rejoignaient le ciel, continuaient leur chute inexorable, tandis qu’oiseaux et singes hurlaient leur frayeur. Déjà, et malgré sa propre peur, la jeune fille pleurait ces âmes perdues, ces animaux qu’elle avait tué par sa terrible erreur. Chassant les larmes de sa main libre, le regard embué au point qu’elle n’en voyait plus le chemin, elle n’avait même plus le courage de courir. Alors elle suivait simplement le militaire, qui finit par la pousser en avant, tandis que le dernier arbre s’effondrait dans un bruit de fin du monde. Elle s’était instinctivement roulée en boule, demandant à Chuirkann, esprit de la terre et père des hommes, de la protéger des fureurs de ses frères esprits. « Désolée, désolée, désolée, désolée … ». Elle pouvait continuer comme cela des heures durant, tandis que la terre tremblait encore de l’ultime effondrement. Mais le silence qui régna alors, une fois les voix de Sulsfulinn et de Sylvernya évanouies, lui fit cesser sa longue litanie. « … désolée. » dit-elle une dernière fois avant de se taire, à la fois étonnée et soulagée d’être encore en vie. Sous elle, le sol formait comme un creux, et les branches ne l’avaient même pas touchée. Mais elle sentait que ce n’était pas encore fini. C’était trop silencieux. Elle s’assit dans son … abri … et attendit donc un signe, une manifestation, quelque chose. Elle devait se retenir pour ne pas taper du pied, impatiente et nerveuse. Soudain, un nouveau craquement la fit sursauter, tandis que son cœur s’affolait. Mais aucun arbre ne fit mine de s’écrouler à nouveau, aucune branche ne bougea aux alentours. Soudain, un petit cri lui fit lever la tête. C’était un renard. Que faisait un renard ici ? Ils ne vivaient pas dans la jungle, mais dans la forêt à l’autre bout de l’Ile. Curieuse, elle se redressa. Le renard glapissait de douleur, tourmenté par un tigre, un singe s’enfuyant, la patte en sang. Laïla n’intervint pas pour deux raisons : elle sentait, à la lumière qui se dégageait de la scène, que c’était là un message que cherchaient à lui faire passer les esprits, et elle avait bien retenue les leçons de ses sœurs qui lui avaient dit de ne jamais -quoi qu’il arrive- s’approcher d’un tigre furieux. Et lorsque les animaux disparurent, comme s’ils n’avaient jamais existé, seul le cri de victoire des animaux de la jungle pouvait affirmer leur présence. Laïla n’était pas douée pour interpréter les signes, elle ne connaissait pas encore le langage des esprits, mais elle n’eut pour une fois aucune difficulté à comprendre ce qu’on cherchait à lui dire : les étrangers à la jungle n’ont rien à y faire.

