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» Israël-Maëlys D. Jakarta "
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× Ma Célébrité : chloé moretz × Nombre de messages : 1195 × Age du perso : dix-sept ans (depuis le 31 décembre) × Job : coursière pour le réseau de trafic d’armes – et de drogues, soyons parfaitement honnête – de sa mère


Message(#) Sujet: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Dim 11 Aoû - 13:53


Tina & Israël ;
Il y a le ciel là-haut, le sol en bas. Et entre les deux, les oiseaux. Tout en marchant, Israël observe l’azur. Parfois, elle envie ces êtres, qui planent sur le vent. Elle envie leur liberté de mouvement, leur liberté, tout simplement. Les humains sont des animaux bien misérables, condamnés à se mouvoir sur terre avec lenteur et lourdeur. Bien loin de la vitesse et l’agilité de ces oiseaux de neige. La jeune hostile a toujours trouvé étonnant l’amour qu’elle avait pour la poésie, elle qui n’avait jamais apprécié les cours. C’était sans doute le paradoxe entre la haine et l’amour, entre l’ignorance et la connaissance. A côté d’elle, quelqu’un marchait. Israël grimaça. « Tina, s’il te plait, tu peux essayer de faire moindre bruit en marchant ? Genre toute l’île t’entend, là ! ». Elle avait essayé de ne pas prendre un ton trop agressif, comme c’était souvent le cas. Elle ajouta, souriante. « Et puis ça va être dur de piéger quelqu’un s’ils se sont tous enfuis ! ». Car c’était bien là le but de leur expédition, aujourd’hui : monter un piège magistral que nul ne pourra éviter. Au fond d’elle, Israël se sentait toute fière de pouvoir apprendre quelque chose à Tina. Il faut dire que chez les hostiles, étant l’une des plus jeunes, c’était toujours elle à qui on apprenait des choses, comme à une enfant, et cela l’énervait beaucoup. Et même si tout ce qu’on lui montrait était très intéressant, et qu’elle y parvenait souvent bien, elle s’agaçait elle-même à être toujours la plus ignorante. Mais aujourd’hui, bah c’était différent, aujourd’hui, c’était un peu elle la professeur. « Depuis que t’es sur l’île, quelqu’un t’as déjà montré comment faire un collet ou un truc du genre ? ». Israël savait que la plupart des survivants utilisaient cette technique pour attraper des animaux, les armes se trouvant majoritairement chez les hostiles et chez les militaires. Après, elle ne savait pas trop ce que les adultes apprenaient au plus jeunes, et jusqu’à aujourd’hui, elle ne s’en préoccupait pas vraiment. Tant qu’on la laissait tranquille, rien ne la dérangeait. Elle grimaça de nouveau. « Dis Titi, par hasard, t’aurai pas une paire de basket de rechange ? Parce qu’on fait visiblement la même pointure et qu’un écureuil a réquisitionné mes chaussures pour son usage personnel. ». Cela remontait déjà à quelque temps, cette histoire. Elle s’est levée un matin, avec une basket en moins, et un écureuil hyperactif en train de la trainer dans un arbre. Ça avait beaucoup énervé la jeune fille, qui s’était débrouillé pour se trouvé une nouvelle paire … deux pointures trop petites. Cette île était vraiment une calamité, pour se vêtir correctement. Pendant un temps, la jeune hostile avait préféré marcher pieds nus, cela faisait quand même moins mal que des chaussures trop petites, mais avec les pluies torrentielles des derniers jours, il était quand même plus sympa de ne pas patauger dans la boue. « En fait, toi, t’es déjà allé voir l’avion sans un adulte ? ». Puis elle avoua, un peu gênée quand même : « Parce qu’en fait, moi, jamais. Karl il a trop peur que quelque chose me tombe dessus alors il veut pas que j’y aille toute seule. ». Elle en avait même un peu marre qu’il la surprotège comme ça, même si elle savait que c’était parce qu’il avait peur pour elle. « Mais de toute façon, on est pas toutes seules, on est ensemble ! ». Puis au fond, ça ne la dérangeait pas tellement que cela, de désobéir à son grand frère de cœur. A quoi serviraient les règles si l’on ne pouvait pas les enfreindre ? C’était un peu sa devise, à Israël, qui aimait s’écarter des chemins battus. Elle avait tellement parcourue l’île dans tous les sens que ses pas la portait sans qu’elle ne réfléchisse au lieu où elle voulait aller. Déjà, au bout du chemin, on voyait apparaitre ces grandes plaques blanches, symboles d’un temps révolu. Cet avion ne volera jamais plus, tel un oiseau condamné à partager le sort des hommes. Comme à chaque fois qu’elle venait là, la colère se disputait à la reconnaissance, envers ce monstre de fer qui les avait lâchés sur cette île. D’un côté, il avait tout gâché, mais de l’autre, il leur avait permis une vie nouvelle. Ici, pas de juges, pas de peines, rien que la liberté de faire ce qui leur plaisait. Pas d’école obligatoire, pas de contrôles, rien. Bien souvent, quand elle y pensait, elle parvenait à la conclusion que cette île était un vrai petit miracle apparu dans son existence. « T’es contente d’être ici, toi ? ».
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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Dim 11 Aoû - 14:45


l'homme est une marionnette.

