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Message(#) Sujet: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Sam 12 Mar - 23:09

    Il faisait tard, mais pas vraiment sombre pourtant. Teddie souriait à la pensée que l'hiver se terminait enfin. Il n'avait jamais aimé cette saison. Bon, ce n'était pas pour autant qu'il préférait les fortes chaleurs de l'été ou les couleurs chaleureuses de l'automne, mais l'hiver restait de très loin la saison qu'il détestait le plus.
    L'hiver, c'était trop froid, au sens propre & au sens figuré. Il pleut, il neige, il vente, & on ne peut pas sortir sans avoir les doigts gelés & les lèvres abîmées. Le temps déprime les gens & comme de fait exprès, il semble que les problèmes s'amoncellent tout particulièrement en cette saison. Bref, Teddie n'y voyait vraiment aucun avantage. Les enfants ont beau s'extasier devant la jolie poudreuse blanche & avoir les yeux qui brillent en pensant à la magie de Noël & à leurs cadeaux sous le sapin, franchement, qui à part eux aiment encore l'hiver ? Enfin, pour tout dire, même étant enfant, Teddie n'aimait pas ça. Il n'aimait pas jouer dans la neige, ni voir sa famille tout entière se réunir hypocritement pour fêter une célébration dont le sens lui échappait encore, ni même recevoir ces tas de paquets multicolores qu'on lui jetait dans les bras en guettant sa réaction, qui, bien entendu, devait obligatoirement être une immense joie. Mais lui ne comprenait pas pourquoi il devait se réjouir d'avoir chaque année des jouets & des jeux qui se ressemblaient tous, au fond, & qu'il n'utilisait de toute façon pas.
    Décidément, Teddie ne s'était jamais décidé à rentrer dans les moules pré-faits. Jamais, pas même lorsqu'il était censé être encore bercé par l'ignorance & l'innocence de l'enfance.

    Ses lèvres s'étirèrent davantage à cette remarque mentale. Il se sentait parfois si fier d'être différent, de ne pas être stupide comme le reste du monde, aveuglé par toutes ces choses matérielles, par l'argent, le pouvoir. Bon, peut-être appréciait-il, malgré tout, le pouvoir, mais il n'en était pas devenu aveugle pour autant ! Il avait encore de vraies valeurs, lui au moins, de véritables intérêts. Parfois, il se plaisait à croire se trouver dans un monde factice, avec des êtres qui l'étaient encore plus, & qu'il était le seul à avoir encore une âme. Ça le faisait bien rire, en fait. Sans doute parce que ça se rapprochait assez de la réalité.

    Il leva les yeux vers le ciel bleu foncé, dont les étoiles l'éclairaient juste assez pour qu'il plane sur la plage une luminosité faible mais suffisante pour que Teddie puisse encore distinguer ses pieds & les alentours. Il eut soudain envie de rire, sans raison, porta sa cigarette à ses lèvres rosées & en tira une longue bouffée avant de recracher lentement la fumée blanche dans l'air, grimaçant. Il n'aimait pas ces cigarettes. Il avait trouvé le paquet près de l'épave de l'avion - il retournait là assez souvent - &, n'ayant pas pu fumer depuis presque un mois, n'hésita pas à le prendre. Seulement, les cigarettes avaient un goût d'herbe - non, non, de vraie herbe, la verte qu'il y a dans les parcs.. - & c'était vraiment désagréable, ça lui chatouillait la gorge, le brûlait parfois même. Mais peu importe, outre ce goût, Teddie était bien content d'être tombé sur ce paquet. Fumeur depuis presque quatre ans, il lui avait été dur de vivre sur l'île sans aucune cigarette. Bien sûr, comme il fouillait souvent les recoins de l'endroit - & surtout les débris restants du crash, évidemment -, & qu'il avait toujours beaucoup de chance, il lui arrivait, comme cette fois, de trouver un paquet, parfois rempli, parfois quasiment vide, mais jamais cela n'était vraiment important. Même s'il n'en restait qu'une seule, de cigarette, c'était déjà ça. & parfois, il faut dire que ça le soulageait bien. De quoi ? Lui-même l'ignorait. Il se sentait juste soulagé. Sans doute n'était-ce que le fait qu'il était accroc à cette m*rde, qu'il en avait besoin, tout simplement, même si depuis qu'il était sur l'île, il était contraint de fumer beaucoup moins qu'auparavant, bien sûr.

    Il se concentra pour ne pas tout fumer d'une seule traite. Il tapota doucement sur le dessus de la cigarette, faisant ainsi tomber les cendres au sol, celles-ci se perdant aussitôt dans le sable fin, pétillant encore d'orange quelques secondes avant de s'éteindre complètement. Teddie la glissa de nouveau entre ses lèvres & reprit sa marche le long du bord de mer. Il enfonça sa main gauche dans la poche de son jean', espérant la réchauffer de cette façon - maudit hiver qui persiste encore & encore ! -, reprit la cigarette de l'autre, souffla la fumée, leva les yeux au ciel. Voilà. La vie était aussi simple que ça, alors ? C'était fou comme, par moments, Teddie se disait qu'atterrir ici était la meilleure chose qui ait pu lui arriver. Fou, vraiment. Mais venant de lui, ce ne pouvait être vraiment surprenant.
    Après quelques instants, il s'arrête de nouveau, se tourna vers l'océan. Teddie savait que l'eau était bleue, mais dans l'obscurité naissante, elle semblait plutôt grise. Il l'observa un moment. Elle était plus jolie en gris, plus mystérieuse.
    Il tira une longue bouffée de sa cigarette à l'herbe, le regard perdu, comme accroché à l'horizon, ailleurs. S'il avait tourné les yeux, pourtant..



    ( Pardon, c'est pas méga long mhh )


Dernière édition par Teddie A. Wadge le Ven 22 Avr - 2:51, édité 4 fois
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Sam 19 Mar - 0:19

Oublier ce qu’un jour, on a pensé être éternel, c’est extrêmement difficile. Peut-être même que c’est impossible. Il fut des jours où Millie se réveillait chaque matin aux côtés de celui qu’elle pensait alors être son éternel. Des jours où elle connaissait le sentiment d’être invincible près de lui, comme si, tant qu’il demeurait avec elle, elle était intouchable, impossible à détruire ; parce que le seul qui aurait eu ce pouvoir était celui qui faisait naître en elle cette sensation d’être immortelle. C’est le paradoxe de l’amour en fait. La seule personne capable de vous rendre fou de bonheur est aussi la seule à pouvoir tout briser. Il suffit pour ça d’un mot, un geste, un regard. Si Millie a appris une chose dans sa vie, c’est qu’en amour, tout ne tient qu’à un fil. On est idiot lorsqu’on aime. On croit qu’on est capable de tout, on pense qu’il ne suffit de rien d’autre que d’être tous les deux ; peu importe où, peu importe pourquoi. On n’est jamais plus ignorant que lorsqu’on est amoureux. On rit pour rien, on pleure pour rien, on devient fou. Millie avait connu ça, un jour. Elle avait l’habitude de se réveiller chaque matin à ses côtés ; jusqu’à ce qu’un matin, il ait disparu. Un matin, William était parti. Et les jours qui suivirent sa fuite, Millie s’était enfermée dans la solitude la plus profonde, avant qu’elle ne décide de partir, de s’envoler vers un endroit meilleur, tenter de tout oublier. Mais comment oublier ? Il lui était aussi insupportable d’y repenser, que de s’obliger à ne plus y penser. Ça faisait trois ans maintenant, et pourtant il ne s’était pas passé un jour sans qu’elle ne pense à lui ; à quand elle avait encore un quotidien normal ; quand elle vivait quelque part. Aujourd’hui, elle ne vivait plus nulle part. Mais depuis trois ans, elle survivait. Mieux : elle vivait.

Depuis que l’avion s’était écrasé sur cette île, et que le destin avait crû bon de la garder en vie, elle s’était remise à vivre, et à prendre goût à chaque jour de son existence. Elle avait la chance d’avoir son grand frère avec elle, car on ne peut nier qu’il lui était d’un grand soutien. Et elle n’avait pas mis longtemps avant de retrouver la personne qu’elle était avant William, et pendant William : insouciante, drôle, énergique & active, toujours partant pour de nouvelles expériences, de nouveau défis, et surtout, toujours à vouloir aller contre les règles, contre l’autorité, contre la majorité. Elle avait trouvé des gens qui l’avaient acceptée malgré son fort caractère. Elle avait trouvé Sacha, Megane… Elle avait été troublée par certaines rencontres qui l’avaient marquée… Elle s’était même retrouvée confrontée à des personnalités aussi fortes que la sienne ou au contraire trop discrètes, avec qui elle ne s’était, bien sur, pas entendu. Et elle avait trouvé Teddie. Lui & Millie se ressemblaient beaucoup. Dans leur caractère, leurs manières d’agir, leur vision de la vie… Ils étaient jeunes tous les deux, ils avaient toute la vie devant eux, et ils était conscients que s’il devait finir leurs vies sur cette île, il était inutile de passer son temps à déprimer, à attendre les secours, à attendre tout court. Même sur une île déserte, le temps passe vite. Même sur une île déserte on finit par s’apercevoir que la vie est trop courte. Teddie, parmi toutes les autres âmes qui erraient ici, était celui qui lui ressemblait le plus ; il était également celui dont le visage la replongeait chaque fois dans le passé, et faisait ressurgir le regard ou le sourire de William, à l’époque où elle pouvait passer des heures à le regarder. Teddie ressemblait beaucoup à William aussi. Physiquement, il avait les mêmes yeux, la même forme de visage, la même couleur de cheveux ; de caractère, il avait cet air je-m’en-foutiste qui criait au monde entier qu’il voulait vivre sa vie à fond ; qu’il vivait sa vie à fond. Passer du temps avec lui n’était cependant pas désagréable pour Millie, au contraire. Elle ne pensait pas constamment à William quand elle était avec Teddie, malgré les traits de ressemblances des deux garçons. Et en vérité, elle pensait même plus à William quand Teddie n’était pas là. Elle se sentait légère quand elle était avec lui ; elle se sentait bien.

Ce soir-là, Millie s’était replongée, une fois de plus, dans ses pensées et ses souvenirs alors qu’elle contemplait l’océan, assise sur le sable. Elle n’arrivait pas à dormir. En fait, elle n’en avait même pas envie. Le calme de la nuit tombante, mélangée au doux son des vagues lui permettait de se concentrer, de faire le vide dans son esprit pour pouvoir mettre de l’ordre dans ses idées. Un peu plus loin, à sa droite, elle avait cru distinguer la lueur presque invisible d’une cigarette, et d’instinct, elle sut que s’était Teddie. Elle le connaissait suffisamment pour être sûre d’elle. Presque tous les autres étaient rentrés dans leurs tentes, cabanes et grottes, et s’y préparaient pour la nuit ; peu d’entre eux se risquaient à sortir alors qu’il faisait si sombre, sachant bien que quelque chose ou quelqu’un menaçait le bon déroulement de leur « société » Rolling Eyes Teddie faisait partie de ceux qui ne se méfiait pas de ce qui pouvait bien se passer dehors ; Millie aussi. Et sur la plage, de toute façon, on se sentait en sécurité. Mais bref, elle avait bel et bien aperçut Teddie un peu plus loin, mais ne l’avait pas immédiatement rejoint. Même les gens comme Teddie ou Millie avaient besoin, parfois, de se retrouver seuls face à eux-mêmes.

Au bout d’un moment, quand même, la petite brune s’était levée, et s’était décidée à rejoindre Teddie. Elle avait alors marché pieds nus dans le sable jusqu’à lui, craignant un peu plus à chaque pas de s’être trompée sur son identité ; mais arrivée à son niveau, elle fut rassurée. Vu qu’elle se trouvait un peu derrière lui, et qu’elle était arrivée sans faire de bruit, Teddie ne l’avait pas vue. Alors, sans rien dire, elle s’assit à ses côtés, et ramena ses jambes pliées contre sa poitrine, car elle portait encore la robe qu’elle avait mise durant la journée, et que le froid du soir commençait à se faire ressentir.

    « Je savais que c’était toi. Tu vas bien ? C’est quand même pas parce que tu déprimes que t’as décidé de te poser sur le sable et de contempler le ciel en fumant ta clope ? Tu veux que j’te laisse ? »


C’étaient des questions « de routine » en fait. Teddie qui déprime ? Dur à imaginer. Teddie qui demande à Millie de le laisser seul ? Aussi. Millie qui parle beaucoup ? Oui, ça c’est indéniable, elle est extrêmement bavarde.. Elle détourna son regard de l’océan et le posa sur le visage de Teddie en souriant. Elle attendait une réponse, même si elle pensait déjà la connaître…

(Et moi j'me suis pas relu donc ptetre qu'il y a des phrases qui veulent rien dire, si c'est le cas, je m'en excuse angel)


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Merci pour tout coeur2
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Sam 19 Mar - 4:34

    Si, dans l'obscurité très vite devenue totale, Millie avait aperçu Teddie depuis le départ, il ne pouvait bien sûr pas en dire autant. Sans doute était-il trop pris par ses pensées – aussi futiles qu'elles soient, pourtant – pour tourner ne fut-ce qu'un instant les yeux & remarquer qu'il n'était pas le seul à errer sur la plage à cette heure. Évidemment, s'il avait su remarquer la présence d'une autre personne, il aurait immédiatement pensé que c'était elle. A qui d'autre aurait-il bien pu songer ? C'était comme ça, comme automatique ; la nuit, sur la plage, seule, comme lui : Millie. Sérieusement, qui d'autre ? Il ne pouvait pas expliquer cette façon de voir les choses. Dans certaines occasions, il savait immédiatement prévoir qui allait être là & qui n'allait pas l'être. Puis, avec Millie, c'était plus simple encore, parce qu'il était comme elle. Certes, ils n'étaient pas identiques à cent pour cent - & quel soulagement d'ailleurs, quel ennui ça ferait sinon, si deux personnes totalement semblables existaient & étaient amis ! - mais assez pour que cela se remarque, en tout cas, tout au moins chez les deux concernés. En effet, sans doute que les autres rescapés pensaient seulement, en voyant Teddie & Millie ensemble, qu'il y avait là deux parfaits stupides adolescents qui profitaient tout bêtement de leur magnifique vie sur cette île, & rien d'autre, rien de plus. Pourtant, il y avait plus. Déjà, en tout premier point, il fallait dire que Millie n'était pas une adolescente stupide. Teddie pouvait accepter que cet adjectif le qualifie parce qu'il lui allait sans doute très bien, mais pas à Millie, ça c'était certain. Millie était une fille intelligente, mais pas intelligente comme tout le monde, pas comme les intellos du lycée ou les savants. Elle était spécialement intelligente. Assez pour que ça la différencie des autres. Oui, parce qu'aux yeux de Teddie, elle était différente. Était-ce aussi, peut-être, parce qu'elle lui était semblable ? Teddie était stupide & intelligent en même temps, mais il ne s'en souciait guère, évidemment. Il aurait même pu naître stupide uniquement, que ça ne l'aurait pas empêché de vivre !

    La deuxième raison pour laquelle ils étaient plus que deux adolescents profitant de leur si jolie vie avec tant d'insouciance – comme c'est dérisoire ! - , c'est qu'ils se ressemblaient vraiment. Ils ne traînaient pas ensemble seulement parce qu'ils s'étaient découverts quelques atomes crochus ou parce qu'ils aimaient le même groupe de musique ou alors, ce qui était encore plus stupide, parce qu'ils étaient tous les deux sur cette 'foutue' île à cause de ce 'foutu' crash ! Non, comme ça aurait été bête de gâcher une amitié avec de si bêtes raisons. Millie & Teddie passaient du temps ensemble parce que, certes, ils s'appréciaient, mais surtout parce qu'ils étaient pareils en de nombreux points. Les gens n'avaient beau ne pas voir assez loin pour comprendre cela, ça n'avait aucune importance, en fait. Vraiment, aucune.

    Ce qui était bien aussi, avec Millie, c'était ses différentes façons de se comporter. Effectivement, elle n'était pas tout à fait blanche, leur relation, pas tout à fait noire. Grise, en fait. Comme l'océan l'était, là, en ce moment, dans la nuit sombre. & ce n'était pas plus mal, en fin de compte, si Millie n'était pas toujours comme il fallait être, parce que de toute façon, Teddie ne l'était pas non plus. Elle avait beau parfois paraître tellement mystérieuse, secrète, comme si elle avait quelque chose en elle d'immense, qu'elle refusait de libérer, elle avait beau parfois être un peu plus froide, un peu plus distante, sa compagnie n'était jamais désagréable & Teddie trouvait toujours les moyens, quelle que soit son humeur, de profiter de sa présence sans n'en gâcher quoi que ce soit. En fait, dans sa tête, il ne songeait même pas à tout ça. Pour lui, c'était comme le reste : automatique. Le fait que Millie change d'attitude quelques fois était devenu une habitude, maintenant qu'il la connaissait. Puis ce n'était jamais extrême. Millie était son amie, Millie l'aimait, il le savait.

    Alors il s'était assis sur le sable, repliant juste un peu ses jambes vers lui, allant glisser ses mains entre ses cuisses pour les réchauffer. Il ne faisait pas vraiment froid pourtant ; c'était l'habitude.
    Sans doute avait-il fermé les yeux sans s'en rendre compte - alors qu'il n'avait pas cessé, jusque là, de fixer l'océan sans même réellement le regarder -, parce qu'il ne vit pas même Millie s'asseoir à ses côtés. Il sentit simplement du mouvement près de lui. A l'instant même où ses paupières s'ouvrirent de nouveau, il y eut une voix qui brisa le silence. En fait, dire qu'elle le brisait était très mal approprié à la situation, parce que la voix de Millie ne brisait rien du tout, elle se posait juste & se laissait glisser. Le silence était toujours là, simplement en-dessous de sa voix. En fait, c'était comme si le silence lui-même s'était tu. Voilà pourquoi l'ambiance changeait quand quelqu'un prenait la parole dans un calme le plus total. Il n'y a rien qui se brise, juste une inversion : ce qui faisait taire se tait, & celui qui se taisait cesse de le faire.

    Teddie sourit, émit même un léger rire, presque muet cependant, lorsque Millie posa ses questions. Il hocha la tête de gauche à droite, prenant un air faussement exaspéré, le même petit sourire en coin étirant toujours ses lèvres, puis il tourna les yeux vers la jeune fille & haussa les épaules.

    « Je me demande bien ce que tu dirais si un jour, je te répondais oui. Tu me poses des questions dont les réponses sont pire qu'évidentes, tu le sais ça ? Dis-moi si toi tu vas bien. Tu n'es pas fatiguée que tu traînes encore à cette heure ? Mauvaise fille, va ! »


    (Tu rigooooles, il m'a tué ton texte là han )




Il portait dans ses yeux
la force de son cœur.

Dans Paris son désert
vivant sans feu ni lieux,

Aussi fort qu'une bête,
aussi libre qu'un Dieu.