« Laïla ? Laïla, tu vas bien ? ». Elle secoua la tête, dissipant les derniers hurlements du tigre qui tournaient encore dans son esprit. Lorelaï l’avait bien prévenu : « Ne laisse pas les esprits envahir ton esprit, sinon tu n’arriveras pas à revenir dans le monde réel. ». C’était plus compliqué que ce qu’elle pensait. Dès qu’elle oubliait de se concentrer sur le présent, la scène refaisait surface, avertissement continu et terrifiant. Un instant, elle se dit qu’elle refusait tout net de continuer d’apprendre à communiquer avec les esprits, c’était bien trop lourd à porter. Mais elle savait bien que Lorelaï ne serait pas d’accord, car la mage était persuadée que Laïla avait un don. La jeune amazone, elle, voyait plutôt cela comme une corvée. Elle préférait suivre les pas de Laïlynn, prendre des décisions et gérer le petit groupe, plutôt que de passer sa vie en transe, à écouter des esprits incapables de communiquer simplement. Elle respectait les esprits, mais avait encore du mal à les comprendre. Elle aimait leur parler, mais n’aimait pas recevoir leurs réponses, car elle ne parvenait pas à les interpréter et qu’elle en ressortait avec des maux de crânes infernaux. Elle soupira. Elle savait que, d’une façon ou d’une autre, la chamane allait être prévenue du signe confié à Laïla, et verrait ça comme une preuve de son intuition. Et alors, la jeune fille n’allait plus avoir la moindre possibilité de protester : son futur rôle serait déjà tout tracé. Elle secoua une nouvelle fois la tête. Ce n’était pas encore le moment de se préoccuper de cela. Déjà, Fernando venait de l’appeler une seconde fois, et elle n’était pas certaine qu’elle devait lui répondre. Devrait-elle faire comme le tigre, et chasser le militaire de la jungle, ou bien devait-elle tout simplement s’éclipser comme le singe l’avait fait ? Elle ne savait pas très bien qu’elle était la marche à suivre. Ce qu’elle savait, par contre, c’est qu’elle commençait à se sentir à l’étroit dans son abri naturel, elle qui ne supportait pas de rester immobile plus de deux minutes. Un oiseau la sortit de sa torpeur en surgissant de son nid, à quelques dizaines de centimètres de la jeune fille. Il fonça sur elle, claqua son bec près de son visage, l’obligeant à reculer. « HIIIIIIII ! ». S’il y a bien une chose qu’on ne soupçonne pas, c’est l’agressivité des perroquets lorsqu’ils sont effrayés. Après avoir senti son perchoir basculé, être resté empêtré dans les branches pendant de longues minute, le volatile se vengeait sur le premier être vivant qu’il croisait. La jeune amazone se releva et, refusant tout net d’utiliser son lance pierre -après tout, elle se savait coupable du sort de l’oiseau- et tenta d’attraper dans sa besace quelques graines, dans l’espoir de l’amadouer. Le perroquet dut sans doute voir ce geste comme une agression et attaqua sa main. D’une certaine façon, c’était moins dangereux pour elle que de voir ce bec bien trop coupant s’approcher de ses yeux. « Mais arrête ! J’vais rien te faire ! J’suis désolée pour ton nid, mais arrête maintenant ! ». Il n’y avait bien que les amazones pour taper la discussion avec un oiseau. Mais comme derrière chaque animal se cachait une parcelle de l’esprit des animaux, elle espérait que le caractère calme de ce dernier allait apaiser l’âme du perroquet, ou tout du moins allait attirer l’une de ses sœurs pour lui venir en aide. Laïlynn, par exemple. Son animal-compagnon était lui aussi un perroquet, elle saurait donc comment s’y prendre. Tachant d’être calme pour apaiser l’oiseau, elle tenta une dernière fois. « C’est bon, l’oiseau, j’veux pas te faire de mal … ». Soit il était sourd, soit la peur l’aveuglait totalement …

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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Mer 18 Mar - 14:16

LE MOUVEMENT DES MARÉES (flashback)

« HIIIIIIII ! » Elle est en vie ! Mon corps entier se tourna vers l’origine du cri. J’entrepris d’évoluer entre les branches échouées. Ce n’était pas chose aisée. Foutue p*tain de jungle de m*rde. Les branches me barraient la route et j’avais le choix entre les escalader ou les contourner. Une saloperie de labyrinthe si vous voulez mon avis. A force d’acharnement, je réussis à m’approcher de la source du cri. Mais je ne la voyais pas. Mon regard avait beau fouiller la végétation, il n’y avait personne. p*tain, je ferais mieux de ne pas m’attarder et de foutre le camp. Je l’ai déjà dit, je parle pas la jungle mais quand un arbre vous tombe sur la gu*ule, ça doit pas être super positif. Ou alors c’est sa manière de dire bonjour mais ça couterait cher en arbres. En allant la chercher, je risquais à tout instant de me faire menacer d’une quelconque arme. Elle devait sans doute m’avoir classé parmi les ennemis, ceux qu’il faut chasser de l’île, de la jungle. Ceux qu’il faut abattre avant qu’ils ne faces plus de mal que de bien. Pourtant j’avais la volonté de bien faire. Et ces croyances étaient idiotes. Nous étions juste au mauvais endroit au mauvais moment. Je n’ose même pas imaginer le lavage de cerveau qu’a pu connaitre cette gamine que pour s’attacher à ce point aux esprits. Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel. « Mais arrête ! J’vais rien te faire ! J’suis désolée pour ton nid, mais arrête maintenant ! » Cela venait… d’en dessous ? Je sortis mon couteau alors que je la voyais enfin sous un tas de branche. J’aurais préféré avoir une tronçonneuse mais un couteau c’était mieux que rien. De ce que j’arrivais à en voir à travers les branchages, elle était de prise avec un perroquet. J’hésitais un instant. Que faire ? Profiter de sa prison naturelle ? Ses sœurs allaient sans doute s’inquiéter de son absence prolongée et aillaient partir à sa recherche, je devais commencer à me dépêcher. Si je la relâchais elle irait crier à qui veut bien l’entendre que la jungle nous était tombée sur la gu*ule, que les étrangers avait étés repoussés par la jungle elle-même, qu’il fallait tous nous aligner et nous abattre un à un. Et connaissant les amazones, elles ont une telle soif de sang qu’elles ne se priveront pas pour le faire. p*tain de psychopathes… Non, quelque chose au fond de moi me soufflait que je devais profiter de la situation. Elle se débattait avec le perroquet. Elle ne m’avait sans doute pas remarqué. Ce serait le moment d’aller chercher les gars et de la faire prisonnière. L’utiliser comme moyen de pression contre les amazones, leur faire payer ce qu’elles ont fait à mon père.

