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Message(#) Sujet: we long for fairy tales and firesides Ϟ lizzou. Jeu 11 Sep - 1:12


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D’un grand soupir, Jay’ tenta de balayer ses sombres idées. Il ferma doucement les yeux, prit d’une folle envie de se barrer en courant, et compta le plus rapidement possible jusque cent dans sa tête. C’est ce que sa grande sœur lui avait appris et, depuis, il le faisait à chaque fois qu’il avait besoin de se calmer. C’était pas vraiment le cas, à cet instant précis, mais il avait peut-être simplement besoin de se changer les idées. Ou alors juste d’avoir des idées en tête ? Il était tellement vide qu’il avait parfois l’impression qu’il réussirait bientôt à s’envoler ; une enveloppe pleine d’air et vide de sens. Il était là, assit sur son foutu tronc d’arbre depuis tellement longtemps à présent qu’il pouvait sentir ses membres devenir bois eux-mêmes. Il soupira à cette idée, et y sourit même, en s’imaginant devenir… Un arbre. C’était totalement le genre de pensées qui se baladaient dans son esprit depuis beaucoup trop de temps maintenant. Il devait respirer un autre air – le sien, sans nul doute – pour pouvoir parvenir à fonctionner normalement de nouveau. Mais il sentait que ce moment si précieux n’était pas franchement prêt à arriver.
Il était fait pour ça, pourtant. Hyperactif, le jeune Hanswell était un élément de taille lorsqu’il s’agissait de trainer du côté des survivants lambdas. Il aimait ça ; se balader là où il n’avait rien à faire, traîner entre les arbres, trouver son chemin dans des forêts qu’il n’avait pas vraiment l’impression de connaitre par cœur, suivre la trace de ces gens qui, quelque part, l’effrayaient un peu, et le passionnaient beaucoup. Il adorait sentir l’adrénaline dans ses veines, son cœur battre à en sortir de son corps, la chaleur de la traque et la pression de la capture. Il vibrait à l’idée d’aller ramasser des petits innocents sur la grande et drôle d’île, de leur faire un peu peur alors que leurs mains étaient liés dans leurs dos et que leur petit cœur battait à cent à l’heure, et de les jeter dans leur tout nouvel habitat : une cage fort mignonne qu’il avait fabriqué de ses petites mains. Mais ça, tout ça, c’était vraiment pas fait pour lui. Le jeune originaire ouvrit grand les yeux et réalisa qu’il était toujours coincé au même endroit, au même point – rien n’avait changé depuis qu’il avait quitté la terre pour un petit, un minuscule voyage imaginaire. Perdu dans ses songes, il en avait presque oublié la réalité amère dans laquelle ses collègues l’avaient fourré ; mais maintenant qu’il retombait brutalement sur terre, tout ça venait à nouveau de le frapper en pleine gu*ule.