Que d'émotions !:
 
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Dim 20 Mar - 14:08

On passe parfois toute une vie à chercher une personne qui pourra nous comprendre en un regard, en un sourire. Il arrive même qu’on passe toute sa vie sans rencontrer quelqu’un qui serait exactement sur la même longueur d’onde que nous ; pas forcément identique à nous, mais sur la même longueur d’onde. Millie n’avait jamais ressenti le besoin de chercher une telle personne ; elle l’avait trouvée, par hasard. Et il lui arrivait de se demander ce qu’il en aurait été si leur avion ne s’était pas écrasé. Dans un certain sens, ce crash était la meilleure chose qui était arrivée à Millie : il était arrivé au moment où elle croyait qu’elle était destinée à souffrir toute sa vie. A vivre un routine intenable jusqu’à ce qu’elle rende son dernier souffle. Elle s’était faite à l’idée que sa vie n’aurait plus jamais ce goût excitant qu’elle avait lorsqu’elle sortait avec William et qu’elle vivant l’instant présent sans jamais savoir ce qui pourrait bien se passer le lendemain. Elle s’était même persuadée qu’elle finirait sa vie seule, et que même son frère finirait par abandonner le zombie qu’elle serait devenue. Mais il en avait été autrement. Lorsqu’elle avait ouvert les yeux, Millie était sous l’eau. Elle avait poussé un cri que le poids de l’océan avait étouffé, et elle était automatiquement remontée à la surface. Sa tête tournait, sa respiration était haletante et des vagues arrivaient sur elle l’empêchant toujours un peu plus de récupérer un bon rythme de respiration. Lorsqu’elle avait réussi à se stabiliser dans l’eau, elle avait regardé autour d’elle pour apercevoir des corps qui flottaient, ou d’autres personnes qui, comme elle, ne réalisaient pas encore ce qui venait de se produire. Alors, elle avait nagé vers la plage, et une fois que ses pieds eurent touché le sable mouillé, et avait enlevé son t-shirt et sa jupe, elle les avait essorés, les avait accrochés à un arbre pour qu’ils sèchent, et avait reporté son regard sur l’océan, et sur la plage. Elle ne savait pas combien ils étaient, mais elle savait qu’ils étaient beaucoup. Anormalement beaucoup. Son cerveau fonctionnait toujours automatiquement lorsqu’elle réalisa que leur avion s’était écrasé. Et elle avait souri.

C’était un jour qu’elle n’oublierait jamais, tout comme chacun des rescapés. Elle avait vécu ça comme une seconde chance. Bien sûr, elle comprenait la peur, l’angoisse, le désespoir, la panique, que pouvaient ressentir les autres ; eux ne pouvaient pas comprendre ce qu’elle avait ressenti. Teddie pouvait. Alors oui, il lui arrivait de se demander quel genre de momie elle aurait été si elle avait atteint Tokyo. Peut-être aurait-elle croisé Teddie à l’aéroport, sans même savoir qui il était. Peut-être l’aurait-elle regardé, troublée par sa ressemblance avec William, puis elle aurait tourné le regard, et serait partie. Ou l’aurait-elle abordé, sans raison ? Millie n’avait jamais été de ceux qui pensaient que tout était écrit, et que chaque rencontre, chaque événement de notre vie était prévu. Mais elle n’aimait pas se dire que, dans une « autre vie », elle aurait pu croiser le chemin de Teddie, sans s’arrêter.

Construire, ou plutot re-construire sa vie sur une île déserte, crée forcément des relations qui ne se seraient jamais crées autrement. On se surprend à côtoyer des gens que l’on n’aurait jamais pensé apprécier ; à faire des choses qu’on n’avait jamais faites auparavant. Mais généralement, on reste la personne qu’on était. C’était ce qui avait plu à Millie chez Teddie, dans un premier temps. Il n’était pas comme tous les autres, qui lançaient désespérément des SOS, mettant feu au arbres, ou traçant les lettres S-O-S dans le sable. Il avait le sourire, il vivait sa vie sur cette île comme il aurait pu la vivre n’importe où ailleurs dans le monde. En fait, il n’était pas triste d’être là ; au contraire. Millie adorait ce côté « heureux quoi qu’il arrive », la façon qu’il avait de se foutre de tout, ses remarques presque “enfantines” parfois… Elle aimait tout ça chez lui parce qu’il n’accablait jamais personne de ses problèmes, si tant est qu’il en avait, ou de son désir brûlant de rentrer chez lui.

« Je me demande bien ce que tu dirais si un jour, je te répondais oui. Tu me poses des questions dont les réponses sont pire qu'évidentes, tu le sais ça ? Dis-moi si toi tu vas bien. Tu n'es pas fatiguée que tu traînes encore à cette heure ? Mauvaise fille, va ! »

Un petit rire s’échappa de la bouche de Millie. Dans le fond, elle-même ne savait pas comment elle réagirait si Teddie décidait un jour de ne plus vouloir de sa compagnie ; elle le prendrait sûrement très mal. En fait, ce serait sans doute la pire nouvelle qu’il pourrait lui annoncer. Après la mort de son frère. Mais ne parlons pas de malheur Rolling Eyes Surtout alors que la présence de Teddie est la promesse d’une très bonne nuit dénuée d’ennui et remplie de rire.

« Si je vais bien ? Bien sûr que je vais bien. Je vais toujours bien. Je vais toujours bien et je suis jamais fatiguée ! » Les yeux de Millie se posèrent sur la cigarette que Teddie tenait entre ses doigts. « D’ailleurs, il t’en reste encore, des clopes ?! Mais où est-ce que t’en trouves autant ? » En réalité, elle posait la question sans être vraiment intéressée par la réponse. Elle avait fumé pendant une période, mais lorsque l’avion s’écrasa sur l’île, elle avait abandonné tout espoir de refumer un jour, et elle n’était pas assez accro pour que ça lui manque. Bien sûr, elle était inquiète pour la santé de Teddie, mais elle lui épargnait tous les sermons sur “fumer tue”, “fumer peut entraîner une mort lente & douloureuse”, et tous les slogans débiles qu’on connaît tous… Après tout, quand on est jeune, on s’en fout de tout ça ; on est tous en droit de choisir sa mort. La fumée ne dérangeait pas Millie, alors elle ne disait rien.

« J’irai bien me baigner moi, à minuit. Tu me suivras ? »

Pourquoi à minuit ? Comme ça. Rolling Eyes


(J'avoue que le premier paragraphe sert trop à rien, désolée, on est dimanche Razz)


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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mar 22 Mar - 2:38

Teddie n'avait jamais vraiment songé à la vie qu'il aurait pu mener à Tokyo si ce crash aérien n'avait pas eu lieu & s'il ne s'était pas retrouvé sur cette île avec ces gens. Avec Millie. Ça lui passait bien par la tête quelques fois, mais il ne prenait jamais le temps d'approfondir la question. Pourquoi faire ? Faire vagabonder ses pensées vers un Présent qui aurait pu avoir lieu d'être, à la place de celui que l'on avait, ce n'était pas vraiment utile. Comme on disait : « Avec des si, on pourrait refaire le monde ». & en plus d'être inutile, c'était sans doute, pour la plupart des gens, une belle façon de regretter plus encore que cet accident se soit produit. On en revenait toujours au même point pour Teddie : vivre en regrettant sans arrêt, ce n'était pas vraiment une vie. Enfin, pas pour lui. C'est pour cette raison qu'il préférait ne pas s'ennuyer avec ce genre de réflexions. Cependant, si l'on venait un jour à lui poser la question - comment il voyait sa vie si le crash n'avait pas eu lieu, où il serait, avec qui, s'il serait différent de ce qu'il était ici ou non -, il ne saurait sans doute pas quoi répondre. Comment sa vie aurait-elle pu être ? Qu'aurait-il fait ? & bien, rien de plus extraordinaire de ce qu'il faisait à New York ou même à Paris. Sa vie serait restée la même. Il suffisait simplement d'imaginer pour se rendre compte que c'était évident, en fin de compte.

S'il n'y avait pas eu ce crash, l'avion aurait atterri à Tokyo en fin de journée, comme c'était normalement prévu. Teddie en serait descendu & aurait été passer la nuit dans un quelconque hôtel se situant près de l'aéroport. Aéroport dans lequel il aurait certainement croisé d'autres passagers – qui n'étaient plus, aujourd'hui, que de pauvres rescapés. Peut-être aurait-il bousculé l'un d'entre eux, trop occupé à envoyer des messages sur son téléphone portable, & peut-être même que ça aurait pu être Millie. Peut-être qu'il aurait levé vers elle. Peut-être – non, ça c'était sûr – qu'il l'aurait alors abordée, parce qu'elle était jeune, parce qu'elle était ravissante. Peut-être qu'ils auraient même fini par aller boire un verre. & puis quoi ? Elle serait partie parce qu'elle aurait sans doute eu des amis à retrouver ou un endroit où aller. & Teddie aurait rejoint son hôtel, sans même se poser la question de savoir ce qu'il avait raté en n'ayant pas eu l'occasion de faire d'elle son amie. Ainsi, il l'aurait à peine connue, & tous les autres rescapés qu'il côtoyait ici seraient à jamais restés des inconnus. Voilà une pensée qui l'attristait quelque peu, réellement. Certes, il n'était pas ami avec tous, ne les connaissait même pas tous en fait, mais par contre, il y en avait... Il y en avait qui étaient devenus ses amis, des gens importants pour lui. & sans doute que s'il ne les avait jamais rencontrés, s'il n'avait pas même pu soupçonner leur existence, oui, sans doute qu'il n'aurait pas plus mal vécu pour autant. Seulement aujourd'hui, alors qu'il se trouvait là, assis à côté de Millie, il ne pouvait rien s'imaginer de façon objective, penser que sa vie à Tokyo aurait été tout aussi intéressante que sa vie sur l'île. Il pouvait admettre que cela aurait pu être possible – même si au fond, la question ne pouvait pas se poser parce qu'il était tout simplement impossible de trouver une véritable réponse -, mais ne pouvait s'en convaincre, car maintenant qu'il avait Millie, il avait besoin d'elle. Voilà, c'était comme un point de non-retour. Que tout le monde connaissait. Cette chose absurde que l'on nomme l'attachement. C'était ça. On pouvait mener une vie totalement parfaite sans avoir besoin d'une personne jusqu'au jour où on la rencontrait. & lorsqu'on la rencontrait, c'était terminé. Parce que l'on s'attachait. & qu'en effet, même Teddie s'attachait. Plus qu'on ne pouvait parfois le croire.

Donc voilà. Il se serait retrouvé à Tokyo. Dans un hôtel. Dès le lendemain, il serait sorti, se serait promené dans toutes les grandes rues, aurait tenté d'apprendre tout par cœur, aussi vite que cela aurait été possible – oui, parce que Tokyo, c'est immense, n'est-ce pas? -, pour aller l'écrire dans son cahier. Puis, les jours, les semaines, les mois se seraient écoulés, & Teddie aurait réellement tout connu par cœur. Là alors, il aurait prit plus de temps pour ses sorties, les fêtes, les nouvelles rencontres. Il aurait pu rencontrer quelques filles, quelques hommes même – pourquoi pas ? -, il aurait pu se faire des amis, encore. & tous les soirs, en rentrant dans sa chambre d'hôtel - qu'il aurait réussi à payer grâce à son petit boulot dans un des cafés du coin & grâce à l'argent que ses parents, constamment morts d'inquiétude, auraient envoyé -, il aurait pu se rappeler à quel point il était intelligent pour avoir eu la brillante idée de venir jusqu'ici, à quel point les gens qu'il rencontrait étaient toujours de plus en plus sensationnels, à quel point la ville était incroyable. & tout aurait été parfait, parce qu'il n'aurait rien connu d'autre. Mais au fond, cette façon d'être qu'on avait tous, sans exception, cette façon de toujours croire que ce que l'on avait fait était ce qu'il y avait eu de mieux à faire pour la simple & bonne raison qu'on ignorait ce qu'il se serait passé si on avait fait autre chose, c'était réellement une des choses les plus stupides commises par l'être humain. Teddie acceptait parfaitement d'être stupide, mais de cette manière-là, c'en était presque abject.

Oui, sa vie tokyonnaise aurait pu être agréable. Elle aurait pu, tandis que sa vie sur l'île l'était. Alors au lieu de passer son temps à pester sur ce qui aurait pu arriver, il fallait plutôt vivre ce qui était en train d'arriver. Non, vraiment, entre les gens qui vivaient dans le passé & ceux qui vivaient dans un Présent parallèle, Teddie ne savait réellement pas vers quelle catégorie se diriger. Lui souhaitait simplement vivre, vivre nulle part ailleurs que là où il se trouvait. & voilà qu'il se trouvait sur cette île ! Donc il y vivait, & il y vivait plutôt bien, en plus. Alors, de quoi aurait-il pu se plaindre ? Si encore, il n'avait fait qu'y vivre bien, mais non, il y vivait avec Millie, & ce n'était pas rien ; s'il y avait bien une chose qu'il ne pourrait jamais regretter, c'était de connaître Millie, & d'être devenu son ami. D'ailleurs, il pouvait même dire – ou plutôt penser car il ne le dirait sans doute jamais, dans aucun cas – que c'était une des meilleures choses qui lui soit arrivée. Voilà une raison de plus qui l'empêchait de blâmer l'île : elle lui avait apporté une des meilleures choses de sa courte existence. & encore, les mots, à côté des faits, n'étaient toujours qu'un euphémisme.

Il ne put s'empêcher de rire à nouveau aux dires de la demoiselle, puis se tourna complètement vers elle, s'asseyant à présent en tailleur. Il ôta la cigarette de sa bouche & la proposa à Millie d'un simple geste de la main, soufflant en même temps la fumée grise qui se mit aussitôt à danser dans l'obscurité. Bien sûr, il savait qu'en général, elle ne fumait pas avec lui, mais ça ne semblait pas être une raison pour ne pas lui proposer.

« Elles tombent du ciel, qu'est-ce que tu crois. C'est Dieu qui me les envoie. »

Il afficha un léger sourire en coin, puis laissa son regard se poser de nouveau sur l'océan qui s'étendait à perte de vue devant eux. En fait, c'était une image qui représentait assez bien l'infini. C'était quelque chose qui ne finissait jamais, quelque chose de rare, en fin de compte, parce que de nos jours, tout finissait toujours à un moment ou l'autre.

« Pourquoi attendre minuit ? »
rétorqua-t-il lorsqu'elle lui suggéra une baignade nocturne, & aussitôt il se leva, avec lenteur cependant, pour enlever son tee-shirt & lui adresser, une fois que cela fut fait, d'un seul mouvement de tête :

« Si t'enlevais tous tes vêtements, ça pourrait être intéressant. »

& ses lèvres s'ornèrent d'un nouveau sourire. C'était évident qu'il plaisantait, plus évident encore pour Millie tout particulièrement, parce qu'elle devait sans doute connaître par cœur la moindre de ses réactions – ou presque.


( Reprenant tes mots : j'avoue que TOUS les paragraphes servent trop à rien, désolée, on est.. la nuit Razz
Ps 1 : C'nul, désolée une deuxième fois.
Ps 2 : J'me suis pas relue donc désolée une troisième fois si y'a des fautes ou des phrases incompréhensibles. Rolling Eyes
En gros : I'm a big boulet. hiii )




Il portait dans ses yeux
la force de son cœur.

Dans Paris son désert
vivant sans feu ni lieux,

Aussi fort qu'une bête,
aussi libre qu'un Dieu.




Que d'émotions !:
 


Dernière édition par Teddie A. Wadge le Ven 22 Avr - 2:02, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mar 22 Mar - 10:07

Des moments comme ça, dans l’obscurité du soir, avec le bruit des vagues en fond sonore, et surtout, avec Teddie, et sans personne d’autre, parvenaient presque à leur faire oublier leur quotidien. Ils n’étaient plus seuls & perdus sur une île : ils étaient tous les deux, deux amis qui se connaissaient bien désormais, & qui se retrouvaient à la plage ; une plage plutôt fréquentée durant la journée, par des personnes auxquelles le soleil s’évanouissant dans l’océan, et la lune rejoignant les étoiles, avaient donné une indication de l’heure, et les avaient alors contraints à rentrer chez eux ; à regagner leurs maisons, leurs appartement, leurs villas, leurs lofts… A retrouver leurs enfants, leur femme, leur mari, et à retourner dans l’habituelle routine qu’ils connaissaient par coeur… & Teddie & Millie, insouciants comme ils savaient l’être, étaient restés là, comme deux gamins qui se retrouvent & allume un feu de camp sur la plage, alors qu’ils savent que c’est interdit, mais ils le font quand même, parce qu’il n’y a plus personne, plus personne pour les en empêcher, personne pour les empêcher de vivre. C’était ce qu’étaient Teddie & Mille : deux gamins, qui vivaient ; ignorant les règles et repoussant les limites, toujours plus loin, n’obéissant qu’à eux-mêmes. Faut avouer qu’ils s’étaient bien trouvés… Une chance que leur avion se soient écrasé, et que leurs regards se soient croisés, en fait Rolling Eyes Enfin, “une chance”, ce n’était peut-être pas le mot approprié pour tout le monde. Pour Millie, ça l’était.

Ainsi, ils se retrouvaient là, tous les deux. Ce n’était pas la première fois, depuis le temps qu’ils se connaissaient maintenant, ils avaient eu l’occasion de partager des soirées, des journées, et pourtant il leur restait toujours quelque chose à se dire, des conneries à faire ensemble, et même, même s’ils n’avaient rien eu à se dire, ils auraient trouvé de quoi s’occuper, sans que leur silence ne soit gênant. C’était comme ça que ça marchait avec Teddie, il leur était impossible de s’ennuyer quand ils étaient ensemble. Bref, tous deux assis sur le sable, et l’obscurité de la nuit désormais totale, leur seule source de lumière, mise à part la lune, était la cigarette de Teddie qui se consumait peu à peu. Le jeune Wadge, toujours fidèle à lui-même, il semblait presque impensable pour Millie de le voir un jour sans la clope au bec ou à la main. C’est ça qui la frappa d’abord. Trois ans sur cette île, et trois ans qu’il arrivait à s’e, procurer. Bon, il y avait bien les gens du sous-marin, qui étaient arrivés il y a seulement quelques mois et qui avaient dû en rapporter avec eux. Mais dans l’esprit de Millie, ce n’était pas suffisant. Surtout que Teddie ne devait pas être le seul fumeur de l’île… « Elles tombent du ciel, qu'est-ce que tu crois. C'est Dieu qui me les envoie. » C’est marrant, elle savait exactement qu’il allait répondre ça. Elle esquissa un sourire à la vue du sourire en coin de Teddie ; sourire dont lui seul avait le secret – et qui était franchement craquant, on ne peut le nier – et que la petite brune connaissait bien. Il lui tendit sa cigarette, qu’elle accepta sans broncher – en même temps, pourquoi broncher ? Rolling Eyes - Elle porta la cigarette à ses lèvres une première fois, les yeux fixés sur lui, puis une seconde fois après avoir détourné son regard pour le poser sur l’océan gris. La couleur, le calme des vagues… Tout lui donnait envie de plonger. Il ne faisait pas chaud ; en fait, il faisait même frais. Mais ça n’avait aucune importance. L’eau serait peut-être même plus chaude que la température de l’air. Et elle savait très bien que Teddie la suivrait si elle décidait de prendre un bain nocturne. Alors elle lui tendit sa cigarette pour qu’il fume les deux ou trois dernières lattes qui restaient, et lui proposa minuit… « Pourquoi attendre minuit ? » Là encore, c’était évident pour Millie qu’il répondrait ça. Elle sourit lorsqu’il se leva, mais resta cependant assise, sans détourner son regard de lui. Elle aimait le regarder, même trop, même abusivement, pas seulement parce qu’il était beau, mais parce qu’il dégageait quelque chose qu’elle ne savait pas vraiment comment qualifier, quelque chose de rassurant mais en même temps d’imprévisible, quelque chose grâce à quoi il était impossible d’être triste lorsqu’on était avec lui ; quelque chose qui était presque devenu vital pour Millie depuis qu’elle le connaissait. Déjà, si elle ne le voyait pas pendant toute une journée, elle ressentait un manque ; si elle n’avait besoin que d’une seule chose sur cette île, c’était de sa compagnie. « Si t'enlevais tous tes vêtements, ça pourrait être intéressant. » Tiens ! Voilà qui pourrait lui servir d’excuse pour avoir arrêté l’heure sur minuit :

« Un bain à poil, c’est un bain de minuit. Et un bain de minuit, c’est mieux d’le prendre à minuit. Tu vois ? hiii »

Voilà bon, c’était une excuse bidon, mais c’était une excuse quand même ; et puis, il ne dirait sûrement rien. Elle n’avait toujours pas lâché son regard de lui depuis qu’il s’était levé, et elle décida maintenant de se lever elle aussi.