Je l’observai se débattre un instant. Douce douce revanche que ce serait là. Juste un cadavre, égorgé. Un message. Vous vous en prenez à ma famille, je m’en prends à la vôtre. Mon père était déjà vieux, c’était sans doute sa dernière mission. Ne serait-ce pas que justice de m’en prendre à la plus jeune de la bande ? Seulement, si je la tue, je ne vaudrais sans doute pas mieux qu’elle. Je retins un grondement frustré. Non, je ne suis pas le genre d’homme qui tue des enfants. Elle ne doit même pas être majeure ! Il n’est pas trop tard pour elle. Elle pourrait encore assimiler notre culture. Alors qu’elle continuait de se débarre désespérément contre l’oiseau, mon plan se construisait petit à petit dans ma tête. Je n’ai pas besoin de la tuer pour l’arracher aux amazones. La maintenir simplement prisonnière la pousserait à se débattre, à vouloir s’échapper, cela renforcerait l’image négative qu’elle a de nous. Non, ce qui ferait réellement mal aux amazones, ce serait de la voir refuser tout ce qui fait d’elle l’une des leurs. Je ne m’attends pas à ce que Laïla me suive jusqu’au campement. Ce sera sans doute difficile au début mais je pense arriver à la convaincre en lui montrant la science, en lui expliquant les choses. Il faut que je la détache de ce groupe, que je la retourne contre les siennes. Voir un être cher se retourner contre vous, n’est-ce pas plus douloureux que de simplement le perdre ? Elles ont tuées mon père, elles méritent cette souffrance, cette douleur. Je voulais me venger et ce plan me paraissait bien plus douloureux et moins dangereux que de tout simplement incendier la jungle. Je sauvais quelqu’un qui n’était pas encore corrompu et je frappais là où ça faisait mal. Ce plan était tout simplement parfait.

Seulement, il allait falloir que je la sorte de là avant de faire quoi que ce soit. La sortir moi-même de ce trou sans son consentement demanderait beaucoup d’effort et je ne parle même pas du fait d’évoluer au sein de cette jungle avec tous ces arbres effondrés. Je dois la ramener dans un lieu où il sera plus facile de se déplacer. Je commençai donc à couper des branches avec mon couteau. « Tiens bon, je te sors de là tout de suite. » Ce n’était pas un mensonge. Je n’aime pas mentir quand j’ai la possibilité de ne pas le faire. Je ne lui dis juste pas pourquoi je la sors de là. Je réussis à dégager assez rapidement un passage ou elle pourrait se faufiler. Seulement, le trou était profond. Je m’allongeai donc au sol et lui tendit la main, l’invitant silencieusement à ce que je l’aide à se hisser hors de là. « Il faut qu’on sorte d’ici. Tu n’as rien ? » En d’autres circonstances, il aurait hors de question de faire ce que je m’apprêtais à faire d’ici quelques minutes, dans d’autres circonstances j’aurais été le premier à m’offusquer d’une telle démarche mais… Elles avaient tué mon père. C’était une histoire personnelle maintenant. Lui et ses hommes ne méritaient pas cela. Ils n’avaient rien fait si ce n’est explorer la jungle, couvrir du terrain. Et elles les avaient tous tués. Sans un avertissement ou quoi que ce soit d’autre. Juste comme cela, de sang-froid pur. Non, je ne pouvais pas pardonner. Pas cela. C’était allé trop loin. Désolé que ce soit tombé sur toi Laïla. Elle attrapa ma main et je la hissais hors du trou. Des branches se prirent dans ses vêtements, rendant l’ascension plus complexe mais on finit par y arriver. Je poussai un long soupir de soulagement en me rendant compte qu’elle n’avait rien. Quelle soit blessée aurait compliqué les choses. Je me redressais, rangeant ma lame. « On ferait mieux de ne pas rester au milieu des arbres morts » On ferait mieux d’aller en terrain découvert, là où je pourrais enfin agir. Des semaines que je ruminais, cherchant un moyen de me venger. Et on me l’offrait sur un plateau d’argent. Il allait falloir la jouer fine mais je suis à peu près sûr que je pouvais arriver à mes fins.