Ses pas s’enchainaient lentement et elle essayait de faire le moins de bruit possible. Elle avait eut, pendant quelques minutes, l’impression naïve d’y arriver – mais Israël balaya cette pensée en lui affirmant, non sans une petite touche autoritaire, d’être plus discrète. A vrai dire, Tina n’avait pas l’habitude de faire quelque chose silencieusement ; elle, elle faisait du bruit, elle se faisait entendre, c’était comme ça, voilà tout. Comme elle n’avait pas non plus l’habitude qu’on lui donne des ordres, ou même simplement qu’on lui apprenne quelque chose ; elle n’écoutait qu’elle-même et si ça déplaisait à quelqu’un, il fallait être sûr que la blonde finirait par se montrer moins clémente. Et pourtant, que foutait-elle là, alors, à écouter les ordres d’une jeune fille de son âge, qui lui ordonnait de n’pas faire de bruit ? C’était différent, tout était différent. Beaucoup de choses avaient changé en peu de temps, laissant parfois Tina se demander qui elle était. Le jour où elle trouverait une réponse, ce serait sûrement terminé.
Elle ne répondit rien à l’hostile, probablement parce que c’était déjà beaucoup pour elle d’accepter tout ça alors, si en plus de se soumettre docilement, elle l’avouait de vive voix, ce serait un renoncement officiel à la personne qu’elle était. Et, même si elle avait conscience d’être en train de changer – de se transformer littéralement, en fait – elle n’était – pour l’instant – pas prête à en arriver à cet extrême. Elle tenta de suivre les conseils de celle qui s’était imposée comme son professeur le temps qu’elle apprenne les bases et, finalement, fit une drôle de tête en entendant la question de son acolyte. “ Ils ont essayé d’nous apprendre à compter, un jour. Ils ont aussi essayé d’m’apprendre à nager. J’crois que c’est à peu près tout, ils ont sûrement autre chose à foutre. Alors non, jamais. ” Elle parlait rarement de son passé qui, au final, n’était pas si lointain que ça, peut-être par peur qu’il ne l’attire à nouveau vers elle et qu’elle retourne à cette vie d’avant, celle de la petite Tina qui faisait peur aux autres enfants et qui, pourtant, parvenait à devenir l’amie d’un bon nombre de ces mioches. Elle avait décidé, un jour, de tirer un trait sur tout ça et depuis, elle s’efforçait d’y penser le moins possible, pour ne pas avoir à se remettre en question. Bien-sûr elle était lucide, savait ce qu’elle avait quitté pour quelque chose de totalement différent – mais il ne fallait, sous aucun prétexte, qu’elle se laisse attirer par ces survivants qui, la plupart du temps, la dégoutaient au plus haut point. Depuis ce changement ardent, Tina avait quelque peu perdue le goût de la parole, et ne se contentait plus que de répondre aux questions qu’on lui posait. Contre toute attente, Israël se révélait bien plus bavarde, comme si la situation se prêtait à la discussion – Tina ne l’avait pas encore compris, mais sa nouvelle amie, avant d’être hostile, méchante, sanguinaire, était une adolescente comme elle avait pu en croiser bien avant. Sa question lui étira un fin, très fin sourire, et elle répondit presque sans pause. “ J’connais quelqu’un qui devrait avoir ce qu’il te faut. Tu me diras quand tu voudras aller en voler une paire ou deux. ” On lui avait pourtant toujours appris que voler, c’était mal. Surtout à ses amis. Mais Savannah avait quelque peu quitté sa vie et, de toute façon, la blonde n’aurait aucun scrupule à voler quoi que ce soit à la brune, tout particulièrement si c’était pour Israël. Elle avait souvent vu sa nouvelle amie pied-nus et s’était parfois demandé si ça faisait parti de leur mode de vie, ou pas. Elle, elle était prête à enlever ses chaussures aussi, mais seulement si quelqu’un lui expliquait pourquoi. Peut-être que ça faisait moins de bruit, quand ils poursuivaient quelqu’un ? A en juger par l’aisance d’Israël, Tina ne put s’empêcher de penser que c’était sûrement le cas. Mais son explication avec l’écureuil balaya toutes ses certitudes et elle se rendit compte qu’elle avait encore énormément à apprendre des hostiles – sûrement plus qu’elle ne l’aurait imaginé. “ En tout cas, j’espère que tu lui as fait sa fête, à cette bestiole. ” En tout cas c’est ce qu’elle, elle aurait fait, si elle avait été à sa place. Elle demeurait persuadée qu’Israël avait agit de cette façon, parce qu’elle ne semblait pas se laisser marcher sur les pieds – avec ou sans chaussures – même si donner une leçon à un animal aussi décérébré n’avait probablement que pour but une sorte d’accomplissement personnel pour les gens… Bizarres.
Ses pas se faisaient de plus en plus rapides, comme si elle voulait s’entrainer plus vite à être plus silencieuse, même si ça n’avait pas franchement l’air de fonctionner. Les secondes défilaient et l’hostile semblait poser des questions de plus en plus personnelles, comme pour apprendre à connaitre la véritable Tina. Est-ce que ça fonctionnerait vraiment ? Pas sûre si, puisque l’adolescente semblait prête à rester de marbre. Lorsque son amie évoqua Karl, elle ne put retenir une légère grimace ; elle n’aimait pas ce sujet, elle n’aimait pas entendre parler de Karl, et elle n’aimait pas que quiconque lui parle de Karl. Elle tenta alors rapidement d’amener le sujet vers elle, égoïstement. « Bien-sûr que j’y suis déjà allée, et pleins d’fois, même. Ils voulaient pas, mais je l’faisais quand même et personne le savait. Même qu’un jour, j’ai rencontré un des tie… Un des nôtres, là-bas. » Elle ne savait pas trop qui c’était, car elle ne l’avait pas revu depuis, mais elle avait pu voir à son regard qu’il n’était pas vraiment comme elle. Avec le temps, elle avait compris qu’il était de ceux qui se fichent des survivants, et qui n’hésitent pas à faire peur à des enfants lorsqu’ils se baladent un peu trop loin du campement tout seul. Son utilisation du mot « ensemble » laissa la blonde de glace – elle était contente de l’entendre dire ça et elle commençait seulement à réaliser qu’elle venait peut-être de trouver son équivalent humain. Il fallait d’abord qu’elles soient de vraies amies, d’abord, mais elle avait cette drôle d’impression que, tant qu’elles seraient ensemble, tout irait bien. Peut-être qu’Israël dégageait quelque chose de fort qui mettait Tina en confiance, allez savoir. Elles s’approchèrent de l’épave et Tina se fit violence pour ne pas se laisser emporter par ce flot de souvenirs qui l’envahissaient. Avec le temps, le choc et tout le reste, elle avait finit par oublier le crash et les jours qui l’avaient suivi, mais pleins d’autres petits souvenirs étaient toujours présents à cet endroit. Elle perdit pourtant bien vite le nord, lorsqu’elle entendit la question de l’autre blonde. Elle fixa un instant le sol, se demandant s’il valait mieux dire la vérité, ou la lui cacher. Tant pis, foutue pour foutue… “ C’est la plus mauvaise chose qui me soit jamais arrivée. ” Elle avait relevé les yeux vers Israël et son regard ne pouvait tromper personne : elle était tellement sincère que ça aurait pu en être effrayant. Mais il ne valait mieux pas rester sur cette étrange note, pensa-t-elle. “ Et toi ? ” Peut-être qu’être une hostile apportait la joie sur cette île. Et peut-être que c’est pour cette raison que Tina avait décidé de s’approcher d’eux.