« Aucun problème, j’enlève tout si tu fais pareil. »

Elle lui sourit. Encore. Millie n’était pas du genre pudique, et encore moins avec Teddie. Elle savait bien qu’il plaisantait, mais au fond, où était le problème ? Il faisait nuit, ils étaient tous les deux, et de toute façon ils allaient être dans l’eau d’une minute à l’autre. Elle retira sa robe et la posa sur le sable.

« A vrai dire j’ai dit “minuit” pour être certaine de te garder avec moi au moins jusque là. »

On ne sait jamais. Ces deux-là avaient un caractère aussi bien trempé, et aussi imprévisible l’un que l’autre, alors autant prévoir. Teddie aurait très bien pu décider qu’il avait une émission qu’il ne devait impérativement pas raté, et il serait parti. Pas parce qu’il en avait marre de Millie, mais vraiment parce qu’il avait une émission à regarder. – C’est boooon, je sais qu’ya pas la télé ici, mais bon, c’est une façon d’parler shock - Enfin quoique, c’était un mauvais exemple, parce que si Teddie avait vraiment une émission à ne pas rater, il aurait proposé à Millie de venir la regarder avec lui. Mais bon, là au moins, c’était clair : elle le réservait jusqu’à minuit. Au minimum bien sûr…


( Bon j’ai inversé, il répond à la question AVANT de lui tendre la cigarette alors que dans ton texte, c’est le contraire What a Face J’ai pas envie d’éditeeer bb xD
Et c'est pas suuuper long, mais c'est parce que j'ai cours là Razz #22 )



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Merci pour tout coeur2
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mer 23 Mar - 1:41

    C'était amusant de voir comme les gens semblaient toujours plus intéressés par ses cigarettes miraculeuses que par n'importe quoi d'autre. Combien de fois déjà Teddie avait entendu ses proches lui demander avec toujours plus de surprise où il parvenait à en trouver autant, & comment il faisait pour en avoir encore trois ans après son arrivée sur l'île. Si ça le faisait rire, c'était essentiellement parce qu'il ignorait lui-même la réponse. Il avait sans doute simplement de la chance, en fait. Enfin, il ne fallait pas non plus croire qu'il arrivait à fumer autant qu'il le faisait à New York ou à Paris parce qu'ici, il se devait de les 'économiser', & qu'il lui arrivait même parfois – souvent – de ne pas en trouver durant plusieurs semaines, plusieurs mois. Cependant, lorsqu'il ne fumait pas, Teddie n'avait pas réellement un comportement différent. Si certains accrocs devenaient désagréables ou à la limite de fous quand ils n'avaient pas leur dose quotidienne de nicotine, lui pouvait prétendre avec mérite que ce n'était pas son cas, simplement parce qu'il n'en était pas assez dépendant. Certes, il aimait fumer, & sans doute qu'il ne pourrait pas cesser de le faire pour toujours, mais s'il devait s'en passer quelques fois, il y arrivait sans grandes difficultés. En fait, c'était surtout l'habitude qui était difficile à briser. Quelqu'un qui fumait avait l'habitude d'avoir une cigarette entre les doigts ou entre les lèvres presque à chaque moment de la journée. Il se mettrait à fumer dès qu'il se sentirait anxieux, triste, énervé, ou s'il était juste heureux, parce que fumer lui procurerait quelque chose dans n'importe quel état d'esprit. & c'était certainement une des raisons pour lesquelles les gens devenaient accrocs. Teddie avait, là encore, de la chance : il faisait ses crises de manque en silence & sans que cela n'ait quelque répercussion que ce soit sur son moral ou sa façon d'être avec son entourage.

    Il avait haussé les sourcils en voyant Millie accepter la cigarette sans broncher, elle qu'il n'avait vu fumé que de rares fois, & l'avait regardé faire sans la quitter des yeux un seul instant, jusqu'à ce qu'elle ne lui rendit son bien. Rapidement, il tira les dernières bouffées qu'il restait de la cigarette puis la jeta un peu plus loin – sans réellement savoir où, d'ailleurs, à cause de l'obscurité qui englobait à présent l'île toute entière -, la laissant s'éteindre dans le sable, avant de se retourner à nouveau vers Millie. A ses mots, il haussa mollement épaules, comme si ce qu'elle venait de dire n'avait vraiment aucun importance, aucun sens.

    « Alors laisse-moi te dire que monsieur Wadge ici présent – oui parce que c'est moi, tu te souviens ? - a pris l'importante décision de réparer, enfin, cette grave erreur ; les bains dits de minuits peuvent être, à partir de maintenant, pris à n'importe quelle autre heure de la journée ou de la nuit. Amen. »

    Il joignit ses deux mains à hauteur de son torse, paume contre paume, comme quelqu'un aurait prié, & salua, illustrant ses propos, avant de désigner de la main l'océan à Millie.

    « Donc voilà, si je veux, je peux très bien prétendre qu'il est minuit, là. En plus de ça, t'as pas de montre, moi non plus, donc en fait, on saura jamais quand exactement il sera minuit. Ça serait dommage d'attendre pour rien, alors, je trouve, non ? »

    Quand il s'agissait de conneries dans ce genre, Teddie parvenait toujours à trouver des arguments, aussi stupides & insensés pouvaient-ils être pourtant. Dommage qu'il ne fut pas doté du même talent lorsqu'il avait dû, par exemple, passer des interrogations scolaires orales. Enfin, il fallait dire qu'argumenter les 'pour' & les 'contre' de l'utilisation de voitures sans permis ou de la diffusion de chaînes pour bébés, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus intéressant à faire. Tandis que là, il y avait tout de même une baignade à la clé, & pas n'importe quel genre de baignade non plus ! Teddie allait se retrouver, dans quelques instants à peine, dans l'océan, en pleine nuit, sans vêtements, avec une demoiselle de son âge qui était aussi dérangée que lui – dérangée dans le bon sens, bien sûr:P -, & qui, la pauvre, serait elle-aussi dépourvue de vêtements. Certes, il y avait du positif dans tout ça, mais il fallait tout de même bien dire que ça semblait un peu cinglé sur les bords. N'importe quel autre rescapé n'aurait certainement pas eu cette si brillante idée de venir se baigner en pleine nuit alors que la température n'était pas spécialement élevée & qu'on était – fallait-il le rappeler – sur une île déserte dont les dangers n'étaient pas toujours aussi faciles à repérer qu'on ne le croyait. Mais là, encore une fois, on parlait de Millie & de Teddie, donc toutes ces convictions existentielles n'avaient plus vraiment lieu d'être.

    « Aucun problème, j’enlève tout si tu fais pareil. » Ah oui ? C'était un défi, alors ? Teddie ne fit que hocher furtivement la tête en signe d'approbation, son sourire en coin s'étant transformé en quelque chose de plus malicieux. Il ne ressentait aucune gêne à devoir se dévêtir, ici, en plein milieu d'une plage, tout d'abord parce qu'il faisait nuit mais aussi & surtout parce qu'il n'y avait personne à part Millie, & que Millie était.. tout simplement Millie. & le fait que ce soit Millie était déjà bien suffisant pour que Teddie ne fasse pas soudain preuve d'une pudeur exceptionnelle en la présence d'une autre personne. Puis il fallait surtout dire que tous deux savaient parfaitement que ce n'était qu'un puéril délire de plus qu'ils s'étaient trouvé, & cela empêchait de ressentir toute gêne possible. Ce n'était de toute façon que plaisanteries.

    Il la regarda ôter sa robe sans même s'en rendre totalement compte, mais c'est qu'elle était drôlement jolie, aussi. Habillée, ou pas en fait. Oui, elle était vraiment jolie. Il releva les yeux vers son visage - :roll : - lorsqu'elle reprit la parole pour lui annoncer que le bain de minuit avait seulement été un prétexte parce qu'elle souhaitait rester en sa compagnie au moins jusque là. Comme si Teddie serait parti avant ! Comme s'il partirait tout court, en fait ! Même s'il l'avait voulu, même s'il avait eu quelque chose de plus important à faire, il n'aurait pas pu. Une fois qu'il était avec Millie, il fallait vraiment qu'il se passe quelque chose d'aussi grave qu'un tsunami pour qu'il se sépare d'elle avant l'heure.

    « N'importe quoi. Je n'ai rien d'autre à faire que de rester comme un con sur la plage avec toi, alors il va bien falloir que je m'en contente.. »

    C'était pire qu'évident qu'il plaisantait ; s'il restait avec elle, c'est uniquement parce qu'il en avait envie & que ça lui apportait beaucoup de bien. Alors Teddie déboutonna son jean' & plia sa jambe droite, saisissant le bord du pantalon afin de l'enlever, puis fit pareil pour l'autre côté. Se retrouvant, tout comme elle, en sous-vêtement, il s'approcha de Millie en se pinçant les lèvres pour éviter de rire – oui, parce que le moment était tout de même drôle à expérimenter, c'était vrai - & vint glisser deux de ses doigts entre les siens, son pouce serrant doucement sa paume, pour l'inciter gentiment à avancer vers le bord de l'eau.

    « D'abord, on va voir si elle est vraiment froide. & si elle est vraiment froide, genre glacée.. Bah on y va quand même. D'accord ? En plus comme ça, ça fera comme dans Titanic. »

    Il n'attendait aucune réponse. Millie n'aurait rien répondu de toute façon, ou si, peut-être qu'elle aurait répondu quelque chose comme « Évidemment qu'on y va quand même ! Je veux bien te laisser le rôle de Rose, d'ailleurs ! » ou une autre de ces remarques taquines dont Teddie était tout autant adepte qu'elle, bien sûr.

    Tandis qu'ils s'approchaient de l'eau qui venait s'échouer avec lenteur sur le sable humide, le corps de Teddie réagit enfin à l'air plutôt frais qui le touchait maintenant à même la peau. Il frissonna, serra un peu plus ses doigts contre ceux de Millie, & ne put s'empêcher de sourire malgré tout, plus pour lui-même ; c'était fou à quel point ils avaient l'art d'être ridicules & de faire des choses ridicules ! Mais ça importait peu en réalité, même s'il y avait eu des milliers de gens sur cette plage, cachés dans la pénombre juste derrière eux, parce que la seule chose qui comptait quand il était avec Millie, c'était justement Millie.


    (Vous avez demandé un truc merdique ? Pas d'soucis, je vous le donne dans l'heure ! hiii Je ne suis pas à ta heure, oh chère reine Arhem. Sorry, c'est la nuit, & OUI, JE SAIS, je vais être morte pour les cours, mais tu comptes quand même plus que ça han *Mode geek* )
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mer 23 Mar - 20:27

« Alors laisse-moi te dire que monsieur Wadge ici présent – oui parce que c'est moi, tu te souviens ? - a pris l'importante décision de réparer, enfin, cette grave erreur ; les bains dits de minuits peuvent être, à partir de maintenant, pris à n'importe quelle autre heure de la journée ou de la nuit. Amen. » A cette remarque, qui n’aurait pu être prononcée par personne d’autre que par Teddie, Millie étouffa un petit rire, joignit ses mains et salua tout comme lui pour suivre son “Amen”. Mais oui bien sûr, elle avait oublié que Teddie était co-fondateur du monde et qu’il avait donc accès à quelques privilèges, comme décider de l’heure qu’il était, ou bien faire perdre ton son sens à une expression qui existait bien avant leur arrivée sur terre, telle que “bain de minuit” Rolling Eyes N’empêche que pour le coup, il avait raison : personne n’a jamais prit de bain de minuit à minuit pile. Et Millie n’était pas particulièrement attachée à l’idée que, puisqu’un “bain de minuit” s’appelait ainsi, il fallait impérativement le prendre à minuit. Non, sérieusement, il n’y a que les maniaques de la ponctualité pour attendre 00h00 avant de plonger totalement dévêtus dans l’océan. Mais bref, c’était vrai, tout de même, que Teddie aurait pu refaire le monde avec les remarques dans le genre qui lui venaient automatiquement à l’esprit. Si on lui avait confié le monde, et qu’on lui avait demander de le “re-créer”, il l’aurait fait, de la même manière qu’il pouvait recouvrir une page blanche de ses mots, il aurait tout démonter, puis tout remonter à sa manière, il aurait fait un monde à son image, où les cigarettes tombaient du ciel, où chacun déciderait pour lui-même de l’heure qu’il était, où les bains de minuit se prendraient à la nuit tout juste tombée... Il aurait bâti un monde nouveau où tout la notion de “misère” serait inconnue, et où tout le monde croquerait la vie à pleine dent ; comme lui, comme Millie. Un monde à la Teddie quoi... Un monde qui, malheureusement, ne pouvait exister que dans l’esprit de Millie lorsqu’elle partait un peu loin dans ses pensées, mais même s’il n’était possible que dans sa tête, il existait au moins quelque part. C’était un monde dans lequel elle aurait voulu être en ce moment-même ; et en réalité, c’était un monde dans lequel elle était. Enfin, plus ou moins. Enfin, vous comprenez Rolling Eyes Elle était avec Teddie, et c’était suffisant pour dire qu’elle était dans un monde un peu différent de celui qu’elle fréquentait au quotidien. « Donc voilà, si je veux, je peux très bien prétendre qu'il est minuit, là. En plus de ça, t'as pas de montre, moi non plus, donc en fait, on saura jamais quand exactement il sera minuit. Ça serait dommage d'attendre pour rien, alors, je trouve, non ? » Oui bon, ok, aucun d’eux n’avait de montre, mais quand même, la nuit venait de tomber, et on sortait tout juste de l’hiver, donc il était clair qu’il était encore loin d’être minuit ! shock - enfin bref, on va pas disserter pendant mille ans sur “est-il minuit ?” et “doit-on attendre minuit pour prendre un bain de minuit ?” – Oui, de toute façon, ce serait dommage d’attendre pour rien, et on avait bien comprit que “minuit” était ce qui avait servi de prétexte à la petite brune. Et toujours était-il, qu’effectivement, aucun d’eux n’avaient de montre. Et Millie adhérait plutôt à la philosophie de Teddie, à savoir “on sait pas quelle heure il est donc on décide nous-mêmes”. Donc au final, ça mettait tout le monde d’accord.

« Une montre ? M*rde, bien sûr que j’en ai une mais j’ai dû l’oublier dans mon loft, triplex, avec piscine intérieure chauffée et vue sur la mer. Je serais bien allée la chercher mais j’habite un peu loin, et, honnêtement, j’ai vraiment la flemme d’aller jusqu’à mon jet privé là... »

Ben oui quoi ? On se faisait ch*er sur un île déserte depuis trois ans, à vivre comme on pouvait, à manger du poisson, des fruits, et de la viande à l’occasion, seulement lorsque quelqu’un avait décidé de jouer le vaillant chevalier, incorruptible chasseur en abattant un sanglier et en le partageant avec ceux qui se trouvaient suffisamment près de lui pour remarquer son magnifique repas, et qui osaient se mettre à genoux devant lui pour un simple morceau du festin. J’exagère un peu là ; mais c’était l’idée. Parce qu’en réalité, on se faisait pas ch*er depuis trois ans. On s’était ennuyé durant les quelques jours qui suivirent le crash et les crises de panique, et puis chacun avait s’était trouvé une raison, une occupation. Elle ne se le répèterait jamais assez : Millie avait trouvé Teddie, et à partir de là, elle pouvait dire que la vie sur l’île était passée de “terriblement emmerdante” à “complètement imprévisible”. En fait, si on devait n’utiliser qu’un mot pour les qualifier tous les deux, c’était bien “imprévisible”. Ils l’étaient chacun autant que l’autre, et c’était la raison pour laquelle, même plusieurs mois, plusieurs années après, il leur était impossible de s’ennuyer lorsqu’ils étaient tous les deux. Et puis ce n’était pas vrai non plus quand elle disait qu’ils ne se nourrissaient de rien d’autre que de fruits et de poissons, et qu’il fallait vraiment avoir la chance de tomber au bout moment sur quelqu’un d’assez courageux pour être allé tuer un sanglier, et d’assez généreux pour le partager. Leur vie n’était pas si dure, si on y réfléchissait bien. Ils étaient peut-être perdus, et peut-être même pour toujours, mais depuis plusieurs années déjà, ils faisaient avec, et on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils étaient malheureux ; déjà, ils étaient plusieurs, chose que Robinson n’avait pas eu la chance de connaître. Et avec le temps, ils s’étaient habitués. C’est étrange de penser qu’il suffit simplement de temps pour s’habituer à tout. Avec le temps, on s’habitue à l’absence d’un être tristement perdu, on efface petit à petit les traces d’un chagrin d’amour, on accepte de vivre avec une maladie incurable ; et on apprend à vivre en communauté sur une île, après un crash d’avion. On est obligé de se serrer les coudes, de se soutenir, même si, en vérité, on est pas habitué à vivre avec les autres, ou qu’on n’aime pas aider, ou qu’on est carrément asocial ; on le fait quand même, on apprend... On s’y habitue. Et même si parfois, il nous arrive de repenser à notre vie “avant”, on accepte le fait que ce soit du passé, que ce soit loin, et terminé depuis longtemps, et qu’aujourd’hui, comme depuis un moment, on évolue ailleurs, avec d’autres personnes, et malgré le fait que ce soient les mêmes personnes, chaque jour, depuis trois ans, ça nous paraît normal. C’est comme ça. C’est une chose qu’une personne qui n’a pas vécu cela, ne peut probablement pas comprendre. Millie s’était habituée à Teddie, à le voir tous les jours, et à apprécier chaque moment qu’elle passait avec lui ; et une chose était sûre : pour rien au monde elle n’aurait préféré son “ancienne vie” à celle qu’elle avait à présent, à ses côtés.

