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» Noreen Blodwyn-Barnes "
ADMIN Shaky. × We dream out loud. ❧ ❞

× Ma Célébrité : rachel laplubel. × Nombre de messages : 1897 × Age du perso : trente ans. no comments. × Job : pompier/planquée dans la forêt. × Côté love : i never knew i could love someone the way that i love you.


Message(#) Sujet: ❝ i will follow you into the dark. ❞ (nono&dada) Mer 21 Mai - 21:13



❝ il s'appelle damyan, elle noreen ❞

Trempée. Elle était trempée. Elle se serait presque détestée d’avoir eu cette idée aussi débile, celle d’être allée chercher du bois alors que le ciel semblait si sombre. Pourtant, lorsqu’elle était partie, il lui avait semblé qu’aucune goutte ne glissait vraiment entre les nuages, ou alors elle était peut-être passée au travers. Dans tous les cas, elle n’aurait jamais du y aller et, le pire, c’est qu’il était bien trop tard pour faire demi-tour. Elle avait toujours aimé se rendre utile, bien plus pour les autres que pour sa petite personne. Si elle pouvait apporter quelque chose à quiconque, elle le faisait sans hésiter ni y réfléchir le temps d’une seule seconde : elle y allait tête baissée, et, à croire, les yeux fermés aussi. Elle aurait pu, elle aurait du se douter que le ciel annonçait quelque chose de mauvais, mais, bornée comme elle était, elle avait quand même pris la route de la forêt. Alors que la nuit tombait presque brutalement, alors que les nuages se durcissaient d’un déluge qui ne tarderait pas à s’abattre sur l’île, elle avait préféré se rendre utile. Aller chercher du bois, pour que le feu de camp toujours puisse être alimenté. Alors qu’il y avait bien une heure que personne n’y avait remis la moindre buche, alors que personne ne le lui avait réclamé. Mais elle, elle avait vu qu’il ne restait plus que quelques troncs –à peine de quoi tenir encore quelques heures, à ses yeux- et donc, elle n’avait pas eu de meilleure idée que celle d’accomplir une tâche qui, d’une part, ne lui servait absolument à rien et qui, également, ne lui avait été réclamé par absolument personne. C’était Noreen, finalement : les autres avant elle et, s’il n’y avait pas de fameux ‘autres’, alors elle essayait de décrypter leurs désirs et souhaits à leur place. Alors que ça n’avait aucun intérêt que celui de la faire flipper, seule entre les branches.
Elle avait traversé la forêt à une allure incroyable ; elle avait toujours été rapide mais, cette fois-ci, elle avait eu comme l’impression de battre une sorte de record personnel tellement elle se sentait claquée. A bout de souffle, elle était arrivée au moment même où la pluie avait commencé son long sermon sur l’île. Elle s’était sûrement forcée à ne pas voir les éclairs et, s’auto-persuadant que tout irait bien, elle avait amassé ses troncs à une vitesse incroyable avant de rebrousser chemin. Seulement voila, la pluie l'avait devancé de manière considérable, et sa course à peine commencé, la jeune irlandaise se retrouvait totalement trempée, dégoulinante de pluie, de peur, et surement aussi un peu de débilité. Elle avait tenté le diable et, forcément, il avait décidé de lui donner une petite leçon. Sauf que le petit jeu dans lequel elle s'était bêtement lancée serait largement moins drôle au moment où l'orage allait éclater ; Noreen le savait et, quelque part, le craignait plus que n'importe quoi d'autre.  
Ce soir elle irait peut-être dormir chez un des militaires, si personne ne la voyait traverser le campement ; voilà ce qui traversa son esprit, au moment où elle s’arrêta pour reprendre son souffle, et tenter de réanimer son feu. Finalement, elle avait bien trop peur pour retourner dans sa tente ; en même temps, il faudrait bien qu’elle fasse, un jour ou l’autre, le chemin retour. Elle inspira longuement, se souvenant vaguement d’un précieux conseil qu’on lui avait donné alors qu’elle allait démarrer sa carrière de pompier : tu comptes le plus vite possible dans ta tête pour évacuer la pression et, rendue à cinquante, tu fonces et tu sauves des vies. Elle compta le plus vite possible dans sa tête, précisément jusqu’à soixante-dix-neuf ; et elle rebroussa chemin encore plus rapidement qu’elle était arrivée.