Le visage à demi enseveli, elle lui tournait le dos. Ses épaules étaient relativement droites et excessivement immobiles aux vues de la fraîcheur de l’eau. Le soleil faisait briller ses cheveux et les ondes de l’eau formaient un cercle parfait autour de son corps. Il aurait dû être totalement absorbé, éblouie par ce spectacle ; il se faisait simplement chiier. Vraiment ; il était cet enfant à qui on a promis un amusement éternel et qui, finalement, se retrouvait privé de désert, de jeux vidéos, et de tout, finalement. Mais il devait toujours faire ses devoirs ; c’était ça, le plus difficile. Ses pieds bougeaient tous seuls à un rythme saccadé tandis qu’il jouait avec une brindille trouvée non loin. Et il ne sentit même pas murmurer sa millième plainte. « Sérieusement, ta simple existence me rappelle combien l'être humain est futile. » Pas qu'il se considérait comme un être supérieur, oh non. Mais il venait de passer pas moins de trois jours -et optionnellement trois nuits- à la suivre, la traquer, l'observer et, franchement, il avait l'impression d'avoir perdu l'équivalent d'une année entière. Si l'idée d'aller espionner du monde sur l'autre île l'avait fait trépigner d'impatience, il n'avait maintenant plus qu'une seule envie : retourner sur l'hydre, raconter au peu de personnes qui voudrait bien l'entendre à quel point la vie des survivants était palpitante, et puis finalement, retrouver sa routine habituelle. C'était un privilège auquel il rêvait depuis deux bonnes heures à présent, précisément depuis qu'elle avait ouvert les yeux et décidé d'aller se prendre quelque chose comme le plus long bain du monde. Si la perspective de la voir se relaxer dans une eau plus claire que du verre lui-même, l’excitation avait fini par quitter son esprit. Mais Jaylan, du haut de ses vingt-cinq ans, n’avait pas encore terminé de grandir.
Alors Jaylan finit par se relever, et traverser, plus ou moins bruyamment, les quelques mètres qui le séparaient de sa victime. Il venait d’avoir quelque chose comme l’idée la plus brillante du monde, ou alors seulement de la journée. Frappé par son éclair de génie, le jeune homme, d’un pas presque aussi léger que celui d’un insecte, s’approcha au plus près de la jeune femme et, d’un seul grand coup, attrapa ses vêtements. Sans laisser un seul bout de tissus derrière lui, il fila se réfugier derrière un arbre, et jeta le tout en direction des plus hautes branches. Maintenant qu’il venait d’exécuter son petit plan machiavélique, il n’avait plus qu’à attendre sagement ; elle finirait bien par sortir, réaliser qu’elle venait de perdre ses vêtements et donc, comprendre qu’elle n’était plus seule…
Les petits films tournaient en boucle de la tête de Jay’, mais il n’eut nullement le courage d’attendre que les choses se fassent d’elles-mêmes. Ça faisait un peu trop longtemps qu’il ne faisait absolument rien du tout, et il précipita un peu les choses en s’approchant bruyamment de la jeune femme ; tellement qu’il ne fait aucun doute que, d’instinct, elle allait se retourner pour voir ce qui venait dans sa direction. Bougeant quelques branches ici et là, il resta dissimulé un petit moment, juste le temps de rire intérieurement de sa propre blague, et aussi de la réaction de la demoiselle, avant de sortir d’entre les branches. Les mains dans les poches, il s’approcha d’elle et put enfin la voir de près, ce qui n’était pas franchement une mauvaise nouvelle. Il n’avait absolument plus l’intention d’y aller à tâtons : il venait de lancer la machine, plus aucun retour en arrière n’était possible.

« J’crois qu’il est parti par là, » ironisa-t-il en pointant n’importe quelle direction du doigt. Pour sûr qu’elle ne l’avait pas vu prendre ses vêtements ; il ignorait juste si elle se doutait qu’il y était pour quelque chose, ou pas du tout. Inspirant une grande goulée d’air, il s’approcha de l’eau calmement, et put enfin poser son regard dans le sien. C’était presque précieux comme moment, il pouvait à présent sentir que chaque seconde l’approchait un peu plus du moment où il regagnerait sa liberté – et, optionnellement, prendrait celle de son interlocutrice. « Excuse-moi mais... On t'a déjà dit que ta vie est très, très ennuyante ? » Il avait toujours été assez franc, ou alors disons qu’il ne réfléchissait pas franchement à ce qu’il allait dire. Dans tous les cas, il venait de soulever une réalité, ou peut-être deux : sa vie était chiante, et puis il avait passé suffisamment de temps avec elle sans qu’elle le sache pour s’en être rendu compte. Il commença alors des petits allers-retours, plus parce qu’il avait désespérément besoin de bouger qu’autre chose. Mais il fallait briser la glace : une fois les présentations faites, il pourrait commencer à poser de vraies questions. « Trêve de bavardage… C’est toi la folle furieuse qui veut absolument rejoindre notre merveilleuse, que dis-je, notre sublime île pour Dieu-seul-sait quelle raison ? »





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Message(#) Sujet: Re: we long for fairy tales and firesides Ϟ lizzou. Jeu 20 Nov - 16:27