Ce qui était assez étrange, au final. Dans sa vie, avant, à Cambridge, elle avait William, celui qu’elle avait considéré comme l’homme de sa vie, naïve comme elle avait pu être, durant plusieurs mois ; elle y avait cru, vraiment, elle l’avait aimé tellement fort qu’elle arrivait à se rappeler, aujourd’hui encore, le sentiment qu’elle ressentait quand elle était avec lui. Mais le plus étrange dans tout ça, c’est qu’elle s’en rappelait d’autant mieux lorsqu’elle était avec Teddie. Et elle savait que, plus que la ressemblance qu’ils avaient tous les deux, c’était quelque chose propre à Teddie, et uniquement à Teddie, qui la faisait ressentir ce qu’elle ressentait quand elle était avec lui. Ce n’était pas parce qu’elle pouvait s’imaginer qu’il était William : c’était seulement parce qu’il était Teddie. C’était ça, qui était étrange. Le seul fait que, si elle avait eu le choix de revenir chez elle, auprès de William, ou de rester perdue sur cette île avec Teddie, elle aurait peut-être hésité, mais elle aurait choisi Teddie. Parce qu’effectivement, le reste, c’était du passé. Et parce qu’elle ressentait pour lui quelque chose qu’elle ne parvenait pas à nommer, et qu’elle ne cherchait même pas à nommer, qu’elle ne voulait pas s’avouer en fait. Qu’elle tentait de se cacher à elle-même, mais, qu’au final, elle ne pouvait pas nier. C’était ce sentiment-là qui la poussait à vouloir le garder auprès d’elle le plus longtemps possible, et ce même sentiment qui l’obligeait malgré tout à craindre qu’il parte avant l’heure, alors qu’il était évident qu’il n’allait pas s’en aller et la laisser, sauf s’il avait vraiment quelque chose de plus important à faire, mais ce n’était, jusque là, encore jamais arrivé. « N'importe quoi. Je n'ai rien d'autre à faire que de rester comme un con sur la plage avec toi, alors il va bien falloir que je m'en contente.. » Elle sourit. Pour la millième fois. Elle finirait peut-être par avoir l’air con à sourire tout le temps, mais ça n’avait aucune importance. Elle souriait à chaque fois qu’il disait quelque chose, de toute façon. C’était peut-être même pas ce qu’il disait qui la faisait sourire : c’était peut-être juste le son de sa voix.

« Désolée de t’infliger ça, vraiment. » répondit-elle simplement, pour entrer dans son jeu. Dans leur jeu. Dans le jeu auquel ils jouaient à chaque fois ; un jeu qui n’a pas d’autre règle que celle de profiter de l’instant présent, et de dire des conneries, parce que c’était ce qu’ils faisaient ensemble, la majeure partie du temps.

Puis vint le temps de se mettre à l’eau. Quand Teddie attrapa la main de Millie pour l’emmener avec lui vers l’océan, elle frissonna. Plus à cause du fait qu’il se soit rapprochée d’elle puis qu’il lui ai prit la main, que parce qu’il faisait froid. Mais si Teddie remarquait ce frisson, elle dirait le contraire ; elle prendrait l’excuse de la température, un peu trop basse à son goût. Et puis, aucune raison qu’il l’aie remarqué ; et puis même ! même s’il l’avait remarqué, il ne dirait sûrement rien. Parce que de toute façon, il n’y avait rien à dire. Et qu’il croirait sans doute lui-même, sans qu’elle aie besoin de dire quoi que ce soit, qu’elle avait froid. Et qu’il n’y avait pas de quoi en faire toute une histoire. Alors Millie arrêta d’y penser, et se concentra sur Teddie, et sur l’océan. « D'abord, on va voir si elle est vraiment froide. & si elle est vraiment froide, genre glacée.. Bah on y va quand même. D'accord ? En plus comme ça, ça fera comme dans Titanic. » Comme dans Titanic ? Non mais attends, y en a un qui meurt à la fin Ôo. Ils s’avancèrent alors doucement vers le bord de l’eau, et Millie sentit, à un moment, la main de Teddie se resserrer sur la sienne. Elle resserra aussi son emprise ; puis elle serra les dents lorsqu’elle sentit la mer froide attaquer son pied.

« P*tain ouais, elle est vachement froide ! »

Alors, sans lâcher la main de Teddie, elle se mit à courir, et l’entraîna avec lui jusqu’à ce qu’ils se heurtent à une vague un peu plus forte que les autres, et tombent dans l’eau. Lorsqu’elle regagna la surface, Millie riait et grelotait en même temps. Ils avaient l’air de vrais gamins, comme ça, tous les deux ; ils étaient de vrais gamins. Et à ce moment précis, il n’existait rien de mieux au monde.

« Ça va ? T’es pas en train de geler ? Tu sais, t’as fait référence à Titanic tout à l’heure ; j’ai d’abord penser à t’attribuer le rôle de Rose, parce qu’il faut être honnête, il te serait allé à merveille. Mais finalement, j’me suis rappelée que c’était Jack qui mourait congelé à la fin, alors je vais faire Rose si ça te dérange pas. » Et puis en plus, par moment, il avait des faux air de DiCaprio dans Titanic Rolling Eyes

« Tu crois qu’on pourrait rentrer chez nous à la nage ? » Non, bien sûr. Aha !... A quoi bon rentrer chez eux de toute façon ? Elle n’en avait même pas envie. Son regard, qui s’était égaré vers l’horizon, se reposa sur Teddie. « En plus je sais même pas où c’est, chez toi. J’veux dire, en vrai. J’veux dire, en ville, enfin, tu m’as comprise. Je connais pratiquement tout de toi, de ton caractère, de ton tempérament. Je sais que t’adore écrire, je sais que t’as besoin de personne. » C’est vrai, Teddie n’était pas dépendant de qui que soit. Il avait cette rare qualité qui consiste à savoir construire sa vie seul, si besoin est. « Je te connais. Mais en fait, je connais rien de ton histoire, de ton passé. Enfin, presque rien. » Bon, ça devenait limite dramatique là, non ? Elle se rapprocha encore de Teddie et essaya d’adopter l’expression d’un mauvais flic dans une mauvaise série policière : « Auriez-vous quelque chose à cacher, Monsieur Wadge ? » Voilà, c’était mieux. C’était vrai qu’elle le connaissait, elle ne pouvait pas dire le contraire. Elle le connaissait, lui. Le Teddie d'aujourd'hui. Et il la connaissait elle, la Millie d’aujourd’hui. Mais ils ne s’étaient jamais rien échangé concernant leur histoire avant d’arriver ici, pas parce qu’il n’en avait pas eu l’envie, mais parce qu’ils n’en avaient pas vu l’utilité. Enfin, peut-être que Teddie n’en avait pas envie. Mais elle prenait le risque de lui poser la question. Elle prenait aussi le risque qu’il lui pose la question en retour, auquel cas, elle serait de toute façon honnête avec lui. Elle avait beaucoup à cacher, à pratiquement tout le monde, mais pas à lui.

C’était comique comme situation quand même : complètement nus, dans une eau glacée, comme deux enfants qui ne se soucient de rien. Et puis, il avait fallut que Millie devienne sérieuse. Enfin, un peu plus sérieuse que d’habitude en tout cas. On vous avait prévenu que rien n’était prévisible avec eux de toute manière...

( Oui je sais, j’ai trop écrit, et en plus la majeure partie des paragraphes et pire qu’inutile, et en plus j’aurais pu couper ce rp en 2, et en plus j’ai rien relu.. J’ai tout faux Rolling Eyes *Court se cacher* )



ONE FAMILY.

Merci pour tout coeur2
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» Teddie A. Wadge "
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Sam 26 Mar - 21:46

    Teddie n'avait plus fait que pouffer à chacune des remarques de Millie : lorsqu'elle avait parlé de sa pseudo-montre oubliée & de son jet privé, lorsqu'elle s'était platement excusée de lui faire endurer sa présence, & même lorsqu'elle s'était simplement plainte de l'eau qui était, effectivement, pire que froide. En fait, il avait compté répondre, encore une quelconque connerie complètement inutile, mais avait soudain été pris dans les filets de ses pensées. Parfois encore, ça le surprenait de voir à quel point Millie lui ressemblait. Certes, ça faisait maintenant un bon moment qu'ils se connaissaient & qu'ils passaient régulièrement du temps ensemble, & cette ressemblance avait bien entendu été là dès le départ, mais par moments, elle semblait tellement vraie qu'elle était presque palpable, & ça ne manquait jamais de surprendre Teddie. Il avait eu des amis à Paris, à New York, & il en avait encore ici, mais aucun d'entre eux n'était comme Millie, aucun d'entre eux n'était complètement comme lui. Quand quelqu'un devient votre ami, il est évident que c'est parce qu'il vous ressemble, qu'il partage avec vous quelques points communs, mais Teddie s'obstinait encore & encore à dire qu'avec Millie, ce n'était pas juste ça. Il ne pourrait sans doute jamais expliquer de façon claire en quoi elle était réellement différente mais elle l'était malgré tout & au fond, c'était tout ce qui importait.

    Ainsi il avait presque oublié de parler, trop occupé à regarder Millie & à se dire qu'il était chanceux en fait, vraiment chanceux, d'être ici & pas ailleurs, avec elle & uniquement avec elle. Mais évidemment, il ne lui dirait pas ça ; il y avait des tas de choses qu'il ne lui expliquerait certainement jamais mais qu'il pensait pourtant plus fort que tout. Sans doute ne pouvait-elle qu'à peine remarquer qu'entre eux, il n'y avait clairement jamais de 'doux' moments - dans le sens où aucun des deux ne disait jamais explicitement à l'autre qu'il l'appréciait, qu'il l'aimait même, ou juste qu'il était important pour lui, presque vital - parce que voilà, on en revenait encore au même point: elle était comme lui, & lui ne s'en souciait guère. & même si Millie était une fille, elle savait garder pour elle tout ce qu'elle ressentait & ne pas éprouver le besoin de toujours entendre autour d'elle qu'elle était une fille bien & qu'on tenait à elle. Puis d'une certaine manière, Teddie savait que Millie tenait à lui & qu'il était important à ses yeux, & ça devait normalement être pareil pour elle en fin de compte, parce que c'est vrai que c'était logique qu'ils s'apprécient étant donné tous ces moments qu'ils se réservaient, rien qu'à deux, sans jamais paraître lassés l'un de l'autre. Toujours est-il que, malgré l'évidence des sentiments, la plupart des gens s'amusaient à déblatérer des choses insensées, tentant non sans peine de prouver à quelqu'un d'autre à quel point il pouvait compter. Teddie avait toujours trouvé cela stupide. Déjà, il savait comme tout le monde qu'aucun mot n'était assez fort pour décrire n'importe quel sentiment, & qu'ils devenaient même totalement vides de sens lorsqu'il s'agissait de décrire l'amour. L'amour au sens large, bien sûr ; l'amour de ses parents, celui de ses amis ou encore – comment passer à côté ! - l'amour vrai que l'on se mettait à ressentir comme ça, un jour, sans jamais savoir pourquoi. Qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre, qu'importe, rien ne changeait le fait qu'il était toujours difficile de dire à quelqu'un qu'on l'aimait. Du moins, pour lui, ça l'était. Peut-être pas difficile au sens propre du terme parce qu'à vrai dire, il ne ressentait jamais le besoin de rassurer qui que ce soit au sujet de ses sentiments. Ses amis étaient ses amis parce qu'il les appréciait & pour lui, c'était pire qu'évident qu'il était donc inutile de leur répéter sans arrêt. Cependant, il fallait bien avouer qu'avec Millie, c'était comme différent. Il n'avait certes pas besoin de le lui dire, mais il en avait quelques fois envie. Quelques fois, oui, il avait juste envie de lui dire qu'il la trouvait jolie, ou que c'était une fille merveilleusement extraordinaire, ou même qu'il l'aimait. C'est de cette façon qu'il se rendit compte qu'en fait, il n'en était pas capable. Il avait toujours tellement été habitué à penser ces choses sans jamais devoir les prononcer, sans jamais, jusqu'ici, que l'envie de le faire lui effleure l'esprit, qu'il lui était impossible de simplement complimenter quelqu'un. C'était ridicule, certes, mais c'était Teddie. Même lorsqu'il se mettait à admirer quelqu'un pour son talent, même face à ses parents, même face aux personnes qu'il avait convoitées, rien d'autre que l'évidence ne laissait transparaître ce qu'il ressentait.

    Teddie sentit la main de Millie se resserrer sur la sienne tandis qu'elle l'entraîna dans l'océan avec elle. Il la suivit bien sûr sans broncher, malgré la froideur de l'eau qui eut fini de dissoudre ses pensées. C'était tout de même mieux quand il ne pensait pas, voilà pourquoi il était rare qu'il le fasse.Razz
    Certes, c'était glacé mais en même temps, ils n'avaient pas pu s'attendre à quelque chose de plus chaud : c'était l'océan & en plus de ça, la nuit le refroidissait considérablement, plus qu'il ne pouvait déjà l'être la journée. Teddie avait senti son corps s'attiédir dès le premier contact de l'eau, mais lorsque la vague les eut frappés & qu'ils furent complètement tombés à l'eau, il sembla déjà s'être habitué – sans non plus avoir le choix - à la basse température.

    De toute façon, cela ne comptait pas tellement. Millie était là, & voilà qu'ils avaient su, comme à chaque fois qu'ils se retrouvaient, recréer leur univers infantile simplement en allant se jeter contre une vague de glace. C'est au cœur de ces moments-là que Teddie se sentait réellement invincible, parce qu'il comprenait tout à coup à quel point ils étaient liés, tous les deux. Il comprenait que, quel que soit l'endroit où ils se seraient trouvés, ils auraient toujours les moyens de l'oublier & de s'amuser à vivre comme si rien d'autre n'avait d'importance. Bien sûr, cette façon d'être dirigeait déjà la vie de Teddie avant qu'il ne la rencontre mais en sa compagnie, ça redoublait de forces. Avec elle, il ne pouvait tout simplement pas ressentir même une once de nostalgie ou de tristesse, d'énervement ou de doute. Oui, parce qu'il lui arrivait à lui-aussi, quoi qu'il en dise, d'être quelques fois moins léger que d'habitude. Il avait beau rejeter tout ce qu'il ne désirait pas ressentir mais qu'il ressentait malgré tout, les sentiments sont des choses impossibles à contrôler. Sans doute qu'il n'admettrait jamais ça. Il détestait plus que tout au monde se poser ces fameuses questions qui ne trouvaient jamais de réponse, ou même se laisser à penser à sa vie d'avant. Pourtant c'était humain, & personne ne pouvait réussir à éviter cela durant une vie toute entière. Quand il était avec Millie, il pouvait l'éviter, & même si ce n'était que pour un certain temps, il parvenait à s'en contenter.

    « Ça va ? T’es pas en train de geler ? Tu sais, t’as fait référence à Titanic tout à l’heure ; j’ai d’abord penser à t’attribuer le rôle de Rose, parce qu’il faut être honnête, il te serait allé à merveille. Mais finalement, j’me suis rappelée que c’était Jack qui mourait congelé à la fin, alors je vais faire Rose si ça te dérange pas. »
    Il releva les yeux vers elle, retrouvant son inévitable sourire en coin. Il ne gelait pas mais n'en semblait tout de même pas si loin. Toutefois, ça continuait à ne pas l'importer ; aussi étrange que cela aurait-il pu paraître aux yeux de n'importe qui d'autre que lui & Millie, il se sentait bien, & il n'aurait voulu pour rien au monde être ailleurs qu'ici en ce moment. A sa remarque concernant le film, il roula des yeux d'un air amusé avant de reposer sur elle un regard faussement déçu. Il avait prévu qu'elle dirait ça, & la réponse qu'il allait donné sembla tout autant préméditée.

    « & bien alors, il est plus important pour toi de vivre que me laisser vivre ? Une vraie Rose aurait mille fois préféré échanger sa place avec Jack, pour que ce soit lui qui puisse continuer à vivre & parce qu'elle l'aimait ! Non mais je te jure, quelle égoïste tu fais ! »

    Il la poussa mollement à l'épaule, son air trahi s'envolant lorsqu'il se mit à rire de ses propres mots. N'empêche que cela avait répercuté sur lui une question un peu plus sérieuse ; s'il avait dû choisir entre la vie de Millie & la sienne, en réalité, qu'aurait-il fait ? Non mais, si l'on admettait qu'il avait vraiment été un Jack & Millie une vraie Rose ? Sans doute ne l'aurait-il pas balancée dans l'eau pour prendre sa place sur la porte flottante & laissée mourir de froid. N'empêche que Millie ne l'aurait pas non plus regarder geler sans rien dire ou sans rien faire, tranquillement couchée sur la porte. En fait, ils auraient certainement trouvé quelque chose qui les aurait permis de vivre tous les deux, parce qu'il n'y aurait pas eu d'autre choix pour eux que de continuer à vivre tous les deux. Ils auraient pu.. échanger leurs places de temps à autre, par exemple, en attendant les secours, pour que l'un ait le temps de se réchauffer un minimum pendant que l'autre prenait sa place dans l'eau. Ou alors, ils auraient trouver un moyen de se mettre tous les deux, ensemble, sur cette porte, pour éviter complètement de rester dans l'eau. Bref, il y aurait eu une quelconque façon de pouvoir s'en sortir ensemble, c'était évident.

    A la question de Millie, le regard de Teddie s'éloigna de façon machinale vers l'horizon. Bien sûr que non, c'était impossible de rentrer à New York – ou même ailleurs - à la nage, sauf si l'on avait la chance d'être en excellente - & le mot est faible - condition physique, de ne croiser aucun requin & aucun paquebot, & surtout d'avoir un bon sens de l'orientation, même perdu en plein océan.
    « En plus je sais même pas où c’est, chez toi. J’veux dire, en vrai. J’veux dire, en ville, enfin, tu m’as comprise. Je connais pratiquement tout de toi, de ton caractère, de ton tempérament. Je sais que t’adore écrire, je sais que t’as besoin de personne. Je te connais. Mais en fait, je connais rien de ton histoire, de ton passé. Enfin, presque rien. »
    Son regard revint à elle, & Teddie ne put s'empêcher de sourire un peu plus à la pensée qu'elle était encore plus agréable à regarder que les reflets des étoiles dans l'océan. Ce qu'elle venait de dire était vrai ; elle le connaissait sans doute par cœur, pouvait prédire tout – ou presque – ce qu'il disait ou faisait, mais elle n'avait jamais rien connu de son passé. En même temps, c'était pareil dans le sens inverse : Millie n'avait jamais non plus décidé de parler de sa vie d'avant, & Teddie ne s'en était jamais senti frustré. En réalité, il n'y avait pas pensé plus que ça. Si elle s'était mise à le faire un jour, il l'aurait écouté sans broncher, même avec plaisir, & pourrait prétendre aujourd'hui vraiment tout savoir d'elle. Mais ça n'avait pas été le cas, & ce n'était pas pour autant forcément une tare. Le Présent comptait bien plus que le Passé, non ?

    Il pouffa devant son air de mauvais flic puis haussa les épaules d'un air détaché, venant passer ses doigts entre les mèches mouillées de ses cheveux.

    « Peut-être, qui sait. Peut-être qu'en fait, j'étais un dangereux tueur en série & que j'ai pris cet avion pour Tokyo parce que je te suivais, ayant fait de toi ma nouvelle victime. Puis voilà maintenant trois ans que je faisais semblant d'être ton ami en attendant de trouver le bon moment pour te tuer. »

    Il ne détacha pas son regard du sien, haussant les sourcils à ses propos avant de se remettre à sourire. Que voulait-elle qu'il lui dise ? Il avait toujours été le même. Cela pouvait sembler bizarre, mais le crash ne l'avait pas réellement changé. Il avait toujours le même caractère, le même tempérament, la même façon d'être, de penser, de parler & de faire les choses. La seule chose qui le différenciait vraiment d'avant, c'était elle. Alors il se contenta de le lui dire, même si ça n'eut pas autant de sens qu'il l'aurait espéré.