Ses pas la guidèrent finalement vers les vieilles mines, qu’elle ne distingua même pas au premier coup d’œil. Courant pour s’y abriter, elle ne remarqua rien de spécial, rien qui aurait pu l’alarmer plus que la pluie elle-même. Elle aurait dû, mais il faut dire que son suiveur savait se faire discret, et qu’elle l’apprendrait sûrement à ses dépends. Elle s’installa donc, à même le sol, tentant de rallumer la flamme presque éteinte de sa torche. Ne prêtant aucune attention à ce qui pouvait bien avoir lieu autour d’elle, elle sursauta au moment où ses yeux furent capables de reconnaitre une forme humaine juste à ses côtés. Se refusant à regarder qui était là, ce fut tout de même sa curiosité qui l’emporta et, d’un coup, elle osa croiser le regard de celui qui allait lui porter compagnie toute la nuit.
 
Une drôle de beauté indescriptible se dégageait de son visage et, à regarder trop longtemps dans la profondeur de ses yeux, elle se serait noyée. Elle serait tombée à la renverse devant tant de perfection, et il lui semblait ne jamais avoir vu quelque chose d’aussi… Sublime. C’était bien le mot qui lui venait à l’esprit et presque celui qu’elle avait envie de prononcer à cet instant précis ; seulement, une étrange force l’en empêchait. C’était pas de la peur, mais bien quelque chose de plus… Qu’elle se voyait totalement incapable d’expliquer, spectatrice de sa propre stupeur admirative. Elle ne l’avait jamais vu, elle en était persuadée ; parce qu’elle se serait souvenu de lui, parce qu’elle l’aurait reconnu au premier regard. Probablement aussi parce qu’elle l’aurait cherché ; oh oui, elle aurait promis, aux autres et surtout à elle-même, que son inconscient la conduisait sur les pas de l’inconnu, mais elle l’aurait cherché les yeux ouverts, partout où ses pieds auraient pu la conduire. Voilà qu’elle se surprenait à présent à spéculer ; elle sentait déjà une drôle de folie s’emparer de tout son être. Il dégageait cela et tellement plus encore, suffisamment pour qu’elle ne trouve pas un mot à dire.
Enfermée dans une bulle silencieusement admirative, elle se contenta de l’observer et son visage semblait ne traduire aucune émotion. Il faisait trop noir pour qu’il puisse apercevoir toutes les petites étoiles dans les yeux de la blonde qui, à cet instant, donnait sûrement l’impression d’avoir perdu vingt ans en vingt petites secondes. Le silence, pourtant recouvert par le vacarme de la pluie tombante, était d’or et la jeune femme se refusa à le briser. A cet instant, il lui semblait que quelque chose de bien pouvait lui arriver. Allez savoir comment, et surtout pourquoi un être si mauvais, si dégueulasse produisait un effet aussi addictif sur une pauvre chose presque innocente, et totalement naïve. Les yeux fermés et le cœur un peu trop ouvert, peut-être bien que la jeune irlandaise s’apprêtait à vivre quelque chose comme la nuit la plus effrayante de toute sa vie. Elle ne le savait simplement pas.





you gotta get up and try.