    “Il reste toujours au fond d’elle des tiroirs qui ferment pas bien, qui tous les jours lui rappellent qu’on est bien seul sur le chemin.”
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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Dim 11 Aoû - 15:47


Tina & Israël ;
C’est le courant qui coule et la vie qui passe. C’est comme si le temps était une grande rivière et que chaque seconde était représenté par une goutte. Israël n’arrivait pas à se souvenir de ce que à quoi ressemblait la source. Comme était-elle, avant l’île ? Etait-elle déjà si solitaire, si silencieuse, si attachée à ses promenades avec elle-même ? Elle ne le savait plus. Ce qu’elle savait, c’était comment elle était en ce moment. Et c’était amplement suffisant. Elle se rend compte que c’est la première fois depuis toujours qu’elle se trouve avec quelqu’un de son âge, sans avoir envie de lui crier dessus. Elle se rend compte que la seule présence d’enfant qu’elle a, c’est celle de son neveu. Elle se rend compte que tout ce qu’elle fait, quand elle est avec lui, c’est lui faire du chantage, lui donner des ordres ou le gronder quand il fait des inconsciences. Elle se rend surtout compte que, si elle fait ça, c’est parce qu’elle l’aime. Quand elle ne s’intéresse pas à la personne, elle ne dit rien. Elle laisse couler, et elle s’en va. Sauf si cette personne l’embête, bien entendu. Elle se dit que, suivant le même principe, elle doit commencer à apprécier la jeune Tina, sinon elle ne prendrait pas la peine de lui dire de faire moins de bruit. Elle sait qu’elle fait autoritaire, elle sait qu’elle parle à quelqu’un dont elle veut faire une amie, mais ce n’est pas sa faute, c’est son caractère, de parler ainsi. Elle eut un petit sourire en observant le changement dans la démarche de la jeune fille. Elle apprenait vite, même si elle avait encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir approcher un rongeur très sensible au bruit sans le faire détaler. Israël elle-même avait mis des années avant d’y arriver. Ce qui l’étonna, c’est que Tina ne réagit pas à son ton autoritaire. Elle, quand on lui donne des ordres -et cela même si elle adore en donner-, elle ne peut s’empêcher de s’énerver. Elle sourit en entendant la réponse de Tina. « De toute façon, compter, ça sert à rien. T’as pas besoin de savoir compter pour comprendre que quand tu vois une grosse bête avec des dents énormes et que t’as rien pour te défendre, c’est plus prudent de s’éloigner. ». Elle disait ça, mais au fond, elle-même avait cette tendance à se croire plus forte que tout et que tout le monde. Mais de ce côté-là, elle n’était pas un modèle à suivre, même pour quelqu’un qui souhaitait devenir une hostile. « Et puis nager, au fond, ça sert pas à grand-chose. La terre ferme, c’est plus intéressant que l’eau. La mer, c’est pour ceux qui veulent ressembler aux poissons. Et les poissons, tu sais ce qu’on en fait ? On les grille, et on les mange. ». Elle, elle savait nager, certes, mais n’aimait pas particulièrement. La mer, c’était plat, c’était grand et puis ça ne servait à rien, hormis garde-manger. « C’est dommage, parce que beaucoup de pièges nécessitent les mêmes sortes de nœuds que ceux qu’on fait dans les collets. Mais t’inquiète, j’vais te montrer, au bout d’un moment, ça devient automatique, tu réfléchis même plus en le faisant. ». Cela faisait si longtemps qu’Israël n’avait pas parlé comme cela, sans peser ses mots, sans craindre de dire une bêtise. Parce que chez les hostiles, il n’y avait que des adultes qui émanaient une sorte d’aura de force et de puissance. Et si cela émerveillait la jeune adolescente, qui rêvait de paraitre un jour si sûre d’elle, elle en était quelque peu intimidée. Elle avait toujours peur de dire quelque chose qui ne conviendrait pas au grand, de crainte qu’on la prenne pour une imbécile. Mais avec Tina, c’était différent. Elle avait son âge, et elle n’allait pas la juger comme certains hostiles pouvaient le faire. Après tout, elle n’avait pas autant de connaissances que ces grands tueurs professionnels, qui avaient bien d’autres occupations que jeter des animaux par-dessus la falaise. Plus le temps passait, plus Israël abandonnait ce petit jeu, le laissant à son neveu. Elle avait passé l’âge de terroriser des oiseaux ou des lapins. Elle devait maintenant passer à plus grand, à plus intéressant. A la réponse de la jeune fille, Israël soupira de soulagement. « Ca, c’est génial. Si tu veux, on pourra y aller au retour. ». Elle pouvait survivre une journée de plus, d’autant plus qu’elles allaient bientôt arriver, et qu’il serait stupide de faire demi-tour maintenant. Un peu curieuse, elle demanda : « Et c’est qui ce quelqu’un qui a ce qu’il me faut ? ». Au fond d’elle, elle était satisfaite de voir que Tina n’avait pas l’esprit embrumé par les paroles de ces nombreux adultes qui disaient que voler c’était mal, que dire des méchancetés c’était mal, bref, qu’être un petit peu hostile, c’était mal. Pour Israël, c’était le contraire : ce que les gens jugeaient bien, c’était mal et ce que les gens jugeaient mal, c’était le bien. C’était ainsi qu’elle avait été éduquée, c’était ainsi qu’elle pensait, maintenant. A la réflexion de Tina, elle ne put s’empêcher de se sentir gênée. Mais, sur le ton de la confidence et un petit sourire en coin, elle avoua : « En fait, j’étais tellement énervée que le temps que j’attrape un pistolet, l’autre avait déguerpi. ». Elle ne précisa pas que, dans sa colère, elle avait balancé sa seconde chaussure à l’autre bout de la grotte avant de bouder pendant un quart d’heure. Elle détestait quand les choses dérapaient et échappaient à son contrôle. Et encore plus quand cela était dû à un vulgaire animal. Mais ce qui était fait était fait, et maintenant, elle ne pouvait plus retourner en arrière. Tout ce qu’elle espérait, c’était que le nid improvisé de l’écureuil soit tombé de l’arbre et que l’animal ait été écrasé par sa chaussure. Juste retournement des choses. Quand Tina lui annonça que, bien sûr, elle était déjà allé seule, ce fut à Israël de se sentir un peu gênée. Tina avait fait quelque chose qu’elle-même n’avait pas fait, pour la simple et bonne raison qu’elle voulait pas trop inquiéter son grand frère. Mais maintenant, elle se sentait assez grande pour déroger un peu à cela. Puis Karl n’en saurait rien. Israël n’avait pas remarqué que Tina n’aimait pas parler de son frère, aussi continua-t-elle, comme souvent quand elle commençait à parler de Karl : « Tu sais, Karl c’est pas vraiment mon frère. Maman l’a juste adopté quand on est arrivé sur l’île -c’est pas officiel niveau administration, mais ici on s’en moque, hein !- et maintenant, il se comporte vraiment comme s’il était vraiment mon grand frère. Il est gentil, mais il est un peu saoulant parfois, il me prend trop pour une gamine. ». Elle aurait pu continuer ainsi pendant des heures, à faire part de son mécontentement envers ce traitement, mais les voici arrivées. Israël n’avait jamais vu ce lieu comme un lieu de souvenirs ni rien. C’était juste un endroit avec pleins de matériaux qui pouvaient servir. Comme les charognards se servaient sur les cadavres, les hostiles utilisaient les débris de l’avion à leur convenance. Quand Tina répondit à sa question, son regard plongé dans le sien, Israël se rendit compte que ce crash n’avait pas profité à tout le monde comme à elle. A vrai dire, elle le savait depuis longtemps, mais la force du regard de Tina lui fit vraiment comprendre que certaines personnes avaient été brisées par ce crash. Mais elle avait l’habitude de ne pas s’apitoyer sur le sort des gens, même sur celui d’une amie. Aussi, quand Tina lui renvoya la question, elle répondit aussi sincèrement que Tina. « Pour moi, ça a été un peu une délivrance. Plus de services sociaux pour essayer de me placer en famille d’accueil, plus besoin de se cacher pour apprendre à se servir d’armes, plus besoin d’aller à l’école … Puis ici, je me suis découvert une vraie et grande famille, avec les hostiles. On pense tous pareils, on est plus traqués par la police et on a une île rien qu’à nous. C’est plutôt cool. ». Mais au fond d’elle, Israël aurait aimé savoir qu’elle serait sa vie, s’il n’y avait pas eu ce crash. Toujours ce besoin de savoir toutes les possibilités. Puis elle se demandait parfois si ça n’aurait pas été plus simple pour elle, de continuer sa vie comme avant, sans avoir eu à s’adapter à un nouvel environnement … Elle secoua la tête. « Mais tu sais, Tina, ce sont toutes les épreuves qu’on vit qui nous permettent de devenir plus fort dans nos têtes. ».
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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Mar 27 Aoû - 12:36