    « Tu veux savoir comment j'étais avant ? & bien, j'étais sans toi. Enfin. Je veux dire.. »

    Il dut chercher ses mots. C'était rare qu'il soit obligé de le faire pourtant. Enfin, il aurait de toute façon déjà fallu qu'il sache ce qu'il comptait lui dire exactement.

    « Je veux dire qu'alors, ça n'avait pas vraiment d’intérêt. »

    C'était la vérité. Du moins, c'est comme ça que lui apparaissaient les choses. Il ne regrettait pas la vie qu'il avait mené auparavant, mais il regrettait encore moins d'avoir atterri ici & d'avoir rencontré Millie. Certes, il s'était amusé à Paris, à New York, tous les jours, n'importe où & avec n'importe qui mais ici, c'était différent. En ce moment-même, de cette façon-là précisément, c'était différent. C'était différent parce qu'il y avait Millie. Voilà tout ce qu'il avait essayé de lui dire en cette seule & unique - & stupide - phrase.



    ( Arrêêêête, j'ai surkiffé d'sa race ta réponse han Mais j'ai pas su faire aussi long (ni même aussi bien en fait --') que toi, sorry Rolling Eyes )




Il portait dans ses yeux
la force de son cœur.

Dans Paris son désert
vivant sans feu ni lieux,

Aussi fort qu'une bête,
aussi libre qu'un Dieu.




Que d'émotions !:
 
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» Millie Kingsley "
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mar 29 Mar - 10:44

Petit à petit, Millie ne ressentait même plus le froid. Enfin, bien sûr il était toujours là, mais elle n'en avait plus rien à faire. Elle n'était pas sur le point de mourir congelée, de toute façon, alors elle pouvait le supporter encore un moment. Il suffisait qu'elle regarde Teddie, et le froid, elle le sentait moins. Parfois, elle se surprenait elle-même dans sa façon de voir Teddie ; il avait beau être le Teddie qu'elle connaissait depuis un bon moment maintenant, il lui arrivait quand même d'admirer la capacité qu'il avait à faire des choses complètement stupides, tout en ayant l'air d'une intelligence & d'une maturité impressionnantes. La capacité qu'il avait à réaliser des trucs totalement fous, qu'il n'avait peut-être jamais faits auparavant, tout en gardant ce on-ne-sait-quoi qui donnait l'impression qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait, et qu'il contrôlait tout. Enfin, elle admirait aussi chez lui sa façon, presque magique, qu'il avait de vous mettre en confiance, presque de vous hypnotiser, de sorte à ce que vous soyez capables de faire tout & n'importe quoi en sa présence. Ou peut-être que cette dernière chose, elle était la seule à la ressentir ? Quoi qu'il en soit, elle admirait toutes ces qualités comme si elle les découvrait pour la première fois ; comme maintenant, par exemple : le regard plongé dans le sien, elle aurait pu rester plantée là, à geler pour lui, elle se sentait en sécurité, et pourtant dieu sait qu'elle ne l'était pas. Non seulement parce que, déjà, ils se trouvait sur une île pour le moins étrange & hostile, sur laquelle se produisait des phénomènes plutôt difficile à expliquer & même à comprendre ; ensuite, déjà que cette île était dangereuse en plein jour, ils étaient d'autant moins en sécurité qu'il faisait nuit, et qu'ils étaient seuls. Mais à cela, Millie n'y pensait pas une seule seconde. Elle n'avait pas de raison de s'inquiéter. Le regard de Teddie était la preuve, qu'il n'y avait aucun raison de s'inquiéter. C'était comme s'il leur suffisait d'être réunis, d'être juste tous les deux, pour que rien ne puisse les atteindre. Finalement, les comparer à Rose & Jack était plutôt une bonne idée.

« & bien alors, il est plus important pour toi de vivre que me laisser vivre ? Une vraie Rose aurait mille fois préféré échanger sa place avec Jack, pour que ce soit lui qui puisse continuer à vivre & parce qu'elle l'aimait ! Non mais je te jure, quelle égoïste du fais ! » Elle pouffa de rire. Bien sûr qu'elle avait prévu une réponse dans le genre, c'était pas comme si elle ne s'y attendait pas, n'empêche qu'à chaque fois, Teddie parvenait à la faire rire. A la surprendre ET à la faire rire quand elle n'avait pas prévu ce qu'il pourrait répondre, et simplement à la faire rire quand elle prévoyait. Teddie était de loin la seule personne avec qui elle riait autant sur cette île, et surtout pour des choses aussi ridicules. Seulement parfois, il s'avérait que derrière leurs paroles ridicules, ou infantiles, il se trouvait un message plus profond que ça. Volontaire, ou non. Il arrivait parfois qu'une simple remarque de Teddie fasse naître des interrogations plus profondes dans l'esprit de Millie. Comme maintenant. Bien sûr que non, elle ne l'aurait pas laisser mourir comme Rose a laissé mourir Jack. Et bien sûr qu'ils auraient trouvé un moyen de s'en sortir tous les deux, parce que de toute façon, depuis qu'elle l'avait rencontré, rien ne comptait plus pour Millie que ce qu'ils partageaient tous les deux, et elle savait, peut-être à tort, que sa vie ne valait presque plus la peine d'être vécue si Teddie venait à disparaître. Bon, de toute façon, si c'était le cas, elle continuerait à vivre. Mais sans plus jamais retrouver le réel goût de la vie. Enfin, ne parlons pas de malheurs. Ils était là, tous les deux non ? Alors ils étaient invincibles.

« Non mais attends, pour reprendre ce que tu dis, si Rose aimait Jack au point de lui donner sa vie, elle l'aurait fait. Mais moi, non, moi je t'aime pas suffisamment pour ça. »

Dire le contraire de ce que l'on pense : la règle d'or de n'importe quel collégien qui se respecte lorsqu'il a dans l'intention de séduire la personne sur qui il a des vues – jusqu'à ce qu'il change d'avis sur la personne une semaine après. C'était une règle complètement débile, que, pourtant, pratiquement tout le monde appliquait. Bien sûr, il existait aussi les types un peu trop sûrs d'eux qui fonçaient directement. Ceux-là étaient en général les détenteurs du plus grand nombre de râteaux du collège ; Pourtant, c'était plus logique : comment est-on censé plaire à une personne si on lui dit tout le contraire de ce que l'on pense d'elle, si on lui fait croire qu'elle ne nous intéresse pas et qu'on se montre indifférent d'autant plus vis à vis d'elle que vis à vis de n'importe qui ? Enfin, ça c'étaient des stratégies idiotes qu'on employait au collège. Aujourd'hui, pour Millie, ça n'avait plus vraiment le même sens qu'autrefois. Là, il s'agissait de dire le contraire de ce qu'elle pensait, tout en sachant parfaitement que Teddie relèverait l'ironie. Cependant, même si ce n'était pas une tactique pour faire croire à Teddie qu'elle ne l'aimait pas, ce n'en était pas moins une tactique pour ne pas avoir à lui révéler ce qu'elle pensait réellement. Déjà qu'elle avait du mal à se le dire à elle-même, mieux valait employer la technique foireuse du collège, plutôt que de tenter de lui dire qu'effectivement, ils auraient réussi à trouver une solution pour survivre ensemble mais que si, vraiment, elle avait dû faire un choix, elle lui aurait laissé la vie sauve, à lui, et se serait sacrifiée. Oui, on pouvait rester au stade “Rose & Jack”, mais il était hors de question qu'ils montent à l'étape “Roméo & Juliette”.

Pour l'instant, Millie était totalement ailleurs, lorsqu'elle avait demandé à Teddie s'il était possible de retourner chez soi à la nage. Non, Millie n'était pas complètement ignorante, elle savait qu'elle ne pourrait pas rentrer par la seule force de ses bras et de ses jambes, dans une eau glacée telle que celle-ci. Et même si l'eau avait été a une température convenable, d'ailleurs.. Mais elle avait posé la question, justement parce qu'elle était ailleurs mentalement, parce qu'elle était loin. Uniquement mentalement. Parce que, physiquement, elle était là, près de Teddie, et elle ne demandait rien de plus. Rien de plus que de passer des heures & des heures près de lui. Et c'est parce qu'elle se disait cela, que l'idée de “l'interroger” à propos de son passé lui vint à l'esprit. Elle ne s'était jamais sentie “mal” du fait que Teddie & elle ne connaissait l'histoire de l'autre qu'à partir du moment où ils s'étaient rencontrés. Aucun d'eux n'avait déjà ressenti le besoin de questionner l'autre à propos de son passé. Jusqu'à ce que Millie le fasse. Pourtant, c'était idiot, et elle se rendit compte un peu trop tard que, peut-être, elle n'avait pas envie de savoir, de tout connaître de sa vie ailleurs qu'ici. Qui sait ? Peut-être lui parlerait-il avec nostalgie & amour d'une femme qu'il avait aimée comme un fou & qu'il avait perdue avant de s'écraser ici. Et ça, ce n'était clairement pas le genre de choses qu'elle avait envie d'entendre maintenant. Peut-être aussi, lui apprendrait-il la mort de toute sa famille dans une explosion, ou dans un accident de voiture, où autre scénario dramatique ; et là, elle se sentirait vraiment mal d'avoir demandé. C'est pourquoi elle décida que casser la part de mystère qui se trouvait entre eux à ce moment, en jouant le mauvais flic. Et par chance, aucune des réponses qu'elle avait redoutées ne fut prononcée par Teddie. En même temps, c'était Teddie : même s'il lui avait annoncé la chose la plus horrible qui puisse exister, il aurait trouvé le moyen qu'elle ne se sente pas coupable d'avoir demandé, et sans doute même aurait-elle pu en rire, au final. « Peut-être, qui sait. Peut-être qu'en fait, j'étais un dangereux tueur en série & que j'ai pris cet avion pour Tokyo parce que je te suivais, ayant fait de toi ma nouvelle victime. Puis voilà maintenant trois ans que je faisais semblant d'être ton ami en attendant de trouver le bon moment pour te tuer. » Peut-être. Et ce serait bien dommage. Elle sourit. En fait, il était difficile d'imaginer Teddie en tueur en série. Ou alors, il jouait vraiment bien le jeu, parce qu'il était plutôt rare que Millie accorde son entière confiance à quelqu'un, & lui, il l'avait eue sans problème. C'était un peu comme Megane. Pourtant, ça restait différent. Avec Megane, Millie savait qu'elle serait là pour elle si besoin, n'importe quand & il en allait de même dans le sens inverse. Leur relation à toutes les deux, ressemblait à celle que pouvaient avoir deux sœurs entre elle. Pourtant, il y avait des choses que Millie ne disait pas à Megane, de peur d'être jugée, ou simplement parce qu'elles ne se confiaient pas tout. Avec Teddie, elle s'en foutait d'être jugée ; en fait elle savait qu'il ne la jugerait pas, de toute manière. Et elle s'en foutait de dire des choses idiotes, sans queue ni tête. Elle lui disait tout, tout ce qui lui passait par la tête, tout ce qu'elle avait de lui dire, au moment où elle avait envie de le lui dire.

En réalité, elle lui disait tout, sauf quand il s'agissait de eux-deux. Encore une fois, il lui était de toute façon impossible de transformer en mot ce qu'elle-même était incapable de qualifier. Elle savait que quand elle était avec lui, elle était bien, mieux qu'avec n'importe qui. Que quand ils faisaient les gamins tous les deux, ou quand Teddie la faisait rire, c'est comme s'il ne lui restait plus rien dans la tête d'autre que Teddie. Elle n'avait plus de regrets, elle n'avait plus besoin de rien, en fait, elle ne pensait plus à rien. C'est un peu dur à expliquer, et seuls ceux qui ont déjà vécu ce genre de moments peuvent le comprendre, mais c'est comme des segments de vie, qui sont suspendus, et qui flottent dans l'air, et tout va au ralenti tout en allant très vite, trop vite. Et là, elle pouvait dire, qu'ils flottaient dans l'air, qu'ils étaient “suspendus” quelque part dans le monde, et plus rien n'avait d'importance que son regard, et son sourire, et son rire, et sa voix, et ce qu'il disait, et la façon dont il le disait... Tout de lui.

« Tu veux savoir comment j'étais avant ? & bien, j'étais sans toi. Enfin. Je veux dire.. Je veux dire qu'alors, ça n'avait pas vraiment d’intérêt. » Waow. Elle verrouilla son regard dans le sien, tentant de décrypter exactement ce que Teddie venait de dire. Est-ce que ça voulait dire qu'elle était plus intéressante que le reste ? Est-ce que ça voulait dire qu'il n'y avait pas vraiment d'intérêt à son existence avant qu'il ne la rencontre. Non, c'était trop énorme pour que ça puisse vouloir dire ça. Ou est-ce que ça signifiait seulement qu'elle rendait les choses plus intéressantes, de par sa simple présence ? Elle avait peur de se tromper sur ce que cette phrase signifiait réellement. Tout ça pour une simple phrase qu'il avait tout bêtement prononcée, sans, peut-être, réfléchir à l'impact qu'elle pourrait avoir sur celle à qui elle était destinée. Millie voulait répondre, mais elle en était incapable. Quoi qu'elle aurait pu répondre aurait été sans intérêt, et sans doute vide de sens. Que voulez-vous qu'elle réponde après ça ? Que c'était pareil pour elle ? Elle ne pouvait pas répondre ça, c'était vraiment trop nul. En fait, elle ne pouvait vraiment rien répondre. Mais peut-être que ce n'était pas de sa faute. Peut-être n'y avait-il simplement rien à répondre.

Elle n'avait pas réussi à détacher son regard du sien, comme si elle allait trouver toutes les réponses aux questions existentielles de la vie dans ses yeux. A toute les questions qu'elle se posait dans sa vie à elle, du moins. S'il avait su, toutes les questions qui se mélangeaient dans son esprit en ce moment, qu'aurait-il bien pensé ? Et puis, comme ça, subitement, elle explosa de rire, sûrement pour relâcher la pression qu'elle se mettait toute seule.

« Je suis pas certaine d'avoir saisi le sens EXACT de ta phrase, mais j'ai cru comprendre que je devais bien le prendre, alors... Je le prends bien. » Bon bah voilà, il suffisait de le lui dire, en fait. « Mais... Tu sais que tu m'as foutue la trouille avec ton histoire de tueur en série ? Parce que, j'étais en train de me dire que, si c'est vrai, en ce moment-même, tu as l'occasion rêvée de me prendre la vie, et de ,enfin, te débarrasser de moi ! » Elle ouvrit grand les yeux, imitant le regard d'une fille terrorisée, et se recula doucement. « Oh et puis non, tu sais quoi, j'ai même pas peur. » Alors elle se rapprocha de lui, un peu plus rapidement cette fois, et, arrivée plus près de lui qu'elle ne l'avait été jusque là, elle lui dit, d'une voix étrangement basse « Alors vas-y. Je t'offre le parfait moment pour me prendre la vie.. Alors vas-y, je t'en prie. » Elle releva les yeux vers lui, avec un petit sourire. N'importe qui, qui connaissait Teddie & Millie, aurait pu croire que c'était encore l'un de leur nombreux jeu où ils entraient dans la peau de personnages différents. Ça aurait pu être ça d'ailleurs. Sauf que ça ne l'était pas exactement. C'était un peu plus que ça. Juste un petit peu plus, qu'un jeu de rôle auquel ils aimaient se prêter. En fait, juste un petit peu plus qu'un jeu, tout court.

(J'me suis pas relue, mais bon, t'as l'habitude maintenant Razz )


ONE FAMILY.

Merci pour tout coeur2
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mer 6 Avr - 22:44

    Un jeu. Ça n'avait toujours été qu'un jeu, oui, ou presque. Ça ne pouvait être que ça. Quelle importance auraient bien pu avoir tous ces sourires en coin, tous ces regards remplis de malice, toutes ces phrases sans fond qui tintaient pourtant dans l'esprit de chacun ? Quel effet les moments passés ensemble faisaient-ils, plus précisément les moments comme celui-là où il n'existait plus qu'eux deux & rien d'autre au monde ? Qu'est-ça aurait pu provoquer, toute cette complicité, cette façon de se comprendre sans parler, cette manie de savourer la présence de l'autre comme si c'était la chose la plus précieuse sur Terre ? Qu'y avait-il d'exceptionnel lorsque leurs mains se frôlaient, lorsque son rire à elle éclatait dans l'air comme un feu d'artifice, avec autant de couleurs, de fraîcheur & d'étincelles, ou lorsqu'elle se mettait à le regarder avec ses grands yeux clairs & son air de petite fille rebutée?
    & bien, la réponse à toutes ces questions était la seule raison pour laquelle Teddie se devait de préciser que ce n'était pas juste un jeu qu'il s'amusait à faire avec Millie. Déjà, c'était leur jeu &, aussi stupide, puérile & sans intérêt pouvait-il être, cela changeait déjà beaucoup de choses, parce que c'était leur truc à eux, une bêtise de plus qu'ils prenaient toujours plaisir à partager. & Teddie ne pouvait définitivement partager qu'avec elle & elle seule ce genre d'enfantillages. Non mais c'est vrai, avec qui d'autre pouvait-il s'imaginer en train de geler dans un océan ? Premièrement, le froid n'aurait été supportable avec personne d'autre que Millie. & ensuite, il fallait dire que Teddie n'avait simplement jamais envie d'être aussi stupide avec quelqu'un d'autre qu'elle. C'était comme ça, ça avait toujours été comme ça, dès le début.

    Le début. Ce n'était plus qu'une lointaine nuance maintenant, 'le début'. Ça remontait déjà à un bon moment, mais Teddie s'en souvenait toujours, & sans doute encore pour longtemps. On ne peut pas oublier le jour où l'on a rencontré une personne comme Millie. On ne peut pas oublier Millie. Jamais. Elle possédait tout un tas de choses impossibles à effacer de son esprit une fois qu'on les avait connues au moins une fois. En allant de son sourire, de son rire, de l'inflexion de sa voix, jusqu'à sa façon de marcher, de parler, de penser, en passant par le ton de sa peau, son regard & ses habituelles mimiques ; tout, définitivement tout, était inoubliable, & unique, différent de tout le reste. C'était ça, le côté extraordinaire de sa personnalité : elle rendait différente la moindre chose de la vie quotidienne, & nouvelle toute habitude que l'on avait pourtant tous. Par exemple, simplement, à chaque fois qu'elle souriait, c'était comme si Teddie n'avait jamais vu quiconque sourire auparavant, comme si elle était la première à le faire, comme si elle avait même inventé ce geste. & là, en ce moment-même, elle imprégnait l'océan tout entier de sa propre rareté & alors, plus tard, un jour – ou soir – que Teddie se trouvera là, assis sur le sable, il regardera l'eau & pensera à elle, alors qu'il ne le faisait pas avant ; il retrouvera dans l'océan toute la magie de Millie, tandis que celui-ci aura même pris la teinte de ses yeux, tandis que le bruit des vagues sera devenu celui de son rire. Bien sûr que c'était idiot & très 'fleur bleue', bien sûr que ça ne ressemblait pas à Teddie d'avoir de telles pensées, mais fallait-il encore répéter qu'avec elle, tout était toujours différent de d'habitude ? Millie avait cette délicate façon de laisser un peu d'elle-même partout où elle allait. Même Teddie, en sa propre personne, était imprégné d'elle. C'était impossible de faire autrement.