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Message(#) Sujet: Re: ❝ i will follow you into the dark. ❞ (nono&dada) Dim 25 Mai - 22:00

i know i got a bad reputation
noreen & damyan
On murmurait entre des soupirs sans dessus-dessous des vérités effrontées, tandis que l’astre solaire poursuivait sa course interminable dans un ciel écarlate, embrassant ce bout de terre à sa propre façon; le serrant d’une douce chaleur inconsciente. Peut-être que s’il savait l’honnête réalité; alors peut-être que les regrets teindraient sa gentillesse et sa chaleur fondrait, échappant à cet embarrassant paysage. L’être humain qu’il cajolait à chaque réveil, qu’il tenait sur le creux de ses plus obscurcies facettes n’était en réalité que le portrait noir d’une ombre terrassante. Mais peut-être aussi que cette lumière n’était qu’une éternelle romantique, ne désirait que l’obscurité, l’atteignant par les morceaux ternis, un prix de consolation, alors qu’un rêve éternel échappait à ses doigts fantômes. La lumière reflétait la lumière et les ténèbres l’attiraient, mais la repoussaient. Rejoindre cette ombre qui s’évertuait à fuir son rayon chaleureux, l’embrasser enfin. Une histoire d’amour damnée, un reflet d’une recherche de conscience, une jointure entre ces deux facettes d’une même pièce. L’un ne peut exister sans l’autre. Qu’était-ce que la vie si ce n’était une éternelle métaphore? La nuit qui roulait à chaque tour, tournant les dés d’une journée de plus, décidant de leur avenir inconscient. La lune s’essoufflait sous ses iris ébahis de ce jeu dont ils n’étaient que la victime. Lui, l’ombre et la lumière, cette même pièce qui s’étendait sans revers. Il portait sur ses épaules courageuses le rêve des astres inanimés et il ne le savait pas vraiment. L’ignorance était le cadeau qu’avait fait l’univers à l’humanité. Les idiots étaient ceux qui cherchaient réponses aux questions sans réponses. Il n’y avait pas de réponses à chercher, tandis que la lune et le soleil échangeaient ces places incontournables dans ce ciel où les étoiles s’éteignaient à tour de rôle. Le soleil caressant avec douceur les épaules de ces milliers d’êtres humains qui achevaient un désir qu’il ne réaliserait jamais en cet univers. Des êtres qui portaient un contraste enivrant, un clair-obscur parfois inquiétant. Certains diront que la boussole pointait toujours dans une direction, que la vérité prenait ses propres règnes. Ils n’avaient pas tout à fait tort, mais pas tout à fait raison. Une éternelle ritournelle d’interrogations aux réponses assez fausses pour ne pas être vraies, mais pas assez vraies pour ne pas être fausses. Tu me diras, n’est-ce pas la beauté de l’humanité ? Je te dirai que ce n’était que sa malédiction.

Cette ritournelle, cette ribambelle de temps et de jours inventés se déployait devant son regard fatigué. Il était humain, lui aussi, il vivait et respirait, son cœur battait aux grès des secondes et la course des astres n’était qu’un synonyme sans sens d’une fatigue qui s’accumulait. Mais Morphée lui échappait, elle échappait à ses doigts délicats qui courrait, courrait, mais n’arrivait pas à atteindre. Le fuyait-elle ? Et tandis que la fatigue s’empilait dans chacune de ces cellules, entre les creux de ses os et les carrefours de ses artères, dans la couleur de ses iris et les tissus de son cœur, il perdait son esprit dans les couleurs de la nuit. L’air était lourd, comme s’il tenait entre ses mains le poids de quelques gallons d’eau, et Damyan n’y voyait pas un empêchement à guider ses pas dans une forêt endormie. Les êtres nocturnes s’activaient dans leur obscurité faussée, remplissant le noir d’une nuit couverte de leurs yeux embrasés. Les bruits derrière leur pas recouverts de surprise pouvait échapper aux oreilles plus discrètes. L’eau qui tenait les nuages entre sa poigne avait trouvé la faille de leur couverture enfumée, venant mouiller ses épaules et humidifier ses vêtements du poids que les nuages n’arrivaient plus à porter. C’était à son tour d’être un peu plus lourd et il n’était pas certain qu’il appréciait ce sentiment. Damyan était un artiste, Damyan avait les yeux grands ouverts là où les autres les fermaient. Il tâchait de voir la beauté là où les autres l’oubliaient. La pluie n’était qu’un rideau d’eau infini qui tombait sans relâche de ses nuages gazeux. Elle brillait lorsque le soleil la trouvait, mais l’obscurité ne laissait que la sensation des gouttelettes glissant sur sa peau et la mélodie qu’elle jouait dans les alentours. Ses pas qui voguaient sans raison y trouvèrent une excuse, alors que son regard bleuté trouvait une jeune femme.