we long for starlight and the low tide

we're adam with the apple and we're eve ; we are
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Pas besoin de retourner le couteau dans la plaie : la vie de Lizzie était réellement chiante. Ennuyeuse à mourir. Est-ce que c'était comme ça avant qu'elle arrive sur cette île ? Depuis quand était-elle devenue cette bonne femme inintéressante et pathétique ? La vérité, c'est que la vie de Lizzie n'était pas ordinaire à la base. Elle avait même vécu des choses plutôt hors-du-commun, assez dramatiques, et dans tous les cas, surement pas banales. Elle avait juste voulu réorganisé sa vie, faire place nette, virer le drame, pour que sa vie soit meilleure. Résultat ? elle n'avait plus de vie tout court. Après tout, elle avait été victime d'un crash, elle avait eu de terribles histoires d'amours, des mésaventures de famille, une grossesse inattendue, une fille perdue (enfin cachée), et d'autres soucis qui avait fait vibrer sa vie, certes qui avait été durs à vivre, mais qui avait au moins donné un peu de péripéties à son existence. Cependant, elle avait fui tous ces problèmes. Elle avait abandonné sa famille. Elle avait rejeté ses amants. Elle avait tourné la page sur tout, persuadée que ça la rendrait moins malheureuse. Elle était ainsi moins triste, mais certainement pas heureuse. Avant elle se prenait la tête sur combien sa vie était chargée et trop compliquée. Aujourd'hui, elle en était à s'inquiéter combien sa vie était devenue monotone. Sérieusement. Aucune folie. Aucune adrénaline. Ses seules distractions restaient ses petites soirées au bar de l'île, ses nuits partagées avec un ou une inconnue, ses petites provocations contre n'importe qui, ses petites rebellions contre certains hostiles, mais même tout ça, ce n'était plus tout à fait drôle. Elle avait perdu le gout à tout. Alors elle s'ennuyait encore plus que l'ennui même. Et elle avait la flemme. La flemme de bouger. La flemme de courir après la vie. Elle restait comme un petit oiseau blessé au fond de son nid. Trop frêle et trop effrayé, pour oser déployer ses ailes. Est-elle condamnée à ne jamais pouvoir revoler ? Devrait-elle se contenter de la vie banale de n'importe quel rescapé sur cette île ? Probablement en était-il ainsi.
Mais il n'en était pas question. Les rescapés, malgré qu'elle compte des amis parmi eux, n'ont surement aucun avenir. Des tensions font trembler l'île. Et rester parmi les rescapés, c'est rester dans le camp des perdants. Bien sûr que ça aurait été palpitant pourtant, d'ériger une petite révolution avec d'autres rescapés, pour tenter de s'affirmer sur l'île. Mais ce serait encore suivre les règles, se ranger du côté logique de la cause. Et si Lizzie en a vu certains carrément retourner leur veste pour aller se réfugier chez les hostiles, elle ne prendra certainement pas son propre acte pour de la lâcheté ou de la trahison. Non, car sa décision est fondée. Elle veut rejoindre les originaires. Elle veut être dans le clan des vainqueurs. Au-delà de ça elle veut découvrir les mystères de l'hydre, elle veut changer de décor, elle veut assouvir sa curiosité, elle veut aller là où c'est risqué, vers l'inconnu, le palpitant. Elle veut croire que les habitants de l'hydre sont crains de tout le monde, juste parce qu'ils sont forts, puissants, véritables. Elle veut croire que la vie sur l'hydre a plus de sens que la vie sur cette grande île.