    Alors oui, on était loin du début, mais tout aussi loin de la fin, n'est-ce pas ? Il ne pouvait pas y avoir de fin, de toute manière, c'était évident. Qu'aurait-elle pu être ? Teddie n'aimait pas tout le monde, & aimait même très peu de gens à vrai dire, mais il aimait Millie, trop pour accepter qu'une fin stupide clôture leur insouciante relation. Certes, il ne le lui disait jamais & ne le lui prouvait pas même en une étreinte ou un mot gentil, ou alors il le faisait, oui, mais assez rarement malgré tout. Non, il n'était pas méchant & encore moins froid ou distant, il était simplement.. comme ça. & là encore, il fallait répéter que ça ne posait jamais de problèmes, Millie était presque la même personne en fin de compte. Tout ce qui importait c'était qu'au fond de lui, il l'aimait bel & bien, quoi qu'il dise & quoi qu'il fasse. C'était sans doute quelque chose contre quoi il ne pouvait pas aller mais bizarrement, il n'avait même jamais cherché à s'y opposer. C'était comme une évidence pour lui, plus une évidence qu'une faiblesse, en fait.

    « Non mais attends, pour reprendre ce que tu dis, si Rose aimait Jack au point de lui donner sa vie, elle l'aurait fait. Mais moi, non, moi je t'aime pas suffisamment pour ça. » Teddie laissa un léger rire s'échapper de sa bouche tandis qu'il secouait la tête, prenant un air exaspéré.

    « Tu ne peux pas être capable de mesurer la grandeur de ton amour pour moi. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas que tu le sous-estimes, & que tu croies que moi je l'ignore. » avait-il proclamé de façon un peu trop solennelle avant de reprendre avec une voix de gamin fier de lui. « Je sais que tu m'aimes trop pour savoir le dire, ma petite Millie. »

    & il avait souri, encore, évidemment. C'était fou comme il était rare de trouver chez eux une quelconque phrase ou remarque dépourvue de toute ironie ! « Je sais que tu m'aimes trop pour savoir le dire » ; non mais parfois, il se demandait vraiment où il pêchait toutes ces conneries. Enfin avec Millie, ça venait spontanément, plus encore qu'en compagnie d'autres personnes. Enfin non, il était même plus correct de dire qu'avec Millie, tout venait spontanément.

    Tout, même les mots les plus idiots & les plus insensés : « Tu veux savoir comment j'étais avant ? & bien, j'étais sans toi. Enfin. Je veux dire.. Je veux dire qu'alors, ça n'avait pas vraiment d’intérêt. » Non, sur ce coup-là, il n'avait vraiment pas réfléchi, & ce n'était pas comme s'il regrettait ou qu'il s'en voulait maintenant, non, c'était juste que lui-même ne parvenait pas – plus ? - à cerner clairement ce qu'il avait voulu dire par là. Lorsqu'il avait prononcé ces mots, sur le coup, ça lui avait semblé logique, cohérent avec la réalité. Mais en fait, il se rendait compte à présent que sa phrase en elle-même manquait de sens. Enfin, peu importait, de toute façon, il ne disait jamais rien de censé.

    Alors, durant le silence qui avait succédé ses derniers propos, il avait soutenu le regard de Millie sans presque pas ciller. C'était décidément le seul endroit où il pouvait se perdre pendant des heures sans même ressentir l'envie ou le besoin de retrouver son chemin. Un merveilleux labyrinthe. Seulement, il aura fallu que Millie éclate de rire pour que Teddie perde tout sérieux, ayant soudain tout autant envie de rire qu'elle, trouvant la situation totalement débile. Tandis que les éclats de sa voix se mélangeaient à ceux de Millie, il pensa à voix haute, d'une façon qui fragilisa plus encore leur moment, qui l'éloigna aussi un peu plus du monde extérieur :

    « On peut décidément jamais être sérieux, on est irrécupérables !»

    Puis Millie avait repris la parole, & Teddie n'avait pu cesser de sourire de cet air amusé à de tels subtils propos. « Je suis pas certaine d'avoir saisi le sens EXACT de ta phrase, mais j'ai cru comprendre que je devais bien le prendre, alors... Je le prends bien. » Oh, mais elle pouvait ne pas le prendre tout court. Après tout, il avait juste dit ça comme ça, ça n'avait à proprement parler aucune importance. Aucune. Enfin, ça n'avait surtout aucun sens & Teddie était incapable, surtout en cet instant, de s'embarquer dans des explications spirituelles concernant sa vie d'avant & sa vie à ce jour, alors en compagnie de cette chère Millie. Quelle utilité cela aurait-il bien pu avoir, en plus ? Tout ce qu'il y avait à savoir c'était que Millie comptait beaucoup pour lui, si bien qu'il ne voudrait échanger pour rien au monde sa vie d'aujourd'hui avec sa vie passée. & il espérait qu'au moins, elle avait pu comprendre cela, parce qu'il n'était pas prêt de le redire ou même de le sous-entendre dans une autre de ses remarques vides de sens.

    « Mais... Tu sais que tu m'as foutue la trouille avec ton histoire de tueur en série ? Parce que, j'étais en train de me dire que, si c'est vrai, en ce moment-même, tu as l'occasion rêvée de me prendre la vie, et de, enfin, te débarrasser de moi ! » Il rit encore devant son air faussement terrifié, & finit par hausser les sourcils lorsqu'elle se rapprocha de lui plus qu'elle ne l'avait été juste avant. Il la fixa durant quelques secondes, silencieux, presque impassible si ce n'est cet éternel sourire affiché au coin des lèvres. Alors elle n'avait pas peur ? Quel scoop, Millie n'avait de toute façon jamais peur. De rien du tout. & là, en ce moment, elle avait encore moins de choses à craindre qu'en temps normal, non ? Du moins, elle n'avait vraiment pas à craindre Teddie, c'était pire qu'évident. Elle le connaissait assez bien pour savoir qu'il était sans doute capable de tout, mais pas de lui faire du mal. Alors il n'y avait eu qu'un seul vrai sens à cerner dans ses dires : voilà que le jeu recommençait une nouvelle fois encore.

    « Tu n'as jamais peur. Pauvre petite fille inconsciente, tu ne sais pas ce que tu risques. » avait-il articulé, toujours sur ce même ton ironique, l'imitant en parlant à son tour à mi-voix.

    Puis il y eut un nouveau silence, qui ne dura réellement qu'une dizaine de secondes mais qui parut pourtant s'éterniser légèrement dans l'esprit de Teddie. Il avait simplement laisser le temps au calme de s'immiscer entre eux, de tout apaiser, de tout rendre muet – même le bruit des vagues qui n'était à présent plus qu'un doux fond musical. Puis soudain, sans prévenir, il vint entourer sa taille de ses bras – juste là où l'eau arrêtait de les couvrir - & il la souleva aussitôt en la faisant tourner aussi vite autour de lui, l'eau - que les jambes de Millie coupaient alors en deux dans leur trajectoire - venant aussitôt bruisser contre elles. Ça ne dura que trois ou quatre secondes à peine, parce que Teddie riait trop pour tenir Millie en l'air plus longtemps. Cependant, même lorsqu'il l'eut reposée dans l'eau, il ne se détacha pas d'elle, approchant plutôt son visage jusqu'à son oreille pour murmurer comme un secret :

    « Je pourrais te voler autre chose que te voler la vie, tu sais. »

    Puis ses lèvres, toujours étirées en ce même sourire malicieux, vinrent se poser contre sa joue froide, l'embrassant avec délicatesse. & c'est comme ça que tout devint soudainement plus 'étrange', parce que ce simple contact projeta Teddie à des années lumière de la réalité. Il n'était donc plus en simple décalage par rapport au monde ' réel' mais carrément dans une autre dimension. La dimension-Millie, quoi. (Razz) & le pire, c'est qu'il n'aurait voulu pour rien au monde que ça s'arrête.


    (Sorry, c'moins long puis j'adore pas vraiment Rolling Eyes & j'me suis pas relue non plus, c'est le soir hein Razz)




Il portait dans ses yeux
la force de son cœur.

Dans Paris son désert
vivant sans feu ni lieux,

Aussi fort qu'une bête,
aussi libre qu'un Dieu.




Que d'émotions !:
 
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Jeu 14 Avr - 22:35

Un arrêt sur le temps. Un moment suspendu dans l’espace. Une absence totale de gravité. Chacun des moments qu’elle avait passé avec Teddie depuis qu’ils s’étaient rencontrés était unique & gravé dans son esprit. Chaque seconde, chaque minute des instants comme celui-ci, c’était comme si quelqu’un avait appuyé sur “pause”. C’était ça. Un arrêt sur le temps.

« Tu ne peux pas être capable de mesurer la grandeur de ton amour pour moi. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas que tu le sous-estimes, & que tu croies que moi je l'ignore. » Ah, et pourtant, si tu savais, mon Teddie, à quel point tu l’ignores ! Bien sûr que Teddie & Millie savaient, chacun de leur côté, qu’ils comptaient énormément l’un pour l’autre ; mais dans leurs esprits, en tout cas dans celui de Millie, ça ne pouvait pas être plus qu’amical. C’était une limite qu’elle se fixait elle-même, une des seules qu’elle ne dépassait jamais, et pourtant ce n’était pas faute d’en avoir envie. Elle s’interdisait de penser à l’idée même que Teddie pouvait avoir des sentiments plus qu’amicaux à son égard. Pourquoi ? D’une part, gâcher leur amitié en s’imaginant que ça allait plus loin que ça était vraiment la dernière chose qu’elle souhaitait. D’autre part, elle s’interdisait également de ressentir quoi que ce soit de plus à l’égard de Teddie, et même s’il était indéniable qu’elle avait bel & bien des sentiments, elle était loin de les assumer ; et la seule raison à cela, c’est qu’elle n’avait pas envie de souffrir, encore, en retombant amoureuse, en revivant une histoire qui allait de toute façon, pensait-elle, mal se terminer, et dont elle allait encore souffrir. Et pourtant, même si elle voulait ignorer ce qui se passait dans la tête de Teddie lorsqu’il pensait à elle, elle ne pouvait que se dire, avec une once d’amusement, qu’il ignorait, lui aussi, ce qu’elle ressentait réellement pour lui. La remarque de Teddie était ironique ; évidemment, c’était Teddie. Mais si seulement il savait toutes les pensées, toutes les réflexions, tous les doutes qu’il avait déclenchés dans la tête de Millie, rien qu’avec cette simple phrase, qui n’était pourtant rien d’autre qu’ordinaire, chez lui. Et ce moment-là, cet arrêt sur le temps précisément, devenait petit à petit, de plus en plus différent de tous ceux qu’ils avaient connus ensemble jusque là. Oui, si seulement il savait, à quel point elle voudrait qu’il dure, ce moment, et pourtant, elle a peur, vraiment peur ; peur de ré-aimer ; peut de l’aimer trop. Millie ferma les yeux. Il fallait vraiment qu’elle arrête de penser de telles sottises. Elle ne voulait pas gaspiller une miette de cette nuit avec lui. « Je sais que tu m'aimes trop pour savoir le dire, ma petite Millie. » Beaucoup trop. Beaucoup plus qu’elle ne l’admettrais jamais. Mais elle leva les yeux au ciel, et le poussa dans l’eau, sans rien répondre. Mieux valait qu’elle garde le silence, de tout manière ; elle aurait risqué de dire une bêtise.

Elle riait trop. Comme il le disait si bien lui-même, ils étaient irrécupérables, incapables de garder leur sérieux une seule seconde. C’était ça qui faisait la beauté de leur relation. On pouvait penser que leur amitié était fragile, car ils ne se confiaient pas l’un à l’autre comme le font généralement deux amis proches. Ils ne se disaient rien sur leur passé, ni sur les autres amitiés, flirts, et autres qu’ils avaient sur cette île. Et ils ne se disaient rien, parce que c’était d’une importance moindre, comparée au simple fait d’être ensemble. Ils n’avaient pas besoin de se dire tout ça, de rire ou pleurer en se remémorant le passé, de se confier sur quelque chose qui leur était arrivé, de se remonter le moral mutuellement. Ça ne servait à rien, car ensemble, ils avaient tellement mieux à faire, tellement d’amour à distribuer, à personne d’autre qu’eux deux. Seuls au monde, c’était ça. Ils se croyaient TOUJOURS seuls au monde. Ils étaient seuls au monde. Comme si une sphère invisible les entourait, les faisant disparaître aux yeux des autres, les protégeant de tous les dangers.. C’était beau, hein ? C’était si simple, pourtant. Alors oui, certains pouvaient se dire qu’une amitié comme celle-là ne pouvait pas durer, ou n’avait pas grand intérêt, ou n’était pas réelle. Millie elle-même se demandait parfois, si cela valait la peine. Mais cette pensée s’évanouissait aussitôt qu’elle apparaissait dans son esprit. Les faits étaient là : être avec Teddie était le meilleur moment de sa journée. Teddie était la personne qui occupait la majeure partie de ses pensées. Alors pourquoi chercher plus loin ? Pourquoi l’être humain se sent-il constamment obligé de remettre son bonheur en question lorsqu’il est heureux ? Comme s’il se mettait en tête que le bonheur n’était qu’une idée, un état d’esprit éphémère et qu’on n’atteint presque jamais ; en fait, tout ce que la société nous apprenait depuis le berceau. “Le bonheur n’existe pas”, telle est ce qu’on nous inculque dès le plus jeune âge. Voyez dans quel état se trouve le monde à cause de ça… Millie ne dérogeait pas à la règle. Elle était convaincue, elle aussi, qu’on ne pouvait pas atteindre le bonheur, et que, si malgré tout on y arrivait, c’était louche & dangereux, et il fallait alors immédiatement redescendre de son nuage, de peur qu’il ne disparaisse & nous laisse tomber en chute libre ; enfin, vous voyez la métaphore. Et pourtant, quand il était avec elle, et qu’il plongeait ses yeux dans les siens, comme il le faisait à cet instant précis, elle trouvait cette idée complètement stupide. Pourquoi ne pouvons-nous simplement pas vivre notre bonheur, sans penser qu’il y a une idée louche, une fin, une seconde réalité derrière cela ? Pourquoi pas simplement s’avouer enfin à soi-même, que le bonheur existe, qu’il est là, qu’on le vit, et que ce n’est ni une croyance, ni une peur, ni un mirage, mais bel & bien un fait ; un fait que chacun vit un jour, et qui peut durer longtemps, ou pas, et qu’on peut vivre une fois dans sa vie, ou plusieurs, qu’il n’y a aucune autre question à se poser, si ce n’est “Suis-je heureux ?” en souhaitant très fort que la réponse soit “Oui, je le suis”. C’était ce que se disait Millie à cet instant. Oui, elle l’était. Pourquoi ? Parce qu’elle était avec Teddie.

« Tu n'as jamais peur. Pauvre petite fille inconsciente, tu ne sais pas ce que tu risques. » Pas quand je suis avec toi, en tout cas. Elle savait bien qu’elle ne risquait rien avec lui, et pourtant, elle avait envie d’en douter, juste maintenant. Silence. Le parfait silence. Dans l’obscurité de la nuit, Millie voit alors Teddie s’avancer, et entourer sa taille de ses bras. Elle frissonne. Encore. Elle ne sent même plus le froid, pourtant. C’était effectivement le moment rêvé pour Teddie, s’il décidait de lui voler la vie. Mais il avait visiblement une autre idée derrière la tête. Le rire de Millie s’envola lorsque Teddie la souleva & la fit tourner dans les airs. Bon ok, là, elle avait froid. Mais elle s’en fichait. Parce qu’aussitôt dans l’eau à nouveau, elle avait recouvré une température convenable. « Je pourrais te voler autre chose que te voler la vie, tu sais. » Le visage de Teddie s’était approché tout près du sien, & il lui avait lancé cette phrase dans un murmure à son oreille. Non mais, il le faisait exprès ou quoi ? & le bisou, ça allait avec, évidemment ! Millie se recula un peu, & un peu trop vite ; elle n’aurait pas voulu qu’il croit qu’elle avait eu peur, ou quoi que ce soit, et donc qu’elle s’était vite éloignée. Elle n’avait pas eu peur du tout, elle avait simplement été surprise. Agréablement, surprise. M*rde, mais elle était où là ? Elle regarda autour d’elle. Non non Millie, tu n’es pas dans un monde parallèle, tu es simplement avec Teddie. Pourtant, elle était chamboulée. C’était dingue ça, non ?! Un simple petit bisou déposé sur la joue, et elle était… Chamboulée. Moi aussi Teddie, moi aussi je pourrais te voler autre chose, & si tu savais à quel point j’en meurs d’envie à cet instant précis. Limites ou pas, elle n’était plus du tout en mesure de contrôler ses pensées. Tout se bousculait dans sa tête. C’était dangereux si elle avait vraiment envie de l’embrasser, là, maintenant ? C’était dangereux si elle le faisait .. ? Et s’il la repoussait ? Et s’il n’était RÉELLEMENT que son ami ? Non mais stop, n’importe quoi, elle n’avait pas l’intention de l’embrasser de toute façon ! Ah oui, vraiment ? Oh et puis m*rde…

La petite brune releva les yeux vers lui. Elle ne souriait pas, mais ses yeux pétillaient. Elle aurait voulu sourire, mais elle était un peu “nerveuse” pour parvenir à arborer un sourire malicieux comme elle avait si souvent. Après tout, que risquait-elle ? De se faire rembarrer & de partir précipitamment. Et qu’avait-elle à perdre ? L’amitié de Teddie. Même plus que ça. Bon alors, pourquoi s’inquiéter pour si peu ?! Elle le regarda, puis elle se mit à rire. Un peu nerveusement, mais surtout, à rire de ce qu’elle allait faire. Doucement, elle rapprocha son visage du sien & lui déposa un simple baiser, petit & rapide sur les lèvres. Et elle se rendit compte, qu’elle n’avait même pas réellement réfléchi, que toutes ses pseudo-appréhensions étaient superficielles, qu’elle l’avait simplement fait, sans se poser de vraies questions.

Quand elle éloigna son visage du sien, elle échangea son rire cristallin contre un petit sourire amusé. Pas gêné, pas embêté. Juste amusé. En fait, c’était vrai : sur le coup, elle n’avait vraiment pas réfléchi. Elle avait simplement eu envie de l’embrasser, alors elle l’avait fait. Furtivement, sûre d’elle & toujours en riant. Ça faisait partie du jeu. Ça faisait tout bêtement partie de leur stupide jeu, et il n’y avait aucune question à se poser. Ce n’était rien de plus que Teddie & Millie. Et il était bien connu que Teddie & Millie faisaient ce qu’ils voulaient, quand ils le voulaient. Elle avait voulu l’embrasser, elle l’avait embrassé. Fin de l’histoire.