l'homme est une marionnette.

C’est fou comme, en si peu de temps, tout peu changer dans une vie. Tina l’avait appris à ses dépends, précisément le jour du crash, lorsqu’elle avait cherché activement ses parents – entre deux éclats de sanglot – pour ne trouver qu’un courant d’air glacial. Elle avait compris, ce jour là, que rien ne dure toujours, que tout est éphémère et que le pire ne met pas forcément beaucoup de temps à arriver. Depuis, elle avait vécu avec ce foutu vide, dans le cœur & dans le corps, comme si quelque chose de crucial lui manquait ; elle n’avait pourtant jamais réussi à mettre de nom dessus et tous ses efforts pour combler ce trou avaient été vains. Peu à peu, elle avait commencé à lâcher l’affaire, toujours rattrapée par une main tendue. Mais aujourd’hui, maintenant que ses parents de substitution semblaient trop occupés avec toute leur ribambelle de gamins, elle n’avait plus trouvé personne pour se mettre en travers de sa route et, ainsi, elle pouvait, lentement mais sûrement, tracer son chemin du côté obscur.
… Et Dieu que ça pouvait l’énerver. C’était trop lent, trop frêle et trop gentil pour elle. Ouais, elle, elle voulait se jeter dans le tas, tirer sur tout c’qui bouge, faire peur aux gens pour de vrai et plus seulement proférer des menaces. Elle voulait agir, et vite. Sauf que ses quelques copains hostiles lui avaient affirmé que tout ce qu’elle ferait, elle devrait le faire bien. Alors elle se pliait sagement aux règles, comme si elle avait toujours été un petit mouton à peine bon à écouter en silence. Ce qu’elle n’avait jamais été, auparavant. C’était une nouvelle Tina, à l’écoute & silencieuse, qui semblait avoir gagné en âge et en sagesse. Sauf que ce n’était clairement que le calme avant la tempête, et il ne valait mieux pas se voiler la face. “ Ou de lui péter les dents ! ” s’écria la petite blonde, presque trop contente d’avoir trouvé ça toute seule. Mais bien vite, ses pensées revinrent à la raison, et, d’un ton bien plus calme, elle affirma alors. “ Mais ouais, t’as raison, de toute façon ils nous apprennent que des trucs qui servent à rien. ” Elle aimait cette façon qu’Israël avait de dire les choses : ouais, les poissons, on les bute & on les bouffe. Et Tina n’était pas un poisson, pas plus que sa nouvelle copine, légèrement dérangée. Alors ouais, c’était mieux de pas savoir nager. Et, de toute façon, à quoi ça lui aurait servi ? A partir d’un bord de l’île pour rejoindre le continent ? Si un jour elle avait cru à cette éventualité bien naïve, elle était à présent trop vieille pour se leurrer. Non, décidément, nager était complètement inutile. Comme les survivants de cette foutue île, bordel. Israël savait des choses que Tina ne pouvait faire. Oh oui, à ce moment précis, elle se sentait ignorante, et nulle. Elle avait l’impression de dépendre totalement de l’autre blonde, comme si, finalement, elle ne pouvait rien faire elle-même. Mais, après tout, il valait mieux qu’elle se rende tout de suite à l’évidence : c’était la vérité, et c’était la raison même pour laquelle sa copine hostile allait lui apprendre tant de choses. Et même qu’un jour, ce serait au tour de Tina de lui en apprendre en retour… Mais pour l’instant, elle devait faire bonne figure et accepter les conseils de sa nouvelle amie. “ Alors oui, tu vas m’apprendre. Et je vais tout retenir très vite et tu seras fière de moi. ” Pourquoi elle venait de dire ça ? Excellente question, tiens. C’était bizarre car, au fond, elle n’avait jamais voulu rendre personne fier. Mais aujourd’hui, c’était différent ; Israël était là pour elle, elle faisait ça pour elle, et alors, l’ancienne doudou profiterait de tout ce qu’elle avait à lui apporter, sans broncher un seul instant. Enfin, pour l’instant, quoi. La petite blonde haussa les épaules, mais ça n’avait rien d’une protestation ou d’une marque d’indifférence – non, c’était bien le contraire, elle n’avait juste pas trouvé les mots à associer à son geste. Et puis, reparler du passé ne la mettait pas franchement à l’aise, alors elle tenta de zapper le sujet assez rapidement. “ Une fille que j’connaissais… Elle a carrément tout ce qu’il faut, on pourra même lui prendre d’autres trucs, si ça t’intéresse. ” Jamais de sa courte