Des jours pourtant qu'elle tente de les contacter, de se faire remarquer, sans réponse... Quoi ? Sa vie est-elle devenue à ce point inintéressante, que même les grands manitous ont décidé de l'ignorer ? Quels arrogants ! Comment a-t-elle pu s'imaginer une seconde qu'elle pourrait avoir quelque chose en commun avec eux, et se faire une place parmi eux ? Ils sont peut-être juste une bande de prétentieux perchés sur leur piédestal, incapables d'en redescendre ? Pff ils ne sont qu'une perte de temps... Lizzie n'avait pas eu d'autre chose que de retourner à son quotidien banal. Elle préfèrerait être neutre, solitaire, inimpliquée, lambda, plutôt que continuer à essayer de se trouver un intérêt dans la vie. Personne ne veut d'elle. Ca en donnerait presque envie de pleurer !
Elle partit donc vers le lac. Petit bain quotidien, pour faire passer le temps. Après elle irait faire sa tache quotidienne de cueillette, ensuite elle mangerait, elle ferait la sieste, elle se baladerait, elle se pendrait une cuite et veillerait jusqu'à pas d'heure avec on ne sait qui, comme d'habitude, et enfin la journée recommencerait, comme toujours, éternellement, sur cette île de damnés... Personne à l'horizon, elle retira toutes ses fringues et elle se glissa dans l'eau. Fraiche, mais bon elle ne saurait même pas se souvenir de quoi a l'air une douche bien chaude. Elle coula entièrement, pour se rafraichir les idées, littéralement. Puis elle immergea, l'eau au niveau du menton, le regard dans le vide, elle écouta le calme de la nature autour, son corps nu et frêle, meurtri au contact de l'eau, de la terre vaseuse frôlant la pointe de ses pieds. Elle aurait juste voulu se laisser couler davantage. Prendre une inspiration, laisser l'eau entrer dans ses poumons, la submerger et l'emporter, la faire quitter ce monde, la faire quitter cette île, enfin, quel bonheur... Mais des bruits dans les buissons la firent sortir de ses pensées. Elle se retourna brusquement, restant dissimulée dans le lac, s'entourant tout de même de ses bras, par réflexe, pour cacher son corps ; quoi qu'elle ne soit pas vraiment portée sur la pudeur. Elle remarqua alors enfin un jeune homme, un inconnu. Non, jamais vu, ça c'est sûr. Elle n'entendit pas vraiment ce qu'il lui avait dit, ni sa première phrase, ni la suite d'ailleurs. Elle mit même plusieurs secondes à rattrapper la conversation, à comprendre quel tour il lui avait joué, à propos de ses vêtements ou on ne sait quoi, bref c'était débile, et finalement, la seule chose qu'elle trouva à dire, fut :  ❝  Nan mais c'est quoi ton problème, espèce de gros pervers ?! ❞ Ensuite, la surprise passée, ce qu'il venait de dire remonta peu à peu à la surface, et ça lui apparut alors clairement :  un originaire... p*tain un originaire ! Il est venu pour elle, ils l'ont entendue, ils arrivent. Ils viennent la chercher. Ils l'acceptent. Ou veulent-ils la tester ? Peut-être même l'assassiner ? Vague de confusion intense. Que lui dire ? que lui répondre ? Elle eut envie de sortir de l'eau et lui poser toutes ces questions qui l'intriguait ; c'était sans se rappeler qu'elle était complètement nue, et qu'on lui avait donc surement envoyé un originaire bien comique. C'était quoi, une sorte de blague ? Un piège ? Sans compter que si elle disait encore une chose de travers, il pourrait très bien partir et l'abandonner ici, anéantissant tout son rêve d'aller sur l'hydre. Nan, il faudrait qu'elle l'amadoue, qu'elle le séduise, qu'elle le retienne. Il faudrait qu'elle fasse ses preuves. Qui plus est, elle n'a pas l'air de lui avoir fait très bonne impression pour le moment... Lizzie resta recroquevillée sur elle-même, dans son eau, ne sachant quoi dire, quoi faire. Puis, elle ajouta enfin, à tout hasard : ❝  Ca t'arrive de jouer au héros un peu, plutôt qu'au crétin ? Non sérieux, si tu me rapportes mes fringues, je t'en dis un peu plus sur moi et sur mes fameuses raisons ; ensuite tu feras ce que tu veux de moi, tu pourras me laisser pourrir ici, ou je sais pas, faire de moi ta prisonnière... à ta convenance.   ❞ Lizzie lui lança ce genre de regard mécontent, autoritaire, mais aussi léger et pleins de malice. Qu'en savait-elle de ce qu'elle pouvait vraiment attendre de lui ? Peut-être avait-elle vraiment vu faux à propos de ces fameux habitants de l'hydre, peut-être est-il juste réellement un pauvre crétin fini, et c'était sans espoir.


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spoiler :
 

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Message(#) Sujet: Re: we long for fairy tales and firesides Ϟ lizzou. Ven 2 Jan - 21:19


