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» Israël-Maëlys D. Jakarta "
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× Ma Célébrité : chloé moretz × Nombre de messages : 1195 × Age du perso : dix-sept ans (depuis le 31 décembre) × Job : coursière pour le réseau de trafic d’armes – et de drogues, soyons parfaitement honnête – de sa mère


Message(#) Sujet: ISRAEL&KARL ✈ dans ta vie, garde les gens qui t’aiment vraiment Dim 6 Avr - 15:04

✈ ISRAEL & KARL
trop penser à ce que les autres pensent de nous risque de changer ce que nous pensons de nous-mêmes

« Rendors-toi, Alekseï, d’accord ? J’vais juste faire un tour. ». Israël replace la couverture du petit garçon, lui passe la main dans les cheveux, attendant qu’il se rendorme pour se lever. Il était adorable, comme sa jumelle. La jeune hostile n’aimait pas particulièrement les enfants, elle les trouvait trop bruyants et les enviait secrètement de leur bonne humeur insupportable, mais elle adorait ses deux neveux de cœur. Elle pouvait passer des journées entières avec eux, officiellement pour les surveiller, officieusement pour jouer comme une gamine. Oui, quand elle était avec eux, elle retrouvait l’enfance qu’elle n’avait pas pu avoir. Mais c’était leur petit secret à eux-trois, personne ne devait le savoir. Elle attrapa son gilet au pied de son lit, et se dirigea vers la sortie. Le soleil avait déjà fait un bon bout de chemin dans le ciel, il y avait surement déjà beaucoup de monde d’éveillés. Ici, on avait tendance à se lever tôt : les lits n’étaient pas des plus confortables, et on peinait à oublier la situation dans laquelle on se trouvait. Et puis, il y avait les éternels amoureux de lever du soleil. Ceux-là, Israël peinait à les comprendre. Il ne s’agissait que d’un astre, dans le fond, même si elle ne renait nullement son utilité. Mais pour elle, il ne s’agissait que d’une immense boule de gaz incandescents qui permettaient à la terre d’accueillir la vie. Elle ne le trouvait ni beau, ni particulièrement intéressant. Mais bon, si cela leur plaisait, à eux, de se lever aux aurores pour admirer cette chose, libre à eux de le faire. Elle n’allait pas les en empêcher, elle s’en moquait complétement, dans le fond. Globalement, elle, tant qu’on ne venait pas l’embêter, elle n’était pas trop contrariante. Et c’était peut-être bien là le problème. C’était peut-être la raison pour laquelle elle n’arrivait pas à se sentir parfaitement à l’aise parmi les hostiles. Elle était peut-être - oh qu’elle terrible pensée - trop gentille. Elle n’avait peut-être pas vraiment sa place parmi eux, dans le fond. Mais ça, elle n’en parlait à personne. Chut.

Et c’est bien pour cela que, ce matin-là, elle avait pris la décision de changer ça. Ou du moins d’essayer. Ho, bien sûr, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose d’extraordinaire, elle préférait viser plus petit et être certaine -ou presque- d’atteindre son objectif que de rater complétement quelque chose de plus ambitieux. Non. Elle voulait juste retrouver un peu de confiance en elle. Et ça n’allait déjà pas être un tâche facile, elle s’en rendait bien compte, et cela ne faisait qu’alimenter ce cercle vicieux. Elle se dirigea vers la crique. Elle avait cru comprendre que quelques enfants de l’Ile allaient jouer là-bas, apparemment pour jouer à Peter Pan ou un truc du genre. Il allait bien leur falloir un pirate digne de ce nom, non ? Et puis, elle n’aimait pas les enfants. Trop souriants, trop insolents. Ils étaient trois. Elle en connaissait deux. Le petit Kyliann, elle ne voulait pas trop le secouer, c’était surement un des seuls qui désobéissait à ses parents pour jouer avec Olivia. Pas comme Roxanne. Olivia lui avait déjà dit, quelque fois, à quel point cela la rendait triste, que Roxanne ne lui parle plus ces derniers temps. C’était surement cela qui faisait le plus mal au cœur à la jeune fille : de voir ces larmes dans les yeux de sa nièce. À cause d’une gamine, d’une simple gamine des survivants. Israël n’aimait pas les enfants -elle se le répétait sans cesse, comme pour s’en persuader, évitant de penser à Alekseï et Olivia, qui dans le fond n’étaient pas juste des enfants, ils étaient des membres de sa famille- et elle n’aimait pas les survivants. Alors ça ne devrait pas lui poser beaucoup de problèmes de secouer un peu cette gamine. Juste pour lui montrer qu’on ne fait pas pleurer Olivia comme ça. Et pour évacuer cette colère, qui grandissait en elle, toujours plus, et pour rejeter la colère due à son incompétence sur quelqu’un d’autre. Et pour se prouver à elle-même que faire pleurer un enfant ne la dérangeait nullement, pour se prouver qu’à part ses deux neveux, elle haïssait vraiment les enfants.