vie Tina n’aurait pensé parlé comme ça de son ancienne meilleure amie. Il y avait eu un moment où la blonde aurait donné sa vie pour la brune si elle le lui avait demandé et, quelque part, elle n’avait jamais douté de la réciprocité de ce sentiment. Elles avaient été sur la même longueur d’onde, se comprenant par des regards et tout le mal que l’une pouvait faire à l’autre finissait par disparaitre avec le temps. Leur amitié lui avait semblé plus forte que tout mais, aujourd’hui,  les choses avaient changées, et Tina se devait de passer au-dessus de son ancienne amitié. De renier Savannah. Perdue dans ses pensées, Henley ne remarqua pas le fin sourire gêné d’Israël, et se contenta d’acquiescer à ses paroles, considérant qu’elle n’avait rien à y ajouter. C’était bien ça, finalement : elle était encore en plein apprentissage et, bien souvent, tout ce qu’elle pensait lui paraissait franchement futile, au point qu’elle ne lançait pas souvent la conversation. Seulement voilà, la conversation dévia bien rapidement vers un sujet qu’elle n’appréciait pas, et gardant le silence, elle se contenta de hocher plusieurs fois la tête, comme si, derechef, elle n’avait rien à ajouter. Elle aurait pu lui dire, qu’elle n’aimait pas parler de Karl mais alors, il lui aurait fallu expliquer pourquoi et ça, c’était bien la dernière chose qu’elle avait envie de faire. C’était trop compliqué pour qu’elle en lâche un seul mot à Israël qui était encore plus proche de Karl que n’importe qui d’autre. Alors, elle se contenta finalement de lâcher quelques paroles, comme pour convaincre son interlocutrice, et aussi un peu elle-même, que ce sujet ne la dérangeait pas, mais qu’il ne la réjouissait pas non plus. “ Ouais, j’vois. Bah tu sais, des fois les grands y croient qu’on est petites, mais c’est pas vrai alors… Envoie-le ch*er s’il est trop collant. ” Ouais, elle donnait une image, car les vulgarités, elle les avait un peu oubliées, en emménageant chez Susie & Dean. Mais, maintenant qu’elle était libre, ça lui faisait du bien de parler comme ça, et elle sentait que son vocabulaire n’irait pas en s’arrangeant avec le temps. Et puis, le sujet devint beaucoup plus profond, à tel point que Tina en était presque mal à l’aise, en fait. Son passé, et en particulier ces moments douloureux après le crash, elle n’aimait pas s’en rappeler, alors elle les évoquait le moins souvent possible. Pour qu’Israël comprenne un peu, elle lui avait lâché que le crash avait été la plus mauvaise chose qui lui soit jamais arrivé et, à vrai dire, elle ne s’était pas attendu à une telle réponse de la part de l’hostile. Elle avait toujours naïvement cru que si les autres hostiles étaient si méchants, c’était parce qu’ils n’étaient pas contents d’être ici mais, en fait, c’était faux ? Elle n’y comprenait pas grand-chose et, honnêtement, les mots d’Israël la laissaient un peu sur le cul. Doucement, elle se mettait à sa place, mais elle ne pouvait imaginer qu’un hostile soit véritablement heureux d’être ici. “ C’est plutôt cool… ” murmura-t-elle comme pour essayer d’assimiler ses mots. Peut-être qu’en fait, elle n’aurait pas dû lui retourner la question. Peut-être qu’elle aurait été mieux, sans savoir cette foutue vérité. Les derniers mots d’Israël ne provoquèrent qu’un haussement d’épaules car, cette phrase, Tina l’avait déjà entendue. Ce qui ne tue pas rend plus fort, blablabla. Mais qui a vraiment envie de souffrir le martyr, juste pour être « plus fort » ? Pas Tina en tout cas, ça, jamais. “ Y paraît, ouais. Sauf qu’on m’a jamais demandé mon avis. Après tout, j’avais peut-être pas envie d’être forte, moi. ” Elle se souvenait vaguement de son enfance où ses parents la gâtaient sans cesse et où l’amour était presque palpable. C’était loin, tout ça, mais il lui semblait qu’aucun nuage n’était venu gâcher leur ciel bleu, à ce moment-là. Peut-être qu’elle aurait voulu redevenir l’enfant qu’elle avait été, avant ce crash. Mais il ne fallait pas y penser, sinon, elle risquait de faire demi-tour. Et c’était trop tard pour revenir en arrière. “ Et maintenant, tu peux me dire c’qu’on fait ici ? ”




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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Mer 28 Aoû - 13:51