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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées Ven 27 Mar - 10:08



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Assaillie sous les attaques répétées du volatile, Laïla n’avait même plus le temps de réfléchir. Elle évitait presque mécaniquement les offensives, protégeant son visage de ses mains. L’oiseau semblait comme fou, et la jeune fille finit par se demander si, par malheur, le pauvre perroquet n’avait pas perdu ses œufs dans la chute de l’arbre. Rien qu’à cette pensée, la jeune fille sentit ses yeux se remplir de larmes. Ces chutes avaient surement tué tellement d’oiseaux, de rongeurs et de végétaux … Et tout ça à cause d’elle, car elle avait eu l’idée stupide d’amener ce militaire dans la jungle. Qu’est-ce qui lui avait pris de faire une chose pareil ? Laïlynn le leur avait pourtant répété, répété et répété encore : la jungle appartenait aux amazones, et les amazones appartenaient à la jungle. Il n’y avait pas de place pour des étrangers, et encore moins pour ces hommes armés. Jusqu’à présent, seules les paroles de Laïlynn et celles, plus mesurées, de Lorelaï avaient énoncé cette vérité. Mais la jungle elle-même venait d’avertir Laïla, par cette fureur incontrôlable puis par cette étrange vision. La jeune fille était bien consciente qu’elle avait déçu les esprits par cet acte irréfléchi. Et elle savait aussi que les amazones, une fois au courant, seraient toutes aussi déçues. Et là, elle ne pourrait pas nier. Les arbres constituaient une preuve amplement voyante et difficilement dissimulable. Soudain, un cri la ramena au présent. Le perroquet, cessant toutes attaques, venait de s’extirper laborieusement de leur abri végétal. Sur le qui-vive, elle se figea, attentive au moindre bruit. Des pas, au-dessus de sa tête. Une respiration, trop bruyante pour être celle d’une amazone ou d’un animal. C’était Fernando. Ça ne pouvait être que lui. De nouveau, le rugissement vainqueur du tigre envahit son esprit. Elle secoua la tête, agacée. C’est bon, elle avait compris : les étrangers n’avaient rien à faire ici. Mais que pouvait-elle y faire, là, maintenant ? Elle n’était même pas certaine de pouvoir sortir d’ici toute seule. Elle avait le sentiment que, pour l’empêcher de faire une nouvelle bêtise, la jungle tentait de la punir jusqu’à ce que les amazones débarquent. Car il ne faisait aucun doute qu’elles allaient arriver, dans plus ou moins longtemps. Ca semblait logique. Une telle manifestation des esprits ne passait pas inaperçu. Et les amazones étaient attentives aux signes envoyés. Preuve qu’elle-même n’était pas encore totalement prête à se proclamer amazone, puisqu’il lui avait fallu un signe titanesque pour qu’elle comprenne. À cet instant-là, Laïla prit la décision de travailler encore plus dur, d’écouter encore plus attentivement ses ainées, afin de ne plus commettre une telle erreur. Elle désirait ardemment apprendre à interpréter les signes, même les plus anodins, pour ne plus jamais blesser la vie autour d’elle. Tout ceci aurait pu être évité si elle s’était arrêtée à temps. Elle s’en voulait terriblement, et avait envie de disparaitre sous terre tellement elle avait honte.