***
Le chemin caillouteux essuyait la frustration d’Israël, qui n’en avait que faire de son innocence. A chaque pas qu’elle faisait, la jeune fille envoyait valser une dizaine de cailloux. Et dans son esprit tournait ces quelques mots, inlassablement répétés, sonnant chaque fois un peu plus comme une certitude. J’suis nulle. J’suis nulle. J’suis nulle. Leitmotiv incessant, refrain démoralisant. Et à chaque seconde qui passait, la nuit tombait un peu plus sur l’Ile. Et Israël ne s’en rendait même pas compte, elle ne se préoccupait de rien d’autre que de marcher, d’avancer, toujours plus loin. Rongée par ses idées noires, rongée par ses certitudes, l’adolescente n’avait qu’une idée en tête : elle n’avait rien à faire parmi les hostiles. Elle n’était qu’une bonne à rien, pas étonnant qu’ils ne lui proposaient jamais de venir avec eux. Ce qu’ils devaient rigoler, entre eux, quand elle n’était pas là ! Ou bien, ils en avaient ras-le-bol d’elle, c’était selon. Mais, dans tous les cas, elle les comprenait parfaitement. En cet instant, elle était persuadée que même Olivia et Aleskeï étaient meilleurs hostiles qu’elle. A vrai dire, pour elle, n’importe qui pouvait être meilleur qu’elle … Elle aurait mieux fait de rester à la grotte ce matin, tout aurait été bien plus simple. Si elle n’avait pas eu le malheur de sortir, si elle n’avait pas eu la stupidité de croire qu’elle allait pouvoir leur prouver sa valeur, alors elle ne serait pas là, à marcher au clair de lune, à ruminer cette journée misérable.

Et plus elle y pensait, plus elle se sentait stupide. Mais ce n’était pas eux, bon sang, c’était juste des enfants. Qu’elle ne connaissait absolument pas. Enfin si, elle connaissait leur prénom, mais c’était tout. Pourquoi diable avait-elle fait demi-tour ? Pourquoi n’était-elle pas allé jusqu’au bout ? Et tout cela tournait dans sa tête, tout cela continuait de la persuader qu’elle était vraiment trop faible, vraiment trop émotive, bref, vraiment trop nulle pour être une véritable hostile. Sa mère s’était complétement trompé, sur le coup, elle n’arrivera jamais à faire de sa cadette une véritable Jakarta. Israël releva un coup la tête. Simple vérification, elle savait parfaitement où elle se trouvait. Les ruines. Surement un de ses endroits favoris sur l’Ile. Y avait-il eut un village, ici, par le passé ? En tout cas, c’était ce que semblait indiquer le nombre de murets de pierres. Guidée par l’habitude, Israël se dirigea vers sa cachette favorite, là où elle se sentait suffisamment tranquille pour pleurer en paix, parfois, quand elle en avait vraiment marre, quand elle sentait qu’elle allait craquer, car elle ne voulait pas qu’on sache qu’elle ne se sentait nulle à en pleurer.
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