Tina & Israël
Y avait pas à dire, cette île était parfaite pour les randonneurs. Pas de chemin interrompu par une route, pas de balises à suivre, non. C’était le petit paradis de ceux qui aiment marcher sans circuit, juste en allant là où ils le voulaient. Avant l’île, Israël n’avait jamais connu ce genre de marche. Mais c’était vraiment quelque chose qu’elle appréciait : marcher dans des endroits peu fréquentés, pour réfléchir tranquille. Israël était, globalement, assez solitaire. C’était très rare qu’elle apprécie marcher avec quelqu’un. C’est pourquoi elle avait été très surprise de constater que la compagnie de Tina ne la dérangeait pas plus que cela. Bien sûr, cela lui changeait de son habitude, mais Tina ne faisait rien qui puisse l’agacer. Elle était gentille, sage et disciplinée. Presque trop, même. C’était comme si elle acceptait tout sans rien dire, là où Israël aurait tempêté, aurait posé des dizaines de questions, se serait braquée en refusant de recevoir des ordres. C’était sans doute là la plus grande preuve de leur différence. Mais au fond, ce n’était pas plus mal, qu’elles ne se ressemblent pas. C’était ce qui rendait les échanges plus intéressants. Cependant, il semblerait quand même que leurs avis ne soient pas complétement à l’opposé, surtout en ce qui concernait l’inutilité de l’apprentissage du calcul ou de la nage. Israël avait bien entendu donné l’exemple de la bête sauvage, qui n’allait pas attendre qu’on compte combien il avait de pattes pour charger. Ce à quoi Tina répondit :
    ▬ Ou de lui péter les dents !
    ▬ Et de te faire blesser ! Faut pas croire qu’on est invincibles. Contre un loup, sauf si t’es méga douée au poignard, t’as aucune chance. Si t’as un flingue, il t’attaquera avant que tu le sortes. Et au corps à corps, il a l’avantage du poids. Alors non, vaut mieux reculer tranquillement et pas paraitre menaçante. Les animaux, c’est pas comme les hommes, ils auront pas peur de toi parce que t’es une hostile, ils n’en savent rien.
Elle se rendait bien compte qu’elle était trop sèche, que Tina semblait très fière d’avoir trouvé cette idée prouvant son courage. Mais il fallait croire que la jeune hostile n’avait pas envie de voir sa nouvelle camarade se faire attaquer par une bête sauvage. C’était peut-être ça, l’amitié : avoir peur qu’il n’arrive quelque chose à l’autre. C’était nouveau, pour Israël. Avant, elle s’inquiétait pour son neveu, parce que c’était son neveu. Mais pour les autres hostiles, même si elle les respectait et les admirait, elle n’avait pas vraiment l’impression d’être leur amie. Plutôt leur élève, celle à qui on devait tout apprendre. Israël n’avait jamais beaucoup aimé apprendre, et ce bien avant l’île. Mais les hostiles ne lui enseignaient pas la grammaire ou l’algèbre, alors c’était intéressant.
    ▬ Mais ouais, t’as raison, de toute façon ils nous apprennent que des trucs qui servent à rien.
    ▬ Mais ça, c’est pas que sur l’île. Sur le continent, y avait les écoles, c’était encore pire. Enfin moi, j’étais tout le temps renvoyée et maman a fini par me dire de rester avec elle, mais quand même, ça devrait être interdit d’apprendre ce genre de trucs inutiles à des pauvres gosses !
Comme si elle les plaignait, en fait ! Elle plaignait plutôt la petite fille qu’elle avait été, et qui n’avait jamais supporté de rester assise sur une chaise en écoutant les maitresses parler. Elle était plutôt intelligente et comprenait assez vite, mais cela ne l’intéressait pas. On ne lui apprenait rien de concret, rien d’utile. On lui apprenait des poésies qui ne voulaient rien dire, on lui racontait la vie de personnes mortes et enterrées depuis longtemps … A quoi bon ? Maintenant, ce qu’on lui apprenait, c’était utile. Apprendre à dégommer un animal sans dégrader la viande, c’était utile. Apprendre à traquer quelqu’un pour s’amuser, c’était utile, du moins pour un hostile. Apprendre à utiliser diverses armes, c’était utile. Israël, dans le fond, n’avait rien contre le fait d’apprendre, non. C’était ce qu’elle apprenait, la question.
    ▬ Alors oui, tu vas m’apprendre. Et je vais tout retenir très vite et tu seras fière de moi.
Elle tiqua. Israël venait de se rendre compte à quel point Tina semblait l’admirer. Elle se dit aussi qu’elle n’avait pas envie que cette dernière essaye de la rendre fière. Ce qu’Israël souhaitait, c’était que Tina rejoigne les hostiles, pour ne plus être la seule ado, pour avoir enfin quelqu’un avec qui parler. Et comme Tina en savait encore moins qu’elle, peut-être les grands la considéreraient-ils moins comme une parfaite ignorante ? Elle céderait cette place à Tina. Mais ses paroles continuaient de la préoccuper. Serait-elle vraiment fière de Tina, si cette dernière retiendrait vite ? Honnêtement, elle n’en était pas sûre. Elle serait plutôt fière d’elle-même de lui avoir si bien expliqué. Mais au fond … Elle-même essayait toujours de rendre sa mère fière d’elle, de montrer à Karl tout ce qu’elle savait faire pour qu’il la félicite … Elle voulait ça parce qu’elle voulait se montrer digne d’eux. Etait-ce cela qui animait Tina, aussi ? Sans doute Israël ne le saurait-elle jamais.
    ▬ Une fille que j’connaissais… Elle a carrément tout ce qu’il faut, on pourra même lui prendre d’autres trucs, si ça t’intéresse.