“Fin de l’histoire”... Ce serait tellement facile. Ce serait tellement plus simple qu’aucun de nos faits & gestes n’aient vraiment d’importance, n’engendre aucune conséquence. C’est ce qu’avait pensé Millie, sur le coup : que ça n’aurait aucune conséquence. Et ça aurait pu n’en avoir aucune. Du moins, ils auraient pu faire semblant. Continuer à se persuader que tout cela ne faisait partie que du jeu. Que TOUT n’avait toujours fait partie que du jeu. Que ça n’avait jamais été rien d’autre que celà, et que ça n’irait jamais plus loin. Ils auraient pu faire comme si. Et, dans un premier temps, c’était exactement ce qu’elle avait prévu de faire. Si bien que, si lui avait vu autre chose qu’un jeu là-dedans, s’il lui avait demandé ce que ça signifiait, elle lui aurait répondu en riant “C’est le jeu, Teddie !”. Et puis, c’était devenu flou, moins clair, plus embrouillé dans son esprit. Elle n’avait pas envie que ce ne soit qu’un jeu. En tout cas, elle n’avait pas envie que ce soit son excuse au cas où il lui demanderait ce qui lui avait pris. Enfin, elle-même ne savait pas ce qui lui avait pris. Et si tout devait s’avérer n’être RÉELLEMENT qu’un jeu, ça commençait à devenir dangereux. Pour elle. Pour leur amitié. Millie adorait se poser des millions de questions, mais pas de ce genre. Et pas par rapport à Teddie. Avec lui, tout avait toujours été simple, tout était toujours simple. Simple, naturel... Parfait... Elle n’avait pas envie de tout compliquer. Alors, même si, d’abord, cette idée lui était venue instinctivement, elle commençait à vraiment le regretter. Et tout ça en une fraction de secondes.

Mais toutes ses questions étaient inutiles, elle s’en faisait pour rien ! C’est vrai, après tout, elle avait seulement embrassé Teddie, la personne qu’elle aimait le plus sur cette île, et à qui elle pensait souvent, trop souvent à son goût, mais rien de plus, il n’y avait vraiment pas de quoi en faire toute une histoire ! Elle avait fait ça pour rigoler, parce que , de toute façon, c’est tout ce qu’ils savaient faire. Et puis, il le savait. Il allait en rire, lui aussi. Et tout irait bien, dans le meilleur des mondes. Mais que pouvait-elle dire .. ? Le silence commençait à lui peser.

« M*rde... » M*rde. Bon, elle n’avait pas parlé fort, mais elle avait parlé. Et pour dire “m*rde” en plus. On n’était plus dans Titanic, ni dans Roméo & Juliette là, mais dans les Feux de l’Amour -.- bon. Encore heureux, elle ne lui avait pas déballé le fameux « Désolée, vraiment, je sais pas ce qui m’a pris, je dois y aller ! » Non, là elle aurait touché le fond. Quoique, non... « M*rde » c’était vraiment nul. Si elle comptait faire comme si de rien n’était, c’était raté. Elle avait évité son regard tout au long de ses réflexions, et s’était encore éloignée de lui. Elle n’avait pas eu le temps de voir l’expression de son visage à lui. Mais elle ne pouvait rien faire de pire. Elle leva les yeux vers lui, petit sourire, lèvres pincées, comme une gamine qui vient de faire une bêtises & qui attend sa punition avec un air malicieux. Sauf qu’elle n’attendait aucune punition. Elle n’attendait rien du tout, si ce n’était une fée, qui viendrait rembobiner le temps, ou effacer leurs mémoires. Ou elle attendait qu’il dise quelque chose. Et elle souriait toujours. Parce que c’était sa meilleure défense face à la bizzarerie de la situation.


(J’crois que c’est la réponse la plus nulle & la plus inutile de ma vie & j’suis dégoutée parce que, écrite sur mes feuilles de cours, elle rendait trop bien x) Pardon de t’avoir fait attendre pour ça #22 )



ONE FAMILY.

Merci pour tout coeur2
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» Teddie A. Wadge "
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× Ma Célébrité : Robbie Wadge, what else ? × Nombre de messages : 517 × Age du perso : TwentyONE. × Job : J'essaie de reconstruire quelque chose qui ressemble à une vie. × Côté love : Le mauvais, sans doute.


Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Mar 19 Avr - 1:42

    C'est quoi, le bonheur ? Je veux dire, le vrai ? Est-ce qu'il y en a plusieurs ? Est-ce que tous ces petits plaisirs du quotidien sont du bonheur, ou rien de plus que du plaisir ? & est-ce que le plaisir en lui-même, c'est du bonheur ?

    Dans la bouche des autres, ce mot-là avait toujours l'écho d'une autre langue, d'une langue inconnue, ou, tout au moins, il semblait tout juste inventé, venu de l'imaginaire, & alors Teddie haussait les sourcils en se demandant ce que cela pouvait bien vouloir dire. Il répétait mentalement : « Bonheur. Bonheur, bonheur, bonheur... », tellement de fois que ça finissait par ne plus trouver de sens du tout. Parfois, il se mettait à l'écrire aussi, puis il regardait les lettres tourmentées de son écriture ronde pendant de longues secondes, en faisant danser son stylo à bille entre ses deux doigts, & en se demandant encore & toujours « Mais m*rde, y-a-t-il bien au moins un seul sens à ce mot ? ». Certes, ça pouvait paraître stupide - de plus, ça l'était -, mais il fallait tout de même bien admettre que personne dans ce monde ne pouvait être capable de trouver une concrète définition du « bonheur ». C'était bizarre quand même, non ? A l'opposé, il y avait le « malheur », auquel chacun trouvait aisément un sens. C'était vrai : on se savait malheureux lorsqu'on n'avait pas de grande chance, lorsque quelque chose ne marchait pas comme on le souhaitait, lorsqu'on perdait à la loterie, lorsqu'on se faisait larguer, lorsqu'on échouait à un test, lorsqu'on se faisait virer ; bref, il y avait toutes sortes de malheurs autour de nous, il y en avait tellement même qu'il nous était totalement impossible de les éviter. Voilà, c'était une certitude, le malheur, c'était pas comme le bonheur : tout le monde, dès le début de sa vie, pouvait prétendre sans en douter qu'il allait bien finir par être malheureux, un de ces jours. & parfois, ça ne dure bien qu'un jour, ou même qu'une heure, une seconde, ou un mois, des mois, des années, des siècles, toute une vie. Qu'importe le temps qu'il dure, on sait avec pertinence que le malheur aura sa place dans nos vies. Mais le bonheur ? Que sait-on du bonheur ? On ignore jusqu'à son sens, alors comment pourrait-on savoir - & je dis bien savoir, pas croire, ou espérer ! - s'il va venir, un jour ou l'autre ? Le bonheur c'est trop grand, c'est presqu'une légende, un mot de sept lettres qui sous-entend mille choses. On n'ose pas toujours l'attribuer aux petits plaisirs de la vie quotidienne, aux choses simples parce que dans nos esprits, le bonheur c'est pas simple, c'est toujours plus, plus que ce qu'on a. Le bonheur, c'est un peu tous les plaisirs du monde, comme le sommet d'une pyramide, comme une chose à laquelle on n'accède jamais, hein ? Mais si on y a jamais droit, c'est aussi peut-être parce qu'on le surestime trop ? Peut-être que c'est un peu comme l'amour, en fin de compte.

    Il était rare que Teddie se pose des questions, certes, mais pourtant il s'interrogeait depuis déjà bien longtemps sur ce que pouvait être le bonheur. Est-ce que c'était tout, ou au contraire rien, ou alors pas grand-chose, un petit détail, rien de plus qu'un état d'esprit, qu'une sensation douce & éphémère, un songe même ? Alors voilà, vous voyez, il n'était pas aussi je m'en foutiste qu'on pouvait le croire ; il lui arrivait de se poser des questions, de ne pas trouver de réponses, il lui arrivait aussi – même s'il ne le confesserait sans doute jamais – d'avoir peur, de douter, de regretter, d'être mélancolique, même de pleurer par moment, de rage & de tristesse ; seulement c'était juste extrêmement rare, & pas plus mal comme ça. Puis, de toute façon, il parvenait toujours – ou presque – à passer au-dessus de ce qu'il se mettait, contre son gré, à ressentir. Il contrôlait, n'est-ce pas ? Il contrôlait toujours. Mais ça c'était un autre problème.

    Toujours est-il que, quand d'autres se posaient des questions à propos de l'avenir de la planète, de la politique, de la crise, ou de n'importe quelle autre bêtise mondiale soi-disant importante, Teddie, lui, persistait à rechercher le Bonheur. & tout le monde pouvait trouver cela stupide, il s'en fichait bien : lui savait que sa quête était la bonne, la seule qui en vaille vraiment la peine. C'était la plus grande de ses certitudes. & voilà qu'il avait eu raison : il avait rencontré Millie. Il avait trouvé. & sincèrement, à côté de ça, savoir si la fin du monde était prévue pour 2012, 2013, 3456, ou même pour jamais, ça n'avait tout juste aucun intérêt. De toute façon, avec Millie, le monde n'existait déjà plus, alors à quoi bon ?

    Oui, Teddie le savait. Teddie savait que toutes ces bêtises, que tous ces beaux mots & toute cette poésie autour de Millie, c'était du pathétique romantisme. Au fond, ce n'était pas si difficile de remarquer la ''ressemblance'' entre lui & Jack ; voilà qu'il devenait tout aussi gnangnan ! Enfin, dans ses pensées uniquement – & c'était déjà trop. Parfois, il se mettait à songer à de telles douceurs qu'il s'imaginait alors, comme un sarcasme qu'il se lançait à lui-même, un public tout entier s'émouvant dans un ''Ooooh'' général devant ses si roses pensées. C'était une vision pitoyable, qui l'amusait tout en l'exaspérant. Il n'avait jamais voulu être de ces garçons fleur bleue, de ceux qui déclaraient sans arrêt de belles phrases à la cantonade avec leurs airs parfaits, & qu'on applaudissait en les trouvant ''trop mignons''. Non mais c'était carrément abject, ça, non ? & absolument pas le genre de Teddie. Ce n'était pas maintenant qu'il allait changer, surtout pas de cette façon-là. Il n'avait pas envie que Millie le trouve ''trop mignon'', & encore moins envie de l'être parce que, connaissant Millie, elle aurait, justement, plutôt éclaté de rire. & alors, il aurait été obligé de se suicider. Non, bon, peut-être pas, mais presque ! Quelle horreur. En fait, il était franchement mieux en ce qu'il avait toujours été & en ce qu'il allait toujours être : un de ces types qui passe sa vie à repousser toute forme d'attachement, & qui est totalement perdu quand il n'y arrive plus. Parce que non, il n'y arrivait plus. Pas avec elle. Il avait déjà pu apprécier des tas de compagnies, des tas de filles, de sourires, de regards, d'odeurs, de moments particuliers, mais pas comme ça. Millie c'était pas juste une fille. Elle changeait le monde. Ou bien, elle en était un à elle toute seule. D'une manière comme d'une autre, elle était exceptionnelle.

    Teddie avait remarqué son léger mouvement de recul après qu'il ait embrassé sa joue, mais ça n'avait fait que le faire rire un peu plus. Enfin, qu'est-ce qui ne l'amusait pas, de toute façon ? Il savait que Millie n'avait pas peur, c'était une évidence & même pire que ça : de quoi aurait-elle pu avoir peur ? Ils se connaissaient trop bien pour se méfier de quoi que ce soit venant de l'autre. A vrai dire, c'était une idée qui n'effleurait même pas leurs esprits, du moins pas celui de Teddie. Ils s'aimaient trop. Ils n'auraient jamais pu se faire du mal. & ça, ils en étaient tous les deux conscients, au fond.

    Elle avait de ces regards, à vous hypnotiser pendant toute une éternité. Il aurait sans doute pu rester là, dans l'eau, à moitié gelé, à la regarder pendant des heures comme si c'était la chose la plus intéressante à faire sur Terre. Il ne s'en lassait pas. & il ne pourra jamais se lasser, pas de ça, pas d'elle, pas de ce rire cristallin, pas de ces. Lèvres ? Alors là, non, il n'avait pas compris. Ça avait été trop rapide. Quand elle s'était reculée, d'ailleurs presqu'immédiatement après qu'elle se soit approchée, il avait arboré le même petit sourire qu'elle, presque dans un même geste, juste parce qu'il venait de faire un saut en chute libre en accéléré, & que c'était carrément dément. Alors oui, il souriait, même si intérieurement, c'était mille fois pire. Comme des millions de sourires, en fait. & pourtant, dans un même temps, tout parut soudain plus abstrait, & il se sentit comme envoyé encore plus loin dans la stratosphère alors que lui & Millie s'étaient déjà bien déconnectés du reste du monde jusqu'ici. Là, ils étaient franchement à des milliers de kilomètres en dehors de l'Espace, même plus dans l'Univers. Ils étaient nulle part. & c'était sans doute ce qu'il y avait de meilleur à ressentir. C'était comme un feu d'artifice, que Teddie ne put même pas prendre la peine d'analyser ou d'essayer de comprendre. Ce n'était plus possible de réfléchir, de raisonner, de penser ; déjà, il n'y avait plus de Raison. Il n'y avait plus rien, juste eux deux, en équilibre dans le vide. C'était une sensation incroyablement forte, & totalement.. désarçonnante. Si Millie se posait mille questions, Teddie était, au contraire, plus inculte que jamais.

    « M*rde... » Un léger rire s'échappa d'entre ses lèvres tandis qu'il secoua la tête en baissant le regard. Ses idées semblèrent glisser de gauche à droite avec lourdeur sur le sol de ses pensées, comme des meubles dans un bateau coulant à la verticale – comme le Titanic quoi, on en revient toujours au même Razz. Non, en fait, franchement, il n'y avait plus rien à dire, rien à penser. Ce n'était rien de plus qu'un tout léger baiser déposé sur ses lèvres, rien de plus que l'océan froid & la nuit, rien de plus que l'île qu'était la leur depuis trois ans, rien de plus que Millie, mais c'était trop, & ça dépassait bien le monde tout entier. Ça dépassait toutes les espérances, toutes les croyances, tous les rêves, toutes les idées, ça dépassait la statue de la Liberté, la tour Eiffel, la tour de Pise, la tour Bionique, l'Empire State Building, ça dépassait les nuages, la pluie, l'orage, le ciel, le soleil, l'horizon, ça dépassait le Paradis, l'Enfer, le bonheur, Dieu, l'univers, l'espace, les étoiles, l'infini, l'éternité. C'était par-dessus tout. Voilà, Millie & Teddie étaient là où personne n'avait jamais su aller jusqu'à présent. & ça c'était sans aucun doute la chose la plus stupide qu'il n'ait jamais pensé, & pourtant c'était tout ce qu'il ressentait encore en ce moment. Il ne s'était rien passé, & pourtant il avait déjà détrôné Dieu. Dieu c'était plus rien maintenant, eux étaient bien plus loin, plus haut.

    « M*rde, oui, franchement, m*rde. » & il rit encore, releva les yeux vers elle, parce qu'elle lui manquait trop. & là, tout se joua en une fraction de secondes, de nouveau. Teddie s'avança simplement vers elle, sans brutalité mais trop rapidement pour qu'elle puisse avoir le temps de reculer ou au moins de comprendre ; ses mains vinrent entourer son délicat visage &, à son tour, il l'embrassa. Vraiment. Ses lèvres se pressèrent contre les siennes avec autant de douceur que d'empressement, & il se recula après quelques secondes à peine, sans la lâcher pour autant. Ses pouces glissèrent contre ses joues en même temps que ses yeux glissèrent dans les siens. & il y eut encore ce même sourire qui semblait, bizarrement, les aider tous les deux à affronter les situations.. comme celle-ci.

    « Tu perds. C'est fini de jouer. »

    Il avait pensé comme elle, oui, mais à la seconde où il avait quitté ses lèvres, pas avant. Il s'était dit lui aussi qu'il serait plus simple de tout remettre sur le jeu. Qu'aurait-il pu donner d'autre comme raison, de toute façon ? La vérité n'était jamais bonne à dire. Puis il valait mieux choisir la simplicité, non ? Il valait mieux ne pas s'embourber dans d'horribles explications saugrenues & insensées. Pourtant, au même moment qu'il avait parlé, une question s'était posée dans son esprit à la dérive : ''Quel jeu ?'', & c'eut le même effet qu'une percutante amnésie. Ce fut comme s'il n'y avait jamais eu de jeu, comme si tout avait toujours été réel, comme s'il n'avait toujours été qu'un prétexte, depuis le début. & au fond, Millie devait savoir ça. Au fond, Teddie voulait qu'elle le sache. Il voulait qu'elle sache qu'il jouait peut-être tout le temps, certes, qu'il jouait certainement même à vivre, mais qu'avec elle, c'était tout sauf un jeu. & puis il fut encore pris de l'envie de lui dire qu'elle était impeccablement jolie, là, en plein milieu de l'océan, qu'elle était la plus jolie. Mais c'était stupide. Alors il se remit à rire, & ses mains descendirent sur les bras de Millie.

    « Je suppose que t'as pas trop envie de me voir en Jack congelé, alors si tu veux bien qu'on sorte de là, je dois te dire que ça me ferait super plaisir.. »

    En plus du sourire pour se dégager de la situation, Teddie avait l'ironie. Quelle chance ça aurait été si ça n'avait pas eu cet aspect tellement flagrant du changement de sujet ! Il n'avait même pas froid, en réalité. Enfin, à vrai dire, il ne sentait plus la température de l'eau. Il ne sentait plus rien, en fait, si ce n'était ses lèvres qui semblaient le brûler.

    Lentement, il la lâcha &, du regard seulement, il l'incita à se rediriger vers la rive, tandis qu'il se mettait déjà à avancer lentement, la devançant d'un pas à peine.

    Mais non, il ne lui reprit pas la main.


    (Alooors là, je crois que c'est LE post où j'ai vraiment écrit l'EspritTeddie quoi Razz Avec que des trucs insensés, débiles & inutiles ! Le bonheur quoi. Donc c'est sûrement chelou & trop flou, m'enfin voilà. En tout cas, j'te redis encore que ton post à toi il était pire qu'excellent han
    PS : Me suis pas relue, sorry ! )




Il portait dans ses yeux
la force de son cœur.

Dans Paris son désert
vivant sans feu ni lieux,

Aussi fort qu'une bête,
aussi libre qu'un Dieu.