Un copeau, deux copeaux, des petits morceaux de bois tombaient tout autour d’elle. Elle éternua lorsque quelques bouts de bois tombèrent sur son nez. Elle releva la tête, reculant de quelques pas pour ne plus être dans le périmètre de chute. Un instant, elle eut l’espoir que des amazones l’ aient retrouvé, mais elle comprit bien vite que ce n’était que Fernando. Une amazone n’abimerait pas ainsi un arbre, même mort. Il coupait sans même tenir compte des veines de l’arbre, et l’esprit de ce dernier devait hurler de mécontentement. « Tiens bon, je te sors de là tout de suite. ». Elle ne répondit rien. Certes, elle avait besoin d’aide pour sortir de là. Mais pas de son aide. Il n’avait donc pas comprit qu’il n’avait rien à faire ici ? Elle pensait quand même que les autres habitants de l’Ile étaient un peu plus malins que ça. Elle pensait que n’importe qui pouvait comprendre ce que la jungle venait d’exprimer. C’était tellement fort, tellement clair. Comment pouvait-il rester là, à lui tendre la main pour l’aider, tandis que l’environnement lui était hostile ? Comment faisait-il pour ne pas entendre la colère et la haine de la jungle ? « Il faut qu’on sorte d’ici. Tu n’as rien ? ». Il insistait. Elle était presque persuadée qu’il ne partirait pas sans l’avoir aidé à sortir de là. Et puis, de toute façon, il fallait bien qu’elle sorte de ce trou. Il serait toujours temps pour elle de lui fausser compagnie dès qu’elle sera sur la terre ferme. « C’est bon. Ça va. ». C’était vite dit. Tout au fond d’elle, elle souffrait de la souffrance de la jungle, pour tous ces animaux qui avaient péri, qui avait perdu leur abri. Elle souffrait de sa bêtise, de ses actes irréfléchis. Mais ça, il ne pourrait pas le comprendre, lui qui ne remarquait même pas la présence de la jungle. Alors elle ne dit rien, elle attrape juste la main tendue et elle s’évertue à sortir de son abri. Au passage, elle remercie silencieusement l’esprit de l’arbre de l’avoir épargné, protégé. Il aurait raisonnablement pu lui en vouloir, d’avoir ainsi troublé l’harmonie de la jungle. Parvenue à l’air libre, elle s’assit en tailleur sur l’une des branches, ôtant méticuleusement les branches et les feuilles qu’elle avait récolté lors de l’ascension. « On ferait mieux de ne pas rester au milieu des arbres morts ». Elle relève la tête. « Pourquoi ? Ils ne vont plus rien nous faire, maintenant. ». Elle ne comptait le suivre nulle part. Elle allait attendre ici que les grandes arrivent, elle allait écouter leurs récriminations sans rien dire, allait s’excuser une dizaine de fois, puis allait se plaindre de la fatigue pour qu’on la laisse tranquille. À chaque fois, elles se laissaient avoir, et cela donnait un peu de répit à la jeune fille. Mais les autres fois, ce n’étaient que des petites bêtises. Elle craignait tout de même que ça ne marche pas aussi bien aujourd’hui. Elle verrait bien. Elle tend le bras et s’adresse au militaire. « Pour rejoindre votre campement, c’est par là. Moi j’vais attendre que les grandes arrivent. Elles ne vont sans doute plus tarder. ». Elle espérait ainsi l’inciter à partir, lui qui semblait tellement craindre qu’elle ne soit pas seule, auparavant. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait peur de ses sœurs, mais cela l’arrangeait bien en l’instant présent. La jungle n’irait mieux qu’une fois qu’il sera parti, qu’une fois que l’équilibre sera rétabli. Alors pourquoi ne bouge-t-il pas ? Pourquoi reste-t-il planté là ? Elle se relève, et tend à nouveau le bras, se tournant vers la direction qu’elle veut lui indiquer. « T’as entendu ? C’est par là. ».

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Message(#) Sujet: Re: (laïla&fernando) + le mouvement des marées

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