    ▬ Si elle a vraiment tout, ce ne sera qu’un juste retournement des choses : après tout, il parait qu’il faut s’entraider, non ? Donc elle ne fera, même sans le savoir, que nous aider, au fond. C’est pas si malhonnête, quand on réfléchit.
Après, c’était la logique à la Israël, ça. Pas toujours compréhensible, pas toujours exacte. Mais c’était comme ça que son petit esprit résonnait. Sans aucun doute, elle n’aurait jamais réussi en mathématiques, avec ce genre de raisonnement. Ce n’était prouvé par personne, ce qu’elle disait, on ne lui avait pas appris, c’était quelque chose qu’elle avait trouvé comme ça, peut-être pour se justifier d’aller voler quelque chose à quelqu’un pour son propre usage. La conversation avait alors dévié sur Karl. Israël arrivait toujours à caser Karl dans une conversation. C’était plus que son grand frère adoptif, au fond, c’était son modèle. Il s’intéressait plus à elle que sa propre mère. Ho, Israël n’en voulait jamais à sa mère ses grandes escapades, même si cela l’attristait parfois de voir qu’elle n’était pas là au moment où elle voulait lui parler ou lui montrer quelque chose. Mais elle sentait que, au fond, peut-être, elle avait déçue sa mère en s’amusant pendant si longtemps avec de vulgaires animaux. Peut-être que sa mère lui en voulait de ne pas avoir compris plus vite que ce n’était pas ça, le plus important.
    ▬ Ouais, j’vois. Bah tu sais, des fois les grands y croient qu’on est petites, mais c’est pas vrai alors… Envoie-le ch*er s’il est trop collant.
    ▬ Ouais mais au moins, j’ai la preuve qu’il s’intéresse à moi.
C’était sorti tout seul, sans qu’elle ne réfléchisse à ses paroles. Si, peut-être qu’elle en voulait un peu à sa mère, en fait, d’être si peu présente pour sa cadette. Et ce n’était pas à Sidney qu’elle allait se confier. Ca n’avait jamais été très facile, entre elles deux. Même si Israël savait que c’était grâce à elle que leur mère n’avait pas avorté, elle se rendait bien compte que Sidney lui en voulait un peu, car elle-même n’avait pas pu profiter de son enfance avec sa mère, qui l’avait abandonné. C’était compliqué, en fait, les histoires de famille. C’était surement pour cela qu’Israël avait cru que ce voyage en famille allait les rapprocher. Et au fond, malgré le crash, c’était peut-être le cas. Car malgré les disputes, les absences, elles étaient restées une famille. Une famille bancale, certes, mais une famille quand même. Les deux adolescentes avaient ensuite parlé du crash, ce qui était approprié puisqu’elles étaient devant l’épave de l’avion. Et là, par contre, leurs avais étaient complétement opposés.
    ▬ Y paraît, ouais. Sauf qu’on m’a jamais demandé mon avis. Après tout, j’avais peut-être pas envie d’être forte, moi.
    ▬ Si t’as pas envie d’être forte, ça va pas le faire, alors. Parce que chez les hostiles, on est forts. On relève la tête, quoi qu’il arrive. Penser au passé en se morfondant, c’est refuser l’avenir.
Parce que oui, Israël avait mis derrière elle son passé, l’acceptait et pouvait donc se préoccuper de son avenir. Elle pouvait songer à ce qu’elle voulait faire de sa vie. Même si celle-ci se déroulait sur une île. Elle continuait, essayant de détendre l’atmosphère :
    ▬ Et dit toi que sans ce crash, on se serait jamais connus, on serait pas devenue amies et on serait coincées chacune de notre côté. Toi dans un collège et moi dans une maison de redressement.
Parce que c’était sûr, elle n’aurait pas échappé aux services sociaux si longtemps. Elle n’allait pas à l’école, alors que c’était obligatoire, elle transportait des armes et de la drogue pour sa mère, et elle se battait régulièrement avec les autres enfants du quartier. Elle aurait bien fini par se faire choper, et elle aurait fini dans un internat avec des flics à toutes les portes. Ho, bien sûr, elle en serait bien sorti un jour, en étant irréprochable et en se calmant légèrement, mais elle aurait perdu quelques années de sa vie.
    ▬ Et maintenant, tu peux me dire c’qu’on fait ici ?
C’est qu’elle ne perdait pas le nord, elle. Tandis qu’Israël allait repartir dans ses pensées, comme souvent, Tina était bien déterminée à savoir pourquoi la jeune hostile lui avait fait traverser la forêt pour la conduire ici.
    ▬ On va construire un piège géant pour chopper un gosse qu’a osé m’insulter.
Ok, il ne l’avait pas réellement insulté, il lui avait juste dit de laisser les animaux tranquilles. Mais il l’avait dérangé, l’avait agacé, l’avait énervé. Et puis, c’était une bonne façon de voir si Tina était réellement prête à dire au revoir à ce qu’elle était avant. Cette idée-là, ce n’était pas d’elle, mais des grands. Au début, Israël s’en était voulu de pas y avoir pensé par elle-même. Mais maintenant, elle comprenait que c’était sans doute dû au fait qu’elle ne voulait pas imaginer que, peut-être, Tina allait refuser. Elle avait trouvé une amie, et elle ne comptait pas la perdre aussi vite. Alors, sans lui laisser le temps de réagir, elle l’entraina vers le cadavre de l’avion.
    ▬ Aller, viens, faut qu’on trouve des bouts de ferraille, surtout. La ficelle, j’en ai déjà, mais on a plus de ferraille en stock, dans la grotte.