Que d'émotions !:
 
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» Millie Kingsley "
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Ven 6 Mai - 18:09

Il existe des instants, dans la vie qui semblent durer une éternité. Et d’autres, qui semblent passer en une fraction de seconde. Certains passent plus vite qu’on ne l’aurait souhaité. D’autres nous paraissent s’attarder encore, et encore, au point qu’on a qu’une envie, c’est d’en finir. C’est que le temps s’arrête tout autour de nous, mais pas sur nous. Là, nous n’étions dans aucun des deux cas précédents. Ou plutôt, dans les deux à la fois. Millie avait été propulsée dans une dimension parallèle où le temps et l’espace fonctionnent d’une manière tout autre que dans le monde qu’elle connaît, ou du moins qu’elle avait connu jusque-là. Elle était à un endroit, quelque part où le temps semblait être déréglé, où les secondes étaient des heures, où les heures étaient des millisecondes (Millie-seconde Cool *Sbaff*) et tout allait à une vitesse hallucinante, et tout paraissait lent comme si on les avait mis au ralenti. Elle avait l’impression de flotter dans les airs, d’être extérieure à elle-même, de regarder la scène, comme si elle était spectatrice & actrice en même temps. Elle était ailleurs. Elle était loin. Elle ne savait pas si Teddie l’avait suivie dans ce monde étrange, ni même combien de temps elle y resterait coincée. Elle avait la sensation paradoxale de ne plus être capable de sentir, ou ressentir quoi que ce soit. Ses pensées avaient disparu. Ses envies s’étaient envolées. Ses souvenirs, si tant est qu’elle en avait encore, se bousculaient dans sa tête. Les souvenirs d’elle & de Teddie, bien sûr, de leur rencontre, jusqu’à aujourd’hui. Cette sensation qu’elle croyait perdue à jamais, et qu’il lui avait permis de retrouver. Ces jeux, ces rires, ces petites étincelles de bonheur, en fait, elle se rappelait tout. C’était comme si elle n’avait plus aucun souvenir, mis à part ceux dont il faisait partie. Non, ce n’était pas exactement vrai. Un autre visage apparaissait dans son esprit, aux côtés de celui de Teddie. Un visage plus lointain dans sa mémoire, mais dont le temps n’avait effacé aucun détail. Le visage d’un homme… D’un garçon plutôt. D’un type qu’elle avait aimé comme une folle, et surtout comme une idiote, il y a longtemps de ça. Un gars qui avait su, avant Teddie, lui faire découvrir toutes les sensations, toutes les émotions, tous les sentiments qu’elle était capable de redécouvrir aujourd’hui avec un autre que lui. Sauf que là, c’était différent. Avec Teddie, c’était autre chose… Quelque chose de plus fort ; tout était amplifié. Durant trois ans, et malgré la présence de Teddie, elle avait repensé à son ex-copain, dont elle avait pourtant aujourd’hui presque oublié le nom. Et pendant trois ans, il lui avait manqué. Beaucoup au début, et de moins en moins chaque jour. Mais toujours, au bout de trois ans. Sauf qu’aujourd’hui, maintenant, à ce moment précis, c’était comme si ces trois ans n’avait pas existé, comme si l’année entière qu’elle a passé à l’aimer, autrefois, n’avait jamais eu lieu. Parce qu’elle était enfin en train de réaliser une chose qu’elle avait crue impossible jusqu’ici : elle pouvait l’oublier. Elle pouvait passer à autre chose, laisser cette histoire derrière elle ; elle pouvait en aimer un autre, puisque c’était exactement ce qui se passait à cet instant, elle pouvait même aimer cet autre encore plus fort qu’elle ne l’avait aimé lui. Et elle pouvait l’effacer de sa mémoire. Définitivement.

Avec tout ça, elle ne s’était pas rendue compte qu’elle avait fermé les yeux. Et quand elle les rouvrit, elle n’était plus nulle part. Elle avait disparu de la surface de la terre. Elle regarda autour d’elle, pour s’assurer qu’elle n’avait pas bougé, et tout parut soudainement plus calme. L’océan n’avait pas bougé, la plage non plus ; Teddie aussi était toujours là, à l’exact même endroit où il se trouvait avant qu’elle ne s’égare dans un monde parallèle, mais peut-être un peu plus proche d’elle, cependant. Elle n’avait pas compris. Elle n’avait pas voulu comprendre ; une fois de plus, elle s’était fermée à un quelconque sentiment qui risquerait de dépasser ce qu’elle était capable de contrôler. Non, en fait, elle avait essayé de se fermer. Pour la millième fois, elle avait tenté de repousser au maximum ce sentiment un peu trop fort, qu’elle ressentait un peu trop souvent. Excepté que cette fois-ci, elle n’y était pas parvenue. C’est comme dans les films, les gros block busters comme le Seigneur des Anneaux, ou n’importe quel autre, où toute une armée essaye de défoncer une immense porte blindée à l’aide d’un bélier. La porte ne cède jamais tout de suite, et ils sont obligés de faire plusieurs allers-retours avec le bélier, et à chaque fois de plus en plus fort. Mais la porte finit toujours par céder. C’était exactement ce qui se produisait dans le cœur de Millie à ce moment. Et non, elle n’avait pas trouvé meilleure comparaison. Elle n’avait pas trouvé la force de se remettre à réfléchir. Elle avait simplement réussi à relever les yeux vers lui. C’était le seul geste qu’elle avait fait, depuis qu’il s’était éloigné de son visage, c’est-à-dire depuis quelques secondes, bien que pour elle ça faisait déjà quelques heures.

« Tu perds. C'est fini de jouer. » Quel con. Quelle c****, surtout, d’avoir pu penser, d’avoir pu espérer qu’il ne prendrait pas ça aussi comme un jeu. Teddie prenait TOUT comme un jeu. C’était évident que ce qui venait de se produire ne sortirait pas du lot. Quelle c****, vraiment… D’une manière totalement incontrôlable, elle était affreusement en colère contre lui. Contre ce qu’il venait de dire. Contre le verbe “jouer”, contre le mot “jeu”. Il était aveugle ou quoi ?! Pour ne pas être capable de remarquer ce que Millie elle-même venait d’accepter, et qu’elle avait pourtant essayé de cacher à elle-même et au reste du monde depuis qu’elle le connaissait. Ou alors il le savait. Il savait très bien ce qu’elle ressentait pour lui, mais ne partageait pas ses sentiments, alors il tentait de lui faire comprendre, gentiment. Et cette unique pensée augmenta encore sa colère. “C’est fini de jouer”. Oh que oui, c’était fini. Et c’était toi, Teddie, qui venait de mettre un terme définitif à tout ça, tout ce que tu peux appeler un “jeu”, si ça te chante. Elle n’avait même pas la force de répliquer, elle n’avait surtout rien à dire. Elle était incapable de parler. Elle aurait voulu qu’il sache que pour elle, c’était tout. Tout sauf un jeu. Mais elle n’arrivait pas à le lui dire, les mots eux-mêmes ne voulaient pas franchir ses lèvres. Elle se contenta de continuer à le regarder, parce qu’elle arrivait toujours à ses perdre dans son regard, mais elle se recula. Un peu. A peine. Suffisamment pour qu’il le remarque, mais pas assez pour qu’il pense que c’était de sa faute. Bien sûr que c’était fini de jouer… C’était fini de tout, c’était fini, tout court. Et ce n’était peut-être pas plus mal. A ce moment-là, elle pensa à Gabriel, et puisqu’il fallait que sa colère s’exprime sur quelqu’un d’autre que Teddie, elle s’abattit sur lui. Elle ne put s’empêcher de le blâmer d’une manière télépathique, pour avoir tout détruit entre elle & Teddie. Et pourtant, il n’y était pour rien. Et au fond d’elle, sans doute, le savait-elle, mais il existait, et Teddie l’avait aimé, comme un ami, comme un frère. Elle en avait parlé avec Jason, déjà. Elle retournerait voir Jason ce soir, ou demain, pour lui parler de Teddie, pour lui parler particulièrement de Gabriel. Pour qu’ils trouvent ensemble quelque chose. Pour que ce qu’elle avait partagé avec Teddie depuis tout ce temps, et pour que ce qu’ils s’étaient passé ce soir, ait malgré tout un sens, et ne soit pas ruiné à jamais. Si Teddie ne voulait plus d’elle, alors il allait devoir oublier son meilleur ami également. Il allait devoir subir le fait qu’elle devienne subitement presque aussi proche de son meilleur ami qu’elle l’avait été de lui ce soir. Elle n’avait pas pour but de blesser, ou de faire de peine à qui que ce soit. Sa haine, sa rage, sa colère agissaient pour elle, et occupaient tout son esprit. C’était tant pis pour lui. C’était tant pis pour elle.

« Je suppose que t'as pas trop envie de me voir en Jack congelé, alors si tu veux bien qu'on sorte de là, je dois te dire que ça me ferait super plaisir.. » Qui sait ? Si ça pouvait atténuer sa souffrance, le voir congelé n’aurait peut-être pas été une si mauvaise idée. Il se dirigea lentement vers la plage. Elle le regarda s’éloigner sans bouger, sans un premier temps. Elle pensait de toute façon que les muscles de ses jambes ne répondraient pas. Mais elle parvint à bouger, et finit par le rejoindre sur la plage. Elle se rhabilla, et le regarda en silence, jusqu’à ce que les mots réussissent à franchir ses lèvres. « Tu sais quoi, Teddie, je… » Je quoi ? Je veux pas que ça se finisse comme ça ? Je veux pas que ce soit un jeu ? Je t’aime ? « J’vais y aller. » Qu’auriez-vous fait à sa place ? Oui, c’est vrai qu’elle était lâche. Elle l’avait réservé jusqu’à minuit AU MOINS, et elle s’en allait déjà, comme ça, juste parce qu’elle n’était pas en mesure d’affronter plus de pression. “J’vais y aller.”… Y aller ? Et aller où ? Sa tente n’était qu’à quelques mètres de là, peut-être son frère l’y attendrait-il, et le lendemain, quand elle se lèverait, tout sera toujours là, rien n’aura bougé, Teddie n’aura pas disparu, et elle reverrait bien vite son visage.

Elle commença d’abord à partir lentement et à reculons, puis lui tourna le dos, et remonta la plage. Toujours lentement. Le plus lentement possible, parce que quelque chose l’empêchait de partir comme ça. Parce que c’était Teddie. Parce qu’elle avait beau être en colère, folle de colère même, ça resterait toujours Teddie. Parce qu’on lui avait déjà brisé le cœur une fois, et que pour rien au monde elle n’aurait voulu revivre ça un jour. Alors elle s’arrêta, et se retourna vers lui, juste pour lui dire trois mots, qui ne serviront sûrement à rien, puisque tout était déjà perdu, mais au moins, elle le lui aurait dit..

« Je suis vraiment désolée pour toi, si tu crois réellement que depuis le début, c’est qu’un jeu. »

Puis, elle se tourna les talons, et cette fois, parti vraiment, sans se retourner.


(Bon alors pour la première fois je dirais rien de nul sur ce que j'ai écrit, parce qu'en fait je suis UN PEU fière de moi là. Même si j't'ai fait attendre trop longteeeemps, FOILA Very Happy Donc voilà j'ai fini, mais si tu veux répondre, tu sais que j'dirai pas non angel Par contre j'me suis toujours pas relue, & que les fautes d'inattention, j'en fais beaaaucoup What a Face)


ONE FAMILY.

Merci pour tout coeur2
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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie. Jeu 8 Mar - 23:29

C'était un peu comme après avoir bu trop d'alcool. La tête qui tournait, les yeux fatigués, l'état douloureux et serein à la fois dans lequel le corps se noyait, les pensées fluides et complètement irrationnelles, la légèreté des idées, l'impression d'être en dehors du monde, en dehors de soi-même, la sensation de flotter, de tomber en même temps. Tout ça. Toute cette douceur agaçante qui vous embaume le cœur et les membres alors que tout est grave autour de vous, que rien ne va, et que vous le savez, que vous voulez faire quelque chose, mais que vous êtes juste paumé, là, gâteux, empathique, drogué, endormi, ailleurs. Teddie avait bien assez souvent bu, dans son ancienne vie, pour se permettre de faire cette comparaison. La différence ce soir, c'était qu'il n'y avait pas d'alcool. Et c'était bien la première fois.

Le problème avec lui, c'est qu'il faisait toujours de ces trucs. Des trucs qu'il avait envie de faire, vraiment envie de faire. Et la seule et unique raison pour laquelle il les faisait, ces trucs, c'était parce qu'il en avait envie, voilà. Si Millie lui avait demandé « Pourquoi ? », il n'aurait pu répondre que ça. Et il aurait eu l'air tout aussi idiot. Et cette histoire aurait eu la même fin. Pourtant, c'est vraiment bête, parce que des réponses, il pourrait en trouver des tas s'il le voulait. Pourquoi il l'a embrassé ? Parce qu'elle est belle. Parce qu'elle sourit. Parce qu'elle sent bon le bonheur. Parce qu'il l'aime. Parce qu'il l'aime vraiment. Et qu'il ne sait pas quoi en faire, de tous ces sentiments, de ce besoin d'être avec elle, de cet amour. C'est pas son truc. Ni celui de Millie. Vous les voyez se déclarer leur flamme devant le coucher du soleil, en se tenant les mains, avec des voix mielleuses et amoureuses ? Ça ne marchait pas comme ça. Il n'y arrivait pas. Ce n'était pas lui. D'ailleurs, c'était quoi, lui ? C'était quoi, sa façon d'aimer ? Sa façon de dire « Je t'aime » ? Ce n'était pas comme s'il avait peur de ce qu'il ressentait. C'était simplement que... Que c'était Millie. Et Millie c'est trop de choses à la fois... Ce qu'il craignait surtout, c'était de perdre. Pas le jeu, elle. Ce qu'il partageait avec elle. Ce qu'elle lui donnait sans le savoir. S'il le lui disait, là, maintenant, qu'il l'aimait, il se passerait quoi ensuite ? Rien. Elle répondrait. « Moi aussi », « moi pas », « marions-nous », que sais-je, et les choses suivraient leur cours. Ils formeraient peut-être un couple. Un beau couple. Le plus beau de tous. Ils se moqueraient encore plus fort des autres qui ne savent rien de leur existence à eux deux, s'enfermeraient un peu plus loin dans leur monde parallèle, ne vivraient que pour eux, ensemble, sans personne. Et puis ? Tout resterait tellement trop fragile. L'amour, c'est tellement, tellement fragile, oui. On ne peut jamais être sûr de rien. On doit se laisser aller, se laisser appartenir au moins un peu. Aimer et oser le dire sans se sentir faible, sans l'être. Mais même, on l'est toujours au fond. La personne qu'on aime nous contrôle. Elle a le pouvoir sur nos réactions, nos sentiments, nos humeurs. Quand on aime quelqu'un, il n'y a plus rien d'autre qui existe au monde. C'est cette personne et rien d'autre. C'est elle qui fait lever le soleil le matin. Mais, si elle a envie, en pleine journée, d'abattre la foudre sur vous, elle le fera. Si elle a envie que la nuit arrive dès midi, elle le fera. Et toutes vos journées, toutes vos nuits, elle les contrôlera. Elle en fera ce qu'elle voudra. Et vous ne serez plus personne d'autre que la personne qu'elle aime. Et ça, oui, ça lui faisait peur. Il refusait de se perdre, de se quitter lui-même, de permettre à quelqu'un d'autre de le contrôler. Il savait bien que ces histoires-là, ça finissait toujours mal.

Il s'arrêta devant les vêtements jetés sur le sable. Ils avaient eu l'air plus colorés, plus joyeux, lorsqu'ils avaient été ôtés. Et l'air était froid, réellement froid maintenant, et Teddie le ressentait jusqu'au plus profond de son être. Millie était froide. Le silence était froid. Et lui, littéralement, il gelait. Alors il resta planté là, avec la chair de poule, et la gu*ule de bois. Il ne comprenait pas, plus. Son esprit était engourdi, las. Il ne comprenait même pas ce qu'il cherchait à comprendre. Il était épuisé de réfléchir.

Il se mit à s'habiller, lentement, difficilement. Il se sentait vraiment mal, et bien à la fois grâce au doux souvenir des lèvres de Millie. Il y pensait et il avait envie de sourire. Puis il tournait les yeux vers elle et il la voyait muette, distante, absente, et il en avait presque envie de pleurer, et de lui dire à quel point c'était difficile. Qu'il regrettait de l'avoir embrassée, si c'est cela qui la dérangeait tant, qu'il regrettait ses mots si c'était plutôt ça le problème, qu'il regrettait n'importe quoi, qu'il s'excusait pour tout. Il était nul, il le savait. Mais c'était lui, et il ne pouvait pas être autrement. « C'est fini de jouer ». Eh m*rde, oui. Mais quoi d'autre ? « Je t'aime » ? « Tu es belle » ? Non, bon, ça suffit de vouloir lui dire à quel point elle est jolie, elle s'en fout. Quoi alors ? Les deux ? Rien ? Il aurait dû partir en courant ? Rire ? Pleurer ? Se noyer ? Il fallait faire quoi, dans ce genre de situation, hein ? L'embrasser encore ? Et encore. Et simplement lui dire.. N'importe quoi... « Millie... Millie, j'ai envie d'être avec toi pour toujours. » Oui. Ça c'était faisable. Peut-être. Essayons.

Il rebalança son tee-shirt sur le sable et se tourna totalement vers elle.

« Millie... » demanda-t-il doucement. Mais en même temps qu'il avait prononcé son prénom, elle avait parlé. Alors il la regarda, sérieusement, sans avoir envie de rire, de plaisanter, de faire quoi que ce soit. Il la regarda et ce fut la toute première fois qu'il put la regarder ainsi, simplement, sans rien d'autre dans la tête. Il la regardait sans rien dire, sans bouger, et tant de calme, venant de lui, c'était plus qu'étonnant. « Tu sais quoi, Teddie, je... J'vais y aller. ».

Il se tut. Et ça aussi, ça faisait partie de la surprise. Le truc c'est qu'il ne trouvait simplement rien à dire. Il n'avait plus qu'une phrase, une seule, qui lui brûlait les lèvres, et il se concentrait afin de trouver le courage de le lui dire. Il ne la quittait plus des yeux. Il la regarda s'éloigner. Comme elle marchait à reculons, il s'avança vers elle, à la même vitesse, lentement, sans l'approcher.

« Millie... Millie. J'ai juste.. J'ai juste envie... »

Mais c'était impossible. Stupide. Ridicule. Irréel. On n'était pas dans un épisode des Frères Scott là, et c'était pas Brooke Davis l'amoureuse qui se trouvait sur cette plage, mais Millie L. Kingsley, et ça ne pouvait pas se passer comme ça, ça ne fonctionnait pas. Ce n'était pas eux, n'est-ce pas ? Pas lui. Il se sentait tellement minable que ça l'énerva et il lui tourna le dos presqu'en même temps qu'elle.

« D'accord. Vas-y. A la prochaine. »

Il se laissa tomber dans le sable et plongea son visage dans ses mains. C'était drôle parce que, il n'avait fait que de toucher ses joues, de les effleurer, et il avait la sensation que sa peau avait pris, lors de ce simple contact, l'odeur de la sienne. Il ferma les yeux très fort et voulut disparaître. Mais la voix de Millie brisa tout ce panthéon de questions et de silence. « Je suis vraiment désolée pour toi, si tu crois réellement que depuis le début, c’est qu’un jeu. »

« Non. »

Et ce fut tout. Il ne put rien dire d'autre. C'était foutu, ce soir tout au moins. Il n'avait rien à dire, vraiment plus rien à dire.

« Non... »

Et il la regarda s'éloigner. Il ne cria pas son prénom pour qu'elle revienne, ne la suivit pas, ne fit rien. Il resta là, assis inconfortablement dans le sable froid, la peau recouverte de perles de sel de mer, les cheveux mouillés, les yeux figés, tout seul. Et pour la première fois depuis très longtemps, il se sentit vraiment seul. Parce que. Millie était partie. Et le monde avec elle. Et il ne restait plus rien d'autre que ce sable et cet océan, vide, apaisé, enfin endormi. Il ne batifolait plus sous leurs rires, leurs bêtises, ne frémissait plus à leur place, ne se remplissait plus de leurs secrets et de leurs sentiments noyés.

« Je suis désolé. Je veux être avec toi. Tu es belle, Millie, tu es tellement belle et c'est tellement difficile. »
Et les vagues légères couvrirent de leur doux bruissement les murmures de Teddie, et les engloutirent complètement.



(Bon. Nul. Pourri. Je vais me pendre. J'ai posté parce que j'avais terminé mais là j'vais au dodo. Promis, demain je relis et je retravaille si c'est nécessaire, et j'corrige les fautes de frappe aussi, ça s'ra pas si mal.. Forgive me bb )

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Message(#) Sujet: Re: « Avoir des amis dont vous aimez qu'ils soient comme vous est une forme de narcissisme. » - Millie.

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