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La scène était hilarante. Elle était là, totalement nue devant lui, à peine cachée par ses propres bras et, malgré cela, une incroyable assurance se dégageait de tout son être. C’était presque comme si personne ne l’avait surprise là, alors qu’elle prenait un interminable bain qui, probablement, n’aurait pris fin qu’à la tombée de la nuit. Il s’était incrusté comme ça, avec sa petite blague d’enfant de sept ans qui n’avait fait rire que lui et elle, elle elle était restée impassible. C’était peut-être pas la première fois qu’on lui faisait une blague comme ça ? Ou alors, peut-être qu’elle aussi aimait bien rigoler de trucs qui ne font pas rire la plupart du temps. A moins qu’elle se foutait tout simplement de qui pouvait bien la surprendre comme ça ? Dans tous les cas, il ne put retenir un léger sourire en observant du coin de l’œil sa réaction. L’espace d’un instant, il se surprit à aimer cette attitude désinvolte qu’elle arborait, et peut-être même qu’il aurait du s’imposer dès le premier moment plutôt que de se taper ces interminables journées.
Elle n’avait absolument pas perdue ses moyens. Pourtant, elle n’avait aucune raison de garder son calme ; c’était un originaire après tout, il pouvait bien faire ce qu’il voulait d’elle – du moins, dans sa définition à lui.
Pervers, il ne l’était pas. Tout au moins, certainement pas plus que de raison. Non, c’était juste un type de vingt-cinq ans qui avait clairement décidé qu’il n’en aurait mentalement que la moitié, et que ce genre de blagues amusait au plus haut point. Son air assuré lui valu un léger sourire, alors qu’il commençait déjà à la cerner. Finalement, peut-être qu’il n’allait pas tant s’ennuyer que ça, maintenant qu’il avait réussi à s’incruster officiellement dans sa vie ? Il fit un autre pas vers le rebord du lac, s’approchant un peu dangereusement de ce corps nu, et planta ses yeux dans les siens sans même prendre la peine de lui répondre. De toute évidence, elle pouvait bien se faire l’idée qu’elle voulait ; ça n’avait pas la moindre importance aux yeux de l’originaire. Non, il préférait bien entendre ce qu’elle avait à dire, ce qu’elle comptait balancer pour sa défense et, surtout, voir sa véritable réaction maintenant qu’elle semblait enfin comprendre qui il était.
Croisant les bras sur son torse, il l’observa fixement tandis qu’elle semblait prendre conscience de qui était en face d’elle. Pas qu’il se pensait supérieur – ou, tout au moins, pas trop – mais elle avait tout de même mis un certain temps à réaliser qui il était, ce qu’il interpréta comme un léger retard mental. Les conclusions hâtives faisant totalement parties de sa famille, il n’avait que peu de mal à s’imaginer une chose à la place d’une autre ; et c’est ainsi qu’il finit par supposer qu’elle était peut-être un peu stupide – cette théorie expliquant à merveille le déroulement des journées de la jeune femme, il la valida sans le moindre problème.
Son changement d’attitude immédiat lui tira un haussement de sourcil ; il trouva ça tellement drôle d’être dans la bonne position de celui qui domine tout, qu’il avait bien l’intention d’en profiter encore un peu. Si elle voulait lui cirer les pompes un moment, soit, qu’elle le fasse ! Lui n’était vraiment pas mal à l’aise face à cette idée. Feignant de réfléchir, il fit quelques pas, dans sa direction puis dans l’autre ; la vérité, c’est que ses jambes n’avaient pas assez trottées pour la journée, et il n’en pouvait vraiment plus de ne rien faire. Pourtant, il n’était pas sans savoir que la route serait encore longue, et que leur petit jeu ne faisait que commencer. « Un héros ? C’est pas vraiment mon deuxième prénom, en fait… » Pas du tout, même. Non, Jaylan, lui, il était du côté des méchants, de ceux qui capturent, font mal, forcent à travailler puis relâchent, ou tuent. Donc parler de lui comme d’un héros, c’était probablement le surestimer plus que de raison – mais ça rendait la chose encore plus drôle, il devait bien l’avouer. Finalement, le jeune homme décida de s’assoir au bord de l’eau – le temps n’allait certes pas défiler plus rapidement d’ici mais, au moins, il pourrait caresser l’eau et, accessoirement, tremper ses mains plutôt dégueulasses dans l’eau claire. Un dernier regard vers la jeune femme et il se décida sur ce qu’il allait bien pouvoir lui dire. « Mais bon, pour une bonne cause, ça peut peut-être se faire. Commence par me dire pourquoi t’as autant insisté pour me voir, et je t’apporterai un morceau de tissu. Ainsi de suite, t’as compris l’idée. » Et, comme à son habitude il lui adressa un immense sourire, à la limite de la fierté et au bord de l’amusement. Ça pouvait être drôle, non ? « Et je n’accepte pas de « parce que tu es adorablement magnifique et qu’on m’a dit que t’étais parfait », parce que tout ça je l’sais déjà. » Après tout, ils allaient passer un bon petit moment ensemble ; fallait bien qu’elle commence à comprendre un peu qui il était. Puis, surtout, Jay’ ne pouvait faire autrement que d’être lui-même ; mentir, ça ne lui plaisait pas plus que de raison, alors à elle de s’en accommoder. C’est à ce moment-là qu’il réalisa qu’il ne connaissait même pas son nom.

Au fond, il se foutait pas mal des raisons qui avaient poussé la jeune femme à demeurer si insistante à leur égard, comme il se fichait bien de savoir d'où lui venait cette envie de les rejoindre. De toutes les manières, il y avait une chance sur deux pour qu'elle lui mente sur ses véritables intentions, alors non vraiment, ce qu'elle avait à lui dire ne l'intéressait pas. Il crevait par contre d'envie de savoir qui elle était, et ce dont elle était véritablement capable pour avoir droit à un tout nouveau passeport lui permettant l'accès à une nouvelle île. Il avait pour mission d'en apprendre sur elle, mais son véritable objectif était bien plus pervers que ça. Il allait la tester, la faire repousser ses propres limites afin de savoir jusqu'où elle pouvait bien aller. Après tout, n'est pas originaire qui le décide. Il faudrait juste qu’elle fasse bonne impression et, surtout, qu’elle soit l’heureuse gagnante à son petit jeu. Très, très petit.





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