Elle était belle. Il n’y distinguait que sa silhouette, les couleurs cachés par le noir d’une nuit couverte et les détails flous de la distance. Pourtant, l’innocence de sa démarche, la façon qu’elle se tenait contre elle-même. Elle avait tout d’une personne sans fautes, d’une personne au bon cœur. Damyan avait l’œil attentif, il savait reconnaitre. Son instinct lui dictait de la suivre, de la comprendre, de mieux la voir. Il ne pouvait passer à côté d’une telle occasion. Une curiosité battante venait s’ancrer dans ses veines et le poussait à calquer ses pas aux siens, tels les animaux d’une nuit obscure. Ses yeux ne brillaient peut-être pas dans le tapis noir, mais sa marche était aussi silencieuse qu’un félin. Ils se suivirent ainsi pendant quelques minutes, une chasse inconsciente et une proie sans le savoir. Finalement, leur chemin trouva refuge et la mine vint abritée leurs corps trempés d’une pluie battante. Le tonnerre avait commencé à gronder dans le creux de ce qui ressemblait plus à une tempête qu’à une nuit pluvieuse. Des éclairs s’espaçaient, éclairants rapidement les alentours, avant de les laisser à eux-mêmes à nouveau. Des questions s’attaquaient à ses pensées paisibles, venant l’interroger, le rendre plus curieux encore. Il s’était assis, tandis qu’elle s’attardait à ce qui ressemblait à une torche. Il était près d’elle, mais il n’arrivait toujours pas à distinguer autre chose que sa silhouette, son visage obscurci. Elle était près, mais elle ne l’avait pas remarqué. Le feu attrapa finalement la torche, venant propager une douceur dorée autour d’eux, tel un halo. Elle était encore plus belle qu’il ne l’avait imaginé. Une véritable œuvre d’art. Ses yeux propageaient une innocence que même sa démarche n’avait pas calculée. Tout de suite, alors que l’or du feu venait éclairer son visage auparavant obscurci, Damyan savait qu’il ne pouvait la laisser partir. Elle était une beauté à ne pas laisser glisser d’entre ses doigts. Le silence régnait entre eux, tandis que la pluie à l’extérieur continuait de résonner de sa chanson, interrompu par quelques tonnerres intermittents. Ses yeux ne quittaient plus les siens, alors qu’elle avait un air qui lui semblait hypnotisé. Dans un murmure, il quitta ce silence. « Tu écoutes? La pluie compose une mélodie. » Il détourne le regard, ses doigts appuyés sur son genou,  tapant au rythme de ce qu’il entendait. Il murmurait doucement une chanson, des notes sens dessus dessous qui ne voulait probablement rien dire, tandis que ses yeux parcouraient l’endroit. C’était un endroit triste, renié de la nature, qui ne lui faisait pas de sens. Il n’oubliait pas la présence à ses côtés, attendant le moment idéal. Il avait déjà des idées, des idées qu’il en était certain, la fascinerait. Elle était si belle, elle ne pouvait qu’être intéressée par elles, elle ne pouvait qu’être ouverte d’esprit. Il avait envie de les lui partager. Il voulait voir ces expressions les plus diverses. Elle le fascinait déjà, et il ne la connaissait que depuis quelques minutes. Pour toutes ces raisons, il ajouta, la voix un peu plus lointaine encore qu'elle ne l'était déjà, tandis que ses yeux la couvaient du regard. « Tu es magnifique. »
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