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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina) Dim 8 Sep - 16:04


l'homme est une marionnette.
Si, inconsciemment, Israël était agacée de voir une Tina trop docile et probablement pas comme elle l’avait réellement imaginé, Tina, de son côté, commençait légèrement à ressentir la même chose, d’une façon pourtant un peu différente. Elle avait essayé d’être ‘gentille’, adjectif qui ne lui correspondait pas franchement habituellement. Elle avait fait un effort d’une taille foutrement conséquente pour une adolescente si réfractaire qu’elle, et elle sentait, doucement mais sûrement, que ses limites commençaient à être titillées par la jeune hostile. Elle commençait à apprécier Israël, qu’elle pensait pouvoir considérer comme une amie dans un futur plus ou moins proche. Sauf que là, elle était clairement en train de lui courir sur le haricot, pour ne pas dire qu’elle lui péter carrément les couilles. Oui, des fois, Tina était prise d’excès d’énervement et de violence qui ne s’expliquaient pas toujours mais là, si elle avait pu prendre Israël, l’allonger par terre et lui écraser la tête à coup de chaussures sales, elle l’aurait fait. Il lui fallu bien plus d’un effort et d’un soupir pour ravaler ses pensées sanglantes et, finalement, elle se contenta d’acquiescer à l’aide d’un bref “ Ouais, si tu l’dis, ” qui mourut dans un autre soupir d’agacement. C’était comme si l’hostile s’amusait à contredire Tina à chaque fois que cette dernière prenait la parole, si bien que l’ancienne doudou prit une décision qui ne semblait être importante que dans sa petite tête d’écervelée : puisqu’Israël prenait son pied à réduire à néant toutes les pensées de Tina, eh bien elle ne dirait plus rien, tout simplement. Et c’est comme ça que miss Henley s’enfonça dans un mutisme qu’elle laissa passer pour une concentration sans faille. Mais Tina avait toujours été du genre expressive, qu’elle le veuille ou non, et il ne faisait pas vraiment de doutes que l’hostile finirait bien vite par comprendre le nœud du problème. Tina n’avait pas compris qu’aux yeux d’Israël, c’était simplement une façon de l’empêcher de faire n’importe quoi en lui prouvant que se croire supérieur pouvait finir par être dangereux. Tina n’avait pas compris qu’Israël prenait déjà soin d’elle, que, d’une façon comme une autre, elle cherchait simplement à protéger sa nouvelle recrue. Non ; ça faisait longtemps que Tina avait cessé de croire qu’on finirait par faire attention à elle, et c’était même la raison précise pour laquelle elle avait fini par décider de rejoindre les hostiles. Pour rejoindre des gens qui, comme elle, se savaient seuls et finiraient sûrement seuls. Ou alors, c’est ce qu’elle avait espéré, bêtement, comme d’habitude. Frustrée, Tina ne tiqua même pas à la réponse de sa nouvelle copine quand celle-ci évoqua l’école et le fait qu’on n’y apprenait que des trucs nuls. Tina se souvenait vaguement de ses années à l’école, mais quelques souvenirs demeuraient, malgré tout : elle savait qu’elle n’avait pas vraiment beaucoup d’amis, parce qu’elle passait son temps à voler des doudous ou des goûters, à colorier sur les feuilles des autres et à leur faire  peur. Elle avait si longtemps été considérée comme une petite terreur que se retrouver au milieu de grandes personnes après le crash lui avait fait tout bizarre ; surtout que parmi tous ces grands, y’avait même plus ses parents. Tina aurait pu lui raconter ça, oui ; mais là elle faisait la gu*ule, elle était blasée et, de toute façon, elle n’était pas certaine que parler de son passé à Israël était une bonne idée. Peut-être qu’elle allait lui dire d’aller de chialer sur le passé, ou tout simplement de la fermer, sans raison apparente. Pour n’importe qui, il n’aurait fait aucun doute qu’en plus de taper sur le système de Tina, Israël et son aura puissante faisaient légèrement trembler Tina, qui avait peur, d’une part, de ne pas être à la hauteur et, d’une autre, de ne simplement pas être appréciée par Jakarta. Mais ça, jamais elle n’allait l’avouer ; plutôt crever que d’avouer ses peurs.
De la même manière, elle laissa Israël à ses réflexions quant à Savannah et ces cadeaux qu’elle allait leur faire, sans même le savoir. Au fond, Henley se foutait pas mal d’aller voler son ancienne meilleure amie – elles s’étaient échangées tellement de vêtements que c’était presque encore la même chose, tiens. Sauf que cette fois, en plus de voir ses objets disparaître, Savannah ne gagnerait rien en retour, si ce n’est peut-être la haine de sa meilleure amie. L’ultime phrase concernant Karl acheva Tina, qui resta sans voix. Quelques temps auparavant, elle lui aurait sûrement hurlé quelque chose comme « OUAIS BAH TANT MIEUX QU’IL S'INTÉRESSE A TOI, ça veut sûrement dire que t’es un minimum intéressante pour quelqu’un, ou peut-être juste qu’il a pas trouvé mieux que toi et qu’il s’est pas encore rendu compte qu’il y avait des filles bien plus gentilles, jolies et intéressantes que toi, alors oui, c’est sûrement qu’une question de temps ! » Mais Tina garda le silence. Enfermée dans son mutisme complet, il lui sembla que c’était mieux comme ça, car elle avait toujours eu l’impression que l’indifférence était pire que l’hostilité, et c’était le moment pour elle d’expérimenter concrètement cette nouvelle théorie. Seulement, il faut être en train de prendre une bonne résolution pour être poussée à en changer, pas vrai ? En tout cas, les mots d’Israël forcèrent la blonde à relever les sourcils, et à clairement abandonner son si joli sermon du silence. “ J’ai jamais dit que j’étais pas forte. Sinon je serai pas là, ” à te supporter, toi et tes conneries, voulu-t-elle ajouter. Mais elle en avait déjà sûrement dit assez, et son ton trahissait trop bien sa colère pour qu’elle ne soit tentée d’en rajouter. Elle haussa un sourcil à sa dernière phrase, mais refusa de croire qu’il s’agissait d’une vraie phrase gentille. Elle y avait cru, mais Israël, comme les autres hostiles, ne pouvaient pas vraiment être sympas et donc non, elle ne disait pas ça dans le but de remercier le destin de les avoir réunis sur cette île. “ C’est sûr, vaut mieux être là. Il fait chaud et les gens sont plus faciles à tuer. ” Impossible de savoir si elle était ironique ou pas, mais elle-même n’eut pas le temps de se poser la question puisqu’Israël lui expliqua finalement la raison de leur venue dans cet endroit si spécial, et franchement glauque. Sa réponse lui suffit et, finalement, elle décida de se calmer un peu, parce qu’être énervée ne lui servirait à rien. Elle allait s’éloigner un peu d’Israël, et tout irait mieux après avoir respiré l’air que l’hostile n’avait pas dans les poumons. Elle s’éloigna alors et partit chercher dans son coin, silencieuse comme jamais et, au bout de cinq bonnes minutes, elle revint les mains presque pleines. “ Ca, ça ira ? ” C’était un bout de ferraille minuscule. C’était quelque chose qui ressemblait à peine à de la ferraille. C’était la preuve que Tina n’était pas une hostile, qu’elle avait encore tout à apprendre de son amie et des autres. La preuve que Abyss avait encore du temps avant de prendre la place de Tina. Et, finalement, puisqu’une question lui brûlait les lèvres, elle se lança quand même. “ Est-ce que t’as déjà… Tiré, avec un flingue ? ”


t'en fais pas pour ça, puis ta réponse est cool ! laugh
par contre, la mienne est un peu nullos, sorry. **




    “Il reste toujours au fond d’elle des tiroirs qui ferment pas bien, qui tous les jours lui rappellent qu’on est bien seul sur le chemin.”
Ma plus belle histoire ❤ :
 
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Message(#) Sujet: Re: l'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté. (with tina)

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